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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » P04 - Fendue

Auteur Sujet: P04 - Fendue  (Lu 1986 fois)

Mout

  • Invité
P04 - Fendue
« le: 23 Décembre 2019 à 01:24:37 »
Fendue


Arrache à tes lèvres ces spectres froids qui hantent nos vieilles nuits.
Enfume-les d’encens obscurs.
Étouffe ces plaintes, par pitié, qui obstruent ma gorge quand j’y enfonce ta vulve.

Que me dis-tu ?
Ce ne sont que les râles du vent froid ?    Les gémissements rafaleux de mortifères fantasmes ?

« Laisse souffler le vent » murmures-tu en me caressant la tête.
« Laisse, gentil chien-loup. »
Tu crèves mon regard tout creusé d’orage, tu le crèves du tien, paire d’amandes douces, et tu me craches : « Tu es à moi, bâtard. »
Alors, rassuré, je m’endors sur tes seins.

*

Familière fourmi rouge, tu cours mon échine balayée d’écume en chasseresse minuscule. Tes morsures ardentes toujours me rappellent à la rude caresse des horizons battus par le soir. Promesse : je ne les oublierai pas.

*

Je te veux, plus rouge, plus vive, plus énorme encore en ce monde taillé pour une version de toi qui n’aurait pas de jambes.
Tes jambes    s’o.uv.re.nt    et tes jambes tremblent, tes jambes poussent et tes jambes cèdent, tes jambes longues aux pieds de reine te portent aux portes de tes possibles qui    s’ou.vr.en.t    avec le fracas d’une tempête.
Prête à mourir jamais, jamais résignée à la douleur    toujours assoiffée de bonheur le courage en typhon qui t’emporte aux tumultes       de nos langues de glace ; belle !
Éclate ! Mâche les grêlons qui t’empoignent la       gueule engivrée d’éructants soliloques. Tu dictes et cites l’univers depuis ta chaire          fragile qui spinne /tisse-tourne/ les soies d’étoile dans lesquelles tu t’empêtres un             peu pétrie des angoisses héritées de vieux                ogres, je te vois.

Classe tes côtes,
casse les dents du loup trop noir au mufle embrassé de sang.
Va courir avec les flèches blanches d’hiver qui bouclent tes couronnes de fille petite.

*

Le vent te jette au cœur toutes les foudres du ciel.
Elles zèbrent et craquent au fond de toi, je te vois. Tu spasmes sur la croix de tes os qui s’imprime en ma rétine.
Le vent revient pour te soulever le ventre. La montagne en ton centre se contente de trancher la nuée folle qui se cabre à tes flancs. Tu mouilles et tu baves tes brouillards purs et lourds.

Et, en une radieuse lentille,

les tours qui jaillissent et saillent de tes épaules scope-soleil toutes ces lueurs que tu vois en Dieu.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
« Modifié: 06 Février 2020 à 20:12:47 par Mout »

Hors ligne Opercule

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Re : P04 - Fendue
« Réponse #1 le: 26 Décembre 2019 à 13:04:59 »
Mout, Mout, kinky Mout,

du coup j'imagine que l'amante n'est pas humaine (et le narrateur est un canidé?) ?
J'ai trouvé les images pas mal fortes et intéressantes, beaucoup de force, bordant à l'agressivité, dans ce texte.
Quelques passages un peu plus fragiles : "fille petite", "obstruent ma gorge quand....", les barre obliques de "spinne/tisse..." (des virgules ça ne va pas?).
j'aime bien les points de "s'o.uv.r.en.t"

Milla

  • Invité
Re : P04 - Fendue
« Réponse #2 le: 26 Décembre 2019 à 21:14:45 »
Salut !

au fil de la lecture...
Citer
Tu dictes et cites l’univers depuis ta chaire fragile qui spinne
chair ?

