Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Auteur Sujet: De couteux efforts  (Lu 4289 fois)

Hors ligne Gros Lo

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De couteux efforts
« le: 29 Mars 2010 à 23:45:41 »

Cette sous-section est/devrait être vraiment une pierre angulaire du forum. Je suggère de la relancer massivement, de lui redonner un élan prospère. Ecrire ce n'est pas qu'une histoire d'impulsion, ça marche si on a digéré des lectures, et le fait de réfléchir à haute voix (et non souterrainement, la cause par l'effet, de texte en texte) permet de partager ses lectures dans une perspective plus pratique sur le plan de l'écriture, en fait. Non ?

Bref. Fin de la parenthèse.



Est-ce que ça vous en coute, d'écrire ? Est-ce que vous devez fournir des efforts assez marqués et que la sensation immédiate que ça procure ne serait pas, finalement, assez désagréable, malgré votre confiance en l'obstination ?

Je parle des textes un peu longs, ceux qu'on ne peut pas écrire d'un souffle.

A partir d'un certain nombre de pages (je parle ici pour moi, en espérant que je ne sois pas seul dans ce cas), ce souffle a besoin d'être entretenu, assez logiquement puisqu'on ne peut pas rester constamment dans l'atmosphère de son texte et qu'on a de toute façon besoin de pauses, au bout d'un certain temps. Et l'entretenir demande un certain acharnement avant de réussir à se remettre dans le bon... "état d'esprit rédactionnel", si vous voyez ce que je veux dire.

C'est le premier désagrément que je relèverais, auquel s'ajoute quelque chose de plus pénible encore (pénible, pas casse-couilles, mais qui fait peiner) : l'impression d'être à sec, de se vider dans le texte pour qu'il avance alors qu'on pense déjà ne plus rien avoir à écrire. Ce qui ne veut pas dire qu'on écrit juste pour faire des mots, mais qu'il faut aller chercher de plus en plus profond dans l'idée qu'on a en tête, et que ça procure d'autant plus de difficultés.

En fait, en le disant, ça me rappelle ce passage de la Horde du Contrevent où (vraiment spoiler, huhu)
Golgoth meurt. Enfin juste avant : il arrive devant la falaise et, comme il ne peut se résigner, il trace dans le vide quelques mètres, par la seule force de sa conviction. C'est un peu comme ça que je vois le moment où on est vide et où on doit pourtant continuer l'histoire. En fait, dans les deux symptômes, c'est le moment où l'histoire doit se poursuivre, parce que de toute façon on l'a en tête, mais où l'impulsion originelle, qui nous a poussé à écrire le texte, achève de se tarir.


Voilà, acharnement et épuisement au centre de ces couteux efforts. Est-ce que je suis le seul à mal vivre l'écriture des textes, disons, de dix pages et plus ? Ca me l'avait fait pour la Nécro, heureusement que je m'accrochais à mon plan, je serais parti en live et j'aurais abandonné sinon. Et ça me l'a aussi fait pour CCAYQS. Mais ça n'entre pas en contradiction avec le fait qu'on a envie d'écrire la suite, parce qu'on a dans la tête des scènes cools et tout, c'est parallèle.

Hm ?
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Hors ligne Krapoutchniek

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Re : De couteux efforts
« Réponse #1 le: 29 Mars 2010 à 23:55:43 »
Oha, trop bien l'acronyme =p


Je n'en souffre pas vraiment. Non, au contraire même. J'aime écrire (oui, sinon je serais pas ici, logiquement) et avoir un projet d'envergure est très stimulant. Même si tu as tout à fait raison en parlant de pauses dans la rédaction. Mais je pense très souvent à mon monde, son histoire, les coutumes, ... Ca fait quelque chose de créer tout un monde, de l'étoffer au fur et à mesure  :)


Par contre, un truc plutôt embettant, c'est quand je pense souvent à certaines scènes qui se dérouleront bien plus tard et que je dois attendre avant de les écrire.


