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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Blind Test] La falaise

Auteur Sujet: [Blind Test] La falaise  (Lu 4739 fois)

Verasoie

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[Blind Test] La falaise
« le: 18 Mars 2010 à 12:59:10 »
Je poste un peu en retard, pardon pardon  :mrgreen:

J'ai eu l'idée de ce texte à Hastings en Angleterre, en me promenant sur les falaises, et je dois dire que c'est l'un des plus beaux endroits que j'aie jamais vu. Les photos (ici et ici) ne lui rendent pas du tout justice.

J'avais été très impressionnée par des bouquets de fleurs à plusieurs endroits, manifestement endroits d'où quelqu'un avait sauté... C'était vraiment bizarre de penser à ça alors que tout autour de moi était ensoleillé, paisible, etc.

Néanmoins je savais pas si je l'écrirais un jour, il restait juste dans le tiroir à idées de ma mémoire  :mrgreen: mais comme le blind test c'est l'occasion de tester de nouveaux styles (pour embêter tout le monde quoi) je me suis jetée à l'eau. Et maintenant je vous le jette en pâture, voilà !




***


Esméralda. J’ai rencontré un vieil homme, sur la falaise.

Je montais à ta rencontre, Esméralda, comme chaque jour. Je gravissais l’escalier inégal, interminable, depuis le village, quittant peu à peu sa brume matinale pour le dominer des hauteurs. Je me rendais à notre endroit, notre petit renfoncement de rocher derrière la barrière de bois. Un homme y était assis, silencieux. Je l’ai observé quelques minutes, le vieillard immobile dans sa veste constellée de brume, avec son chapeau fatigué. Et je suis reparti ; je ne t’ai pas attendue cette fois-là.

L’été a été long, Esméralda, pendant que je guettais ton retour. Chaque jour je suis allé m’assoir au bord du vide, comme lorsque nous étions enfants. Quand le soleil brille au milieu de la journée, la mer est aussi bleue que le ciel, et elle semble être partout à la fois ; la terre chauffe sous l’herbe brûlée, les insectes dans les buissons bourdonnent inlassablement. Toute la journée je contemplais l’horizon et ses navires blancs, mais tu n’est jamais revenue.

L’homme est arrivé au début de l’automne et je lui en ai voulu d’être là. Le lendemain je suis venu avant même que les étoiles ne pâlissent dans le ciel. De là-haut, on n’entend plus le bruit des vagues. Des bateaux rentraient de pêches nocturnes. Le vieil homme a surgi derrière moi en même temps que le soleil au-dessus des flots ; loin de paraître surpris, il s’est simplement assis à mes côtés. Il tenait une rose entre ses doigts. Je suis parti bien avant lui, abruti de soleil et de chaleur.

Il tenait cette rose que déposent un jour tous ceux qui foulent le bord des précipices. Rappelle-toi, Esméralda, nos errances entre la barrière et le vide. Les fleurs noircies que nous trouvions, les petits tumulus et les croix de bois, les médaillons aux antiques photographies que tu arrachais à la terre. Je te suppliais de les laisser, inquiété par je ne sais quel sentiment de culpabilité, mais tu ne m’écoutais pas. Il t’arrivait de les porter, parfois, quand leur chaîne d’argent n’était pas brisée. Et ces lettres, toutes ces lettres que nous lisions sans comprendre.

Je suis le seul garçon dont les pieds ont foulé la falaise, Esméralda, qui écrive des lettres pour une vivante.

Peut-être qu’avec toi, j’aurais lu les morceaux de papier que le vieil homme laissait là, le soir. Peut-être que je t’aurais offert une de ses roses, comme lorsque nous étions enfants. Mais en ton absence sa peine était mienne. Je ne me rappelle pas vraiment quand nous avons compris à qui étaient destinées les fleurs, les croix que nous trouvions au bord de la falaise. Je me souviens seulement qu’en grandissant, il nous arrivait de plus en plus souvent de rester là, assis, à parler en contemplant la mer. Le soleil blessait nos yeux d’enfants.

Tu disais que la liberté t’appelait toujours plus fort. Tu voulais voyager, Esméralda ; l’horizon t’attirait, tu allais vers le vide et je désespérais de pouvoir te retenir. Nous nous mîmes à échafauder des rêves à fleur de peau, de plus en plus pressants chaque été. Après l’école, tu disais, nous partirions chacun de notre côté, un soir, au moment où la lumière du soleil est orangée. Tu verrais le Nil et le désert. Tu racontais que le sang de tes veines ne cessait d’être appelé, qu’il fallait de l’ocre à ta peau.

