Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Recueil II] Parce que cette question

Auteur Sujet: [Recueil II] Parce que cette question  (Lu 3812 fois)

Hors ligne Zacharielle

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[Recueil II] Parce que cette question
« le: 11 Août 2010 à 11:24:03 »
Je n'ai rien retouché, à la relecture, je l'ai pas trouvé top... mais... bon... j'accorde mon bon à publier quand même.


Voilà le truc des casseroles (c) Lo
Merci à El Carac d'avoir pris le temps de regarder avant que je l'envoie parce que c'était la grosse embrouille avec le passé composé  ::)
Merci à Milora de ne pas s'être souvenue que je lui avais filé le début, au moment où je ne savais pas quoi en faire  :mrgreen:
J'ai pas osé demander à Kei de retirer le titre après l'intro, je pensais que ça donnerait tout de suite un gros indice mais en fait ça ne vous a pas forcément aidé (ou alors vous ne l'avez pas dit)  :huhu:
Et puis bah, maintenant que j'ai plus rien à dire, que j'ai épuisé toutes mes cartouches pour reculer le moment fatidique, voilà le texte.
(Celles qui ont commenté sur mon blog zêtes pas obligées de vous répéter ici mdr)




     Quand le jour s’est écroulé dans un grand fracas de casseroles, j’ai compris qu’il fallait que je me pose quelques temps, ne serait-ce que pour récupérer. J’avais la fatigue inextricablement agrippée à mes yeux à ma tête à mes jambes, elle me rendait saoule, je pense que je ne marchais pas très droit. Je serais bien restée étendue par terre au soleil à ronfler comme un gros lézard mais Jenni m’a secouée. « Ca pue ici, on vire. » Je me suis bougée à contrecœur ; aussitôt, les cloques sous mes pieds ont étincelé en cercles de feu. On était devant la mer et la marmite solaire s’écrasait dans l’eau dans de lents éclaboussements colorés. Je trouvais ça joli quoiqu’un peu surfait, mais c’était la vie et on n’y pouvait rien. Pourquoi Jenni voulait qu’on s’en aille, je ne voyais pas de raison. L’atmosphère était pourtant pleine de l’odeur des poissons et des gorges enrouées de mille marins. Nous en avions l’habitude, c’était normal. Un steamer amarré avec panache nous prenait pour des sauvages. J’ai senti la tête me tourner et une mouette s’est approchée de moi et j’ai dit « Viens ici sale bête » d’une voix crasseuse. J’avais envie de lui jeter des frites à la figure parce que les mouettes sont mauvaises de nature mais je n’avais rien à manger pour moi alors tu penses bien, la canarder... Mais elle insistait la crâneuse.
- Qu’est-ce que t’as avec ta tête de piaf ?
J’ai été prise de court parce que cette question, c’est la mouette qui l’a posée.

Parce que cette question

     Je me suis arrêtée un instant en me demandant si c’était l’épuisement qui me faisait avoir des hallucinations mais la mouette persistait dans son harcèlement ce qui a achevé de me convaincre que sa malfaisance était honnête. Elle me jetait des regards méchants, elle me tournait le dos en riant bêtement, c’était une insulte de trop et je me suis mise à lui courir après. La mer clapotait sous le macadam, si je tanguais au lieu d’aller droit devant moi c’était parce qu’elle esquivait en sautillant. C’était une bonne grosse mouette du front de mer qui prenait garde à ne pas trop faire d’efforts. Elle ne décollait pas. Elle me narguait dur, elle criait que j’étais tache parce que je n’avais pas de frites. Sans prévenir je me suis jetée furieusement au sol pour la plaquer, l’assommer pour les dix années à venir mais bien sûr j’ai mal calculé mon coup et mon poignet a accusé le choc de l’affrontement final. L’affreuse est dédaigneusement allée se foutre de moi sur une bitte d’amarrage tout écaillée. Badabam, j’étais par terre à me tenir le bras ou la tête alouette – ça me lançait dans le poignet. Je n’avais qu’une chose qui ne me faisait pas mal, c’était mon cœur.
     Normal, je n’en avais plus.