J'ai souvent ça quand je pense à l'AD (  :-¬? ).
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Hors ligne ernya

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Re : De couteux efforts
« Réponse #2 le: 30 Mars 2010 à 00:05:11 »
Je vois pas super bien ce que tu décris parce que je l'ai pas trop vécu. Moi je fonctionne qu'avec le souffle, ce qui implique un texte court, pas plus de dix pages. Du coup, l'effort, je le fournis pour ainsi dire jamais, puisque je m'arrête dès que ça commence à flancher. Je suis pas très acharnée comme fille  :-¬?
mais ça tient aussi au fait que j'ai jamais de plan, donc je le vois pas comme un abandon parce que j'avais rien prévu pour la suite. Je veux dire, si j'avais une idée de suite aussi minime soit-elle ça m'obligerait à allonger le texte pour sûr. Mais là c'est plutôt fin de l'inspi = fin de l'histoire. Mais du coup la difficulté c'est quand même d'arriver à finir avant la fin totale de l'inspiration, c'est un peu la course contre la montre parfois, ce qui est épuisant.
Je crois que je pourrais jamais faire un roman en fait ou alors je le fais non stop pendant trois mois, dormant à peine et avec des montagnes de thé, de sucre et autres regains d'énergie.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Verasoie

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Re : De couteux efforts
« Réponse #3 le: 30 Mars 2010 à 00:34:24 »
Étant donné que ma première réaction a été "si, c'est tout à fait ça", les réponses m'ont surprise, donc je vais quand même faire l'effort de développer ma réponse (même s'il est minuit passé  :mrgreen:)

J'aime bien le rapprochement avec le passage de la Horde, même si personnellement je pense encore plus à (Spoil tome 6 de l'AR) quand Vérité se vide complètement dans le dragon, et la peur qu'il a que malgré tout ce qu'il y a mis, il pourrait ne pas s'envoler.

En fait, pour moi, écrire (donc sortir des mots ou une histoire de ma tête pour les mettre là où on peut les lire) se rapproche tellement du fait de m'ouvrir le ventre pour montrer comment se portent mes entrailles (bon appétit :mrgreen:) que, oui, c'est forcément coûteux. C'est de là que venait mon traumatisme après l'écriture automatique d'ailleurs.

Après, plus le texte est long et plus on a le temps de se rendre compte de ce qu'on fait, et de se demander pourquoi et si on fait bien de le faire. Parce qu'une nouvelle, en l'écrivant relativement rapidement, je n'ai pas le temps de "douter".

En fait le coût ne vient pas seulement de l'énergie mais aussi de la partie de moi-même que je mets dans le texte. Ou y'a que moi ? xD

Mais si c'est une nouvelle de me reconnais plus dans ce que dit ernya, au détail près que  je connais la fin dès le début. Du coup une fois que le processus est mis en branle, y arriver est plus facile. ^ ^

Sinon ça m'a aussi fait penser au texte de Neil Gaiman que Kei a traduite dans les "ce qu'ils disent", sauf que je le trouvais tout de même bien optimiste.

Hors ligne Gros Lo

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Re : De couteux efforts
« Réponse #4 le: 30 Mars 2010 à 01:01:21 »
Citation de: Verasoie
même si personnellement je pense encore plus à (Spoil tome 6 de l'AR)
ah oui aussi, d'ailleurs on l'avait développé dans le topic de RH je crois.


Citer
En fait le coût ne vient pas seulement de l'énergie mais aussi de la partie de moi-même que je mets dans le texte. Ou y'a que moi ? xD
ben... en fait j'ai jamais vraiment compris ce que les gens entendent par "mettre une partie de soi dans un texte". Est-ce que ça fait partie de la problématique "tout texte est un peu autobiographique, non ?" ? parce que j'ai pas l'impression de parler de moi dans mes textes. (Et d'ailleurs c'est heureux, étant donné leur potentiel mortifère, pour certains)
Dans de très rares textes, ok je mets de moi, mais c'est parce qu'il y a des passages plus ou moins argumentatifs (genre quand j'écris à la manière de Kerouac. Et encore, parce que je mets de moi ok, mais c'est surtout parce que je mets de lui). (Je me réclame pas de l'héritage de Kerouac, hein xD je parle des influences.)
Mais si tu entends par "mettre une partie de soi" développer son imaginaire propre et, du coup, vider soudainement et jusqu'à la dernière goutte (et attaquer les nappes phréatiques) la citerne d'idées et d'influences qu'on a acquis dans un certain laps de temps, alors je te rejoins.

