Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

17 Mai 2026 à 23:12:29
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Belle Amour

Auteur Sujet: Belle Amour  (Lu 12323 fois)

Hors ligne Lavekrep codaraque

  • Calliopéen
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Belle Amour
« le: 16 Novembre 2018 à 14:52:22 »
Le pleur des bourdons

1914
 Il entre, un peu vite, dans la cour de l’hôpital, ce qui fait rugir le planton.

 Le médecin de famille, les yeux noyés, lui a déclaré :« Je ne vous cache pas, mon cher, que malheureusement mes collègues hospitaliers devront choisir entre la mère ou l’enfant. Si l’enfant est viable ils n’auront aucune hésitation. Je suis vraiment désolé. Cette situation me bouleverse ».
Dans un instant de lucidité inexplicable, il a réfléchi sur le choix que pourraient faire les médecins. Il a conclu qu’il lui serait bien difficile de retrouver une femme qu’il aimerait.
Le docteur, impuissant, a emmené une femme hurlant de douleur et criant à qui pouvait l’entendre de sauver son enfant. Il a décidé de faire un léger détour par le hameau afin de demander à la mère Geoffroy de l’assister dans ce périple risqué.
Le manque de place ne lui a pas permis d’accompagner son épouse. Il a longtemps hésité, puis il a  pris la décision de gagner la ville. Cela fait trois heures déjà. Il était quatorze heure trente  quand il est parti en voiture découverte. Une chaleur estivale saturait un air difficilement respirable. Le chapeau qu’il avait vissé sur sa tête, s’il le protégeait du soleil, le faisait transpirer. La sueur qui coulait de son front, finissait par lui brûler les yeux. Il faut deux heures pour rejoindre la ville. Après quatre-vingt-dix minutes environ il lui a semblé entendre le glas qui sonnait dans un village au  loin. Le bruit de la calèche et le battement hypnotique des sabots l’en ont fait douter. Quand enfin il est arrivé dans les faubourgs de la ville, les bourdons pleuraient aux clochers des églises. Il aurait pu s’en inquiéter mais là n’était pas sa préoccupation première.


Il saute de la voiture, ignorant l’officier qui lui ordonne de ne pas la laisser là. Il s’engouffre dans la clinique. Il cherche sur les panneaux. Il s'envole dans l’escalier pour rejoindre la maternité.
Il croise quelques hommes inquiets et des femmes en pleurs. Il n’y prête pas attention. Enfin, il arrive au deuxième étage, Il aperçoit une infirmière au bout du couloir. Comme elle le voit arrivé tel un fou, elle essaye de le calmer. Il parle trop vite, il doit recommencer. Il reprends son souffle et lui demande où est sa femme. Elle lui demande son nom. Elle s'assombrit. Elle lui indique un banc où attendre que l’on vienne lui donner des nouvelles. Il insiste pour en avoir tout de suite. Elle lui explique que la situation est difficile et qu’il lui faut attendre.
Il est dix sept heures trente. Il est seul dans ce long couloir, assis sur le banc. Les immenses baies vitrées ont été ouvertes pour laisser courir un semblant de courant d’air. Il a fait chaud,  la galerie s’est transformé en étuve. Il n’en peut plus d’attendre. Il se met en quête d'une personne qui pourrait le renseigner. Les coursives sont désespérément vides, aucune âme qui vive, aucun bruit de pas, pas l’écho d’une voix. Il décide de ne pas s’éloigner de l’endroit qu’on lui a désigné. En désespoir de cause, il se résout à se rassoir et à attendre.
 Il se lève encore. Faire les cent pas, puis retourne s'asseoir les coudes sur les genoux, la tête dans les mains.
 Un grincement discret de porte et un bruit de pas feutré le sortent de sa torpeur. Le soleil qui se réfléchit dans une fenêtre l’oblige à se servir d’une main comme visière pour distinguer l’ombre qui se dirige vers lui. « Enfin des nouvelles ! ». Il va pour accueillir ce qui lui semble être un médecin. L’homme s’approche d’un pas énergique et lui murmure un bonjour. Il passe devant lui et s’éloigne. Il veut l’interpeller, mais la blouse blanche lui fait comprendre, d’un signe de la main, qu’il est pressé et il disparaît.
“De nouveau seul sur ce fichu banc !”
Il replonge dans sa déprime, il entend derrière lui : « Monsieur ! »
C’est l’infirmière qu’il a rencontrée il y a trois heures maintenant. « Vous pouvez venir voir votre femme, elle va bien. Pas trop longtemps, elle est très fatiguée ». Il se refuse à demander des nouvelles de l’enfant.
Quand il pousse la porte, il doit la chercher parmi les huit occupantes qui se trouvent dans la chambre commune. Des visiteurs, d’un certain âge, sont penchés sur les berceaux et s’émerveillent de leur huitième merveille du monde. Les femmes pleurent. Les hommes leurs murmurent des mots qui semblent vouloir les consoler. les nouveau-nés manifestent leur faim.
Enfin ils se découvrent.
Elle lui semble épuisée et désespérée. A côtés du lit pas de berceau. Il ne sait que penser. Quand il arrive près d’elle, elle le regarde si tristement que le doute n’a plus sa place. Il a compris. L’accoucheur n’a pas eu de choix à faire.
Comment aurait-il réagi si on ne lui avait présenté qu’un berceau ? Il ne se pose pas la question.
 Il  approche une chaise près du lit et s’accoude sur les draps blancs les paumes posées délicatement sur son ventre. Elle lui pose une main sur le bras. Elle le regarde avec tant d’amour qu’il s’en trouve rassuré. Ensemble ils affronteront cette épreuve.
 Il veut lui demander comment elle va mais la question lui semble tellement ridicule qu’il la ravale. Elle veut lui dire quelque chose mais les mots ne dépassent pas ses lèvres exsangues. Elle s’endort.
 Il sent une main se poser sur l’épaule. il se retourne. L’infirmière lui chuchote qu’il faut la laisser se reposer et que le mieux est de revenir demain. Il est totalement désemparé. Il ne pose aucune question. Il sort, rejoint la calèche sans même entendre le planton lui reprocher son incivilité et va pour rentrer chez lui.
Il ne sais pas s'il l’a vue cinq minutes.
Il est sorti de la ville sans même s’être aperçu ce qui se passait autour de lui.
La route est longue, ce qui lui permet de réfléchir.
“Demain, se dit- il, facile à dire, deux heures pour aller autant pour le retour. Elle est bien gentille la cornette mais le travail n’attend pas et personne ne le fera à ma place. Tant pis, elle m’en voudra certainement un peu, mais après,  elle comprendra et puis elle est entre de bonnes mains. Je vais mettre un bon coup de collier pendant trois jours et donner des ordres.  Je retournerai la voir l’esprit tranquille. Ouai! c’est la solution, elle comprendra. Si elle avait pu me parler, c’est ce qu’elle m’aurait dit de faire ».
Le soleil a presque disparu. Le feu couve à l’horizon. Au dessus des bois, le ciel se teinte de rose.
“ Ah ! y s’pourrait que demain y pleut, ça m’arrange pas”.
 Quand il arrive chez lui, tous ceux qui l’ont vu au loin l’attendent pour avoir des nouvelles. Il  les ignore et entre directement dans la maison. Il se laisse tomber dans un fauteuil et reste, hébété, à regarder l’âtre vide de la cheminée pendant un long moment. L’épuisement a raison de sa volonté, il finit par s’endormir.
Personne n’osera le réveiller.
Nous sommes le  02 août