J’ai vu les déserts de glace du grand Nord. J’ai vu plus de paysages que mes yeux ne pouvaient en avaler ; j’ai cru qu’il n’y aurait plus que du blanc, pour toujours. J’ai eu froid, Esméralda. J’ai failli oublier la chaleur de ta peau, comme il était doux de contempler tes cheveux noirs. Mais j’ai patienté, comme nous nous l’étions promis ; j’ai patienté un an pour revenir et t’attendre sur la falaise.

Un vieil homme y est venu chaque jour, jusqu’à ce que j’arrête de les compter. J’ai cru qu’il ne repartirait jamais. Parfois la pluie tombait, dégoulinait de son chapeau et de ses épaules, elle semblait imprégner ses mains parcheminées aux veines saillantes, et lui restait là, sans regarder que l’horizon détrempé. Et un soir, alors que j’étais resté là à balancer mes jambes dans le vide vertigineux, un soir au moment où les étoiles apparaissaient dans le ciel, il s’est levé. Il s’est enfin levé et c’était comme un colosse de pierre s’ébranlant soudain. Je l’ai vu mettre la main dans sa poche et en sortir une étoile.

La flamme du briquet vacillait quand il s’est baissé pour l’approcher du petit paquet de lettres et de fleurs. Le papier s’est mis à noircir, de plus en plus vite, et le feu a pris. Je regardais les étincelles s’élever doucement vers le ciel ; pas lui. Il s’est redressé, péniblement, le regard toujours fixé vers l’horizon de plus en plus sombre. Il m’a tourné le dos, et il est parti.

J’ai fait mes adieux à la falaise et au village. Mes derniers souvenirs de toi, je les ai laissés s’envoler vers l’immensité et retomber dans la mer. C’est aujourd’hui que je pars. S’il t’arrivait à nouveau de gravir l’escalier et de te tenir ici, ne m’y attends pas ; retourne danser avec insouciance sur la poussière d’une route, ou pleurer ta liberté dans une prison de sable. Où que tu sois à présent.

« Modifié: 21 Mars 2010 à 19:44:23 par Verasoie »

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Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #1 le: 18 Mars 2010 à 14:13:43 »
Je l'avais lu pour le blind test - j'en avais le 2, lol (je pensais que le style était de Kathya, par contre, ou d'ernya pour le prénom Esmeralda).

J'avais pas trop accroché en fait. Disons que j'avais trouvé ça très bien écrit, certes. Mais arrivée en bas, je me suis dit "bon, et alors ?" Il se peut que je n'aie pas compris la chute, toutefois...  :-[
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #2 le: 18 Mars 2010 à 19:12:02 »


Citer
De là-haut, on ne peut même entendre le bruit des vagues.
je bloque sur cette phrase

Citer
Des bateaux rentraient des pêches nocturnes. Le vieil homme a surgi derrière moi en même temps que le soleil au-dessus des flots ; loin de paraître surpris, il s’est simplement assis à mes côtés. Il tenait une rose entre ses doigts. Je suis parti bien avant lui, abruti de soleil et de chaleur.
j'adore ce passage, enfin l'idée d'un vieil homme avec une rose, je sais pas pourquoi


Citer
Je suis le seul garçon dont les pieds ont foulé la falaise, Esméralda, à écrire des lettres pour une vivante.
je bloque aussi sur celle-là :mrgreen:, j'ai du mal à mettre sur le même plan "dont" et "à écrire"
Citer
Mais en ton absence sa peine était la mienne.
mienne ? (je dirais ça pour enlever le "sa"/"la" qui freine un peu à mon sens)

Citer
Je ne me rappelle pas vraiment quand nous avons compris à qui étaient destinées les fleurs, les croix que nous trouvions au bord de la falaise.
"pas vraiment quand nous", je trouve que ça accroche un peu, que c'est trop... terre à terre, je sais pas, pas dans le ton du texte quoi

Citer
Je me souviens seulement qu’en grandissant, il nous arrivait de plus en plus souvent de rester là à parler en contemplant la mer. Le soleil blessait nos yeux d’enfants.
la deuxième phrase est cool, du coup la première lui est indigne, un peu lourde ? "res-ter-là-à..."

