"Est-ce que mon professeur, donateur de René, a l'envie de chercher des informations pour alimenter un débat contradictoire?". Je ne le crois plus.
Et de mon point de vue tu as raison.
Et je partage ton présupposé implicite quant au grand nombre de personnes qui sont dans l'attente de la réponse qui leur convient le mieux plutôt que dans l'exploration de la question.
Le confucianisme dit que :
"
Les anciens, pour faire resplendir sous le ciel la vertu brillante, commencèrent par bien gouverner leur propres Etats.
Pour bien gouverner leur propres Etats, ils firent d'abord régner l'ordre dans leur propre famille.
Pour faire régner l'ordre dans leur propre famille, ils cultivèrent d'abord leur propre personne.
Pour cultiver leur propre personne, ils réglèrent d'abord les mouvements de leur coeur.
Pour régler les mouvements de leur coeur, ils introduisirent d'abord la sincérité dans leur pensée.
Pour introduire la sincérité dans leur pensée, ils approfondirent d'abord leur savoir.
Pour approfondir leur savoir, ils commencèrent par scruter la nature des choses."
Scruter la nature des choses. Les observer pour ce qu'elles sont au lieu de ne voir ce qu'on a envie de voir. Ce que Montesquieu reformulait en disant qu'il y a plus à faire à interpréter les interprétations qu'à interpréter les faits.
A l'échelle de nos sociétés humaines, ce que l'on observe aujourd'hui est à la fois un résultat (une somme de conséquences enchevêtrées) et les fondements de ce que sera la société demain. Que cela me plaise ou non est secondaire (au sens où que cela me plaise ou pas ne changera rien). Je suis impuissant à changer "Les Choses". Ce qui ne signifie surtout pas que je peux ne rien faire. Mais pour éviter qu'un gène surnuméraire tourne en rond dans ma case soudainement vide, je dois situer les enjeux et les horizons à la dimension de ce que je suis : rien de plus, mais rien de moins. C'est un remix de "Qui sauve un Homme sauve l'Humanité". Se flageller de ne pouvoir réaliser l'inhumain n'emmène personne nulle part et ne suscite qu'amertume. Mais infléchir le cours d'une histoire, participer à la déconstruction d'une idée reçue, à l'échelle d'une rencontre, ça, c'est toujours possible (ou au moins "essayable").
Ce qu'à titre personnel je traduis par : Du bon usage de l'humour noir et de la provocation....
Nota : Et cela n'a réellement de sens qu'IRL. Tout comme les élections ou les statistiques, les supports épistolaires numériques ne sont pas là pour changer quoi que ce soit mais pour offrir un décorum à la continuité. Que demain ces outils deviennent des outils de changement et ils seront immédiatement déclarés hérétiques et interdits dans la foulée. Il suffir de voir les efforts que TOUTES les nations font pour encadrer les réseaux sociaux. Il suffit de constater que, leur puissance financière s'accroissant en continu (et leur capacité à interférer avec les simulacres de consultation électorales avec), l'on commence très sérieusement à envisager de démantèlement de FB ou Google...
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Je suis heureux de ton optimiste
Tout cela pour dire que je ne crois pas du tout être un optimiste. Quand l'optimiste est celui qui crée l'avion, le pessimiste est celui qui invente le parachute. Je crois n'être ni l'un ni l'autre.
Moi je prends les photos

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envie de chercher des informations pour alimenter un débat contradictoire
Le mot essentiel est, à mon avis, le mot "envie". Je vais essayer d'être court au risque d'être lapidaire.
Société dite de consommation = société qui a tué l'Envie. La société faisant l'apologie du désir satisfait s'est transformée en une société du désir préfabriqué (c'est plus rentable). En tuant le Désir, tu tues l'envie. En tuant l'envie, tu tues en même temps la curiosité, le souci d'autrui, l'altérité et la considération que la personne a pour elle-même. Sans considération pour Soi, comment en avoir pour Autrui ?
Ce que l'on peut reformuler autrement : On ne peut donner que ce que l'on a reçu.
Société financiarisée = société du marketing. Tout est objet ou produit, le citoyen n'est qu'un consommateur alimentant des statistiques que l'on torture pour les faire parler. Le marketing se caractérise par une novlangue (il n'est pas le seul) qui s'adresse au public et soit crée des modes soit les détourne. Il n'y a plus de politique culturelle depuis très longtemps en Europe parce que la seule culture acceptable est celle de la consommation. Ce qui nous renvoie au point précédent.
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Sans identité car sans culture et sans envie car sans désirs à moi, que veux tu que je sois ? ("
Dans cette société là. Un ange ou un cobra, un tueur ou un rat" (1)

). Juste une feuille morte ballotée par les vents médiatiques.
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On peut reprocher à "ton" professeur d'être enfermé dans son monde. On peut lui reprocher d'être égoïste, superficiel, mal conscient ou conformiste. Mais peut-on lui reprocher l'histoire qui l'a emmené là ?
Je ne fais pas l'apologie de ton personnage, Manu. J'interroge juste le "Et donc, on fait quoi à part nourrir un ressentiment ?"
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Merci pour la discussion.

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(1) :
https://www.youtube.com/watch?v=hoUycQ9XJBw&feature=youtu.be