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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Belle Amour

Auteur Sujet: Belle Amour  (Lu 12324 fois)

Hors ligne Claudius

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Re : LES NUITS SE LÈVENT 2ème partie (suite)
« Réponse #30 le: 11 Février 2019 à 22:24:15 »
Modération

Bonsoir Laverkrep

J'ai fusionné ces trois sujets puisqu'ils représentent une histoire suivie. Lorsqu'il s'agit de textes de la sorte, il est mieux de les poster dans le même fil et d'éviter de multiplier les suites de suites.

Je te conseille de suivre ce lien : ici
vers la FAQ où tout est expliqué.

Merci de regrouper tous tes textes à l'avenir ce sera plus simple pour toi et pour nous aussi.

Bonne continuation.

Claudius pour l'équipe de modération
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

Ma page perso si vous êtes curieux

Hors ligne txuku

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Re : LES NUITS SE LÈVENT
« Réponse #31 le: 12 Février 2019 à 19:23:41 »
Bonsoir


J ai lu ce long texte d une seule traite et avec grand plaisir ! :)

J aime ce cote doux-amer ..........
J ai releve quelques fautes mais je n ai pu interrompre ma lecture pour les noter - desole ! :'(
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

Hors ligne Lavekrep codaraque

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Re : LES NUITS SE LÈVENT
« Réponse #32 le: 12 Février 2019 à 21:22:00 »
Salut txuku,
Merci pour ton commentaire et content que ça t'ait plus. Pour  la correction ne t'excuse pas, je sais que c'est rébarbatif et que ça peut gâcher le plaisir de la lecture.
La suite arrive.
A+
Mourir est un manque de savoir vivre (Dac)
Si quelqu'un vous dit : " Je me tue à te le dire. "...Laissez le mourir

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  • Calame Supersonique
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Re : LES NUITS SE LÈVENT (1+2 I+2 II )
« Réponse #33 le: 12 Février 2019 à 21:49:05 »
Merci pour la suite future !!! :)
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

Hors ligne elisabeth beaudoin homps

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Re : LES NUITS SE LÈVENT (1+2 I+2 II )
« Réponse #34 le: 14 Février 2019 à 16:01:58 »
SOS Krep  :D, je ne sais plus où j'en suis dans ton texte, elle est où la suite de l'histoire avec les jumelles, je ne m'y retrouve plus et me sens vraiment Beth  :D

Hors ligne Lavekrep codaraque

  • Calliopéen
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Re : LES NUITS SE LÈVENT (1+2 I+2 II )
« Réponse #35 le: 14 Février 2019 à 17:23:38 »
Salut Beth,
j'aurai préféré poster les suites séparément avec des liens, mais apparemment ça ne se fait pas. J'avoue que je trouve ça dommage, que ça facilite le suivi.
J'ai été voir ton dernier message et il me semble qu'au point où tu en étais nos deux vagabonds avaient quitté nos jeunes veuves pour poursuivre leur route. Ils doivent être à Cluny. Si je me trompe tu peux remonter un peu le récit pour te recaler. Désolé c'est pas de ma faute. Ou plutôt si, j'aurai dû faire attention aux règles.  :???: :o
On est pas loin du bout de leur chemin respectif. Et donc de la fin de l'histoire.
Quant à nos deux Jumelles, je crois qu'il doit y avoir une centaine de pages déjà écrite qui les concernent. Mais ça c'est une autres histoire ;)
 
Mourir est un manque de savoir vivre (Dac)
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Hors ligne Lavekrep codaraque

  • Calliopéen
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MALVILLER 1ère, 2ème partie
« Réponse #36 le: 22 Février 2019 à 15:07:34 »
                                       


                             
                                       
                                            MALVILLER
                                         première partie 
         



                                    LA GARE DE MALVILLER


La plaine et sa grisaille défilent derrière la vitre embuée.
le voyage est un calvaire, il a failli tirer sur le signal d’alarme pour stopper le train et s’enfuir dans la campagne loin de la réalité qu’il redoute au fur et à mesure qu’elle s’approche. Il a demandé dix fois à celui qui se trouve face à lui de le réveiller si jamais il lui venait de s’endormir.
Pour le moment il est surexcité. Il trouve que ça ne va pas assez vite, il maudit ce tortillard qui s’arrête dans toutes le gares et qui l’empêche de rejoindre sa “belle amour”. L’homme qui se trouve sur la banquette opposée s'impatiente et lui fait comprendre, par une moue qui en dit long, qu’il souhaiterait poursuivre dans le calme et la tranquillité le chemin qui lui reste à faire. Il essaie de se contrôler. Il transpire, ses mains tremblent, son coeur n’en peut plus d’attendre. Il se calme, en apparence, mais se pose toujours les mêmes foutues questions.
“ Est ce qu’elle va vouloir de moi ? Va-t-elle me reconnaître ? Ai-je le droit de rentrer ? M’a-t-elle pardonné ? Aime-t-elle quelqu'un d’autre ? Après toutes ces années, qu’ai-je le droit d’exiger ? Ai-je seulement le droit de vouloir m’imposer ? Mon devoir n’est-il pas de la laisser tranquille ?”.
Il se promet que c'est la dernière fois qu'il descendra d'un train. Si elle le repousse, le chasse sous des horreurs, le met plus bas que l’enfer, il se trouvera un arbre qui le rendra heureux en lui offrant une branche à laquelle s'accrocher. Il comprend maintenant les paroles du vieux: “Mourir c'est l'espoir de pouvoir oublier.”
“ Allez ! Reprends-toi dont. Tout va bien s'arranger. Dans le fond tu sais bien que tu n'y es pour rien. Elle va bien comprendre, elle est intelligente.”
Encore un de ces trop nombreux arrêts. Il se lève et ouvre la fenêtre pour prendre un peu l'air et regarder où ils sont arrêtés. Le wagon dans lequel il se trouve est en queue de train et trop loin pour distinguer le nom qui se trouve sur le fronton de la gare.
-C'est le prochain , fermez donc cette fenêtre ! Il fait froid à mourir.
-Vous êtes sûr ?
-j'en suis même certain, c'est là que je descends. Je ne vous connais pas mais la chose certaine, c'est qu'il faut vous soigner. Vous êtes un agité. La guerre je suppose.
-Il y a un peu de ça. Répond Marcel pensant ne pas devoir s'étendre sur la question.
-Je suis médecin à Malviller, je ne crois vous avoir déjà vu. Vous êtes de passage ?
Marcel enverrai bien ce curieux médecin au diable mais, un docteur ça se respecte et puis on ne sait jamais.
-Non j'habite ici.
-Comme quoi le monde à beau être petit, on arrive à ne pas s’y rencontrer. Je me présente, Docteur Michel, Enchanté !
Marcel ne sait comment s’y prendre pour ne pas révéler son identité sans passer pour quelqu'un de mal élevé. Les chemins de fer viennent à son secours. Le train ralentit fortement, ils sont arrivés à destination. Les deux hommes se lèvent, attrapent leur bagage, quittent leur compartiment et louvoient entre les voyageurs qui se trouvent dans l’étroit couloir afin d’atteindre la porte du wagon.
Marcel laisse le docteur prendre de la distance.  Une fois entré en gare, il attend qu’il soit descendu et qu’il soit assez loin pour enfin posé le pied sur le quai. Son estomac se tord en voyant écrit, en lettres bleues majuscules, le nom de son pays qu’il a vu s’éloigner dix ans plus tôt.
Un peu plus loin, devant lui, le docteur Michel le regarde, il a l’air intrigué. Peut être cherche-t-il à se rappeler son visage. Il faut dire que sa peau tanné par le soleil des Pyrénées a du le déconcerter. Ici, même les paysans qui passent tout l’été dans les champs ne se retrouvent pas avec le teint d’un légionnaire d’afrique.
“ Il ne va pas m’attendre quand même ? Qu’est que ça peut bien lui foutre qui je suis ? Est ce que je lui ai demandé d’où vient son air efféminé ?”
Le docteur se penche pour reprendre sa valise et, sur un haussement d'épaules, sort de la gare.
Celle-ci se trouve un peu en dehors de la ville qu'il pourra éviter pour se rendre : “Aux trois chênes.”
“ Ça m’évitera de passer devant les mauvais souvenirs, je crois que s’il m’avait fallu revoir l’hôpital et la caserne, j’aurais fait demi-tour. Bon ! Il est onze heures, je devrais connaître mon sort vers trois ou quatre heures de l’après-midi”.