Citer
Après l’école, tu disais, nous partirions chacun de notre côté, un soir, au moment où la lumière du soleil était orangée.
j'aurais plus mis un "est"...

ce texte m'a gênée pendant tout le blind test et il me gêne encore. Il y a des phrases très belles, pas mal de choses qui m'ont d'emblée marquée. Très poétique, bien écrit, une bonne ambiance et en même temps, la fin m'a un peu déçue. J'aime beaucoup la fin de l'avant-dernière phrase, pas vraiment la dernière qui ne finit pas vraiment le texte en beauté, je trouve.  Je ne sais pas trop comment tu pourrais améliorer, ça tient à un pas grand chose, mais cette histoire de lettre, je ne l'aime pas :mrgreen: Je la trouve un peu trop.... commune en fait. Je veux dire dans ton texte, on a plein d'éléments qui justement ne sont pas du tout communs ( ne serait-ce que le vieil homme à la rose) et la lettre c'est pas assez exotique/poétique, ça fait lettre commune. Enfin je sais pas si tu vois ce que je veux dire, s'il lui avait laissé un pétale de rose ou je sais pas quoi d'autre, peut-être plus prosaïque, j'aurais trouvé ça mieux. Mais là... enfin je sais pas. C'est juste que j'ai beaucoup aimé le texte mais que cette allusion à une lettre me chiffonne. :huhu:
Mais le reste est vraiment bien ^^
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Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #3 le: 18 Mars 2010 à 19:43:15 »

La répétition quasi mystique du prénom fait très Verasoie. (Ca tombe bien. xD)
Enfin ce côté "pouvoir mystique", d'invocation d'un personnage par le biais de son nom.

Citation de: Vera
le vieillard immobile dans sa veste constellée de brume, avec son chapeau fatigué.
joli


Citer
De là-haut, on ne peut même entendre le bruit des vagues.
? élision volontaire ?


Citer
Des bateaux rentraient des pêches nocturnes.
peut-être "de pêches nocturnes", mais si ça changeouille le sens, pour pas avoir "des... des..." ?


Citer
Le vieil homme a surgi derrière moi en même temps que le soleil au-dessus des flots
j'aime beaucoup


Citer
tous ceux qui foulent les falaises de roche.
laissons un instant de côté la simple parole poétique ; "falaises de roche", c'est assez redondant. J'ai du mal à imaginer des falaises de flan au caramel. Ou plutôt : je me les imagine très bien, mais c'est en les décrivant elles que s'attarder sur la composition des falaises devient intéressant. Ici, ce sont des falaises au sens le plus courant, càd de roche. Hm ?


Citer
les petits tumuli
très très très bien, d'avoir pensé au pluriel ; je trouve ça assez brillant de savoir ses règles à ce point ! bravo ! c'est formidable !


Citer
J’ai eu froid, Esméralda.
par ici j'ai trouvé que cette litanie du prénom devenait un peu pesante


Voilà, dans l'ensemble j'ai trouvé des segments particulièrement poétiques, un peu partout. L'alliance entre falaise et personnage disparu, c'est commun, mais celle entre falaise et gitane ça l'est nettement moins et j'ai trouvé l'image très belle et bien développée. L'alliance du Nord et du Sud, de la bruine glacée et des roulottes assommées de soleil, probablement, uhu, non l'idée était déjà très bonne.
Après, j'ai été gêné par une légère tendance à l'apitoiement, pas majoritairement, mais parfois je l'ai trouvé au-dessous des mots et j'ai pas trop aimé. Peut-être à cause de ce prénom qui revient tout le temps, ça fait un peu "lyrisme vain", alors que le reste du texte garde une certaine pudeur.
Voilà voilà. Joli texte, qui forme un petit espace clos à l'atmosphère assez dense.
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Verasoie

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Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #4 le: 18 Mars 2010 à 20:15:00 »
Mil : C'est pas vraiment une chute, plutôt qu'il renonce juste à l'attendre. Merci pour ton avis ^ ^

ernya :

Citer
je bloque sur cette phrase
effectivement il manque un "pas"

