Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

05 Mai 2026 à 06:38:29
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Recueil II] C'était plein de baies brillantes

Auteur Sujet: [Recueil II] C'était plein de baies brillantes  (Lu 6183 fois)

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
[Recueil II] C'était plein de baies brillantes
« le: 18 Mars 2010 à 00:30:10 »


Help ! besoin d'un titre ! besoin d'avis ! texte à envoyer au plus tard le jeudi 25, dans 8 jours.

Voilà, l'essentiel est dit :-¬?

Désolé de ce coup de forces, et c'est pas bien grave si vous ne venez pas tel un essaim d'abeilles à la vue d'un... bon enfin bon bon voilà.

M'suis inscrit comme ça à l'AT ("concours") "Des mots pour voir", et lundi dernier ils m'ont envoyé un mail genre "il vous reste dix jours". Soit xD Du coup ça m'a relancé.

Les contraintes : écrire un texte de 750 mots maximum (il en fait 748 :mrgreen:) à partir d'une des nombreuses photos mises en ligne, toutes assez glauques il faut bien l'avouer, et insérer dans le texte la phrase de légende de ladite photo. Il faut se référer à l'acte photographique, càd que la photo ne doit pas seulement être une source d'inspiration : il faut que dans le texte la photo sur laquelle on s'est fondé soit présente.

Du coup, j'ai parfois pris des expressions et une façon de raconter propres à un texte que j'ai commencé y a quelque temps et qui n'est pas encore fini. Je pense pas que ce soit très similaire à ce que je fais d'habitude. Voilà BON je vais pas épiloguer des heures;

La photo est ici (regardez-la peut-être après ? comme vous voulez).



En fait, Version finale ici.

*





Je suis allé au fond des bois. Je suis allé au fond des bois et j’ai trouvé de grands buissons fourrés de baies brillantes. J’en suis reparti avec le contour de la bouche tout taché. C’était l’été et le soleil parsemait la forêt de larges taches de lumière, il n’y avait pas de vent. Le lendemain j’ai voulu retourner dans le petit bois et le père me l’a défendu. Le père m’a dit : « N’y va pas. » Je suis resté dans ma chambre. Le soir, alors que la soupe était épicée et me brulait la langue, le père m’a dit : « Une fille est morte là-bas. » J’ai gardé la tête penchée sur mon bol fumant, ça ne me faisait rien, je ne la connaissais pas. « Est-ce qu’on la connaissait ? » Le père finissait déjà son bol et c’était à entendre un bruit de bouche de vieillard. « Non, nous ne connaissons personne. »
J’ai du mal à me rappeler des choses. C’est pour ça qu’on est venus s’installer dans la campagne, le père et moi. Pour m’aider à porter attention à des beautés simples. J’avais oublié. Après le repas, il m’a montré une photo, les angles étaient cornés mais elle semblait récente. « C’est la fille ? » Il m’a regardé bizarrement, normalement je ne parlais pas. Il m’a tendu le journal. Il y avait la même photo. Je n'ai pas compris. « Une jeune paysanne a été retrouvée noyée dans un ruisseau du Lys. Elle portait cinq bagues de diamants aux quatre doigts de la main gauche. » C’était écrit. Ça ne voulait rien dire.

J’étais seul le lendemain ; l’autre était à des lieues, ayant ses affaires. Je suis retourné dans les bois. Le gravillon blessait mes pieds, j’avais oublié d’enfiler mes chaussures en partant, finalement j’ai quitté le sentier. Une ombre errait à travers les sous-bois. C’était elle, ou un chasseur, ou un chevreuil, je me disais. Il fallait que je voie.

Elle est là, allongée sur la petite grève, le soleil tombe sur sa robe. Endormie dans une position étrange, elle aura des douleurs en se réveillant. L’eau claire distrait ses cheveux noirs. Nénufar. Née nue, fard. Nénufar dans ses cheveux. Nénufar de cheveux. Face contre terre. La main plaquée contre la vase, la main qui brille comme un astre. Une échancrure dans sa robe légère. J’en ai envie. Elle est belle. Elle ne montre pas son visage et peut-être bien qu’elle n’en a pas, que collé à la vase il n’y a qu’une béance effrayante. Son petit pied tendu vers moi. Pressant ?