Euh voilà. Je n'ai rien dit de plus. :-¬?
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Verasoie

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Re : De couteux efforts
« Réponse #5 le: 30 Mars 2010 à 01:16:49 »
Justement si je dis que "tous mes textes sont un peu autobiographiques" ça va en faire flipper certains, et c'est pas le cas d'ailleurs. XD

Mais j'aurais beaucoup de mal à inventer vraiment un personnage tout à fait distinct d'une partie de moi ou de personnes que je connais, enfin pas de mal à inventer mais du mal à le considérer comme crédible.

Non en fait c'est surtout que si on psychanalysait mes textes et qu'on me demandait "pourquoi tel élément là ?" j'aurais très souvent une réponse, très peu de choses sont "au pif" et donc ont une raison d'être, qui vient de moi. Au début j'écrivais pour dévider certaines choses de façon très détournée, d'ailleurs. (Je parle des auto-fictions que je retrouve des fois quand je range ma chambre. XD)

En fait oui c'est ce que tu dis à la fin de ton post, sauf que ma citerne d'idées et d'influences se remplit un peu avec des lectures mais plus avec des rencontres ou trucs vécus.

Hors ligne Zacharielle

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Re : De couteux efforts
« Réponse #6 le: 30 Mars 2010 à 08:18:45 »
C'est sûr que c'est beaucoup plus amusant de commencer que de finir, surtout un texte long. Toutes les fois où j'ai fait un plan, je n'ai pas su m'y tenir et poursuivre l'écriture. J'espère que là ça va être un peu différent, j'ai une idée sur le feu... Ce n'est pas tellement question d'inspiration mais de Jenga : comment toutes les petites idées qui s'ajoutent au fur et à mesure (des lectures, des rencontres, du vécu, de l'observé), que je mets tout en haut pour que le texte ait un peu de force, comment je fais pour pas que tout s'écroule ? Des fois (souvent, soyons honnêtes), je laisse le travail comme ça en suspens, de peur de tout détruire en reprenant alors que parfois ça vaudrait mieux de reposer des fondations solides.
Il faut que je me souvienne de quelques éléments du stage pour me motiver : les auteurs écrivent beaucoup sur commande. Est-ce que je serais capable moi aussi de finir cette histoire, disons, de 6000 signes * 15 chapitres dans un temps réduit ? Pour l'instant mon petit truc est en pause, l'excuse du temps que je n'ai pas marche un coup mais pas tout le temps. Si je le voulais vraiment je pourrais passer des nuits blanches à finir ce texte. Donc, manque de volonté, lâcheté et flemmardise => sentiment de nullité, déconsidération de ce qu'on écrit => prétexte à ne pas continuer et à laisser tomber (de toutes façons on a montré à personne, ça tombe bien) MAIS l'histoire/les persos continuent de se promener dans la tête et des fois, les fourmis au bout des doigts reprennent, un éclat dans l'atmosphère et c'est fini : il faut s'y remettre. Et si je meurs demain, je regretterai de pas avoir fini tout ce que j'ai commencé. Je me transformerai en Casper pour finir d'écrire mais c'est pénible, faut trouver une âme sensible pour exécuter mes commandes. Non, faisons-le tant que nous le pouvons.
Je n'ai que trois mots à dire :
GO, GO, GO !

Hors ligne Milora

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Re : De couteux efforts
« Réponse #7 le: 30 Mars 2010 à 17:58:54 »
Ce fil m'a fait l'effet inverse de Verasoie : ce sont les témoignages d'écriture douloureuse qui m'ont surprise !

En fait, pour ma part, je suis comme Krap : pour les textes longs j'ai une idée (des idées collées les unes aux autres, en général ^^), et l'envie - le besoin - de l'écrire, et c'est de me retenir par manque de temps, ou de devoir l'interrompre parce que... bah parce qu'on ne peut pas écrire 24h/24h, qui est douloureux.
J'ai des tonnes de textes longs en cours. Mais quand je me plonge vraiment dans l'un d'eux, j'en écris de grandes tranches d'un coup. Pas d'un trait, mais en écrivant régulièrement pendant une certaine période - de préférence jusqu'à les terminer, mais ça c'est une autre paire de manches.
Bonhomme, par exemple (moment de mégalomanie assumée ^^), si je me souviens bien, j'étais restée environ une semaine dessus, à fond. Bon, ok, il ne fait que 13 pages. Et c'est vrai qu'après l'avoir interrompu pour une semaine de vacances, j'ai eu l'impression que c'était pas tout à fait le même souffle... Mais tout ça pour dire que quand je suis en train de rédiger une histoire longue (pas au moment où je l'écris, mais durant le laps de temps où je passe des moments à écrire cette histoire - je suis pas claire -), je ne sors pas vraiment de l'histoire. Et d'ailleurs, pour les textes vraiment longs, en général les idées, les personnages, le ton me sont restés tellement longtemps en tête que pour les continuer, même après longtemps, il suffit d'en relire une bonne tranche. (Ça, et l'état de concentration propre à la rédaction de tout texte, quelle que soit sa longueur).