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je bloque aussi sur celle-là Mr Green, j'ai du mal à mettre sur le même plan "dont" et "à écrire"
ah, zut... je vois pas trop comment la changer et en même temps j'ai pas envie de l'enlever. help ? XD
Edit : j'ai mis "qui écrive des lettres"

Citer
mienne ? (je dirais ça pour enlever le "sa"/"la" qui freine un peu à mon sens)
tout à fait d'accord

Citer
"pas vraiment quand nous", je trouve que ça accroche un peu, que c'est trop... terre à terre, je sais pas, pas dans le ton du texte quoi
[...]
la deuxième phrase est cool, du coup la première lui est indigne, un peu lourde ? "res-ter-là-à..."
Je vais refaire ce passage en mode "plus léger"

Citer
j'aurais plus mis un "est"...
D'ac !

Pour la fin, j'ai eu du mal à la taper aussi. À la base j'avais pensé à un texte plus long, genre plusieurs lettres qu'il aurait abandonnées au bord de la falaise et dans lesquelles il y aurait eu le changement de ton etc, mais aussi long que ça, ç'aurait vraiment été peu intéressant je pense. Du coup j'étais repassée à une seule lettre. Du crois que ça ferait mieux si j'essayais de faire comme un discours intérieur, enfin la même mais sans l'histoire de lettre à la fin ? Ça me paraissait difficile pour le conclure, du coup, enfin pour que ça s'inscrive quand même dans une intrigue, si vague soit-elle. Bref. J'explorerai de ce côté si je décide de le reprendre un jour, lol. Sinon merci, ça me fait plaisir quand vous dites que c'est poétique ; je suis peut-être pas aussi désespérante que je ne le pensais dans ce domaine. :mrgreen:

Loredan :

Citer
peut-être "de pêches nocturnes", mais si ça changeouille le sens, pour pas avoir "des... des..." ?
Entendu

Citer
laissons un instant de côté la simple parole poétique ; "falaises de roche", c'est assez redondant. J'ai du mal à imaginer des falaises de flan au caramel. Ou plutôt : je me les imagine très bien, mais c'est en les décrivant elles que s'attarder sur la composition des falaises devient intéressant. Ici, ce sont des falaises au sens le plus courant, càd de roche. Hm ?
Je trouvais que la phrase s'arrêtant à falaises était déséquilibrée. Tu crois que si je mets "falaises escarpées"...? Ou je m'arrête juste à falaises ?
Edit : j'ai tout remplacé par "le bord des précipices"

Citer
très très très bien, d'avoir pensé au pluriel ; je trouve ça assez brillant de savoir ses règles à ce point ! bravo ! c'est formidable !
XD

Citer
par ici j'ai trouvé que cette litanie du prénom devenait un peu pesante
J'ai vraiment chopé un tic monstrueux avec les prénoms moi :mrgreen: Ok j'enlève celui-là ? Ou après aussi ça gêne ?

Merci !
« Modifié: 18 Mars 2010 à 20:20:23 par Verasoie »

Hors ligne ernya

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Re : Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #5 le: 18 Mars 2010 à 20:26:37 »
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Du crois que ça ferait mieux si j'essayais de faire comme un discours intérieur, enfin la même mais sans l'histoire de lettre à la fin ? Ça me paraissait difficile pour le conclure, du coup, enfin pour que ça s'inscrive quand même dans une intrigue, si vague soit-elle.
oui, je pense, faudrait vérifier dans le détail, en gros relire le texte sans les allusions à la lettre mais je pense que ça peut le faire, oui ^^
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Verasoie

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Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #6 le: 18 Mars 2010 à 20:29:57 »
J'ai changé la fin finalement, mais juste en enlevant l'histoire de lettre... disons que si c'en est toujours une ce n'est que sous-entendu. J'ai pas réussi à trouver mieux que la dernière phrase, par contre ; d'ailleurs je l'aime pas cette dernière phrase xD, mais si je m'arrête du sable j'ai l'impression que c'est trop abrupt. Non ? Bref.

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Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #7 le: 18 Mars 2010 à 20:50:40 »

Ok non pas la peine d'enlever définitivement le prénom, en l'enlevant à cet endroit-là ça permet de faire une pause, de nous déshabituer quoi, de rendre son emploi mon mécanique.
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Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #8 le: 21 Mars 2010 à 12:59:32 »

Citer
abruti de soleil et de chaleur.