Ce n’était que la photo. Devant moi le lit du ruisselet était vide, elle n’y dormait plus. J’ai cherché un éclat dans la vase. Ils avaient pris les bagues aussi. Elle les avait aux doigts. Toutes à la même main.

Viens manger dans ma main
Du raisin de l’herbu du rubis
Viens songer dans la main du Malin.


Elle n’avait qu’à choisir la droite. Elle est morte maintenant. Et j’ai toujours envie. J’aimerais la retrouver.

« Tu sais, c’est moi qui l’ai tuée. » Le potage était salement tiède. Avec un gout de fonds d’artichaut. « C’est parce que je ne suis pas normal ? » Encore une fois il m’a jeté un regard de travers, c’est vrai que je ne parlais pas tant, avant. C’est comme ça. C’est la fille et ce pied tout découvert, je ne m’en sors pas. « C’est pour ça, la photo. » Comme ce n’est pas une question, ça le rassure, le père, et sa moustache cesse de trembler.

Mais pourquoi les bagues. Dans la nuit j’ai demandé au père, il était dans son lit et devait dormir, il m’a insulté, je me suis recouché, gardant l’œil ouvert, c’était entendu pour la fille, il l’avait tuée pour ne pas qu’elle raconte ce que je lui avais fait – mais elle avait semblé d’accord au début, et ça m’avait perdu de la voir d’un coup effrayée comme ça –, mais je ne comprenais pas les bagues. Finalement je revins par détours au fond des bois et je me dis qu’ils s’étaient trompé, ce n’étaient pas des bagues, ce n’étaient que des baies, de grosses baies charnues et sucrées qu’elle avait cueillies pour moi. C’était étrange qu’elle ait fini dans ce ruisseau, perdant son jus son jus de sang, tandis que les petites boules restaient intactes. Ou elle les avait écrasées, il faudrait demander au père, écrasées dans sa petite main du diable.
« Modifié: 07 Mars 2011 à 14:20:14 par Loredan »
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Verasoie

  • Invité
Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #1 le: 18 Mars 2010 à 02:25:32 »
Citer
’en suis reparti avec le contour de la bouche tout taché.

Il est tout marmosé d'brimbelles !

... oui c'est bon m'sieur, j'me tais et je lis.

Citer
Le père finissait déjà son bol et c’était à entendre un bruit de bouche de vieillard.

Cette phrase n'a pas un souci ? Genre une virgule qui manque après entendre ?

Citer
Ca ne voulait rien dire.

Ça




Ben c'est court (c'est relou de juger un texte court...). Enfin j'aime. Tout condensé comme ça ça nous force à ne voir que tu point de vue du narrateur, un peu spécial, et c'est ce qui donne quelque chose de plus au texte je trouve. Y'a ça, et le côté très poétique du texte, pas du poétique comme tu fais d'habitude je trouve, là tu as un style vraiment plus simple, dépouillé, et dire de façon toute simple des phrases comme "C’était l’été et le soleil parsemait la forêt de larges taches de lumière", ou le passage que j'aime vraiment beaucoup :

Citer
Elle est là, allongée sur la petite grève, le soleil tombe sur sa robe. Endormie dans une position étrange, elle aura des douleurs en se réveillant. L’eau claire distrait ses cheveux noirs. Nénufar. Née nue, fard. Nénufar dans ses cheveux. Nénufar de cheveux. Face contre terre. La main plaquée contre la vase, la main qui brille comme un astre. Une échancrure dans sa robe légère. J’en ai envie. Elle est belle. Elle ne montre pas son visage et peut-être bien qu’elle n’en a pas, que collé à la vase il n’y a qu’une béance effrayante. Son petit pied tendu vers moi. Pressant ?

A encore plus d'impact.


Hors ligne Krapoutchniek

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 939
  • Génération de l'univers en cours, patientez svp...
Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #2 le: 18 Mars 2010 à 09:42:59 »
Nénufar. Née nue, fard.


Joli, ça. Ils vont apprécier :p



Face contre terre.



Calogéro ?  :noange:



Avec un gout de fonds d’artichaut.


fond



Ton narrateur me fait un peu penser à Lourd, je ne sais pas si c'est voulu.