     Je suis restée assise, un gamin m’a balancé des cailloux je lui ai jeté des insultes, en attendant. Je ne suis pas quelqu’un de très pragmatique, j’oublie des choses, des choses essentielles qui concernent la vie des gens – ou la mienne, on me l’a souvent reproché, sauf Jenni qui a fini par s’en accommoder. Elle m’a tapé sur la tête pour me ramener à la réalité. Mes cheveux collés par la sueur ont à peine frémi à ce contact. J’avais envie de prendre un bain, mais pas d’eau salé, j’en avais assez de me gratter.
- C’est fini le délire, qu’est-ce que tu glandes ? C’est qu’une mouette, viens j’ai trouvé un endroit.
« Qu’une-mouette » a cassé mon poignet. J’ai déjà vécu ça, j’ai reconnu le pin-pon tout de suite mais Jenni m’a dit que j’exagérais que la douleur allait passer qu’on n’allait pas aller à l’hôpital pour si peu. J’avais faim alors pour me consoler on est allées carotter des chips et une bouteille dans un magasin. Ensuite on a marché jusqu’à « l’endroit » qu’elle avait trouvé, une bagnole laissée à l’abandon pleine de poussière où dormait un chat aux poils sales (peut-être qu’il était mort). On s’est installées, on a mangé sans dire autre chose et je me suis blottie contre Jenni. Tout mon corps se jetait dans mon poignet, j’espérais que ça suffirait à le réparer. J’ai laissé mon bras un peu à l’écart pour ne pas l’abîmer davantage. Jenni s’est vite endormie mais pas moi j’y arrivais pas. J’en avais assez qu’on trainaille, qu’on vide nos journées dans des tohu-bohus tordus. Je sentais que Jenni aussi mais elle voulait rester encore un jour de plus pour éviter de rentrer. Comme hier comme la semaine dernière. Je ne voyais plus trop le sens de notre « long week-end ». On s’est barrées plusieurs mois, la preuve, c’était déjà le milieu de l’automne. C’était suffisant, j’avais envie de fermer les yeux et de dormir dans un lit, j’avais envie de sentir bon et que mes sourires ne soient pas noirs. Je ne savais pas ce que j’allais faire de ma vie si jamais on rentrait, c’était une bien grande question à laquelle je ne voulais pas répondre. Alors je m’imaginais des professions que personne ne pratiquait. Je chantais tout bas. Je serai animatrice de radio et j’accompagnerai tous les routards, voilà, et de temps en temps, je vendrai des sandwiches à cinquante centimes aux pauvres qui carcassent le port. Et puis ploc. Je me suis tue pour écouter. Jenni avait la respiration lente des dormeurs. Si ce n’était pas ça… Ploc. Un mouvement m’a fait lever l’œil ; j’ai vu dans le rétroviseur un éclat de lumière. J’ai su que c’était « qu’une-mouette » avant même de voir son insolent plumage. J’ai su avant de croiser son œil tranchant qu’elle était venue m’achever. Elle s’est installée sur un pneu pour me dévisager. Elle s’est tue un long moment.
- T’es pas normale, a-t-elle concédé.
J’ai espéré qu’elle s’envole.
- Plus je te regarde et plus je te trouve bizarre.
- Tais toi, ma copine dort, j’ai dit en chuchotant.
La mouette a incliné la tête sur le côté, paraissant prendre compte de mon avertissement puis elle s’est remise à se la raconter sans baisser de ton, comme si je n’avais rien dit.
- C’est rigolo, t’as comme un vide, là.
Elle désignait ma poitrine. J’ai senti la colère monter. De quel droit se mêlait-elle de ma vie ?
- Mon cœur s’est envolé. Maintenant laisse-moi.
- Quelle idiote ! Un cœur ça ne s’envole pas. Tu as perdu ton cerveau aussi ?
Si Jenni n’avait pas été aussi paisiblement endormie, je serais bien sortie caillasser l’oiseau moqueur. Comme toujours, elle me retenait et puis, je n’avais toujours pas de frites.
- Je vais te dire une chose, avait repris la mouette mais elle s’était aussitôt tue.
- Quoi ? Quoi ?
Dans un flap flap elle a battu des ailes pour s’éloigner. J’ai vite compris pourquoi.
- Tu fais quoi, là ? a mastiqué Jenni de fort méchante humeur.
- Je discute avec une mouette mais tu lui as fait peur elle est partie. Elle sait ce qui est arrivé à mon cœur. Elle a dit que c’était pas possible qu’il se soit envolé. Alors quoi ? Tu crois que c’est elle qui l’a ?
- J’en sais rien. Dors.
Elle a poussé un grognement d’ours contrarié et s’est rendormie.
Je n’ai pas fermé l’œil.