                                                                   



 Le cri du silence

1918                                                                                             

Au début, du fond de son trou, comme tous ses compagnons, il lui  écrit une lettre chaque jour.
Des lettres dans lesquelles il s’excuse de l’avoir abandonnée, seule, sur son lit d’hôpital, Comme il est désolé de ne pouvoir lui dire "Je t'aime" qu’à travers des lettres et qu’il est si loin. Contrairement à ses compagnons, jamais il n’a de réponse. La culpabilité l’empêche de rentrer chez lui lors des rares permissions qui lui sont accordées. Alors il se jette dans la bataille à corps perdu.
Pour ne pas avoir peur, il boit et boit encore.
La victoire il s’en fout. La seule bataille qu’il rêvait de gagner, il l’a perdue. Sa femme, les enfants, le bonheur, toutes celles là, il les a perdues. La folie des hommes l’a désarmé.
 
Pendant trois jours il a travaillé comme dix.
Des gendarmes sont venus le voir pour lui annoncer que tout ses chevaux étaient réquisitionnés et qu’il devait se présenter dès le lendemain à la caserne.
il a voulu protester, dire que les moissons n’étaient pas terminées. On lui a fait comprendre militairement qu’il n’était pas le seul, que la nation était en péril. Il a compris qu’il ne devait pas insister.
 Il voulait retourner voir sa femme avant de partir. Comme il passait devant la caserne, il s’est dit que se débarrasser des formalités  était une bonne idée.
Il s’est présenté au bureau de mobilisation. On lui a fait décliner son identité, on lui a fait passer une visite médicale, on lui a coupé les cheveux. on lui a donné un bel uniforme rouge et bleu. Il ne souvient plus si il a signé quoi que ce soit mais on lui a signifié qu’un train devait partir et qu’il devait le prendre. Il a demandé, puis supplié de pouvoir se rendre à l’hôpital afin d'embrasser sa femme mais un officier hautain et méprisant lui a dit que la patrie ne pouvait attendre et que la moindre tentative de désobéissance lui vaudrait le peloton d’exécution. On l’a fait montait dans le train qui l’a emmené vers une destination inconnue, quelque part dans l’Est.