Sinon pour le titre, éventuellement "La fille aux cinq bagues" ou "Les baies de la passion". Passion pour la fille. Puis, c'est un fruit aussi (et ça peut faire penser à "Les raisins de la colère" de Steinbeck, et ton personnage me faut aussi penser à l'abruti dans "Des souris et des hommes", aussi de Steinbeck).


Par contre, il y a l'un ou l'autre truc confus. Notamment cette histoire de pied.


V'là  :D
It will reveal its meaning when it lives in victory...

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #3 le: 18 Mars 2010 à 11:46:25 »
Citer
le père m’a défendu
on défend de faire quelque chose, sinon ça veut dire qu'il a pris sa défense. C'est peut-être pour faire un peu "dialecte", mais bon, ça reste pas très correct. (me l'a défendu)

Citer
me brulait la langue
Faut pas un chapeau sur le u ?

Citer
« Tu sais, c’est moi qui l’ai tuée. »
Je ne sais pas si c'est fait exprès, mais pendant un paragraphe j'ai cru que c'était le narrateur qui avait dit ça, vu qu'on -je ?- pense qu'il l'a tuée depuis le début...

Sinon, moi ça m'a fait penser à Regain de Giono... mais pas pour le thème, lol. Je sais pas, la façon de parler du narrateur... Ou les baies ?
Bref, en tous cas, j'ai trouvé vachement glauque chouette. En peu de mots, l'ambiance, le personnage, le malaise y sont.
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #4 le: 18 Mars 2010 à 15:51:06 »
Citation de: Verasoie
Citer
Le père finissait déjà son bol et c’était à entendre un bruit de bouche de vieillard.

Cette phrase n'a pas un souci ? Genre une virgule qui manque après entendre ?

Heu, peut-être ? du moment que tu me fais pas rajouter trois mots. Tu voudrais dire "c'était, à entendre, un bruit de bouche de vieillard" ?


Citer
Citer
Ca ne voulait rien dire.

Ça
soit.




merci pour le reste !


Citation de: Krap
Citer
Face contre terre.
Calogéro ?  :noange:
xD NON.



Citer
Citer
Avec un gout de fonds d’artichaut.
fond
ben j'étais pas sûr mais j'ai regardé les deux occurrences sur google et je crois que c'est fonds... ?



Citer
Ton narrateur me fait un peu penser à Lourd, je ne sais pas si c'est voulu.
xD peut-être. Aussi pour Des Souris et des hommes. Sais pas trop. Il doit être un peu attardé, mais pas trop.


Citer
Par contre, il y a l'un ou l'autre truc confus. Notamment cette histoire de pied.
haha "cette histoire de pied". Heu ben c'est que j'ai dû m'inspirer de la photo. Et le personnage doit être un peu fétichiste :-¬? y a des choses plus précisément obscures à c'sujet-là ?

merci pour tes remarques o/


Citation de: Mil
Citer
le père m’a défendu
on défend de faire quelque chose, sinon ça veut dire qu'il a pris sa défense. C'est peut-être pour faire un peu "dialecte", mais bon, ça reste pas très correct. (me l'a défendu)
><
tu as raison. Je modifie. MAIS 749 DU COUP HEIN, ATTENTION.


Citer
Citer
me brulait la langue
Faut pas un chapeau sur le u ?
réforme orthographique :mrgreen: comme pour nénufar. Je sais pas si ça peut être considéré comme qqch de pénalisant, de la suivre.


Citer
Citer
« Tu sais, c’est moi qui l’ai tuée. »
Je ne sais pas si c'est fait exprès, mais pendant un paragraphe j'ai cru que c'était le narrateur qui avait dit ça, vu qu'on -je ?- pense qu'il l'a tuée depuis le début...
oui je m'attendais à ce que locuteur/interlocuteur ce soit confus dans ce passage... on comprend, finalement ? que c'est le père qui dit ça, et que les deux répliques suivantes viennent du fils ?