Lol, "abruti de chaleur" c'est pas très français... de plus je vois mal un "soleil abruti".  :mrgreen:

Citer
Je te suppliais de les y laisser

Sans le "y" on comprend parfaitement.

Citer
Je suis le seul garçon dont les pieds ont foulé la falaise, Esméralda, qui écrive des lettres pour une vivante.

L'ordre est peut-être à revoir. On comprend que c'est le garçon qui écrit, mais posé ainsi, je trouve que c'est pas très beau.

Citer
Il s’est enfin levé et c’était comme un colosse de pierre s’ébranlant soudain.

Soudainement ? non ?

Citer
retourne danser avec insouciance sur la poussière d’une route, ou pleurer

"ou pleurer" comme ça, seul, fait un peu bizarre. Peut-être qu'avec "ou va pleurer", "ou retourne pleurer" ça passe mieux.

----------

Bon, bah je sais pas pourquoi j'étais obstiné à dire pendant un moment que ce texte était de Kathya lors du blind test. Bof, de toute façon je n'aurais jamais deviné. A part ça sinon, un chouette texte, très facile à lire. Bon après c'est pas trop mon truc mais c'est quand même sympa.
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

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Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #9 le: 21 Mars 2010 à 18:10:17 »
Citer
Je suis le seul garçon dont les pieds ont foulé la falaise, Esméralda, qui écrive des lettres pour une vivante.
J'aime beaucoup cette phrase-là. :)

La tonalité du texte est vraiment très réussie, c'est mélancolique et doux sans sombrer dans le mélodrame, on ressent bien les émotions parfois contradictoires du narrateur. J'ai longtemps voulu que ce texte soit de Fubuki voire de Zéphyr, je sais pas trop pourquoi.  ::)

Très réussi en tout cas !  :D
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Verasoie

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Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #10 le: 21 Mars 2010 à 19:43:43 »
Citer
Lol, "abruti de chaleur" c'est pas très français... de plus je vois mal un "soleil abruti".  Mr Green

Sûr ? On peut pourtant dire "abruti de fatigue", enfin quand on est assommé par la fatigue etc...

Citer
Sans le "y" on comprend parfaitement.

Tu as raison, et ce sera moins lourd

Merci à vous deux !

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Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #11 le: 22 Mars 2010 à 10:08:21 »
En fait, c'est bête, mais tout le long du texte, je m'imaginais plutôt un genre de bute, perdue en plein milieu de la campagne. Et allez savoir pourquoi, j'y avais mis un genre de temple grec en ruine. Pourtant, une falaise, c'est toujours au bord de la mer  ><


Et le vieux, je l'imagine comme Méléhagan. C'est pas logique, je sais, mais c'est comme ça.


Sinon, il y a quelques longueurs mais c'est pas mal. L'ambiance est bien posée, ça se lit facilement.
It will reveal its meaning when it lives in victory...

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Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #12 le: 11 Octobre 2010 à 15:02:43 »
Oh, je ne me souvenais pas qu'il y avait de si belles phrases dans ce texte, c'était plaisir à redécouvrir.
Mais je ne suis pas trop convaincue par l'histoire.
D'ailleurs je me demande si le vieux et le narrateur ne sont pas la même personne. Celui qui attend puis s'en va, en détruisant ce qui le rattache. Ou alors c'était évident depuis le début et je viens seulement de percuter le lien.
Mais il y a de très chouettes morceaux de phrase, très poétiques.

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Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #13 le: 25 Octobre 2010 à 14:05:35 »
Citer
Lol, "abruti de chaleur" c'est pas très français... de plus je vois mal un "soleil abruti".  Mr Green

Sûr ? On peut pourtant dire "abruti de fatigue", enfin quand on est assommé par la fatigue etc...
Si, on peut le dire, enfin moi je le dis en tout cas.


Mon avis rejoint la plupart des autres : c'est bien écrit, y'a de belles phrases, mais l'histoire me laisse dubitative. La fin ne m'a pas apporté grand chose. Dommage !

(ceci était le commentaire inutile du jour)
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Re : [Blind Test] La falaise
« Réponse #14 le: 28 Octobre 2010 à 15:14:59 »
euh, ben je plussoie, et voilà...

(y compris pour abruti de chaleur, ça se dit parfaitement)
Of course it is happening inside your head, but why on earth should that mean that it is not real ?
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