Ce matin, un légère écharpe brumise la plaine. Il fait froid. Cela fait dix fois qu’il se baisse pour éviter d’être vu. Dix fois qu'il essuie les gouttelettes qui perlent sur son casque. Elles lui coulent devant les yeux et l’empêchent de voir si quelqu’un bouge dans la tranchée d'en face. L’humidité transperce la capote et traverse le cuir des bottes.
 Il a perdu la notion du temps. Il y a bien longtemps que sa montre à gousset ne fonctionne plus mais elle n’a pas quitté sa poche. Elle renferme en son couvercle la photo de sa “belle amour”.
A ses côtés un compagnon guette comme lui si une attaque ne va pas advenir.
-T’as l’heure Gaston ?
-Y va être 11 heures. Pourquoi!  t’as rendez-vous ?
-Dis pas de conneries ! j’trouve juste bizarre le silence, pas toi ?
-T’as raison, j’trouvais qui avait un truc qui clochait mais j'arrivais pas a savoir quoi.
-J’sais pas de quel côté ça va venir, mais ça sent pas bon.
-j’crois qu’t’as rais...
  Chez les “boches” un clairon sonne, puis c’est au tour des français.
Une onde de choc percute les tranchées. Elle vient du camp d’en face.
Des hourras se font entendre puis des cris de joie : 
 “Der krieg ist vorbei !!! der krieg ist vorbei !!!”.
A force de côtoiement, on finit par se comprendre. Après quelques hésitations Gaston murmure : « la ...guerre...est...finie.» Encore quelques secondes et il hurle :
“ La guerre est finie!!! la guerre est finie les copain!!!”
La comparer à une traînée de poudre serait faire insulte à la vitesse à laquelle la nouvelle se répand au creux des tranchées. C’est d’abord un, puis dix, puis des centaines d’hommes qui sortent de leurs trous pour se jeter dans les bras l’un de l’autre, sauf les officiers “teutons” qui veulent rester dignes dans la défaite et les autres qui veulent être impassibles dans la victoire. 
Il y a quelques minutes encore ces malheureux croupissaient dans la vermine.
Quelques uns veulent voir le visage de ceux qui, hier encore, pouvaient leur mettre une balle entre les deux yeux. Quand ils se rejoignent, les mots fusent, trop vite pour se comprendre, mais les mots ont peu d’importance. On parle avec les mains, on sort la photo usée de sa fiancée ou de sa famille. Tous s’accordent à faire comprendre qu’elle est très jolie que les enfants sont très beaux et que, si Dieu le veut, ils deviendront amis.
 Cela dure quelques minutes puis il faut se séparer pour rejoindre sa position en attendant les instructions. Ils prennent patience. Ils savent que dans quelques jours ils pourront serrer dans leurs bras les êtres bien aimés.
Il est content de la fin du carnage, mais que va-t-il devenir ?
Osera-t-il rentrer chez lui et l’affronter ? Cette épreuve lui semble insurmontable.
Que fera-t-il si elle l’empêche de reprendre sa place ?
A quoi bon être seul à deux ?
                                                   
                                                        La sergent major
« Modifié: 24 Février 2019 à 16:14:04 par Lavekrep codaraque »
Mourir est un manque de savoir vivre (Dac)
Si quelqu'un vous dit : " Je me tue à te le dire. "...Laissez le mourir

Hors ligne elisabeth beaudoin homps

  • Troubadour
  • Messages: 348
Re : le pleur des bourdons/ le cri du silence
« Réponse #1 le: 17 Novembre 2018 à 17:04:09 »
C'est agréable à lire , les deux séquences de l'histoire sont bien articulées et on suit facilement le cours du récit et le déroulement des images. J'attends la suite..
Rajoute un e à abandonnée

Hors ligne Claudius

  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 12 099
  • Miss green Mamie grenouille
Re : le pleur des bourdons/ le cri du silence
« Réponse #2 le: 17 Novembre 2018 à 18:06:51 »
Un bond en arrière, une histoire dans l'Histoire. Une lecture intéressante. Un style sobre que j'ai bien aimé, on pourrait penser à des longueurs, mais celles-ci sont nécessaires, elles apportent toute la force au récit.



Je viendrai lire la suite, pour comprendre le lien entre les deux périodes, les deux tableaux.

 ;) ;)
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

Ma page perso si vous êtes curieux

Hors ligne Georges Beckett

  • Tabellion
  • Messages: 29
    • Auteur à la petite semaine
Re : le pleur des bourdons/ le cri du silence
« Réponse #3 le: 18 Novembre 2018 à 15:28:25 »
J'ai bien aimé le style minimaliste. L'histoire aussi, même si j'ai pensé à " Oh Marie " de Johnny sur la deuxième partie. Mais le ton n'est pas mièvre alors... Juste un truc peut-être : " les mots ne dépassent pas ses lèvres disparues tant elles sont blanches. " Ses lèvres exsangues ?

Bravo, et merci pour ce petit tour dans les tranchées. :)
Aime ton prochain, nouvelles grinçantes et autres névroses : https://www.amazon.fr/dp/B07ZC4B418

Hors ligne Lavekrep codaraque

  • Calliopéen
  • Messages: 416
Re : le pleur des bourdons/ le cri du silence
« Réponse #4 le: 18 Novembre 2018 à 23:39:40 »
Merci pour vos critiques encourageantes et pour vos conseils. La suite est prête mais je n'arrête pas de changer un mot par ci par là. De supprimer, de réécrire. Enfin bref, je pense que vous connaissez. :)
Mourir est un manque de savoir vivre (Dac)
Si quelqu'un vous dit : " Je me tue à te le dire. "...Laissez le mourir

Hors ligne Lavekrep codaraque

  • Calliopéen
  • Messages: 416
la sergent major( suite cri du silence)
« Réponse #5 le: 19 Novembre 2018 à 16:48:13 »
chapitre1                                              (le pleur du bourdon)


                                       chapitre2


LA SERGENT MAJOR


1919
 
   L’Etat, dans sa grande mansuétude, vole à son secours. Comme il n’est pas question de lâcher quelques millions d’hommes dans la nature, la République décide de démobiliser au compte-goutte.
 On le cantonne avec des milliers d’autres là où tout a commencé. A Mailly, dans la région de Reims.
Depuis plusieurs mois il est parqué. La nourriture est infecte et souvent le pain et le vin brillent par leur absence.