sur le global...
contrairement à Opercule, je n'ai pas pensé que le narrateur était un canidé, pour moi c'est un être humain et chien loup et batard sont juste des dénominations :\?
sinon, tu m'as perdue... je ne suis clairement pas la bonne lectrice pour toi je n'aime pas quand c'est nébuleux ou obscur dans les formulations, et j'ai besoin de trouver du sens aux formes décalées. par exemple "s’o.uv.re.nt" ne m'a rien procuré et du coup je capte pas l'intérêt :\?

je peux te relever d'autres passages qui me laissent en mode :\?
Citer
Je te veux, plus rouge, plus vive, plus énorme encore en ce monde taillé pour une version de toi qui n’aurait pas de jambes.
Citer
Éclate ! Mâche les grêlons qui t’empoignent la gueule engivrée d’éructantes soliloques. Tu dictes et cites l’univers depuis ta chaire fragile qui spinne /tisse-tourne/ les soies d’étoile dans lesquelles tu t’empêtres un peu pétrie des angoisses héritées de vieux ogres, je te vois.
Classe tes côtes, casse les dents du loup trop noir au mufle embrassé de sang.

après sur le fond, j'en comprends une relation passionnelle décrite comme forte et à la frontière de la douleur. Du coup un tableau, un portrait de couple.  ça peut être des textes qui me touchent, mais là je suis restée en dehors...

Une autre fois !
merci pour ta participation en tout cas :)

Milla

Mout

  • Invité
Re : P04 - Fendue
« Réponse #3 le: 27 Décembre 2019 à 16:44:09 »
Bonjour ! Merci pour vos lectures et vos deux commentaires :)


Opercule :

Content.e de cette impression de force, j'en suis peu étonné.e (pourrais-je même m'en défaire ? Cela me paraît presque être un tic d'écriture à présent, mais ici au moins était-il assumé), je suis content.e que la plupart des images t'aient convaincu.e.

Citer
du coup j'imagine que l'amante n'est pas humaine (et le narrateur est un canidé?) ?
Je vais partir du principe que c'est une question qui attend réponse ^^ Je pense que la poésie permet les glissements d'identité avec plus de naturel que beaucoup de formes narratives, mais dans l'idée, les interactions évoquées entre le narrateur et son amante partent bien entendu d'une expérience humaine à laquelle on confronte des séries de comparaison pour en évoquer les singularités et les détails intimes un peu plus indicibles.

Citer
Quelques passages un peu plus fragiles : "fille petite", "obstruent ma gorge quand....", les barre obliques de "spinne/tisse..." (des virgules ça ne va pas?).

J'aurais aimé que tu t'expliques mieux... Je ne comprends pas trop tes remarques ou le qualificatif de "fragile". Je vais prendre ça comme synonyme de "plus faible" du point de vue stylistique, mais du coup je suis assez désarmé.e pour te répondre ou modifier parce que je n'ai aucun élément pour identifier ton sentiment à la lecture et ses causes.

Par exemple je peux te justifier ces trois passages, et décrire pourquoi ils me semblent à propos, mais j'ignore si je répondrais alors de cette "fragilité" ou si je serais à côté de la plaque vis-à-vis de ta critique.

"fille petite" : prendre à contre-pied "petite fille" et narguer la connotation infantilisante tout en se l'interdisant, rappeler la petitesse de l'amante via la figure de la fourmi rouge en vis-à-vis de cette stature symbolique de montagne sous la tempête.

"qui m'obstruent la gorge" : je crois deviner que ta critique porte sur le registre plus commun au niveau lexical vis-à-vis des passages qui précèdent (hypothèse), mais il me semblait important de ne pas trop charger la "démonstration de force" au niveau lexical. On m'a parfois fait remarquer que mes poèmes étaient un peu inaccessibles à cause d'une trop grande amplitude lexicale, et si on me l'a dit comme un compliment/aveu d'humilité du lecteur, je le prends plutôt comme un point à modifier dans mon style car je souhaiterais que mes textes demeurent accessibles sans Larousse à portée de main. C'est pourquoi ce passage me semblait doter le texte d'une "respiration" sémantique, mais peut-être que du coup ta critique vient d'un effet de contraste que tu as jugé maladroit ? Pourrais-tu préciser ?