Il est trois heures et demi de l'après-midi aux "trois chênes" quand, Jean-Pierre, qui s"ennuit, arrache méticuleusement les ailes de la mouche qu'il a attrapée puis la pose délicatement sur le plancher de la grange à foin où il se trouve perché.
“ Maintenant, il te reste plus qu’à rentrer à pieds.” Il éclate de rire, puis se lève et reste un long moment à observer l’insecte qui clopine parmi les brins de paille.
“ Aller ! Tu me fais pitié, j’aime pas voir souffrir les animaux.” il achève du pied la pauvre créature noire qui agonise.
Son attention est attirée par la voix étrange de sa mère. 
L'homme à qui elle s'adresse à l'air d'un misérable venu d'un pays lointain. Elle lui doit une tête mais ne semble pas en être effrayée.
Du haut de ses dix ans il décide de descendre pour voir ce qui se passe. "Il f'rait beau voir qu'on fasse mal à maman".




                                                                           MALVILLER
                                                                         deuxième partie


                                                                 ARRIVÉE AUX “ TROIS CHÊNES”

S’il fait un peu frais, heureusement il fait beau. Il se rappelle de chaque virage, de chaque maison sur son chemin, tout est resté gravé intact dans sa mémoire. À mi-chemin, une charrette le croise. Celui qui la conduit tient les rênes d’une seule main et cache maladroitement le bras qui lui manque. Marcel le reconnaît c’est le “Pierre grand’manche”, un camarade de classe. Marcel basse la tête pour éviter que leur regard se croise car malgré les rides, les yeux ne trompent pas. L’autre, d’ailleurs, ne prête pas attention au vagabond qui passe.
Marcel a dans son baluchon de beaux habits tout neufs. Un pantalon côtelé, une chemise de flanelle, une veste de toile de qualité et pour se porter bien des bottes en cuir de chèvre que Firmin lui a offert pour se faire pardonner de ne pas avoir couru assez vite. Il hésite encore.
comment se présenter ? faut-il faire pitié, jouer au pauvre bougre qui vient faire repentance ou fier comme Artaban  imposer sa présence avec les risques que cela comporte. À la fin il décide de ne pas être arrogant.
En haut d’une montée vraiment sans importance, le voilà stoppé net par un coup dans le cœur.
Il s’arrête et s’assoit sur le bord d’un calvaire. Il la voit, elle se dessine à droite des trois chêne qui sont restés debout et qui lui semblent plus grands.
Rien n’a changé, même la bétaillère semble ne pas avoir bougé depuis le jour de son départ. Les champs aux alentours attendent que ça pousse, une odeur de fumier dit qu’ils sont bien soignés.
Il lui reste trente minute avant le Rubicon.
Il a hâte d’y être mais il traîne la semelle, encore deux cents mètres et tout va basculer. Une femme sort de dessous le porche, le voilà qui tressaille.
Ce n’est que la “Guinguette” qu’on appelle comme ça parce qu’elle aime danser le dimanche au bord de l’eau. Elle s’approche, elle s’arrête, lui aussi.  L’aurait-elle reconnu ?
“Dix ans, ça fait une paye ! Et puis certainement qu’elle me croit mort et j’étais pas barbu. Pourtant elle me regarde avec de l’insistance.”
Elle fait demi tour et se met à courir et quand elle crie “madame !”, le doute n’est plus permis.
Les battement s’accélèrent et tout autour de lui le monde se ralenti.
Dix mètres avant de se retrouver dans la cour, quinze pour atteindre la porte de la maison.
Elle est là qui l’attend. Elle ajuste un châle sur ses épaules.
Les cris affolés de la servante ont attiré les ouvriers présents et curieux. 
Elle a bien quelques rides aux coins des yeux et sur le coin des lèvres, mais à part ces détails qu'il ne verrait pas s’ils avaient vaincu près d'elle toutes ces années qu'on lui a volées, c’est bien elle qui est là, sa “belle amour”.
                                               troisième partie
« Modifié: 26 Février 2019 à 15:11:03 par Lavekrep codaraque »
Mourir est un manque de savoir vivre (Dac)
Si quelqu'un vous dit : " Je me tue à te le dire. "...Laissez le mourir

Hors ligne elisabeth beaudoin homps

  • Troubadour
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Re : MALVILLER 1ère, 2ème partie
« Réponse #37 le: 22 Février 2019 à 17:57:34 »
   
               
 e
Citer
. Il a demandé dix fois à celui qui se trouve face à lui de le réveiller si jamais il lui venait s’endormir.
J'écrirais, si jamais il venait à s"endormir
Citer
  Il se calme ou du moins en apparence, toujours ces foutues mêmes questions.
Il se calme, en apparence, mais se pose toujours les mêmes foutues questions
Ca me semble moins lourd ainsi

Citer
Il se promet que c'est la dernière fois qu'il descendra d'un train. Si elle le repousse, le chasse sous des horreurs, le met plus bas que l’enfer, il se trouvera un arbre qui le rendra heureux en lui offrant une branche à laquelle s'accrocher. Il comprend maintenant les paroles du vieux: “Mourir c'est l'espoir de pouvoir oublier.”
:coeur:
 
Citer
Encore un de ces trop nombreux arrêts. Il se lève et ouvre la fenêtre pour prendre un peu l'air et regarder où ils sont arrêtés

-
Citer
C'est le prochain arrêt, fermez donc cette fenêtre ! Il fait froid à mourir
.
 Répétition du mot arrêt, faudrait trouver un autre mot pour arrêter
 