 Pour occuper les bidasses, les exercices sont encore de rigueur. Quand il atteint les 400 kilomètres de marche, il renonce à en tenir le compte.
Ses camarades n’aspirent qu’à rentrer chez eux. Lui le craint plus que jamais. Le manque d’alcool lui rend les idées claires et les souvenirs insupportables. Les plus jeunes sont aussi les plus désespérés car l’ordre de libération est donné en fonction de l’âge, les plus vieux partent les premiers. Il n’y a aucune relâche dans la discipline. Certains officiers restent ce qu’ils ont toujours été, de petits comtes et marquis méprisant les petites gens. Pendant toute cette boucherie, quelques uns n’ont jamais ressenti la terre qui tremble, le ciel qui explose, le goût de la charogne calcinée, leurs poumons qui s’enflamment, l'horreur à la vue d’un ami déchiqueté, la frayeur d'être seul dans un trou inondé ou les larmes pour la femme que jamais on ne reverra.

Un jour, un des plus anciens sur le départ, juste avant de passer la barrière qui lui signifiait le retour à la maison, aperçoit deux jeunes officiers, qui discutent en fumant une cigarette, adossés au mur d’enceinte. Alors qu’il présente ses papiers de démobilisation au planton, il leur lance: « Messieurs on ne peut pas dire que ce soit grâce à vous que nous avons gagné cette fichue guerre ». Il est arrêté et présenté en cour martiale. La rumeur a couru que le malheureux a été passé par les armes. Cette dernière n’a jamais été démentie, elle a calmé quelques temps l’impatience qui montait.
De longues semaines se sont écoulées dans le camp. Il a fait connaissance d’un prêtre avec qui il s'est lié d'amitié. L'« impie laïque non-croyant » répond qu’il ne comprend pas comment il peut se laisser abuser par un « évangéliste prédicateur ».
           
 Ils se font confiance, il lui conte son histoire, sa femme à l’hôpital, l’enfant perdu, sa négligence à aller la voir le jour qui a suivi, les gendarmes qui lui apportent son ordre de mobilisation immédiate, cet enfoiré d’officier qui lui interdit de quitter la caserne pour aller l’embrasser, la guerre qui le happe et les lettres sans réponse.
Un dimanche, après avoir dit la messe, son ami le cherche dans le camp, sans succès.
“Cet imbécile à encore fait le mur. Il va se retrouver au trou ou pire encore. À croire qu'il le souhaite”.
Il va abandonner ses recherches quand il l'aperçoit appuyé au pied d’un des rares arbres présents dans le camp.
 Il est assis dans l’herbe détrempée, le visage dans les mains.
Le curé s’assoie près de lui, ignorant le sol salissant et lui pose un bras sur les épaules.
 Il relève la tête puis s’essuie les yeux du revers de ses deux manches. Il sait qu’il peut se laisser aller sans honte, comme on peut le faire avec un ami.
- Qu’est-ce que je vais devenir? Lui demanda-t-il, ils vont bientôt me lâcher et je ne sais pas où aller.
 -Tu vas retourner chez toi et retrouver les tiens, comme les autres.
 -Chez moi ! Mais bien sûr ! Coucou chérie ! Devine qui rentre à la maison ? Tu plaisantes ou quoi ? Le ton est mauvais, remplit de colère.
-Excuse-moi,  se reprend  l’abbé, C’est complètement idiot, je te l’accorde. Mais il doit bien y avoir une solution ? Si je me souviens, vous vous aimiez, Je me trompe ?
 -Non ! répond-il en ramassant un caillou et en le rejetant négligemment un peu plus loin, mais cela remonte à si longtemps maintenant. Elle doit me croire mort, disparu quelque part au fond d’un trou ou perdu dans un de ces hôpitaux où l’on accueille ces pauvres malheureux que les pilonnages incessants ont rendus fous.
 -Ne dit donc pas de bêtises ! Essaye de lui écrire de nouveau. Maintenant que de nombreux hommes sont rentrés, les langues se délient et les vérités font surface. Beaucoup de journaux publient des témoignages. Elle aura compris et t’aura pardonné.
-Tu crois curé ? Une étincelle d’espoir semble s'allumer au fond de son regard. Mais il s’assombrit de nouveau, Je vais y réfléchir.
Se relevant avec un peu de difficulté le prêtre lui tape sur l’épaule et lui dit. «Je suis sûr que ça peut marcher. Penses-y mon ami, je suis certain d’avoir raison ». Puis il s’éloigne en essayant de se retourner sur lui-même. Il vient de mesurer les dégâts que peut faire de l’herbe bien grasse sur une aube blanche. Le mal est  fait. Il espère avoir sauvé l’avenir d’un homme. Cette petite contrariété est peu de chose. Il rentre chez lui satisfait.
Les jours et les nuits suivants, les pensées se bousculent.

Nous sommes dans les premiers jours d’avril. La lumière et la douceur du soleil redonnent vie à la nature et à l’espoir.
Il réfléchit en remplissant de paille, un sac destiné à devenir paillasse.
En reprenant une poignée pour la bourrer dans la toile à matelas, il sourit.
 Cette nuit il a bien dormi. Cela fait des mois que ça ne lui était pas arrivé. Il a rêvé de sa vie d’avant quand il se promenait sur les chemins de sa campagne bien aimée avec à son bras sa compagne qui l’aimait.