Les barres obliques : j'ai l'habitude de lire mes textes poétiques sur scène, il y a donc une version lue avec les variations prosodiques et le jeu permis par l'interprétation à l'orale, mais à présent j'ai souvent tendance à compenser ce manque de souplesse de la forme écrite à l'aide des outils permis par le traitement de texte : jeux de mise en page ou variation des signes typographiques. Les virgules marqueraient une respiration, graphiquement moins abrupte, plus déliée et aqueuse, que les barres obliques qui sont ici, je trouve, en cohérence avec le champ lexical tempétueux et orageux inspiré par l'AT lui-même. Dans ma tête ça fait un peu éclair tu vois ? Là où la virgule, comme le signe de liaison sur la partition, invite à lier les mots plutôt qu'à les saccader. Je compense donc la perte de la souplesse orale par des libertés syntaxiques et de mise en forme. Pour l'instant, je n'ai pas eu de remarques décourageantes de ce côté du point de vue éditorial, au contraire, même si c'est une piste que j'explore depuis peu.

Millanox :

Citer
chair ?

Non la chaire universitaire ou liturgique :) (en rapport avec "Tu dictes et cites" avec la connotation professorale ou prédicatrice ou institutionnelle).

Citer
sinon, tu m'as perdue... je ne suis clairement pas la bonne lectrice pour toi je n'aime pas quand c'est nébuleux ou obscur dans les formulations, et j'ai besoin de trouver du sens aux formes décalées. par exemple "s’o.uv.re.nt" ne m'a rien procuré et du coup je capte pas l'intérêt

D'accord, je peux comprendre, mais je prends quand même ça pour un point à retravailler parce que j'aimerais que poèmes demeurent accessibles. Je suis pas partisan du tout du sens abscons et hermétique, je trouve ça prétentieux, je note donc quand même ça comme une critique à part entière plutôt que comme une dévaluation de ton commentaire.

Par contre c'est vrai que pour lire de la poésie, personnellement, je suis plus en quête d'esthétique que de sens. Justement, pour moi, la poésie mettant l'accent sur la fonction esthétique de la langue, je suis plus à l'affut d'images qui résonnent avec mes sentiments (dans tous les registres possibles) qu'à la cohérence narrative de l'ensemble. Cela éclairera peut-être ma démarche !

Texte narratif : cool ! belle histoire, en plus il y a des belles images ici et là.
Texte poétique : cool ! belles images, en plus l'histoire qui se dessine par moment pique mon intérêt.

Je trouve que le contrat écrivant/lecteur est pas pareil, mais qu'il faut aussi être prêt à adapter ses attentes du coup.

(c'est pour décrire mes deux dispositions d'esprit quand je lis, et donc écris, des textes. Je sais pourquoi j'emploie chaque mot en poésie, rien n'est "esthétiquement" gratuit ! Il y a des raisons narratives ou autobiographiques à chaque fois, mais c'est bien sous le meilleur angle esthétique que j'essaie de les présenter au lecteur et pas sous l'angle de la cohérence narrative ou autobiographique (sinon je raconterai comment je baise et je décrirai mes sentiments amoureux et ça aurait moins d'intérêt haha) là j'essaie de trouver la singularité de ma petite expérience subjective dans mon rapport à cette amante qui est décrite dans le texte).

Le sens des points : assumer la répétition d'ouvrir, souligner ce mot dans la lecture (comme j'aurais pu le faire durer à l'oral par exemple en allongeant la voyelle "s'ouuuuuuuvrent" ou en décomposant les sons, comme semblent le faire les points plutôt : "s'. ou. v. r." un peu soufflé à l'oral. Dans ma tête ça saccade comme un éclair et c'est une solution plus heureuse que de simplement souligner, bien que j'aurais pu le faire aussi, ou le mettre en gras, en italique, ou remplacer les points par des espaces.