Citer
Son estomac se tord en voyant écrit le nom en lettres bleues majuscules de son pays qu’il a vu s’éloigner dix ans plus t
ôt.
J'écrirais plutôt, son estomc se tord en voyant, écrit en lettres bleues majuscules, le nom de son pays ...
Citer
. Ici, même les paysans qui passent tout l’été dans les champs ne se retrouve pas avec le teint d’un légionnaire d’afrique
.
retrouvent
Citer
Celle-ci se trouve un peu en dehors de la ville et par chance dans la bonne direction de là où il doit se rendre : “Aux trois chênes.”
C'est un peu lourd je trouve
Citer
Il arrache méticuleusement les ailes de la mouche qu'il a attrapée puis la pose délicatement sur le plancher de la grange à foin où il se trouve perché.
“ Maintenant, il te reste plus qu’à rentrer à pieds.” Il éclate de rire, puis se lève et reste un long moment à observer l’insecte qui clopine parmi les brins de paille.
“ Aller ! Tu me fais pitié, j’aime pas voir souffrir les animaux.” il achève du pied la pauvre créature noire qui agonise.
Son attention est attirée par la voix étrange de sa mère. 
L'homme à qui elle s'adresse à l'air d'un misérable venu d'un pays lointain. Elle lui doit une tête mais ne semble pas en être effrayée.
Du haut de ses dix ans il décide de descendre pour voir ce qui se passe. Il ferait beau voir qu'on fasse mal à sa mère.
Je ne comprends pas trop l'insertion de ce paragraphe.
Il ferait beau voir qu'on fasse mal à sa mère me semble bizarre comme formulation
                                                                         
Citer
S’il fait un peu frais, heureusement il fait beau. Il se rappelle de chaque virage, de chaque maison sur son chemin, tout est resté gravé intacte dans sa mémoire
. Intact
Citer
comment se présenter ? faut-il faire pitié, jouer au pauvre bougre qui vient faire repentance ou fière comme Artaban pour imposer sa présence avec les risques que cela comporte
.
je mettrais ou fier comme Artaban imposer sa présence
Citer
Elle a bien quelques rides aux coins des yeux et sur le coin des lèvres, mais à part ces détails qu'il ne verrait pas s’ils avaient vaincu près d'elle toutes ces années qu'on lui a volées, c’est bien elle qui est là, sa “belle amour”.
 
:coeur:

Il est sympa ce texte, je te propose quelques corrections par ci par là,  j'attends la suite, j'espère que sa belle amour est toujours un cœur à prendre !
A +

« Modifié: 22 Février 2019 à 18:02:12 par elisabeth beaudoin homps »

Hors ligne Lavekrep codaraque

  • Calliopéen
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Re : MALVILLER 1ère, 2ème partie
« Réponse #38 le: 23 Février 2019 à 14:09:50 »
Salut Beth,
patience, le dénouement approche.
Merci pour tes corrections qui étaient judicieuses et que j'ai rectifiées.
A+
Mourir est un manque de savoir vivre (Dac)
Si quelqu'un vous dit : " Je me tue à te le dire. "...Laissez le mourir

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  • Calame Supersonique
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    • BEOCIEN
Re : MALVILLER 1ère, 2ème partie
« Réponse #39 le: 23 Février 2019 à 19:54:36 »
Bonsoir


J accroche bien a ce texte !  :)

Une coquille en passant:
Citer
pour enfin posé le pied
poser!
Je ne crains pas d etre paranoiaque

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Hors ligne Lavekrep codaraque

  • Calliopéen
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MALVILLER troisième partie
« Réponse #40 le: 25 Février 2019 à 21:39:18 »
                                                      MALVILLER
                                                     troisième partie
                                                 

                                             DE MARCEL À CÉSAR


Dans ses yeux cependant une noirceur nouvelle vient assombrir la pépite d'or qui brille.
Plantée sur ses deux pieds, les bras croisés sur son châle elle le toise puis lui capte le regard.
-Te voilà donc revenu, il t'en a fallu du temps. T'étais donc pas pressé. Cinq ans de réflexion, ça paraît un peu long pour quelqu’un qui se disait fou amoureux.
-Mais ma Louise je..
-Tais-toi ! Il n’y a plus de “ma” Louise qui compte et pourquoi pas ma chérie ou mon amour pendant qu’on y est. Je ne sais même pas ce que j’vais faire de toi. Je ne peux pas te chasser puisque tu es chez toi. J’espère au moins que tu n’as pas trop changé et que tu es resté un homme de parole.
- Je ferais tout comme je te l’ai écrit. Si tu veux que je m’en ailles, j’irais voir le notaire et plus jamais tu n’entendra parler de moi.
- Arrête de faire le miséreux, ça ne te ressemble pas, du moins dans les souvenirs qui me restent de toi. Je ne sais pas pourquoi j’ai toujours su que tu finirais par revenir, alors je m’y suis préparée.
Captivé par celle qui lui fait la leçon, Marcel n’a pas vu arriver celui qui maintenant, s’accroche aux jupes de sa mère et observe ce drôle de barbu au visage tout noir qui semble être venu pour embêter sa mère.
- C’est qui le monsieur maman ?
Marcel sursaute et regarde le gamin qui s’adresse à Louise.
Il est pris de vertiges, tout défile dans sa tête. Le docteur emmenant sa femme hurlant à l’hôpital, le lit dans la chambre sans berceau à côté, elle qui, épuisée, ne peut lui dire un mot mais qui semble si désespérée qu’aucun doute ne subsiste et puis l'engrenage infernal de ces quelques jours d’août, le glas qui sonne, son retour chez lui, son travail jour et nuit pour pouvoir, sans soucis, retourner la voir sur son lit de tristesse, Les gendarmes qui viennent pour l’emmener à la caserne, ce salopard de juteux qui ne veut plus le lâcher, le train qui s’en va, les tranchées, le bruit, la fureur, les copains qui s’écroulent ainsi que ses espoirs quand il ne voit pas venir de réponses à ses lettres. Et puis, et puis surtout toutes ses années perdues loin d’elle et de son fils parce qu’en le voyant avec ses yeux d’or, une bosse sur le nez, un menton en galoche et sa mimique inquiète, il sait bien que c’est lui. Juste un regard vers elle pour la confirmation, juste un hochement de tête pour lui dire que oui.
Il tombe à genoux et juste par le geste il demande à Jean-Pierre de venir dans ses bras. Son fils hésite longuement. Il dévisage l’inconnu, le regarde dans les yeux puis, comme il lui semble se reconnaître, timidement il s’approche de son père qui, avec d’infinies précautions le sert contre son coeur et lui demande pardon dans des larmes infinies.
Louise, malgré toute la volonté que les gens lui prêtent, ne peut se retenir et va pour les rejoindre.
À Jean-pierre qui la regarde et qui ne comprend pas elle dit : “ Je te présente ton père.” Comme le gamin fronce les sourcils, “ On va tout t’expliquer, Papa te racontera.”
Ils rentrent dans la maison car il viennent seulement de s'apercevoir que tous les employés se sont arrêtés de travailler pour observer la scène. “ Qu’est ce que vous regardez ? vous n’avez donc rien à faire ? Retournez au travail !” La patronne ferme la porte derrière eux.
Une gamine joue près de la cheminée.
- Mais qu’est ce que tu fais là Hélène ?
La gamine, une petite blondinette toute potelée de onze ans, regarde Louise. Elle semble étonnée par la question.
- Ben, rien ! je m’amuse.
- Parce que tu crois que ta mère t’as confiée à moi après la mort de ton pauvre papa pour que tu t’amuses ?
- Ben je sais pas madame !
- File de là et va faire tes corvées, les poules t’attendent. j’espère que tu es moins paresseuse à l’école, sinon je ne sais pas ce que ta pauvre maman va pouvoir faire de toi.
La gamine ne demande pas son reste et sort en courant de la pièce.
Jean-Pierre la regarde courir dans cour : “ Elle avance pas la grosse, si elle continue, son gros cul va la dépasser.”
- Hé bien Jean-Pierre, puisqu’elle semble te plaire, va donc lui donner un coup de main. Nous avons à parler entre adultes ton père et moi.
Jean-pierre regarde sa mère avec une grimace de dégoût.
Mais pourquoi ? Elle est moche et elle est grosse, je veux pas l’aider moi.
- Et pourtant, tu n’as pas le choix. Si un jour tu veux diriger cette maison, il te faudra savoir tout faire. Aller oust ! Et pas de discussions.
Il va vers la porte en grommelant : “ Si jamais je suis encore dans cette endroit pourri quand je serai grand, il n’y aura ni laide, ni moche.
Une fois Jean-Pierre sortit, Louise invite Marcel à s’assoir.
- Tu veux un café ?
- Oui je veux bien, merci.
L’atmosphère se détend, ce qui est une grande surprise pour Marcel. Lui qui s’attendait à devoir aller se pendre, le voilà devant sa Belle Amour qui, sans être l’amoureuse qu’il a quittée, semble ne pas le haïr. Quelque chose lui dit que Jean-Pierre n’est pas étranger à cette situation.
Louise saisit la cafetière sur le bord du fourneau, deux tasses dans l’immense placard, les pose sur la table avant de servir. En retournant pour reposer le pot, elle engage la conversation.
- Tu peux te vanter d’avoir de bons amis, j’ai un peu exagéré tout à l’heure quand je t’ai dit que malgré tout ce temps, je savais que tu allais revenir. En fait, je le sais depuis ce matin.
Marcel qui va de surprises en surprises ose à peine un :
- Comment ?
- Oh ! Je ne pensais pas te voir arriver spécialement aujourd’hui, mais du moins dans les jours qui viennent.
- Pourquoi ?
- Comment, pourquoi, on peut dire que tu as de la conversation.
- Ben ! je sais pas moi.
- De mieux en mieux, je croirais entendre ton fils, je te rappelle qu’il n’a que dix ans.
- Je sais mais…
- Laisse, c’est pas grave. j’ai reçu une lettre de ton ami Firmin dans laquelle il m’explique ce que tu as traversé, pourquoi tu n’as pas répondu à ma lettre…Marcel va pour intervenir mais comme elle devine ce qu’il va lui dire, elle préfère prendre les devants… Je sais ce que tu vas me dire, que moi aussi je n’ai jamais répondu à tes lettres, mais avoue que tu l’avais bien mérité...
Marcel pourrait se défendre mais il laisse filer...Toujours est-il que comme je ne sais pas si je dois te pardonner, j’ai décidé de te laisser une chance de se racheter. Comme tu le sais nous avons quelques chambres de bonne, tu peux disposer de trois qui se touchent et les arranger comme tu veux et qui sait le temps passant…
- Merci. C’est tout ce qu’il a réussi à dire(du moins pour un temps) tant il était heureux.
Au bout de quelques mois.