Pas lu Regain. (Pas lu Giono :-¬?)


merci ^^

Et merci à vous trois ! pour votre rapidité en+, c'est cool ! Je vais gagner haut la main, et ce grâce à vous :mrgreen:
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #5 le: 18 Mars 2010 à 16:05:15 »
Le "C'est parce que je suis pas normal", oui, on comprend que ça vient du narrateur. La réplique sur la photo, c'est moins net. Mais on comprend après coup qui a dit quoi au paragraphe suivant.
De même, le passage
Citer
Elle ne montre pas son visage et peut-être bien qu’elle n’en a pas, que collé à la vase il n’y a qu’une béance effrayante. Son petit pied tendu vers moi. Pressant ?

Ce n’était que la photo. Devant moi le lit du ruisselet était vide, elle n’y dormait plus. J’ai cherché un éclat dans la vase. Ils avaient pris les bagues aussi. Elle les avait aux doigts. Toutes à la même main.
on comprend pas sur le coup, mais arrivés à la fin du texte, ça se met en place.

Citer
Pas lu Regain. (Pas lu Giono )
Pas une grosse perte, lol. Je sais pas pourquoi ça m'y a fait penser... juste au passage où le personnage éventre un renard et prend en grand plaisir à faire éclater ses organes internes à mains nues comme des grains de raison, mdr... Je sais vraiment pas pourquoi ton texte m'a fait penser à ça xD (peut-être le fait du personnage un peu bizarre vivant isolé et avec les pulsions elles aussi bizarres... Ou alors avec un mélange de Un Roi sans divertissement, avec la fascination pour une morte... Bref, j'en sais vraiment rien xD)
« Modifié: 18 Mars 2010 à 16:07:50 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #6 le: 18 Mars 2010 à 19:38:51 »
Citer
Je suis allé au fond des bois. Je suis allé au fond des bois et j’ai trouvé de grands buissons fourrés de baies brillantes.
XD, c'est marrant parce que j'ai lu le texte une fois, puis revu la photo et là je me suis dit "ouais mais ça tient pas la route une baie c'est genre rouge et le diamant... "et du coup je cite pour pinailler et je tombe sur "brillantes" et.... et du coup j'ai plu à redire :mrgreen:

Citer
J’en suis reparti avec le contour de la bouche tout taché.
hum, je bloque sur cette phrase, "le contour" ça me semble un peu en trop je trouve, enfin c'est pour dire qu'il s'en est mis partout mais je sais pas... "la bouche toute tachée"  (ou tout peut-être, j'ai jamais compris la règle), enfin niveau sonorités aussi ça fait beaucoup de 'ou" ton truc :mrgreen:

Citer
Le père finissait déjà son bol et c’était à entendre un bruit de bouche de vieillard.
je comprends pas cette phrase, il boit comme un vieux ?

Citer
« Non, nous ne connaissons personne. »
huhu, c'est cool de relire un texte, tout prend son sens :huhu: ou presque

Citer
Endormie dans une position étrange, elle aura des douleurs en se réveillant.
c'est possible au niveau grammatical ? j'ai beau relire, ça me gêne

 
Citer
Nénufar. Née nue, fard.
XD, j'aime

Citer
Nénufar dans ses cheveux. Nénufar de cheveux. Face contre terre. La main plaquée contre la vase, la main qui brille comme un astre. Une échancrure dans sa robe légère. J’en ai envie. Elle est belle. Elle ne montre pas son visage et peut-être bien qu’elle n’en a pas, que collé à la vase il n’y a qu’une béance effrayante. Son petit pied tendu vers moi. Pressant ?
j'aime beaucoup ce passage


Citer
« Tu sais, c’est moi qui l’ai tuée. » Le potage était salement tiède. Avec un gout de fonds d’artichaut. « C’est parce que je ne suis pas normal ? » Encore une fois il m’a jeté un regard de travers, c’est vrai que je ne parlais pas tant, avant. C’est comme ça. C’est la fille et ce pied tout découvert, je ne m’en sors pas. « C’est pour ça, la photo. » Comme ce n’est pas une question, ça le rassure, le père, et sa moustache cesse de trembler.
la première fois j'ai pas compris non plus, je pensais que c'était le gamin qui l'avait tuée
après je comprends pas le "je ne m'en sors pas" ainsi que le "c'est pour ça la photo", tu seras gentil de m'expliquer, je déteste pas saisir quand tout le monde a l'air de comprendre :-¬?