     Le soleil a mis un temps fou à revenir et il est arrivé sans la mouette. Je n’ai pas su si j’étais soulagée ou non. Est-ce qu’elle savait vraiment ce qui était advenu de mon cœur ? Ou elle voulait juste s’amuser de moi ? Mon cœur, il s’était fait la malle quand j’avais dix ans. Il faisait grand vent, j’étais sortie sans parapluie et je n’avais pas eu le temps de refermer les bras autour de moi qu’il était déjà parti. J’avais cru que ce désagrément ne pouvait arriver qu’au printemps, j’ai eu tort. J’en avais parlé à Jenni qui avait ri avec d’autres crétines de l’école mais en vrai dedans, elle me l’a dit plus tard, elle était très triste pour moi et elle me comprenait. Elle m’a prise en affection et, comme nous étions dans la même classe au collège, elle s’est mise à m’aimer plus fort, peut être pour compenser le fait que je n’avais plus rien dans la poitrine, ni beaucoup à l’extérieur d’ailleurs. Elle m’a répété qu’elle serait toujours là pour m’aider, parce qu’elle m’aimait bien, j’ai dit OK mais j’ai envie de voyager.
     Alors après le bac, on est parties.
     Tout allait bien quand on trouvait de quoi manger et un « endroit », comme disait Jenni, pour passer la nuit. Tout l’été à gambader de bateau en port et de barque en bac, avec un passeport tout écorné. On s’est amusées, c’était vraiment agréable, l’aventure comme dans les livres, surtout quand l’océan éclatait son écume à nos visages. Ca a duré un temps, plutôt longtemps en fait. Mais je ne sais pas. C’était le moment où je sentais que tout déraillait, que les matins n’étaient plus pareils, qu’ils s’étaient lentement étiolés jusqu’à ne ressembler qu’à une journée toute grise. Et c’est à ce moment là qu’un oiseau est venu me parler de mon cœur, mon petit cœur que j’avais fini par oublier.