Marcel est revenu, il l’a vue, il l’a vaincue.

                                                     

                                                                    MALVILLER
                                                                 quatrième partie
                                       

                                                LE BAL DU QUATORZE JUILLET


Les année passent. Nous sommes en décembre mille neuf cent trente et un.
Louise et Marcel se sont retrouvés et revivent le grand amour qu’ils avaient failli perdre.
Les récoltes de ces dernières années ont étaient généreuses. Jean-Pierre, a maintenant dix sept ans. Il fait de brillantes études d’ingénieurs ce qui réjouit ses parents qui se moquent bien de l’avenir de la ferme une fois qu’ils seront morts.
Souvent, Marcel va marcher seul à travers ses terres. Il prend un fusil comme prétexte et son chien Alibi. Louise sait très bien qu’il vaudra mieux compter sur le chapon qui se promène repu, tranquille et confiant en l'avenir dans la cour pour Noël.
Toujours, lors de ses grandes balades, il pense au vieux qui lui à donner ce goût de lire qu’il a transmis à son tour à son fils et il se dit souvent que c’est grâce à Henri que Jean-Pierre sera ingénieur et qu’il n’aura pas besoin de se salir les ongles à retourner la terre. Il revoit Léa et Lucie les bourguignonnes et bénit encore son compagnon de route d’avoir prit la décision de quitter ce nid douillet au fond duquel il était près à se blottir. Sans ce coup de pied au cul, il n’aurait jamais su qu’il avait un fils et aurait toujours eu le remord d'avoir abandonné sa femme sur un lit d’hôpital.
Comme d’habitude, il rentre bredouille. Avant d’entrer dans la cuisine où l’attendent les moqueries de sa femme, il débarrasse la boue des semelles de ses bottes sur le décrottoir qu'il vient d'installer après mainte demandes de Louise.. Aussitôt qu’il la voit, il devine que quelque chose se passe. Louise est contrariée, elle fait les cent pas devant la cheminée et marmonne toute seule.
- Qu’est ce qui t’arrives ? s’inquiète-t-il.
Comme on dit partout, premier arrivé, premier servi. La foudre lui tombe dessus.
- Qu’est c’qui m’arrive, Qu’est c’qui m’arrive, qu’est ce qui nous arrive ! Ne crois pas que tu vas échapper à la honte qui vient de s'abattre sur “notre” famille. Plus jamais personne ne nous fera confiance. Quelle honte! Mais quelle honte !
En disant ces mots Louise est au bord de l’hystérie. Marcel tente de la calmer.
(et chacun sait que les hommes ont le don de toujours trouver les mots justes face à une situation dont ils ignorent l’origine).
- Mais calme toi ma chérie, ça ne doit pas être si grave, il doit y avoir une solution.
(Est ce que vous devinez les conséquences de ces mots rassurants ?)
- Me calmer ! Mais tu plaisantes ou bien ! Me calmer, j’aurais tout entendu. Je ne parle pas de la messe de minuit, celle là elle est morte. Je n’oserai plus fréquenter l’église et les gens qui nous connaissent avant dix ans. Il doit bien y avoir une solution qui dit le nigaud. Mais il a raison l’ignorant, la solution, c’est le meurtre. voilà ce que méritent les traînées.
- Les traînées ! Mais de quoi ou de qui parles-tu ?
- De qui ! Mais de ta petite protégée, celle qu’on a élevée comme notre fille, celle que Jean-Pierre appelle “ma petit soeur”.
- Hélène ?
- Oui Hélène, La gentille, la jolie, l’innocente. Et bien cette saleté de sainte nitouche aurait apparemment un polichinelle dans le ventre. Et en plus on ignore qui est le père, voilà c’que c’est d’aller traîner dans les bals le samedi soir. Si ça se trouve c’est un de ces saisonniers de passage. Ah la salope, mais qu’est ce que je vais bien pouvoir dire à sa mère. Elle qui nous l’a confiée.
Marcel tente (comme un homme) de calmer la situation.
- Mais tu es sûre de ça ? Il s'agit peut être d'un malentendu ou de mauvaises langues.
-Voilà qu'il en rajoute et me prend pour une bêtasse. Bien évidemment que j'en suis sûre et plutôt deux fois qu'une. Elle s'est confiée à Guinguette cette idiote comme si ma seule amie pouvait me cacher quelque chose. Le pire de tout c'est qu'elle a demandé à Mariette si elle connaissait une faiseuse d'anges.
- Une quoi ?
- Une faiseuse d'anges ! Ne me dit pas que tu ignores qui sont ces diablesses. Toi qui es toujours penché dans les livres et sur les journaux.
- Si, si bien étendu. Dit Marcel bouleversé. J'espérais simplement avoir mal compris. La pauvre petite doit être désespérée pour envisager de risquer sa vie.
Louise ne comprend pas son mari. Comment peut-il réagir ainsi alors que son honneur va être bafoué ? Elle a oublié que Marcel a vu l'honneur, se cacher derrière des hommes qui ne rêvaient que de dignité, faire sonner la charge dans des bourbiers.
Elle hurle sa colère, elle balance un verre qui traînait sur la table à la tête de celui qui ne la reconnaît pas.
C'est la voiture du docteur Michel entrant sur le pavé de la cour qui sauve Marcel du hachoir que Belle Amour vient de saisir.
Il entre sans même frapper.
- Alors les amoureux ! Comment ça va ?
 Comme elle ne peut choisir sa cible, Louise repose avec regret le hachoir sur le bord de l'évier.
- Alors qu'est ce qu’il y a de si urgent. Tu n'as rien voulu me dire au téléphone Louise. J'espère que ce n'est pas un nez qui coule. Il paraît qu'on annonce la neige pour cette nuit et ce doit être vrai. La bruine qui commence à tomber est glaciale,  il est déjà six heures, il fait presque nuit et un petit café poussé me ferait le plus grand bien.
Louise, appuyée à la pierre, caresse le manche.
- C'est au sujet d'Hélène. Pour le café et son pousse tu sais où ça se tient.
Michel ne se fait pas prier il attrape une tasse, la cafetière, la gnole et se sert le café et autant de poire par dessus.
- Qu'est ce qui lui arrive à cette pauvre enfant ?
Elle tient le manche dans la main.
- La voilà presque une femme et très jolie d'ailleurs. Elle ne va pas tarder à faire tourner les têtes. Allons ! Ne perdons pas de temps. Fais donc venir notre gentille Hélène.
Elle  brandit le hachoir.
- Le premier de vous deux qui ose encore dire une amabilité sur cette traînée, je lui fends le crâne !
Le docteur, qui connaît bien Louise, sait qu'elle n'est pas femme à dramatiser et se tourne vers Marcel.
- C'est ce que je pense ?
Marcel fait oui de la tête.
- Merde ! P...
(Il allait dire : “ pauvre gamine”. Le toubib a du réflexe et l'instinct de survie.)
Louise s'impatiente.
- Marcel, trouve Guinguette et dis lui ne nous amener Hélène et profites en pour soigner le cheval. On n'a pas besoin de toi.
Trop content de ne pas assister à la scène, il quitte la cuisine pour aller quérir l'amie de sa femme...

Quelque mois plus tôt

La petite blondinette boulotte est devenue une magnifique jeune fille pleine de vie. Elle ne traîne pas les bals mais cette année, pour la première fois,  on l'autorise à aller danser à celui du quatorze juillet. Comme cavalier, il y a Jean-Pierre et comme chaperonne Guinguette. On s'entasse sur le cabriolet, il fait beau, le soleil est encore haut, on va voir le feu d'artifice et on reviendra plein de nouveaux souvenirs dans la moiteur de la nuit en scrutant les étoiles.
Le soleil a disparu, le bouquet s'est éteint, les flonflons peuvent commencer. Jean-Pierre a rejoint des camarades de lycée et Guinguette émoustillée par l'accordéon qui souffle une valse a oublié ses obligations. Hélène qui se sent abandonnée trouve une chaise dans un coin et passe de longues minutes à regarder les autres danser.
Il lui prend la main, elle la retire surprise de tant d'arrogance. Elle le regarde prête à lui faire comprendre qu'elle n'est pas de celles là. Mais elle le voit si beau que son coeur s'en étonne et lui dit de se laisser surprendre.
Ils ont dansé tout le bal sans jamais se lâcher. Elle a repoussé tous les prétendants, il en a chassé quelques uns les menaçant de ses poings. Ils se sont frôlés, touchés, caressés la joue.
Quand tout s'est arrêté, à l'abri des lampions, ils se sont embrassés et il se sont promis bien sûr de se revoir. 
Au matin, tous sont rentrés heureux et plein d'espoir.
Chaque mercredi soir elle l'a revu . Il a proposé la grange de madame Cerfeuil parce qu'elle se trouve à mi-chemin de la distance qui les sépare. A force de se voir, l'amour a pris sa place laissant les sens venir  purs et sans interdit.




                                                        MALVILLER
                                                         cinquième partie

                                                          LA NEIGE


...Marcel trouve Guinguette, il lui  fait le reproche de sa trop grande fidélité à Louise. Elle lui explique qu’elle a longuement hésité mais que devant la détresse d’Hélène elle a eu peur que cette dernière fasse l’irréparable.
Il les voit traverser la cour sous la pluie mêlée de neige. La petite, tête basse et en pleurs, soutenue par Mirette le bras sur son épaule essayant de la rassurer.
Il se dit que rien ne sera plus comme avant.
Au bout de quelques minutes, depuis le fond de l’écurie où il brosse Bellâtre, il entend Louise hurler.
Il se rapproche de la porte de l’écurie pour essayer de comprendre ce qui se crie. Il n’est pas le seul à avoir été alerté par la colère de la patronne. Et puis tout va très vite.
Hélène sort en courant, derrière elle le docteur essaie de retenir Louise, le hachoir qu’elle tient à la main vient de frôler le dos de la jeune fille qui se précipite vers la porte cochère pour s’enfuir, sa patronne arrive à se libérer de la prise de Michel et en vomissant des insultes passe la porte pour continuer sa poursuite, son pied à peine posé sur le pavé verglacé se dérobe.
Tout se ralenti.
Louise monte dans les airs, son chignon laisse échapper quelques mèches blondes, le hachoir vole vers le milieu de la cour, son visage infiniment lentement se déforme jusqu’à la stupéfaction puis elle semble léviter pendant de longues secondes.
Le temps reprend son cour.
Elle retombe lourdement dans un bruit sourd. Le docteur se précipite vers elle, tous attendent qu’elle se relève pour reprendre sa course mais Louise ne bouge plus. Le médecin crie à Marcel.
- Vas vite appeler l’hôpital, qu’il envoie une ambulance, sa tête a heurté le décrottoir.
Marcel est paralysé.
- Mais bouge-toi bon Dieu ! chaque minute compte.
Il se précipite, il bafouille au téléphone.
- Vite...ambulance...ma femme...aux trois chênes.
Il est vingt heures quand ils emmènent sa Belle Amour, mais cette fois, il insiste pour ne pas la quitter...