Les passages que tu as relevé sont parmi mes préférés, j'adore découvrir des textes qui enchaînent des images à la portée symbolique et vivace à une cadence comme ça (d'où l'effet de respiration ultérieure que j'essaie de mettre en place aussi comme je disais à Opercule). Par exemple je peux te découper l'un des deux passages pour le rendre moins hermétique (mais c'est un peu autoritaire, un texte poétique fonctionne bien aussi en fonction des projections propres du lecteur qui supplantent les intentions explicites ou implicites de l'écrivant !)

Citer
Éclate ! Mâche les grêlons qui t’empoignent la gueule engivrée d’éructantes soliloques. Tu dictes et cites l’univers depuis ta chaire fragile qui spinne /tisse-tourne/ les soies d’étoile dans lesquelles tu t’empêtres un peu pétrie des angoisses héritées de vieux ogres, je te vois.
Classe tes côtes, casse les dents du loup trop noir au mufle embrassé de sang.

Ce passage n'a aucune cohérence narrative, mais c'est un enchaînement d'images qui enchaînent les valences symboliques et émotionnelles. On a l'injonction, peut-être la demande, avec le verbe éclater qui pourrait dénoter le lâcher-prise s'il n'y avait pas cette signification destructrice. Il y a les grêlons, donc la tempête, le froid = l'hostilité (hypothèses ouvertes pour le lecteur = toutes ces "tempêtes" de la vie qu'on veut bien y mettre), les éructantes soliloques qu'on peut rapprocher de la loggorhée mais qui "engivrent" avec cette notion de réification, d'automatisme immuable (provoquée par les grêlons donc ! les tempêtes qui semblent être synonymes de conflits au sens large) Ensuite la dictée et les citations de l'univers, image vertigineuse mais aussi vanité avec la chaire qui tourne dans la soie = araignée, tisseuse, artisane de ses propres discours avec la soie d'étoile donc en se nourrissant du monde ou de la beauté du monde par exemple, mais soie = s'empêtrer : elle se perd dans ses discours et s'engluent dans leurs apparences, pétries des angoisses : tout ça n'est qu'une réponse à l'angoisse du personnage qui tire sa source de "l'héritage de vieux ogres" là les pistes sont ouvertes : oui, moi je sais ce que j'ai voulu dire à partir de mon propre répertoire de symboles que je propose d'explorer par ce texte au lecteur (héritage + vieux = ancêtre, ogre = violeur potentiel masculin en symbolique des contes). Ensuite classe tes côtes = toujours à l'impératif, rappelle numérote tes abattis, prépare toi à être blessée, mais ordonne aussi ton corps, tes os, ta structure, pour quoi ? Pour faire face : casse les dents du loup noir, jeu de son casse/classe et figure du loup prédateur, ensanglanté, héritier de l'ogre des contes, etc. Comme des cailloux dans l'eau qui font des ondes : impossible de répertorier toutes les vaguelettes et toutes leurs directions, et je trouve que c'est ça qui permet aussi au lecteur de s'approprier le texte ! Là j'analyse mon propre texte, mais voilà, pour moi l'enjeu c'est de laisser aussi la latitude au lecteur de poésie de faire entrer ses propres résonances émotionnelles et son propre vécu avec les images déployées (sinon autant écrire un roman, qui est d'abord une histoire dans laquelle on cherche un sens plutôt que du sens brut dans lequel on peut à loisir chercher des histoires).

Citer
après sur le fond, j'en comprends une relation passionnelle décrite comme forte et à la frontière de la douleur. Du coup un tableau, un portrait de couple.  ça peut être des textes qui me touchent, mais là je suis restée en dehors..
.