     Quand le matin m’a enfin trouvée, j’ai décollé du siège. Le chat m’a suivi jusqu’à la criée, finalement il n’était pas trop mort. Mes pieds que je portais nus ont grappillé la distance. Je me suis contentée de les suivre sans réfléchir. Mon bras continuait à me faire mal mais je suis tout de même allée marchander avec un gamin les restes d’un voyage de croisière. Il m’a filé du pain, je lui ai récité un poème et nous étions quittes. Je suis tranquillement retournée à l’ « endroit ». En marchant j’ai croisé un nuage mais comme il peinait à me suivre, il a fini par changer de cap. Arrivée dans la rue toute pleine de la poussière ocre de la lumière, j’ai ralenti. J’ai observé Jenni de loin, pas trop cependant parce que le soleil tapait déjà fort dans la vitre et ça faisait des reflets douloureux. J’ai eu mal au ventre en remarquant une ombre tournoyer au-dessus de la voiture, pleine de menaces.
Jenni a claqué la portière. Elle se tenait droite à côté, raidie, séchée par le vent âpre. Je me suis approchée. Quelque chose n’allait pas. Elle avait une boîte à la main. Son débardeur était taché. Elle avait les cheveux en vrac autour de son visage. J’ai fait des pas, d’autres et puis des pas de plus en plus grands. Au dernier je suis arrivée devant elle. Ses mains tremblaient, ou c’était l’intérieur de la boîte qui se débattait, et moi je ne savais plus quoi faire de la miche de pain, je me sentais idiote. Je la regardais. Elle ressemblait pas à Jenni de l’école. Ce matin, elle avait perdu son adorable assurance. Elle était pleine de trous, ces meurtrissures qui tout à coup vous passoirent. L’oiseau avait picoré, picoré, picoré. J’ai eu pitié en même temps que j’ai senti que mon cœur était là. Jenni a laissé couler un mot, peut-être deux, je ne les ai pas entendus.
     Elle a marqué une pause tremblante. Je ne l’avais jamais vu pleurer. Comme je ne voulais pas que la suite sorte d’elle je me suis approchée. Ses lèvres étaient salées.
     En posant ma tête contre la sienne j’ai aperçu une ombre partir en petits v dans le ciel.
     La mouette était partie.
« Modifié: 22 Mars 2011 à 14:56:21 par Zacharielle »

Hors ligne Zenaïs

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Re : [BlindText] Parce que cette question
« Réponse #1 le: 11 Août 2010 à 11:48:05 »
 :coeur:  Parce que ce style. J'aime.

Hors ligne Jezy

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Re : [BlindText] Parce que cette question
« Réponse #2 le: 11 Août 2010 à 14:10:01 »
Citer
aussitôt, les cloques sous mes pieds ont étincelé en cercles de feu.
Nice ^^

Citer
dans de lents éclaboussements colorés
Pourquoi pas "de lentes éclaboussures colorées" ?

Citer
Je trouvais ça joli quoiqu’un peu surfait, mais c’était la vie et on n’y pouvait rien.
J'aime particulièrement. Je ne saurai pas dire pourquoi, mais CETTE phrase, elle me touche.

Citer
ce qui a achevé de me convaincre que sa malfaisance était honnête.
:mrgreen:

Citer
Badabam, j’étais par terre à me tenir le bras ou la tête alouette – ça me lançait dans le poignet.

Magnifique ^^
Citer
un gamin m’a balancé des cailloux je lui ai jeté des insultes, en attendant.
Manquerait pas un signe de ponctuation dans cette phrase ?

J'suis qu'à la moitié mais j'le dis tout de suite : ce texte est trop bien ! :-]


Citer
 Le soleil a mis un temps fou à revenir et il est arrivé sans la mouette.
La phrase est pas terrible... peut etre a cause du "arrivé" (je veux dire, peut etre un autre verbe)... enfin je sais pas bien.

Citer
Arrivée dans la rue toute pleine de la poussière ocre de la lumière, j’ai ralenti.
Ca aussi ça me parle bien ^^

Citer
Elle ressemblait pas à Jenni de l’école.
L'absence de négation ici, ca me gêne un peu, on était plus habitué par rapport aux dernières phrases...


La fin me laisse... étonnée. Mais c'est pas désagréable. Je sens qu'il y a encore des trucs que je n'ai pas perçus, j'ai raté deux trois choses, comme d'hab, mais je pense que l'essentiel m'a trouvé.
Si je dis que j'aime, ça fait répétitif ? (et là tu vas me dire " et encore, t'as pas lu mon dernier !"  :P quoique non, c'est pas le genre de chose que tu dirais...)
Tant pis.  :noange:
« Modifié: 12 Août 2010 à 19:56:12 par Jezy »
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Re : [BlindText] Parce que cette question
« Réponse #3 le: 11 Août 2010 à 14:28:49 »
Waw. Waw. Ca laisse sans voix.
Tu te perfectionne de plus en plus, je trouve, ce texte-là est vraiment impecc', bien envoyé, avec un style un peu à la McCarthy très bien foutu.