À la même heure quelque part dans la campagne.
Juste derrière la grange une âme perdue a entendu le grincement des volets que madame Cerfeuil a fermés pour se protéger du froid.
Elle se met à table et boit sa soupe. Une fois terminé, elle s’assoie devant la cheminée dans le fauteuil à bascule offert par sa fille à l’occasion de ses 80 ans. Il lui faut absolument terminer avant Noël le cache-nez qu’elle a promis à sa petite fille. A peine installée le vieux chat tout mité saute sur ses genoux et se blottit sans gêne en ronronnant. De temps en temps ouvrant un œil et retrouvant un souffle de jeunesse le greffier essaye d’attraper les aiguilles qui dansent et viennent lui chatouiller la pointe des oreilles. Elle le maudit l’accusant du retard qu’elle prend à finir son ouvrage disculpant ses vieux doigts perclus d’arthrite par 60 ans de traites quotidiennes. La douce chaleur, la danse des flammes, le « tic-tac » de la pendule et le « ronron » du matou finissent par l’endormir. La fraîcheur la réveille, la sortant ainsi des songes où elle s’est revue en compagnie de son mari, jeunes et heureux malgré les rudesses de la vie. Un court instant elle ne sait plus où elle se trouve. Ses esprits revenus, elle chasse le chat qui se trouve fort mécontent, s’extirpe de son fauteuil, remet, non sans peine, une grosse bûche dans l’âtre, tisonne les cendres et une fois tranquillisée par les flammes qui renaissent elle va se coucher. Elle a froid et décide de se coucher tel qu’elle se trouve. Cela l’étonne d’elle car elle n’est pas du genre frileuse et encore moins paresseuse. Elle hésite à changer d’avis puis décide de ne pas se faire violence, d’ailleurs « Qui le saura ? » se dit-elle.
Elle entre dans le lit devenu trop grand pour elle en ramenant sous son menton l’édredon lourd de plumes. Mistigri vient la rejoindre sans tarder et se love au creux de ses genoux. Leurs ronflements se mettent au diapason et raisonnent sur les murs de l’unique pièce de l’habitation.
Elle a espéré reprendre son rêve interrompu. A en croire son sourire, elle est exaucée.

Hélène se rend maintenant compte qu’elle s’est enfuie sans presque rien sur elle et le froid commence à lui engourdir tout le corps. Ce n’est pas ses sous-vêtement, le pull fin sous la blouse et ses sabots qui vont lui tenir chaud. Elle hésite un moment à faire demi-tour, Mais retourner aux trois chênes serait suicidaire, jamais Louise ne lui pardonnera, elle préférera la tuer plutôt que de lui pardonner. Alors elle trace son chemin marchant droit devant dans le noir ne sachant pas où elle se trouve dans un paysage qui lui est maintenant inconnu. Combien de temps a-t-elle couru ? Ses poumons sont en feu ,elle éprouve de plus en plus de difficulté à respirer il lui faut absolument se trouver un abris sous peine de mourir de froid. Déjà elle ne sent plus ses pieds nus dans ses sabots et ses doigt s'ankylosent. Elle aurait du laissait sa patronne la tuer d’accord elle serait morte, au moins elle serait au chaud. L'épuisement la gagne et avec lui les pensées mauvaises, celles qui vous mènent vers le désespoir, qui vous empêchent d’avancer de poser un pied devant l’autre. Elle se voit mourir au bord de ce chemin au milieu de nulle part où personne ne passe en cette saison. Quel heure peut-il bien être ? Une masse sombre se dessine devant elle.
 “une habitation peut-être? Oh oui seigneur ! faite qu’il y ait quelqu’un! Elle presse le pas et se retrouve devant la grange...  De madame Cerfeuil ! fermée. Ce n’est pas possible! C’est pas juste! je n’ai rien fait de mal !”
Elle tombe à genoux et elle décide de mourir là. Elle se laisse aller, s’abandonne au destin qui a décidé que sa route s’arrêterait en ce jour d’hiver.
“Il vaut mieux que tout s’arrête. Pardonnez moi mon Dieu mais je n’ai plus la force”.
Elle ne sent plus le froid qui lui a fait oublier qu’une maison se trouve à moins de cent mètres de là.
Juste avant de sombrer elle entend un léger grincement, elle n’a plus la force d’appeler.
Pendant la nuit, la neige qui tombe de plus en plus la recouvre petit à petit jusqu’à ce qu’elle se fonde dans la blancheur du paysage.



                                                    MALVILLER               
                                                     sixième partie
                                                 