Aujourd'hui il est de très bonne humeur. Il se met en tête de dénicher crayon et papier pour brouillonner une lettre ainsi que l’encre et la plume pour la mettre au propre.
Il ne lui faut que quelques minutes pour trouver le matériel dont il a besoin, il lui faut des heures pour faire crisser la "sergent major" sur le papier.
                                                                                                             

                                                                               




                                                                                                                         Mailly le 12 avril 1919
                                                                   
                                                                               Ma belle amour,

Il m’en a fallu du temps pour t’écrire à nouveau. Combien de lettres écrites, de réponses attendues, combien d’espoirs déçus de ne pas recevoir de tes nouvelles. Oh ! Je ne t’en veux pas et ne prends pas mes mots pour des reproches car je peux bien comprendre ta déception et ta rancœur.
J’aurais pu, j’aurais dû ne pas t’abandonner sur ton lit d’hôpital. Je sais maintenant que tu avais besoin de moi et de mon réconfort pour traverser l’épreuve qui nous était envoyée.
Comme tu me connais, je ne suis pas bigot, les histoires de bon dieu me laissent bien perplexe, mais j’ai vu tant de peurs et puis tant de souffrances apaisées par les prières, que j’ai désiré, comme eux, qu’on vienne à mon secours.
 Je te l’avoue, la nuit, quand l’épuisement trop lourd m’empêchait de dormir, il m’est arrivé, quand je pensais à toi, de prier et de prier si fort que j’ai cru quelquefois te serrer dans mes bras. L’Homme a toujours besoin de croire en quelque chose. Ma déesse c’est toi, ma religion c’est nous. Je t’en prie à genoux laisse moi croire en toi, laisse moi croire en nous, souviens toi comme on s’aimait et comme on rêvait de fonder une famille. Moi, je voulais dix enfants courant autour de nous quand nous irions, heureux, promener le dimanche. Toi, en rigolant, tu disais. « Tu es fou ! Ce sera deux un point c’est tout ».
 Oui je suis fou, fou de toi ma belle amour. Aujourd’hui, toujours, je pense à nous.
Je me dis que peut-être, si tu me pardonnes, si tu me veux encore et si au fond de ton cœur gronde encore l’amour que tu avais pour moi, l'espoir n’est pas mort.
Je t’en prie réponds-moi.
Je ne forcerai par la porte de la maison. Si tu ne veux plus de moi je prendrai les dispositions pour que tu puisses garder tout en propriété. Je verrai le notaire, je lui expliquerai que je pars pour ailleurs, dans des pays lointains. Plus jamais tu n’entendras parler de moi. Si tu veux le divorce, je le  faciliterai, je ferai mon possible pour qu’il n’y ait pas obstacle.
Cependant!   
                                                       
   
 J’espère que les mois, ont gommé ta rancune.
Que de haine pour moi, tu n’en n’auras aucune.
  Que tu m’aimes, qu’importe, je f’rais ce qu’il faudra.
 Pour que s’ouvre ta porte, pour que s’ouvrent tes bras
   Le printemps va paraître, je te ferais la cour.
   Pour que puisse renaître, à jamais notre amour
   L’amoureux éternel, que tu trouvais si beau.
   Qui te trouvait si belle, tu l'aimeras à nouveau.
Nous ne sommes pas si vieux, des projets nous ferons
  Nous aurons une famille, celle dont nous rêvions
 Quand l’amour reviendra réchauffer notre toit.
 Alors on pleurera, de joie, ça va de soi.
  Quand l’été renaîtra du ciel ensoleillé
  Sa lumière éclair’ra l’ange tant espéré


Je t’en supplie, réponds
Ton mari désespère.




Il traverse  tranquillement la forêt de tentes coniques, se dirige vers le baraquement qui fait office de bureau de poste. Il se procure une enveloppe puis s’installe sur le coin d’une table pour écrire l’adresse.
Une fois fermée, il la tourne, la retourne, la soupèse, va pour la mettre dans sa poche puis se décide enfin.
 « Répondra, répondra pas ? ». La main qui tient le courrier reste quelques instants suspendue comme le temps.
« Ben, on verra ».
Il lâche tous ces espoirs dans la panière.
Quand il arrive près de la porte il se retourne, regarde en direction de la corbeille et finit par sortir.
 Quand il n’est pas contraint aux manœuvres inutiles, il guette l’heure de la venue du camion qui amène le courrier.

Celui qui est chargé de la distribution se prénomme Fermintxo mais par facilité on l'appelle Firmin.
Il le connaît un peu.
 Le hasard a voulu qu’ils se soient retrouvés voisins de banquette dans le train qui les a amenés à la fin de la guerre. Le voyage étant long, ils se sont  racontés leur pays.
le voyant qui attend, le basque regarde parmi les lettres.
- je n’ai rien pour toi. Peut être demain.
- j’attendrais demain et après demain et puis il faudra bien qu’un jour je n’attende plus.
-Ne sois pas triste. Le courrier a du mal à arriver en ce moment.
Il sait qu’il ment. Il lui en est reconnaissant.
-Merci, t’es un copain. A demain alors!
-À demain. Eh !
Il a déjà fait quelques pas, il se retourne
-Viens faire une belote ce soir. Ça te changera les idées.
- Pas ce soir, je suis fatigué. Un autre jour.
-Comme tu veux. Salut!
-Salut!
Il rejoint sa tente.

