Bonjour Keanu,
Et merci à toi pour ce commentaire qui est, à mes yeux, exemplaire. Je dis : « exemplaire », parce que tout cet espace que tu donnes à voir de ta propre perception du poème me permet de questionner le lien entre ce qui m'a amené à écrire ce poème et ce que tu as su en retenir à la lecture.
Effectivement, un retour sur soi dans un instant d'euphorie est ce que l'on fuit pour entretenir l'enthousiasme ; et ça peut se comprendre ! Qui donc voudrait retourner à l'ennuyeuse fatalité des petits soucis quotidiens quand il ou elle tombe à l'instant sur une heureuse nouvelle ? Puisses-tu partager cette jouissance au moins le temps d'une lecture !
En revanche j'ai été un peu rebuté par la forme qui m'a paru convenue et guindée (insouciance, été verdoyant, rêveries, musiques lascives, transporté par l'enthousiasme, souris béat, Ô découvertes, idéal, humeur gaillarde...), même si je crois deviner qu'il y a à ce propos une forme de mise en scène espiègle, de distance volontaire ou de réutilisation des lieux communs.
Tu poses ici une question que je ne m'étais pas encore posée et que je trouve très inspirante. Si j'exploite les lieux communs dans la forme comme pour les faire miens à jamais, cette omnipotence ne dépasse malheureusement pas le temps d'un enthousiasme poétique, et ces lieux communs retourneront – je n'en doute pas – au juste titre du partage.
Cela va m'obliger à expérimenter de nouvelles formes, ou à parcourir le commun autrement. C'est une nécessaire fatalité dont j'espère que tu profiteras des bénéfices.