                                                   LA MÈCHE D’OR
 

    Marcel remet en place la mèche d’or venue se perdre sur son front glacé et lui caresse la joue du revers de la main de peur de la blesser de ses doigts calleux. Cela fait déjà un long moment qu’il la regarde dormir.
 Les barreaux de la chaise sur laquelle il est assis lui torturent le dos et à plusieurs reprises déjà il s’est levé, une fourmilière ayant élu domicile du bas des fesses jusqu’au bas du dos.
Il sort de sa poche sa montre à gousset : “ une heure”.
Il quitte sa chaise.
Louise dort, assommée par les médicaments qu’on lui a administrés.
Debout près du lit, il la regarde en tenant sa main glacée. Elle est encore plus blanche que tout a l’heure et s’en inquiète, le mouvement régulier de la couverture posée sur elle le rassure. Il jette un coup d’œil par la fenêtre. Il retourne s’assoir.
La clarté qui se répand dans le dortoir lui semble anormale. Il est trois heures, il a dû s’endormir.                                 
 Les prévisions se sont révélées exactes. Un halo blanc couronne la ville et appelle à la contemplation. Longtemps il reste magnétisé devant le spectacle des reflets que font jaillir des écharpes vaporeuses soulevées par un vent du nord. Quand il sort de ses rêveries il constate que la rue est recouverte de neige et pense que la bise et son souffle glacial vont réserver une mauvaise surprise à ceux qui devront se déplacer pour se rendre à leur travail, du moins pour ceux qui en possèdent un en ces temps de misère. Il s’installe de nouveau, afin d’attendre le matin.
Il n’a rien avalé depuis la veille et c’est un creux à l’estomac qui le sort du sommeil. Pour la première fois, il prête attention à ce qu’il se passe dans la salle. En comptant les lits de l’allée centrale,  il évalue que les infirmières et les sœurs doivent prendre soin d’une vingtaine de patients. Au centre de la pièce un énorme poêle à charbon ronfle tout ce qu’il peut pour parvenir à donner un peu de chaleur aux malades. Il aperçoit une sœur qui se dirige vers le fourneau. Il se dit que se dégourdir les jambes lui ferait le plus grand bien. Avant qu’elle ne puisse le faire il saisit la poignée du seau. « Permettez-moi de vous aider ma-sœur. Elle sursaute, surprise.
 - Désolé de vous avoir effrayée.
- Je vous en prie, c’était une réaction idiote. Je vous remercie. Votre aide est la bienvenue. J’ai vu comment vous étiez installé vous devez avoir mal partout.
- En effet, mais ais-je le droit de me plaindre au regard de tous ces gens?
- Est-ce qu’une douleur s'efface devant une autre plus grande ? Elles ne font que s’additionner et chacune d’entre elles méritent attention. Ce-ci dit, je vous l’accorde, il y a des priorités.
- Mon épouse en fait-elle partie ?
- Je comprends votre question et vos inquiétudes. Pour l’instant nous ne pouvons-nous prononcer. Son état paraît stable mais je ne vous cache pas qu’il est préoccupant. Attendons le passage du docteur qui doit l’ausculter tout à l’heure et nous en saurons plus sur l’avenir. Il faut garder espoir.
- Garder espoir, c’est donc qu’il y a sujet à se morfondre ?
 Elle semble troublée, ses joues s'empourprent.
- Oh.. Mais.. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Il n’y a aucune raison pour que la santé de votre femme ne s’arrange pas.
- Vous êtes gentille ma sœur, mais je crois que malheureusement, vous me laissez peu d’espoir.
- Je suis désolée si mes paroles ont pu jeter le doute dans votre esprit. Je ne suis qu’infirmière et rien ne me permet d’avancer le moindre diagnostic.
 - Depuis combien de temps ?
- Pardon ?
- Infirmière, depuis combien de temps ?
- Toujours je crois. Dit-elle en baissant la tête.
- J’ai connu des infirmiers, dans une autre vie, qui savaient au premier coup d’œil s’ils vous emmenaient vers le chirurgien ou vers le mouroir. S’il était approprié ou non de gâcher une dose de morphine. 
Il tourne le dos à la religieuse et verse le charbon dans la gueule du fourneau. Puis il reprend sa place au côté de celle qu’il aime.
« Tu vas t’en sortir dis ? Tu ne vas pas laisser seul notre amour ? Notre vie serait trop courte. Si tu t’en sors je te promets tout, même les choses auxquelles tu n’aurais pas pensées. Ne nous laisse pas tomber, ne me laisse pas....Je t’aime.... Ma belle Amour, Ne me laisse pas. »
Il lui pose un baiser sur les lèvres et sort de la salle. Il rase les murs,attend, avant d’emprunter un escalier, qu’il n’y ait personne et traverse la cour le col remonté jusqu’aux oreilles. C’est quand il est hors de l’enceinte de l’hôpital et à l’abris des regards qu’il fond en larmes.
La rue descend. A plusieurs reprises il manque de tomber sur le trottoir verglacé. Après deux ou trois cents mètres, il se retrouve dans une rue commerçante. En ce milieu de matinée la chaussée est animée par les ménagères en quête du repas de midi. On se bouscule chez l’épicier, le boucher, le volailler, le boulanger ou chez le tripier. Il lui faut un certain temps pour constater qu’en fait de ménagères il s’agit de gens de maison en mission pour les résidences bourgeoises qui ornent les rues environnantes. Continuant plus profondément vers les faubourgs, il ne tarde pas à rencontrer des hommes ou des femmes transits qui font la manche. Il les ignore. Il les fuit. Il descend l’artère, repoussant toujours plus loin le malheur qui le frappe. Il se retrouve dans un quartier populaire. Le contraste est frappant.  A la place des jardins magnifiques et de leur demeure aux murs blancs, des ouvertures dans de la brique rouge. Elles donnent accès à des cours où vivent cinq ou six familles dans des appartements trop petits pour accueillir des tribus souvent nombreuses.