Il patiente 3 semaines « le temps qu’elle la reçoive, le temps qu’elle me réponde. 3 semaines c’est pas long ».
Au bout de quatre semaines « Il lui faut réfléchir. Une semaine de plus pour y penser me parait raisonnable ».
Deux mois puis quatre, toujours pas réponse.
Il prend un mois de trou pour ne pas s’être présenté en retard à l’appel du matin. Il aurait pu être déclaré déserteur si un de ses camarades ne l’avait retrouvé complètement saoul dans le fond d’un fossé.

30 août 1919

On l'appelle au bureau du colonel. Il se demande ce qui va lui tomber dessus.

                             à suivre..jeune et con



« Modifié: 24 Février 2019 à 16:19:02 par Lavekrep codaraque »
Mourir est un manque de savoir vivre (Dac)
Si quelqu'un vous dit : " Je me tue à te le dire. "...Laissez le mourir

Hors ligne Loïc

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  • Prout
Re : la sergent major( suite cri du silence)
« Réponse #6 le: 25 Novembre 2018 à 22:27:25 »
J'essaierai de lire ton texte demain, mais quelques conseils en attendant :

- le sondage, il sert à quoi ? Tu veux vraiment qu'on te dise "bof" ou "non" sans explication ? Les commentaires sont là pour ça, pas besoin de sondage.
- c'est une suite, tu le mets dans le titre. D'accord. Du coup, au minimum : un lien vers ce qui précède ? Parce que commenter prend déjà du temps, on va éviter d'avoir à chercher.
- Encore mieux : tout mettre dans le même fil (comme ça se fait dans les textes longs, mais ici aussi). C'est plus facile pour tout le monde. Pour celleux qui veulent lire la suite et pour celleux qui arrivent dessus.
(Et en vrai c'est un réel boost à la visibilité)
- et enfin, un effort sur les majuscules dans le titre ?

À bientôt !
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Lavekrep codaraque

  • Calliopéen
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Re : la sergent major( suite cri du silence)
« Réponse #7 le: 26 Novembre 2018 à 12:01:09 »
Merci pour les conseils. Je ne savais pas que l'on pouvais mettre la suite qui suivait à la suite de celle qui précédait.
Je suis d'accord avec toi pour le sondage, un moment d'égarement. :/
Comment faire pour le suprimer ?
« Modifié: 26 Novembre 2018 à 12:07:49 par Lavekrep codaraque »
Mourir est un manque de savoir vivre (Dac)
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Hors ligne Loïc

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Re : la sergent major( suite cri du silence)
« Réponse #8 le: 26 Novembre 2018 à 23:48:57 »
Citer
   L’état, dans sa grande mansuétude, vole à son secours. Comme il n’est pas question de lâcher quelques millions d’hommes dans la nature, la république décide de démobiliser au compte- goutte.

État, République
Une espace en trop entre le trait d'union et goutte

Citer
Les plus jeunes sont aussi les plus désespérés car l’ordre de libération est donné en fonction de l’âge, des plus vieux aux plus jeunes. Il

La répétition de jeune est évitable

Citer
De petits Comtes et Marquis méprisant les petites gens.

les trois majuscules peuvent sauter

Citer
Pendant toute cette boucherie, certain n’ont jamais ressenti: la terre qui tremble, le ciel qui explose, le goût de la charogne calcinée, leurs poumons qui s’enflamment, l'horreur à la vue d’un ami déchiqueté, la frayeur d'être seul dans un trou inondé ou les larmes pour la femme que jamais on ne reverra.

Sûr de tes deux points ?
Dans tous les cas, manque une espace avant

Citer
Il le traître d’ « impie laïque non-croyant »

traite
(C'est pas très littéraire, traite)
Je suis pas sûr de comprendre ce passage. Ils s'insultent amicalement ?

Vaut pour tout le texte : pas de majuscule après deux points

Citer
“cet imbécile à encore fait le mur. Il va se retrouver au trou ou pire encore. À croire qu'il le cherche”.

Manque une majuscule.
Pareil la phrase d'après
(plus la répétition cherche/recherche évitable)

Citer
-Chez moi ! Mais bien sûr ! Coucou chérie ! Devine qui rentre à la maison ? Tu plaisantes ou quoi ? Le ton est mauvais, remplit de colère
-Excuses-moi,  se reprend  l’abbé, C’est complètement idiot, je te l’accorde. Mais il doit bien y avoir une solution ? Si je me souviens, vous vous aimiez, Je me trompe ?

Moi j'vois pas le problème

Citer
. Il espère avoir sauver

sauvé

Citer
u. Combien De lettres écrites

Pourquoi cette majuscule ?