Et là boum ! Ce que tu formules à titre d'hypothèse c'est, bien entendu, exactement la situation initiale à l'origine du texte, donc finalement pas si obscure. Cela "évoque" bien ce que c'est "censé" être, mais du coup, le chien amoureux d'une montagne qu'avait esquissé Opercule est tout aussi vrai ! :D C'est pour ça que j'adore la poésie. Après, j'entends bien que, même si les thèmes t'ont déjà touchée par le passé, ça n'a pas été le cas ici. J'ai l'impression que tu as commenté en attendant un récit cohérent et une histoire dicible, mais justement, la poésie me sert (et pas qu'à moi puisque cette citation est loin d'être de mon cru) à "raconter ce qui ne peut pas l'être" ! En tout cas merci beaucoup pour la lecture et pour les retours. Ce poème je l'aime beaucoup et ne vous inquiétez pas pour lui, il figurera en bonne place dans mon second recueil s'il n'est pas sélectionné pour le Mammouth ;) A plus !
« Modifié: 27 Décembre 2019 à 16:46:23 par Mout »

Milla

  • Invité
Re : P04 - Fendue
« Réponse #4 le: 27 Décembre 2019 à 17:15:27 »
 :D quelqu'un qui m'appelle Millanox, tu m'as connue en culottes courtes  :mrgreen:

Citer
(sinon autant écrire un roman, qui est d'abord une histoire dans laquelle on cherche un sens plutôt que du sens brut dans lequel on peut à loisir chercher des histoires).
ben non, y a des romans qui me restent obscurs aussi, et je vois pas la même division que toi sur la façon d'aborder la prose et la poésie, je pense. Je trouve pas que l'objectif soit le sens pour l'un et le sens brut pour l'autre. Mais bref, je voulais surtout répondre pour dire que j'ai rien contre ce que tu nommes "sens brut", je crois même que c'est quelque chose qui me fait particulièrement vibrer parfois, mais pour que ça marche (chez moi) j'ai besoin que mon inconscient (ou le truc qui fait mes émotions et impressions d'entre les lignes) puisse s'approprier cette matière brute, qu'elle résonne à un niveau que je contrôle pas mais que je ressens. Breeeeeeeeef, là où j'ai relevé et que tu m'as expliqué, bah y a pas eu d'écho chez moi... ce qui ne veut pas dire que chez d'autres ça marchera pas. Et du coup oui j'ai perçu l'idée général du texte mais je suis passée à côté de sa substance et de là où j'aurais dû vibrer, donc dommage.

Et juste pour dire, je crois que j'aurais mieux senti ce que tu voulais faire avec des espaces qu'avec des points dans "s'ouvrent".

au plaisir en tout cas !

Hors ligne Gros Lo

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Re : P04 - Fendue
« Réponse #5 le: 29 Décembre 2019 à 12:37:11 »
Salut !

Citer
qui s’impriment en ma rétine.
“sur” ma rétine ?

Citer
Puis le vent revient pour te soulever le ventre, mais la montagne en ton centre se contente de trancher les nuées folles qui se cabrent contre ses flancs.
j’aime la première proposition, ses sonorités, le maniement des mots. La deuxième partie (“mais la montagne...” me semble pleine d’images moins maitrisées, moins pertinentes ou précises ?

Citer
pour une version de toi qui n’aurait pas de jambes.
plutôt percutant

Citer
aux portes de tes possibles
un peu revu, comme expression ?

Citer
jamais résignée à la douleur toujours assoiffée de bonheur le courage en typhon qui t’emporte aux tumultes de nos langues de glace ; belle !
Éclate ! Mâche les grêlons qui t’empoignent la gueule engivrée d’éructantes soliloques.
soliloque est masculin ; “belle ! / Éclate !”, ce rythme hyper lyrique me séduit pas des masses. Et la rime me semble un peu maladroite entre “douleur” et “bonheur”

Citer
Classe tes côtes
(:

Citer
la rude caresse des horizons battues par la nuit.
battus

Citer
Que me dis-tu ? Ce ne sont que les râles du vent froid ?
la tournure, l’insistance, me semblent un tout petit peu grossières, je veux dire, théâtrales