Malgré la pauvreté, on y vit l’un pour l’autre. Le moins pauvre d’aujourd’hui aide le plus pauvre qu’il pourrait être demain. L’un dans l’autre on arrive le plus souvent à s’en sortir. On élève quelques poules et même parfois un cochon ou un agneau (dont personne ne connaît la provenance) que la cour se partage à l’occasion d’une fête au milieu des jardins ouvriers. Quand l’hiver est plus difficile, que les réserves sont épuisées, qu’il a fallu piocher dans les rares économies et que ces dernières sont englouties dans l’achat d’un pain, on se résigne à aller faire la queue à la soupe populaire.
Il entre dans un café. Derrière le comptoir, le patron, la clope au bec, attend le client. Il daigne un regard au nouvel arrivant et un timide bonjour. Il patiente que ce dernier se soit installé à une table pour lui demander ce qu’il désire. Au pied du zinc des centaines de mégots ont été écrasés. Vu les trois clients silencieux qui occupent l’espace, on peut s’interroger sur la date de la première victime de la cheville ouvrière.

( à ceux qui n’ont jamais fumé ou qui n’ont pas connu le temps du brouillard perpétuel des cafés, demandez à vos grand-parents de vous mimer la mise à mort de la gauloise ou de la gitane)

Il choisit d’aller s'asseoir au fond, à l’abri des regards. Le cafetier, au bout de dix minutes, vient lui demander ce qu’il veut consommer. Il opte pour une bière, puis une deuxième qu’il avale plus vite qu’il ne faut pour le dire. Au bout de la cinquième, il perd la notion du temps. Comme il paie  au fur et à mesure, le patron ne regarde pas à lui en servir une dixième. A midi le bistrot se remplit. Des ouvriers s'installent au comptoir sur lequel se joue la tournée de “petite côte” à coups de dés. D’autres se mettent à table et attaquent leur gamelle. A toutes les tables, après s’être restauré, on tape le carton en buvant le café accompagné d’un petit pousse. La sirène de l’usine d’en face fait se vider le troquet. En milieu d’après-midi on ne compte plus les demis et il finit par s’endormir sur la table ce qui ne plaît guère au limonadier. Après une demi-heure de patience, le tenancier lui amène un grand café et le secoue afin de le réveiller. Il grommelle sans sortir de sa léthargie. La nuit est tombée quand il prend conscience qu’il se trouve dans la rue. Le froid a le mérite de le dégriser et peu à peu il se rappelle de sa femme à l’hôpital.
 « Pourvu qu’elle dorme encore et qu’elle ne s’aperçoive pas de mon état. Je ne suis qu’un pauvre mec, je ne la mérite pas. Connard...Connard...Connard ! Il faut que je sois présent quand elle ouvrira les yeux. »
Alors il se met à courir pour rejoindre la chambre où se repose son épouse. En courant quelque chose le gêne ou plutôt ne le gêne plus. Il met la main sur son cœur, son portefeuille ne s’y trouve plus. Il faut absolument le retrouver. Ses papiers et ceux de sa famille ne peuvent être perdus. Il fait volte-face et se précipite vers le café où il a passé la journée. Alors que le souffle commence à lui manquer il tourne la tête et comme par miracle il l’aperçoit, dans la lumière d’un réverbère, de l’autre côté de la rue, dans le caniveau. Il se dépêche de traverser la route. « Pour une fois j’ai de la chance, un signe du destin. Promis ! Je ne toucherai plus jamais une goutte d’alcool. »
Le destin exauce  sa promesse. Une ambulance lancée à toute allure le fauche dans sa course le propulsant plusieurs mètres plus loin. Sa tête s'écrase sur le rebord en granit du trottoir. L’ambulance ne freine pas sa route, l’urgence de sa mission ne lui permet  pas le moindre écart. Quand il arrivera, le chauffeur enverra les secours nécessaires. Il ne lui reste que deux cents mètres à parcourir, ce n’est qu’une question de secondes.
Aux abords du trottoir un attroupement s'est formé.
 Chacun essaie d’apercevoir la victime et y va  de son pronostic sur l’état de l’accidenté. Certains le voient mort d’autres supposent que tous les espoirs sont permis. Enfin les médecins arrivent. Le blessé se trouve face contre terre, un filet de sang alimente une tâche qui colore la neige présente sur le bord de la route. Avec précaution les brancardiers le retournent. Des cris d’épouvante s'élèvent des rangs des curieux. Le visage est  complètement déformé par le choc. Un œil pend sur ce qui devait être la joue. Le crâne est fendu et laisse échapper quantité de sang. Après un sursaut et un cri sourd que tout le monde a l’impression d’entendre, le corps semble se détendre. Tout est terminé. On recouvre le corps, on le met sur une civière et on l'emporte à la morgue. Les gendarmes arrivés sur place recueillent les témoignages.
On parlera beaucoup de l’accident dans la ville et dans les journaux. On lancera un appel à témoin quelques jours plus tard. A la morgue la victime n’ayant aucun papier sur elle, ne présentant aucun signe particulier et étant complètement défigurée, on ne pourra l’identifier. L’affaire sera classée. L’ambulancier sera mis hors de cause. On conclura même à un suicide. La seule personne qui aurait pu identifier « L’inconnu de décembre trente et un » est celle qui a trouvé le portefeuille. Mais en avait-elle vraiment envie ?
A l’instant où, sur une avenue balayée par le froid, la foule perçoit le dernier râle de douleur d’un homme couché dans le caniveau, Belle Amour, une mèche d’or perdue sur le front, s’éteint.