Citer
les histoires de bons dieux me laisse bien perplexe

me laissent
Juste après : apaisées

Pour "laisses-moi" et tous tes autres impératifs du 1er groupe à la 2e personne : pas de s


Je repasserai (dans quelque temps, ça va être plus dur les prochains jours) pour la suite. Globalement je trouve ça pas trop mal, peut-être un peu trop facile.
À +

(Pour supprimer le sondage, je crois qu'il y a un bouton enlever le sondage quelque part)
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Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Re : la sergent major( suite cri du silence)
« Réponse #9 le: 27 Novembre 2018 à 16:42:57 »
bonjour,bonsoir
merci d'avoir pris sur ton temps pour corriger les fautes d'inattention, de frappe et d’ignorance.
Je lis ton incompréhension. Comme tu l'as souligner, c'est le problème des suites dispersées. Il n'a reçu aucune réponse à ses lettres depuis 1914. Je ne crois pas qu'il soit lâche, juste désespéré.
Je ne comprends pas le terme "facile" et je sais qu'il ne se veut pas blessant. J'ai coupé ou supprimé des phrases ou des passages parce que je les trouvais trop alambiqués, trop détaillés ou inutiles. Ne soyons pas hypocrites, on écrit pour un jour pouvoir partager. J'ai trop fermé de livres, j'ai voulu être simple. c'est un parti pris. j'accepte que l'on me dise que j'ai eu tort. 
je n'ai pas réussi à supprimer le sondage :'(.
 A+ (je ne sais pas comment mettre un accent sur majuscules, désolé :D ;D :()
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Hors ligne Claudius

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Re : la sergent major( suite cri du silence)
« Réponse #10 le: 27 Novembre 2018 à 16:53:57 »
À (touches ALT+183 en même temps)

Clique sur le bouton "modifier" en haut à droite du cadre de ton premier message et là tu auras accès  au sondage, je pense qu'en supprimant chaque ligne le sondage disparaîtra (je n'ai pas trouvé de bouton supprimer le sondage).

Tu peux aussi demander à la modération de regrouper ton premier texte et celui-ci en cliquant sur le bouton en bas du message "signaler aux modérateurs" et là tu demandes le regroupement des deux textes.
Si tu optes pour cette solution ce serait bien d'insérer dans chaque épisodes un lien pour passer de l'un à l'autre directement. Si tu as besoin d'aide, demande sans hésiter
__________________________________

En premier, ça serait sympa d'aérer un peu ton texte pour faciliter la lecture et moins fatiguer le lecteur, surtout sur un écran.

Quelques fautes relevées à la lecture :

Citer
Depuis  plusieurs mois il est parqué. La nourriture est infecte et souvent le pain et le vin brillent par leurs absences.
j'aurais mis leur absence au singulier et espace de trop entre depuis et plusieurs

Citer
Pour occuper les bidasses, les exercices sont encore de rigueur. Quand il atteint les 400 kilomètres de marche, il renonce à tenir le compte.
à en tenir le compte ?

Citer
Certain officiers restent ce qu’ils ont toujours été, de petits comtes et marquis méprisant les petites gens.
Certains officiers

Citer
Pendant toute cette boucherie, certain n’ont jamais ressenti la terre qui tremble..
.
certains (mais répétition rapprochée avec le précédent)
 
Citer
De longues semaines se sont écoulées dans le camp. Il a fait connaissance d’un prêtre avec qui il a lié quelques amitiés.
avec qui il s'est lié d'amitié (tout simplement) ?

Citer
Il est assis dans l’herbe détrempée, le visage dans les mains.
Le curé s’assoie  près de lui, ignorant le sol salissant et lui pose un bras sur les épaules.
espace en trop entre s'assoie et près

Citer
-Chez moi ! Mais bien sûr ! Coucou chérie ! Devine qui rentre à la maison ? Tu plaisantes ou quoi ? Le ton est mauvais, remplit de colère
-Excuses-moi,  se reprend  l’abbé, C’est complètement idiot, je te l’accorde. Mais il doit bien y avoir une solution ? Si je me souviens, vous vous aimiez, Je me trompe ?
Il manque un point après colère - Excuse-moi (pas de s) et pas de majuscule à je.

Citer
-Non ! répond-t-il en ramassant un caillou et en le rejetant négligemment un peu plus loin, mais cela remonte à si longtemps maintenant.
répond-il (le d fait office de t)

Citer
Elle doit me croire mort, disparu quelque part au fond d’un trou ou perdu dans un de ces hôpitaux où l’on accueille ces pauvres malheureux que les pilonnages incessants ont rendus fous.
a rendu fou

 -Ne dit donc pas de bêtises ! Essaye de lui écrire de nouveau. Maintenant que de nombreux hommes sont rentrés, les langues se délient et les vérités font surface. Beaucoup de journaux publient des témoignages. Elle aura compris et t’aura pardonné ta négligence.
Ne dis donc pas ou Ne dis pas - Elle aura compris et aura pardonné ta négligence (ou t'aura pardonné tout court).



Citer
Il réfléchit en remplissant, de paille, un sac destiné à devenir paillasse.
Pas de virgule après remplissant

Citer
Cela faisait des mois que ça ne lui était pas arrivé. Il a rêvait de sa vie d’avant quand il se promenait sur les chemins de sa campagne bien aimée avec à son bras sa compagne qui l’aimait.
Cela fait plusieurs mois - Il a rêvé...