J’ai lu ton poème avec plaisir et intérêt, y a pas mal de petits bouts que j’ai trouvé percutants, habiles, dans leur formulation, dans les visions convoquées. Ça m'a semblé retomber un peu à la fin, sur la forme comme dans le propos (et pas seulement littéralement sur ses seins). Je suis pas entièrement convaincu de la raison d’être du texte en fait, je veux dire : tout ça pour dire quoi, à part ce joli élan un peu lyrique, cette passion ? En fait, sans vouloir faire de grandes phrases, je trouve que, autant le poème observe le rapport amoureux, autant il m’inspire plutôt une pratique un peu masturbatoire de l’écriture. Mais c’est vraiment pour décrire le fond de mon sentiment “pas tout à fait convaincu”, parce que y a beaucoup de choses que j’aime dans ce poème. Merci pour tout ça !
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Tida

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Re : P04 - Fendue
« Réponse #6 le: 30 Décembre 2019 à 18:50:51 »
Bonjour,

merci pour le partage de ce poème. Certaines choses m'ont beaucoup plus (le rythme de la seconde partie, les jeux sur les sons, le dialogues avec ses contraires), d'autres moins.

J'aime notamment
Familière fourmi rouge, tu cours mon échine balayée d’écume en chasseresse minuscule. Tes morsures ardentes toujours me rappellent à la rude caresse des horizons battues par la nuit.

je suis passé à côté de :
Tu spasmes sur la croix de tes os qui s’impriment en ma rétine.

Classe tes côtes,

Concernant la dernière partie, je trouve également que le rythme faiblit. Je pense que cela ne tient pas à grand chose :
le "quand j’y enfonce ta vulve" qui allonge une phrase au-delà de ce qu'on attend. Eut égard au rythme instauré avant.
Les trois questions qui s'enchainent. Pour moi, après "Que me dis-tu ?", il ne peut y avoir qu'une question supplémentaire. Sans doute la seconde en reprenant le "ce ne sont".
Mais il ne s'agit là peut-être que de mon ressenti...

Hors ligne Angieblue

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    • Easyzic
Re : P04 - Fendue
« Réponse #7 le: 04 Janvier 2020 à 14:47:13 »
Hello!

J'ai bien aimé la première phrase, puis je n'ai plus rien compris... :/ :/J'ai trouvé que ça n'avait ni queue, ni tête.
Je n'ai rien contre le fait que le texte décrive une vision cauchemardesque avec des corps démembrés, ou que la métaphore de la tempête serve à décrire une sorte de relation sexuelle un peu SM. Mais bon, pour moi, ça n'est pas assez bien structuré et décrit pour que j'y perçoive du sens.
De plus, ça part dans tous les sens. Par exemple au début, qu'est-ce que Dieu vient faire là? Puis la couleur rouge...?

Enfin, ce style d'écriture n'est pas mon style, je n'arrive pas à entrer dedans :/.
Angie

Mout

  • Invité
Re : P04 - Fendue
« Réponse #8 le: 06 Janvier 2020 à 14:10:50 »
Salut ! Merci à tous les trois pour vos commentaires, particulièrement celui de Lo pour son détail.

Milla :

D'accord, j'avais compris "obscur" comme "hermétique" ou "abscons". ça doit être un quiproquos parce que je ne suis plus sûr de comprendre ton premier commentaire du coup. ^^ Tant pis, j'ai l'essentiel dans le second : les évocations du poème ne t'ont pas touchée. :)

Lo :

"sur ma rétine"
Je préfère le flou grammatical à la répétition avec "sur ta croix", peut-être que cela reste maladroit ? Je vais voir pour la suite.

Citer
j’aime la première proposition, ses sonorités, le maniement des mots. La deuxième partie (“mais la montagne...” me semble pleine d’images moins maitrisées, moins pertinentes ou précises ?
Oui sans doute, je vais retravailler ça alors.