Je m'exprime vraiment pas clairement, aujourd'hui >< .

Bref, en gros, les textes longs ne me posent pas plus de problèmes que les courts.
Ce qui ne veut pas dire qu'aucun texte ne m'a posé problème - mais c'était indépendant de sa longueur.
Par exemple, j'ai vraiment souffert pour Le Récit d'Haroun, parce que je m'étais fixé une contrainte que j'avais du mal à tenir - sans doute pour ça que j'ai été si soulagée de terminer le texte, et contente des critiques positives qu'il a pu recevoir. Il fait une dizaine de pages, mais il aurait pu en faire 5 ou 36, je pense que ça aurait été pareil...


Citation de: Loredan
Je parle des textes un peu longs, ceux qu'on ne peut pas écrire d'un souffle.
Je pense que c'est parce que je n'écris pas en suivant un souffle. Pour être plus précise, comme tout le monde je pense, je passe par le moment où l'idée vous vient, où vous avez très envie de l'écrire, de lui donner corps, et tout. Seulement en général, soit j'ai pas le temps, soit je fais exprès de ne pas céder. Je sais que ce sera mieux si j'attends, si je la laisse mûrir. Du coup, quand je la rédige - et quelle que soit sa longueur - le souffle est toujours là, ravivé.

Citation de: Zacharielle
C'est sûr que c'est beaucoup plus amusant de commencer que de finir, surtout un texte long.
Ah ? Hum, je ne sais pas trop... Il y a un moment, quand on arriver vers les 3/4, où on a vraiment envie d'arriver au bout, parce que c'est un long travail, parce qu'on a envie de boucler enfin de truc qui nous bouffe notre énergie depuis un bout de temps. Mais la fin en soi, pour les textes longs, provoque chez moi 2 réactions :
- un énorme "OUIIIIIIIIIII ! FINIIIIIIIIIIIII !!!" Avec un grand soulagement (sans que la rédaction ait été douloureuse, ça fait toujours plaisir d'arriver à bout de quelque chose).
- puis, parfois, un gros vide. En général je commence à penser à une suite, même si elle ne verra jamais le jour. On est tout triste de quitter cet univers, ces personnages. Mais je ne dirais pas, là non plus, que c'est douloureux...

Néanmoins, je dois dire que... ce post n'a aucune espèce d'organisation interne...
Néanmoins, disais-je, je dois dire que j'ai tenté, une fois (enfin, sur un an), de terminer un texte vraiment long, parce que j'avais un délai à tenir. Et là ça a été assez "douloureux", pour reprendre ton terme, Lo. Parce que je devais me forcer à écrire, à des moments où j'étais pas forcément dans le bon état d'esprit, et que du coup j'aimais pas ce que ça donnait, mais que je me forçais à continuer.
Mais je n'appelle pas ça des conditions normales d'écriture...

Citation de: Zacharielle
les auteurs écrivent beaucoup sur commande. Est-ce que je serais capable moi aussi de finir cette histoire, disons, de 6000 signes * 15 chapitres dans un temps réduit ? Pour l'instant mon petit truc est en pause, l'excuse du temps que je n'ai pas marche un coup mais pas tout le temps. Si je le voulais vraiment je pourrais passer des nuits blanches à finir ce texte. Donc, manque de volonté, lâcheté et flemmardise => sentiment de nullité, déconsidération de ce qu'on écrit => prétexte à ne pas continuer et à laisser tomber

Ah bon ?  ??? Pour ma part, j'ai vraiment pas cette impression. Je veux dire qu'écrire est un plaisir, je ne me juge pas à travers mes textes (s'il est raté... bah il est raté, tant pis, on en prend un autre et on essaie de faire mieux. Ou plutôt, quand je me dis "peuh, mais t'es nulle, t'écris pas bien et tes histoires sont sans intérêt", c'est pas parce que je n'ai pas terminé un texte, mais à la suite de commentaires négatifs, lol.).
Et pourtant, j'en ai, des textes momentanément inachevés ! Et j'écris très peu depuis quelques années, par manque de temps. Mais je ne vois pas ça comme de la lâcheté, plutôt comme une parenthèse, en l'attente d'une époque plus clémente, lol...