Bien. Si c'est bien intégré l'idée de la photographie et c'est cool de parler d'un enfant, les enfants sont glauques, c'est bien de le faire remarquer. J'ai bien aimé l'écriture aussi, même si parfois c'était un peu bizarre. Et j'aime bien la fin, l'idée et les mots. J'ai bien aimé ^^

"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #7 le: 18 Mars 2010 à 22:21:08 »
En fait j'ai surtout gardé l'idée d'avoir quelque chose dans les mains/aux mains, plutôt que la ressemblance entre les objets...

Citation de: ernya
Citer
J’en suis reparti avec le contour de la bouche tout taché.
hum, je bloque sur cette phrase, "le contour" ça me semble un peu en trop je trouve, enfin c'est pour dire qu'il s'en est mis partout mais je sais pas... "la bouche toute tachée"  (ou tout peut-être, j'ai jamais compris la règle), enfin niveau sonorités aussi ça fait beaucoup de 'ou" ton truc :mrgreen:
en fait je me suis dit que la bouche c'était l'intérieur. J'ai pensé à mettre "les lèvres" mais c'était pas pareil, et "commissures" ça convenait pas j'trouvais.


Citer
Citer
Le père finissait déjà son bol et c’était à entendre un bruit de bouche de vieillard.
je comprends pas cette phrase, il boit comme un vieux ?
euh oui


Citer
Citer
« Non, nous ne connaissons personne. »
huhu, c'est cool de relire un texte, tout prend son sens :huhu: ou presque
ah ? je vois pas du tout ce que cette réplique peut bien dire :mrgreen: j'ai écrit ça comme ça, sans penser à une intrigue, je savais pas que le père l'avait tuée.


Citer
Citer
Endormie dans une position étrange, elle aura des douleurs en se réveillant.
c'est possible au niveau grammatical ? j'ai beau relire, ça me gêne
càd ? avec un point-virgule ça passerait mieux ?


Citer
Citer
« Tu sais, c’est moi qui l’ai tuée. » Le potage était salement tiède. Avec un gout de fonds d’artichaut. « C’est parce que je ne suis pas normal ? » Encore une fois il m’a jeté un regard de travers, c’est vrai que je ne parlais pas tant, avant. C’est comme ça. C’est la fille et ce pied tout découvert, je ne m’en sors pas. « C’est pour ça, la photo. » Comme ce n’est pas une question, ça le rassure, le père, et sa moustache cesse de trembler.
la première fois j'ai pas compris non plus, je pensais que c'était le gamin qui l'avait tuée
après je comprends pas le "je ne m'en sors pas" ainsi que le "c'est pour ça la photo", tu seras gentil de m'expliquer, je déteste pas saisir quand tout le monde a l'air de comprendre :-¬?
dans le sens "je ne m'en sors pas, de cette histoire". Pour "c'est pour ça, la photo", c'est explicité dans la V2.


voilà, merci pour le reste ! c'est marrant, vous avez l'air d'aimer les passages que j'aime bien, d'habitude c'est moins synchronisé.


***


Bon j'ai pas encore eu toutes vos précisions sur certains trucs mais j'y reviendrai, en attendant je poste la V2. Il y a une V2 parce que j'ai relu le règlement et c'est stipulé qu'il faut faire allusion au moment où est prise la photo. Donc j'ai dû ajouter un truc, et ensuite rééquilibrer le texte parce qu'il avait 50 mots de trop...
Du coup les suppressions j'peux pas les mettre en gras. J'mets des "]["




V2





Je suis allé au fond des bois. Je suis allé au fond des bois et j’ai trouvé de grands buissons fourrés de baies brillantes. J’en suis reparti avec le contour de la bouche tout taché. C’était l’été et le soleil parsemait la forêt de larges taches de lumière, il n’y avait pas de vent. Le lendemain j’ai voulu retourner dans le petit bois et le père me l’a défendu. Le père m’a dit : « N’y va pas. » Je suis resté dans ma chambre. Le soir, alors que la soupe était épicée et me brulait la langue, le père m’a dit : « Une fille est morte là-bas. » J’ai gardé la tête penchée sur mon bol fumant, ça ne me faisait rien, je ne la connaissais][ pas. « Est-ce qu’on la connaissait ? » Le père finissait déjà son bol et c’était à entendre un bruit de bouche de vieillard. « ][ Nous ne connaissons personne. » J’ai du mal à me rappeler des choses. C’est pour ça qu’on est venus s’installer dans la campagne, le père et moi. Pour m’aider à porter attention aux beautés simples. ][ Après le repas, il m’a montré une photo, les angles étaient cornés mais elle semblait récente. « C’est la fille ? » Il m’a regardé bizarrement, normalement je ne parlais pas. Il m’a tendu le journal. Il y avait la même photo. Je ne comprenais pas. « Une jeune paysanne a été retrouvée noyée dans un ruisseau du Lys. Elle portait cinq bagues de diamants aux quatre doigts de la main gauche. » C’était écrit. Ça ne voulait rien dire.