                                                       
                                                         

                                                             MALVILLER
                                                           septième partie

                                                        DORIS TOUCHÉ, COULÉ


Trop occupées, les soeurs et les infirmière ne prête pas attention à la mort de Louise.
Elles s’activent à installer un lit au plus près du fourneau que l’on a bourré de charbon jusqu’à la gueule.
Un chasseur croyant trouver du gibier enfoui sous un tas de neige y a découvert une jeune fille à à demi congeler. La croyant morte, il a transporté son corps chez madame Cerfeuil en attendant que l’on vienne le chercher pour l'emmener  à la morgue. quelle ne fut pas sa surprise quand, l’ayant posé près de l’âtre, un léger brouillard sortit de la bouche d’Hélène.
Maintenant qu’on l’a amenée, on s’occupe d’elle et toutes les soignantes se posent des questions.
- Encore une inconnue victime de la misère.
- Vous avez entendu la terrible histoire qui est arrivée à Pierrot. Y a un homme qui s’est jeté devant son ambulance. Y paraîtrait qu’il est mort.
- Elle à l’air plutôt joli et pas si mal nourrie. Espérons qu’elle survive. Il y a bien un parent qui doit la rechercher. Sinon il faudra attendre qu’elle se réveille pour savoir qui elle est.
- Malheureusement la petite a peu de chance. Toute une nuit dehors quand il a fait moins dix, il faudrait un miracle.
- Le docteur dit que sa chance, c’est la neige qui l’a recouverte. Aller ! Il faut y croire, il y a Noël qui approche.
Il faudra trois mois à Hélène pour se remettre. Elle a perdu deux doigts à la main gauche ainsi qu’un orteil au pied droit. Le docteur lui a dit qu’elle s’en tirait pas si mal. Que l’enfant qu’elle attendait devrait bien se porter. Qu’il qu’elle prenne soin d’elle dans les trois mois à venir. À sa sortie c’est le docteur Michel qui l’a recueillie. Elle lui a fait promettre de ne rien dire à personne surtout pas aux Trois chênes. Il a tenu parole. Une fois sa fille venue au monde, Hélène est partie tenter sa chance à la grande ville. Elle ne revint jamais à Malviller.
Jean-Pierre, effondré d’avoir perdu en moins de deux jours tous ceux qu’il aimait, a loué la ferme à Guinguette à un prix dérisoir. Lui non plus ne reviendra pas, il s’est engagé chez les sous-mariniers. Un soir de juin mille neuf cent quarante dans la Mer du Nord le U9  coule le Doris dans lequel Jean-pierre est officier. 
Le jour même ou Hélène dans son petit deux pièces au troisième étage du vingt cinq du boulevard des quatres chemins aide leur fille à souffler ses huit bougies.
                                                                                                 
                                                     FIN
« Modifié: 26 Février 2019 à 12:01:17 par Lavekrep codaraque »
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Re : MALVILLER troisième partie
« Réponse #41 le: 25 Février 2019 à 21:46:31 »
Bonjour Lavekrep codaraque

Ce texte est la 3e partie de quel autre texte ? Il me semble que nous t'avons déjà fait remarquer que les parties des textes doivent se suivre dans le même fil... peux tu m'indiquer où sont les 2 premières parties pour que je les fusionne ? Ce sera plus clair pour tout le monde. Merci pour ta compréhension

Hors ligne Claudius

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Re : MALVILLER troisième partie
« Réponse #42 le: 25 Février 2019 à 21:58:52 »
Bonsoir Lavekrep,

Comme le dit Miromensil, je t'ai tout expliqué je ne sais combien de fois, tu dois mettre tes suites sous ton premier message, et pour ce faire tu utilises la fonction répondre tout simplement, comme tu le fais pour répondre aux commentaires.

Je vais fusionner ce texte avec les autres, j'espère que c'est la dernière fois.

 :(


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Hors ligne Lavekrep codaraque

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Re : MALVILLER troisième partie
« Réponse #43 le: 25 Février 2019 à 22:00:22 »
 Bonsoir Miromensil,
J'avoue avoir provoqué ce message car je n'ai toujours pas compris comment faire un lien à l’intérieur d'un même fil.
Il s'agit de la suite  de Belle Amour. C'est d'autant plus rageant que j'ai fini l'histoire et qu'il doit me rester un quinzaine de pages à poster.
Je me sens vraiment nul de ne pas comprendre un truc que je devine simple et gêné de vous mettre à contribution.
J'ai été voir dans les f.a.q et j'ai vu le tuto de Claudius mais la dernière partie m'échappe.
Mourir est un manque de savoir vivre (Dac)
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Hors ligne Claudius

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Re : Belle Amour
« Réponse #44 le: 25 Février 2019 à 22:18:59 »


Avant d'apprendre à insérer des liens, ce que tu as su faire déjà puisqu'il y en a dans tes textes, il faut que tu comprennes qu'une histoire suivie doit être postée dans le même fil et ne pas ouvrir un nouveau sujet à chaque fois.

Tu as lu mon dernier message privé ?

Je veux bien te réexpliquer plus en détail, mais stp suis les consignes.

 :)
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