Citer
un peu revu, comme expression ?
Oui, c'est embêtant quand un poncif exprime avec précision une idée que l'on souhaite intégrer...  Je vais voir si d'autres personnes relèvent ou si une idée me vient pour la V2.

Citer
soliloque est masculin ; “belle ! / Éclate !”, ce rythme hyper lyrique me séduit pas des masses. Et la rime me semble un peu maladroite entre “douleur” et “bonheur”
Outch pour soliloque. Pour le rythme lyrique c'était un essai, j'ai l'impression que mes points d'exclamation ne passent jamais à la lecture ^^

Citer
la tournure, l’insistance, me semblent un tout petit peu grossières, je veux dire, théâtrales
Oui là par contre je vais le retravailler, maintenant que tu le soulignes.

Merci beaucoup pour le retour en détails, je vais tâcher de proposer une v2 en grande partie basée sur tes suggestions ! <3

Tida :

Merci beaucoup pour ta lecture et tes retours !
Citer
Concernant la dernière partie, je trouve également que le rythme faiblit. Je pense que cela ne tient pas à grand chose :
le "quand j’y enfonce ta vulve" qui allonge une phrase au-delà de ce qu'on attend. Eut égard au rythme instauré avant.
Les trois questions qui s'enchainent. Pour moi, après "Que me dis-tu ?", il ne peut y avoir qu'une question supplémentaire. Sans doute la seconde en reprenant le "ce ne sont".
Mais il ne s'agit là peut-être que de mon ressenti...

Je vais être attentif à ça pour la V2 alors. Par défaut le texte a été posté sans mise en forme, et pour moi le "rythme du papier" c'est tout un truc qui le silence plat d'une lecture sans voix. Je vais voir dans les deux cas, mais si tu perçois une faiblesse de rythme j'aurais tendance à te faire confiance, j'ai beaucoup de mal à prendre du recul sur un texte à ce niveau-là. Je vais essayer.

Angieblue

Citer
Hello!

J'ai bien aimé la première phrase, puis je n'ai plus rien compris... :/ :/J'ai trouvé que ça n'avait ni queue, ni tête.
Je n'ai rien contre le fait que le texte décrive une vision cauchemardesque avec des corps démembrés, ou que la métaphore de la tempête serve à décrire une sorte de relation sexuelle un peu SM. Mais bon, pour moi, ça n'est pas assez bien structuré et décrit pour que j'y perçoive du sens.
De plus, ça part dans tous les sens. Par exemple au début, qu'est-ce que Dieu vient faire là? Puis la couleur rouge...?

Enfin, ce style d'écriture n'est pas mon style, je n'arrive pas à entrer dedans :/.

Merci beaucoup pour ta lecture et ton ressenti ! Une autre fois peut-être :) Personnellement c'est la lecture de poèmes semblables qui m'a donné envie d'écrire de la poésie, dont l'hermétisme apparent me séduisait car, sur un format aussi court, cela résistait à la lecture pour en faire une expérience valant celle de textes narratifs. Je suis globalement satisfait de ce texte pour ma part, dans la réalisation de son intention :) C'est sûr qu'il n'a pas vocation à être explicite ou narratif, et plutôt "dans tous les sens" que dans un seul ou deux.


Je posterai bientôt une version retravaillée.

« Modifié: 06 Janvier 2020 à 14:13:03 par Mout »

Mout

  • Invité
Re : P04 - Fendue
« Réponse #9 le: 23 Janvier 2020 à 17:36:28 »
Poème renversé et V2ifié.
« Modifié: 23 Janvier 2020 à 21:17:18 par Mout »

Hors ligne Claudius

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Re : P04 - Fendue
« Réponse #10 le: 25 Janvier 2020 à 21:01:12 »


Bien, je ne vais pas être très constructive moi non plus. J'avoue que relu deux fois, j'ai eu du mal à entrer dans ce texte. Certes j'y vois deux humains, passionnés sûrement... mais plus loin, je bloque.