J’étais seul le lendemain ; je suis retourné dans les bois. ][ Une ombre errait à travers les arbres. C’était elle, ou un chasseur, ou un chevreuil, je me disais. Il fallait que je voie.

Elle est là, allongée sur la petite grève, le soleil tombe sur sa robe. Endormie dans une position étrange, elle aura des douleurs en se réveillant. L’eau claire distrait ses cheveux noirs. Nénufar. Née nue, fard. Nénufar dans ses cheveux. Nénufar de cheveux. Face contre terre. La main plaquée contre la vase, la main qui brille comme un astre. Une échancrure dans sa robe légère. J’en ai envie. Elle est belle. Elle ne montre pas son visage et peut-être bien qu’elle n’en a pas, que collé à la vase il n’y a qu’une béance effrayante. Son petit pied tendu vers moi. Pressant ?

Ce n’était que la photo. Devant moi le lit du ruisselet était vide, elle n’y dormait plus. J’ai cherché un éclat dans la vase. Ils avaient pris les bagues aussi. Qu’elle avait aux doigts. Toutes à la même main.

Viens manger dans ma main
Du raisin de l’herbu du rubis
Viens songer dans la main du Malin.


Elle n’avait qu’à choisir la droite. ][ Morte maintenant et j’ai toujours envie. J’aimerais la retrouver.

« Tu sais, c’est moi qui l’ai tuée. » Le potage était salement tiède. Avec un gout de fonds d’artichaut. « C’est parce que je ne suis pas normal ? » Encore une fois il m’a jeté un regard de travers. C’est comme ça. C’est la fille et ce pied tout découvert, je ne m’en sors pas alors je parle. « C’est pour ça, la photo. » Comme ce n’est pas une question, ça le rassure, le père, et sa moustache cesse de trembler, il maugrée : « Je te l’ai prise pour que tu gardes un souvenir. C’est bon pour toi. » J’ai voulu savoir comment il s’y était pris, la main agrippée à son cou puis à l’appareil, ce qu’il avait pensé en cadrant la fraiche morte.

Mais ][ les bagues. Dans la nuit j’ai demandé au père, il était dans son lit et devait dormir, il m’a insulté, je me suis recouché, gardant l’œil ouvert, il l’avait tuée pour ne pas qu’elle raconte ce que je lui avais fait – mais elle avait semblé d’accord au début, et ça m’avait perdu de la voir d’un coup effrayée comme ça –, mais les bagues ? Finalement je revins par détours au fond des bois et je me dis qu’ils s’étaient trompé, ce n’étaient pas des bagues, ce n’étaient que des baies, de grosses baies charnues et sucrées qu’elle avait cueillies pour moi. C’était étrange qu’elle ait fini dans ce ruisseau, perdant son jus son jus de sang, tandis que les petites boules restaient intactes. Ou elle les avait écrasées, il faudrait demander au père, écrasées dans sa petite main du diable.
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : Re : Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #8 le: 18 Mars 2010 à 22:51:53 »
Citer
« ][ Nous ne connaissons personne. » J’ai du mal à me rappeler des choses.
la transition entre ces deux phrases me laisse perplexe
en fait "des choses" c'est moche, je trouve

Citer
Elle n’avait qu’à choisir la droite. ][ Morte maintenant et j’ai toujours envie.
idem, la transition bof bof, je trouve

sinon les phrases à la syntaxe étrange "endormi..." et "la bouche de vieillard" me gênent encore mais bon

sinon c'est plus clair comme ça !
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Verasoie

  • Invité
Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #9 le: 18 Mars 2010 à 22:58:12 »
Pour la phrase "Endormie" la première fois je l'avais lue avec un point-virgule. Enfin ça me semblait plus logique comme ça.