En un mot: waw!
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Re : [BlindText] Parce que cette question
« Réponse #4 le: 11 Août 2010 à 17:10:15 »
C'est l'un des premiers que j'ai lus du Blind Test, ou alors il m'a tellement marquée que j'en ai oublié les autres ^^

J'ai beaucoup aimé ! A la fois zachien -les détails qui font sentir le texte, le ton drôle et décalé de certains passages... - et bizarre (la fin est carrément glauque !). Franchement, je le verrais bien dans le recueil !  :)

Je suis décidément parmi tes plus grandes fans, Zazach ^^
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne ernya

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Re : [BlindText] Parce que cette question
« Réponse #5 le: 11 Août 2010 à 18:36:42 »

     
Citer
En posant ma tête contre la sienne j’ai aperçu un ombre partir en petits v dans le ciel.
une

     Wah. Franchement, j'espère qu'il sera dans le recueil celui-là. Ce texte arrive à être drôle, beau et glauque à la fois, le tout mêlé à une écriture bien maîtrisée, dynamique, et qui nous emporte.

J'ai vraiment aimé pas mal de phrases mais j'ai eu la flemme de relever
tant pis ça sera un smiley guimauve général :coeur:
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Zacharielle

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Re : Re : [BlindText] Parce que cette question
« Réponse #6 le: 11 Août 2010 à 23:23:56 »
Zen t'es trop choute  :-*

Jezy, t'es trop feignasse.

Leia, je sais pas quoi dire : merci, merci. Jamais lu McCarthy, c'est pas l'envie qui m'en manque !

Mimil, je te prends ton smiley :  :-[  Merci, ça fait très plaisir.

ernya, c'est beau la guimauve t'en fais pas <3 merci tout plein  :)  (et pour la faute aussi)

Verasoie

  • Invité
Re : [BlindText] Parce que cette question
« Réponse #7 le: 11 Août 2010 à 23:38:06 »
AH ENFIN TU LE POSTES.

Bon. Ce commentaire va être très subjectif et pas très contrôlé.  :mrgreen: (Je préviens tout de suite)

Donc, ce texte, je me suis torturée (ernya en est témoin XD) pour savoir qui l'avait écrit parce que j'en avais aucune idée (j'avais pas lu tes textes récemment d'ailleurs) et que je le trouvais vraiment, vraiment génial, d'ailleurs c'est un de mes préférés de tout le MdE c'est pour dire.

Voilà. Et je me demandais s'il y avait des passages que tu avais écrits en écriture automatique, un peu, parce qu'il y a des phrases longues d'haleine, ou des fois les idées de la narratrice sont un peu décousues genre ici "elle criait que j’étais tache parce que je n’avais pas de frites", enfin le tout fait un peu onirique en fait.

Je précise que quand je dis ça c'est toujours pas pour relever un quelconque truc qui m'aurait déplu. XD

Bon bref, plus en détail :

Citer
On était devant la mer et la marmite solaire s’écrasait dans l’eau dans de lents éclaboussements colorés. Je trouvais ça joli quoiqu’un peu surfait,

Le "quoiqu'un peu surfait" m'a rachevée. C'est joli mais c'est SURFAIT. J'avais envie de le ressortir tout le temps. XD

Citer
une bagnole laissée à l’abandon pleine de poussière où dormait un chat aux poils sales (peut-être qu’il était mort)

Huhu

Citer
et que mes sourires ne soient pas noirs.