Une petite broutille quand même vers la fin :
" Tu spasmes sur la croix de tes os qui s’impriment en ma rétine."

ce sont les os qui s'impriment ou la croix ?

Désolée... une petite idée de qui est l'auteur.e  :mrgreen:
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

Ma page perso si vous êtes curieux

Léilwën

  • Invité
Re : P04 - Fendue
« Réponse #11 le: 02 Février 2020 à 19:59:40 »
Salut Mout,

N'étant pas amatrice de poésie, je passe juste faire des remarques de forme (et ne voterai donc pas pour la poule de poèmes).

C'est normal que toutes les étoiles de séparation ne soient pas au même niveau ?

Bonne chance ! :mafio:

EDIT : même si l'agressivité du poème me déplaît, après avoir lu tous les poèmes de la poule, c'est celui qui se détache le plus des autres.
« Modifié: 02 Février 2020 à 20:35:18 par Léilwën »

Eveil

  • Invité
Re : P04 - Fendue
« Réponse #12 le: 05 Février 2020 à 19:08:31 »
hermétique, surréaliste et masturbatoire, ce ne sont pas des défauts par essence mais ils le deviennent quand je ne ressens rien. JE n'ai pas aimé du tout.

Hors ligne gage

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Re : P04 - Fendue
« Réponse #13 le: 05 Février 2020 à 21:42:08 »
Bon.

Pas facile de commenter un poème extra-terrestre au monde qu'on fréquente d'habitude.

Et il est difficile dans ce genre de production de faire la part des maladresses et la part des choix.

Du coup ce qui suit ne sera sans doute qu'un aveu de lacunes, pas un jugement. Des constatations.

- Je n'ai pas attrapé le fil conducteur qui donnerait un sens au tout.
- Il y a de  belles images et des trucs pas beaux.
- Il y a des artifices qui paraissent gratuits.
- Il y a de la brutalité et des sortes de vulgarité de sens, de facilités.

Ma grande question restera ; comment peut-on enfoncer une vulve dans quoi que ce soit ?

Bref, ce poème ne s'adressait pas à moi ; j'en suis conscient, et désolé.

Néanmoins, je te souhaite bonne chance pour la suite !!

"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Mout

  • Invité
Re : P04 - Fendue
« Réponse #14 le: 06 Février 2020 à 20:09:50 »
Hello ! Merci à vous quatre pour vos commentaires :)

Merci beaucoup d'avoir relevé la faute d'accord et les balises foirées, Claudius & Léli.

Merci pour ces épithètes Eveil, même s'il ne t'a pas convaincu, je suis toutefois étonné par la qualification de "masturbatoire" que j'entends dans ta bouche électronique comme une critique qui porterait sur une écriture poseuse et égocentrée. Peut-être que je comprends mal ton utilisation de ce mot mais je me pose question car j'ai vraiment essayé d'approcher la conception de ce texte dans un état d'esprit humble, quoique expérimentateur, et sincère, bien qu'impudique (mais ça c'est un tic quasi définitoire pour l'instant dans mon écriture). Du coup, si je devais retenir une critique pour me poser problème, c'est celle-ci.

Gage :

Merci pour ton passage ! J'aurais été très intéressé par un relevé même à titre d'exemple sur les passages qui semblent maladroits, gratuits, faciles ou artificiels. En vrai avec ce poème j'ai un peu eu l'impression d'être avec une bonbonne de peinture devant un mur pour mon premier graph' et me dire "bon... dans les films ils disent qu'il faut oser et ne pas écouter les voix dans sa tête qui disent que ça ne va pas marcher". Les critiques sur ce texte sont mitigées, mais je pense que j'ai vraiment pris du plaisir et du courage pour l'écrire, et j'en suis fier au moins pour ça ! J'essaierai de le proposer dans un recueil en réalité, à moins qu'au fur et à mesure de mon travail ses défauts ne m'apparaissent plus clairement à moi aussi.

Encore merci pour les retours.

 


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