Citer
Comme tu me connais, je ne suis pas bigot, les histoires de bons dieux
Bon Dieu (il n'y en a qu'un)

Citer
Je te l’avoue, la nuit, quand l’épuisement trop lourd m’empêchait de dormir, il m’est arrivé, quand je pensais à toi, de prier et de prier si fort que j’ai cru quelquefois te serrer dans mes bras. L’Homme a toujours besoin de croire en quelque chose. Ma déesse c’est toi, ma religion c’est nous. Je t’en prie à genoux laisse moi croire en toi, laisse moi croire en nous.

laisse-moi

Citer
Souviens toi comme on s’aimait et comme on rêvait de fonder une famille.
souviens-toi

Citer
Je me dis que peut-être, si tu me pardonne, si tu me veux encore et si au fond de ton cœur gronde encore l’amour que tu avais pour moi, l'espoir n’est pas mort.
pardonnes - avait pour moi


Citer
Je ne forcerais par la porte de la maison. Si tu ne veux plus de moi je prendrais les dispositions pour que tu puisses garder tout en propriété. Je verrais le notaire, je lui expliquerais que je pars pour ailleurs, dans des pays lointains. Plus jamais tu n’entendras parler de moi. Si tu veux le divorce, je le  faciliterait, je ferais mon possible pour qu’il n’y est pas obstacle.
forcerai, prendrai, je verrai, expliquerai, je faciliterai, je ferai - pour qu'il n'y ait pas
                                                         
Citer
Quand il arrive près de la porte il se retourne, regarde en direction de la corbeille et  finit par sortir.
espace en trop entre et /finit.

Citer
Le hasard a voulu qu’ils se soient retrouvés voisins de banquette dans le train qui les a amenés à la fin de la guerre. Le voyage étant long, Ils se sont  racontés leur pays.
ils pas de majuscule


Citer
Il sait qu’il ment. Il lui en ai reconnaissant.
Il lui en est...
Citer
-Merci, t’es un copain. A demain alors!
-A demain. Eh!
À et décoller le !

Citer
Il a déjà fait quelques, il se retourne
quelques pas (je suppose ?)

Citer
Il patiente 3 semaines « le temps qu’elle la reçoit, le temps qu’elle me réponde. 3 semaines c’est pas long ».
qu'elle la reçoive

Citer
Il prends un mois de trou pour ne pas s’être présenté en retard à l’appel du matin.
Il prend - pour s'être présenté en retard ou ne pas s'être présenté



 Sinon ce bond dans l'histoire ramené à une histoire ne me déplaît pas. Je viendrai lire la suite

 ;) ;)
« Modifié: 27 Novembre 2018 à 17:57:09 par Claudius »
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Hors ligne Lavekrep codaraque

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Re : la sergent major( suite cri du silence)
« Réponse #11 le: 28 Novembre 2018 à 15:36:00 »
bonjour Claudius,

je passe sous silence la honte que j'éprouve  :-¬?. Encore merci :).
J'ai fait la demande pour le regroupement sans modération.
J'ai cherché sur la toile comment mettre un accent sur une majuscule.
Je vais essayer de trouver comment créer un lien :( :o :/.

A part augmenter la police ou aller dehors pour écrire ( je sais pas si tu es au parfum, :D :D :D (ce qui serait logique pour une grenouille) mais nous sommes fin novembre) je ne vois pas comment aérer  le texte. on est boulet ou pas ?

Plus sérieusement, il y a trois points sur lesquels, en toute humilité, j'hésite à te suivre.
Pour moi se sont "les" pilonnages qui " les" ont rendus fou(s).
J'ai corrigé bon(s) dieu(x) parce que je peux comprendre. Cela dit les hindou ne pourraient-ils pas avoir plusieurs bons dieux ?
Et enfin, "l'amour que tu avais(t) pour moi". Le sujet c'est "TU"ou "L'AMOUR" :D :D :D. Désolé, (Claudius, si tu nous r'garde...). je m'en suis rendu compte en l'écrivant.
Encore merci,
À bientôt
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Re : la sergent major( suite cri du silence)
« Réponse #12 le: 28 Novembre 2018 à 15:55:14 »

Il ne faut pas avoir honte, ça m'arrive souvent de laisser passer des fautes, d'inattention souvent et je ne les vois pas en me relisant... tu connais l'histoire de la paille et de la poutre ? Ben pareil ! On voit toujours les erreurs des autres et pas les siennes.

Par aérer ton texte, il suffit de sauter des lignes de temps en temps !  :D (mais c'est rigolo ta réponse, en tant que rainette attitrée, je confirme : l'eau est froide).

Nom de Diou ! Mais c'est bien sûr ! "les pilonnages" suis-je bête !
Oui, mais le Bon Dieu, en général c'est un seul et unique
Et tu avais de l'amour pour moi (ben oui), tu es le sujet


Pour les lettres majuscules accentuées et celles absentes au clavier, voici la liste et les commandes associées :
appuyer simultanément sur la touche ALT et le nombre cité.

À     183
É     144
È     212
Ç     128
Ù     235

æ     145
Æ    146

œ    0156
Œ    0140

Je t'explique pour insérer un lien en mp

Bon courage et à la prochaine :)

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Re : la sergent major( suite cri du silence)
« Réponse #13 le: 28 Novembre 2018 à 16:25:35 »
Promis, après je ne t'embête plus mais,  :'( :'( :'( :'( :'( :'( :'( c'est quoi un lien en  "mp".
bonne soirée, enfin si tu ne fais pas de cauchemars.
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Re : la sergent major( suite cri du silence)
« Réponse #14 le: 28 Novembre 2018 à 16:28:51 »
J'ai supprimé le sondage.

Par contre, regrouper, c'est pas évident puisque "le cri du silence" a été posté avec un autre texte et qu'il a été commenté... Je conseille donc de reposter ici "le cri du silence", de garder sur l'autre fil ton autre texte et d'y préciser que "le cri du silence" a été copié ici. Sinon, si on regroupe, ce fil va être illisible.

A+
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

 


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