Citer
Et si je meurs demain, je regretterai de pas avoir fini tout ce que j'ai commencé. Je me transformerai en Casper pour finir d'écrire
  ;D Là par contre, c'est aussi ce que je me dis souvent ! xD (dans un autre registre, je me rappelle même avoir pensé, un soir en lisant Le Dernier Caton : "Tiens, ça sent le gaz... ah non ! Je ne peux pas mourir sans savoir la fin de ce livre !") Pour les textes, du coup, parfois ça me donne un sentiment d'urgence à les écrire : si je ne les écris pas, ils resteront prisonnier de mon seul esprit, j'en serai le seul garant, et si je disparais, ces personnages disparaîtront avec moi... (non non, ils ne me parlent pas à l'oreille et ne m'ordonnent pas de tuer des gens dans la rue, je vous assure  :-¬? )
Ceci dit, là, je m'éloigne de la question initiale ; c'était juste pour rebondir sur le commentaire de Zach.

Oh, et pour finir dans un beau hors-sujet :
Citation de: Loredan
Citation de Verasoie
En fait le coût ne vient pas seulement de l'énergie mais aussi de la partie de moi-même que je mets dans le texte. Ou y'a que moi ? xD
ben... en fait j'ai jamais vraiment compris ce que les gens entendent par "mettre une partie de soi dans un texte". Est-ce que ça fait partie de la problématique "tout texte est un peu autobiographique, non ?" ? parce que j'ai pas l'impression de parler de moi dans mes textes. (Et d'ailleurs c'est heureux, étant donné leur potentiel mortifère, pour certains)
Dans de très rares textes, ok je mets de moi, mais c'est parce qu'il y a des passages plus ou moins argumentatifs (genre quand j'écris à la manière de Kerouac. Et encore, parce que je mets de moi ok, mais c'est surtout parce que je mets de lui). (Je me réclame pas de l'héritage de Kerouac, hein xD je parle des influences.)
Mais si tu entends par "mettre une partie de soi" développer son imaginaire propre et, du coup, vider soudainement et jusqu'à la dernière goutte (et attaquer les nappes phréatiques) la citerne d'idées et d'influences qu'on a acquis dans un certain laps de temps, alors je te rejoins.
Moi non plus je ne suis jamais autobiographique (sauf dans le défi de Vera, et c'est un exercice qui s'est révélé assez particulier !). Mais, du fait même de t'exprimer, tu donnes accès au lecteur au plus profond de toi, à ton imaginaire, indirectement à ta vision du monde, à toutes les expériences que tu as vécues et qui se sont mélangées pour donner corps à ton texte (c'est un peu ce que tu dis). Et puis, par le fait même que tu écris avec une certaine passion, tu le fais avec tes tripes.
Je pense que c'est ça, mettre de soi dans un texte. Ça lui donne généralement une âme.
Mais je ne trouve pas ça douloureux, une fois de plus - sauf peut-être dans certains cas précis, où justement, ça prend une connotation un peu plus autobiographique...


Fin du pavé interminable  :-¬?
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Kailiana

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Re : De couteux efforts
« Réponse #8 le: 30 Mars 2010 à 18:58:30 »
J'essaie de pas faire trop long car je ne suis pas censée avoir le temps de passer sur le forum...

Mon avis rejoint plutôt celui de Verasoie. Toujours (ou du moins, très souvent, et toujorus pour les textes auxquels je tiens vraiment) l'impulsion initiale vient d'une... pulsion, d'un souffle, que je développe en un texte plus ou moins long. Alors si c'est un texte court tout va bien. Si c'ets un texte long... c'est plus délicat. Les dernières fois (le Rouge, Murmures... ) j'ai essayé d'attendre que ce souffle se dissipe pour le raviver ensuite afin d'être moins facilement "à court".