 :coeur: Ma phrase préférée

Citer
Alors je m’imaginais des professions que personne ne pratiquait. Je chantais tout bas. Je serai animatrice de radio et j’accompagnerai tous les routards, voilà, et de temps en temps, je vendrai des sandwiches à cinquante centimes aux pauvres qui carcassent le port.

Je me suis beaucoup retrouvée (moi cette fin de deuxième année de fac) dans ce passage avec inventer des métiers qui seraient vraiment bien s'ils existaient... Ah et j'adore le fait que t'inventes des mots des fois (carcassent), ça m'a fait penser à des fois dans la Horde.

Citer
Elle s’est installée sur un pneu pour me dévisager.

À la quarante-cinquième lecture de ce texte je remarque quand même que ça paraît bizarre qu'elle s'installe sur un pneu et que la narratrice la voie quand même. Non ?

Citer
Il faisait grand vent, j’étais sortie sans parapluie et je n’avais pas eu le temps de refermer les bras autour de moi qu’il était déjà parti.

Ça me fait penser à Mathias Malzieu, la mécanique du cœur ^ ^

Citer
C’était le moment où je sentais que tout déraillait, que les matins n’étaient plus pareils, qu’ils s’étaient lentement étiolés jusqu’à ne ressembler qu’à une journée toute grise.

<3

Citer
Le chat m’a suivi jusqu’à la criée, finalement il n’était pas trop mort.

XD



Bon, voilà, c'est tout, un grand bravo, et j'aime vraiment beaucoup beaucoup ce texte.

Hors ligne Zacharielle

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Re : Re : [BlindText] Parce que cette question
« Réponse #8 le: 12 Août 2010 à 08:10:22 »
AH ENFIN TU LE POSTES.
ui

Citer
Donc, ce texte, je me suis torturée (ernya en est témoin XD) pour savoir qui l'avait écrit parce que j'en avais aucune idée (j'avais pas lu tes textes récemment d'ailleurs) et que je le trouvais vraiment, vraiment génial, d'ailleurs c'est un de mes préférés de tout le MdE c'est pour dire.
arf, désolée, j'avais pas réalisé à quel point le BT était une affaire classée A pour ernya et toi !

Citer
Voilà. Et je me demandais s'il y avait des passages que tu avais écrits en écriture automatique, un peu, parce qu'il y a des phrases longues d'haleine, ou des fois les idées de la narratrice sont un peu décousues genre ici "elle criait que j’étais tache parce que je n’avais pas de frites", enfin le tout fait un peu onirique en fait.
non je crois pas, enfin, je me souviens plus bien, pour le coup des frites, je me suis souvenue qu'on en jetait sur des pigeons avec PF... sinon comme d'habitude, j'écris sans musique, je crois que j'étais encore dans le mood la base de la tranquillité (ça et si on revient, je les ai écrit dans la même foulée), d'où certaines phrases à rallonge. Mais quand je suis partie (quand j'ai réussi à dépasser mon blocage, quand le cœur est parti, patati, patata, je l'ai beaucoup déplacé ce passage), j'ai tout fait d'une traite, ou presque. Bon bien sûr après je suis repassée derrière moi même mais bon. Et ensuite j'ai appelé à l'aide à un escargot, parce que pour les temps, je sentais que y'avait des endroits où ça cafouillait, et elle a pu m'éclairer ! BREF. Ca casse tout quand on explique le backstage xD

Citer
Le "quoiqu'un peu surfait" m'a rachevée.[
rachevée, j'aime beaucoup ! (merci <3, et tu peux l'utiliser à la guise mdr)

Citer
Citer
et que mes sourires ne soient pas noirs.
:coeur: Ma phrase préférée
tu peux la prendre, moi je l'aime pas (surtout au niveau esthétique, je trouve l'alignement des lettres moche), mais comme le sens est simple et que je veux pas être compliquée, je laisse lol

Citer
Je me suis beaucoup retrouvée (moi cette fin de deuxième année de fac) dans ce passage avec inventer des métiers qui seraient vraiment bien s'ils existaient...
il faut faire travailler son imagination  :coeur:

Citer
Ah et j'adore le fait que t'inventes des mots des fois (carcassent), ça m'a fait penser à des fois dans la Horde.
cool  ^^ ça manque de vocabulaire la langue française, n'empêche xD

Citer
Citer
Elle s’est installée sur un pneu pour me dévisager.
À la quarante-cinquième lecture de ce texte je remarque quand même que ça paraît bizarre qu'elle s'installe sur un pneu et que la narratrice la voie quand même. Non ?
MDR arrête de le relire tu vas forcément tomber sur des coquilles. Ensuite : KWA, une remarque pas dégoulinante de guimauve ! Non je rigole. AH JE SAIS ! J'ai beau les avoir mises dans la rue, je vois toujours la bagnole dans une décharge de bagnoles. Hum. Ca peut être un pneu qui traîne  :mrgreen:

Citer
Ça me fait penser à Mathias Malzieu, la mécanique du cœur ^ ^
j'aimerais bien le lire !

Bon, voilà, c'est tout, un grand merci parce que ton commentaire il fait des soleils ronds comme des ballons <3


AH OUI.

Le titre.
Je l'aime pas.
Je le trouve laid.
Il vous choque pas ?

Hors ligne Kathya

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Re : [BlindText] Parce que cette question
« Réponse #9 le: 23 Août 2010 à 12:50:49 »
Ouah.  :coeur:

Bon maintenant c'est dit, j'ai vraiment honte d'avoir pas lu le blindtest dans les temps.  :-¬?

Non vraiment, ce texte est génial, drôle, abouti. J'ai souri à de nombreuses reprises - mais j'ai la flemme de relever toutes les phrases que j'ai bien aimées - à la fois léger et un peu absurde et pourtant ça tient debout quand même. ^^

J'espère que quelqu'un l'aura proposé au recueil. x')
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne Kailiana

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Re : [BlindText] Parce que cette question
« Réponse #10 le: 22 Octobre 2010 à 15:57:42 »
Encore un texte qui m'avait échappé ! Et que j'avais dû lire un peu rapidement pour le BT.

Et... bon, c'est pas original que je dise ça, mais c'est vraiment bien. Très bien écrit, sans le moindre petit mot qui irait un peu moins bien que le reste, et le ton est vraiment très particulier et correspond très bien au personnage, lui donne une vraie identité.
La fin, d'abord... m'a pas trop satisfait, j'étais là "oui et alors ? et alors ?" mais en fait c'est bien comme ça, non vraiment c'est comme il faut !
Pour le titre c'est pareil, au début je l'aimais aps trop, mais finalement il correspond au ton du texte. C'est peut-être possible de trouver mieux mais j'ai pas de meilleure idée...
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Hors ligne Zephyr

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Re : [BlindText] Parce que cette question
« Réponse #11 le: 05 Septembre 2011 à 12:20:07 »
Mon dieu ! Je n'avais commenté ce texte ? Hérésie ! Merci le pentacle de me rappeler ce point !

Je vais pas faire dans l'originalité : j'adore ce texte. Il est juste WOW ! Des petites notes d'humours que j'apprécie, mais une fin tellement géniale et glauque. Un peu incompréhensible, mais en même temps, avec ce texte, ça ne pouvais pas être autrement. Et puis toutes les phrases que tout la monde a déjà noté.
Et j'aime bien le titre.
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

Hors ligne Zacharielle

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    • au bord du littéral
Re : [BlindText] Parce que cette question
« Réponse #12 le: 05 Septembre 2011 à 12:24:01 »
Merci à vous trois vous êtes bien aimables. J'ai relu des bouts et il m'a semblé bien maladroit :/ Mais maintenant il est trop loin de moi pour que je puisse l'atteindre alors ça restera tel quel... Ceci dit merci encore, ça fait plaisir d'avoir des fans mdr

 


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