Mais en fait j'ai un gros problème pour les textes longs (enfin pas trop le Rouge, où là c'est plus par manque de temps, mais les autres) : je me relie. Et quand je me relie après un certain temps, je trouve que ce que j'ai écrit n'est pas du tout comme je le voulais. Et ça me bloque pour la suite... Parce que justement ce que j'écris vient de mes tripes, n'est pas du vécu ou de moi vraiment mais... ça vient de moi quand même. Donc si c'est pas exactement comme je veux... j'ai beaucoup de mal à continuer.

Et là je rejoins le parallèle de Vera avec Vérité et le dragon. C'est tout à fait ça. J'ai peur que mon texte ne soit pas comme il faut, que je ne lui fasse pas honneur, et plutôt que le gâcher : je ne l'écris pas  :mrgreen:

En même temps je rejoins Zach en me disant que si je meurs demain je vais regretter de ne pas avoir écrit mes histoires et qu'il vaudrait mieux qu'elles soient mal écrites que pas écrites du tout XD (d'ailleurs c'est après un accident très grave que Stephen King a réussi à terminer la Tour Sombre  :-¬? )

Citer
C'est sûr que c'est beaucoup plus amusant de commencer que de finir, surtout un texte long.
Nop. Pour un texte long c'est le milieu je trouve qui est le plus dur. Enfin au niveau de 2/3 plutôt. Pendant 1/3 on a le souffle du départ. Pendant le deuxième tiers on arrive à se motiver sans trop regarder le début. Ensuite on (enfin, je  :-¬?) bloque car je trouve ce qui précède nul et je me dis qu'il faut tout réécrire. La fin... ben, la fin découle de tout ce qui précède, donc ça coule, et y'a le soulagement d'être à la fin (soulagement, non que ce soit terminé parce qu'on en avait marre, mais un peu comme si durant toute l'écriture on avait arrêter de respirer, ou au contraire on avait trop respiré). Mais dans les textes longs y'a toujours un gros blocage vers le milieu qui est dur à passer... je me suis vraiment retrouvée dans ce que disait Gaiman traduit par Kei : on se dit que le texte est nul, et qu'il faut écrire autre chose (ou même qu'il faut arrêter d'écrire  :mrgreen:)
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
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Hors ligne Become

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Re : De couteux efforts
« Réponse #9 le: 15 Mai 2012 à 18:22:15 »
Je suis pour ce que Loredan a dit, cette idée de "vide". On a un plan en tête, et on a envie de le poursuivre, mais on a plus l'énergie nécessaire pour continuer. Ecrire d'un souffle c'est vraiment différent d'un texte long, même très long, qui commence au bout d'un moment à ne plus avoir de sens. On a envie d'écrire mais il faut se forcer parce qu'on a plus trop d'inspiration même si les idées sont là, mais elles ne semblent plus bonnes. J'aime bien l'idée de nappes phréatiques, peut-être que quand on écrit un texte court, on ne touche qu'à une couche superficielle de notre imagination qui est très pourvue d'idées, mais au fils des pages, on s'attaque à autre chose, on rentre plus profondément dans nous-mêmes, et notre imagination vient plus de nous que l'influence du vécu, des expériences, des lectures.
Bon là ça sonne bizarre.
Bref je peux comprendre, et oui je suis d'accord, on a soudain la grosse flemme de continuer, mais on se dit que si on mourrait demain, on s'en voudrait de ne pas avoir fini ! Même, si on abandonnait l'histoire et passait à autre chose, on s'en voudrait de n'avoir jamais terminé.
En gros, il faut s'y mettre, un point c'est tout, et quand on sent qu'on s'essouffle, on reprend sa plume, et on continue d'écrire, soit l'histoire, soit des idées, soit des brouillons, mais si on arrête pendant longtemps, je pense qu'on finit par ne plus vouloir retourner à l'histoire. Il faudrait peut être aussi se déshiniber.
Mais bon je ne m'y connais pas tant que ça. Surtout que le sujet date de longtemps alors je pense qu'il sera aux oubliettes, et en ce moment je parle à moi-même mais je suis contente de ne pas être la seule à me sentir comme ça, à ce que l'écriture ne soit pas toujours facile comme on pourrait le croire. Je commençais à avoir de sérieux doutes!
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