J'aime bien la deuxième version, et on comprend mieux que c'est le père qui l'a tuée. Enfin le coup du "je t'ai gardé un souvenir" rend le tout encore plus bizarre xD, mais c'est bien, comme ça ^ ^

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #10 le: 18 Mars 2010 à 23:50:12 »

J'vais voir, pour la 2ème phrase-à-la-syntaxe-étrange, mais il faut que je m'arrange avec ces 750 mots, grmbl.


Par contre, questions :

Citer
collé à la vase il n’y a qu’une béance effrayante

Citer
je me dis qu’ils s’étaient trompé

collé ou collée ?
trompé ou trompés ?

dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #11 le: 19 Mars 2010 à 00:10:17 »
je dirais collé parce que pour moi c'est le visage

et trompés, si j'en crois la règle mais bon....
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #12 le: 20 Mars 2010 à 15:36:25 »
[Relu et gargouillant de bonheur à publier]


Ah ? parce que dans la phrase "collé" est relié à "béance", je me suis dit. Bon je sais pas alors.


Voilà, je vous donne ce qui est probablement la version finale, j'ai remis "Elle est morte maintenant" au lieu de "Morte maintenant" parce que la transition était en effet un peu bizarre, et à cause du nombre de mots j'ai enlevé, après "le père me l'a défendu" : "Le père m’a dit : « N’y va pas. »" Ca n'apportait pas grand-chose.
745 mots du coup. Il reste juste l'indécision sur "collé". J'ai remis les circonflexes parce que je me suis dit qu'ils liraient peut-être "brulait" ou "fraiche" comme une faute :huhu: Pour "nénufar" je n'ai rien pu faire, je préfère vraiment comme ça. Et ça va mieux avec le jeu de mots sur "fard".

(je la mets là au cas où certains n'auraient pas encore lu les versions d'avant et voudraient lire le texte. Mais rien ne change par rapport à la V2 hein, à part les minuscules détails évoqués ci-dessus)



(MAIS J'AI PAS DE TITRE)

*




Je suis allé au fond des bois. Je suis allé au fond des bois et j’ai trouvé de grands buissons fourrés de baies brillantes. J’en suis reparti avec le contour de la bouche tout poisseux. C’était l’été et le soleil parsemait la forêt de larges taches de lumière, il n’y avait pas de vent. Le lendemain j’ai voulu retourner dans le petit bois et le père me l’a défendu. Je suis resté dans ma chambre. Le soir, alors que la soupe était épicée et me brulait la langue, le père m’a dit : « Une fille est morte là-bas. » J’ai gardé la tête penchée sur mon bol fumant, ça ne me faisait rien, je ne la connaissais pas. « Est-ce qu’on la connaissait ? » Le père finissait déjà son bol et c’était, à entendre, un bruit de bouche de vieillard. « Nous ne connaissons personne. » J’avais oublié. J’ai du mal à me rappeler des choses. C’est pour ça qu’on est venu s’installer dans la campagne, le père et moi. Pour m’aider à porter attention aux beautés simples. Après le repas, il m’a montré une photo, les angles étaient cornés mais elle semblait récente. « C’est la fille ? » Il m’a regardé bizarrement, normalement je ne parlais pas. Il m’a tendu le journal. Il y avait la même photo. Je ne comprenais pas. « Une jeune paysanne a été retrouvée noyée dans un ruisseau du Lys. Elle portait cinq bagues de diamants aux quatre doigts de la main gauche. » C’était écrit. Ça ne voulait rien dire.

J’étais seul le lendemain ; je suis retourné dans les bois. Une ombre errait à travers les arbres. C’était elle, ou un chasseur, ou un chevreuil, je me disais. Il fallait que je voie.

Elle est là, allongée sur la petite grève, le soleil tombe sur sa robe. Endormie dans une position étrange, elle aura des douleurs en se réveillant. L’eau claire distrait ses cheveux noirs. Nénufar. Née nue, fard. Nénufar dans ses cheveux. Nénufar de cheveux. Face contre terre. La main plaquée contre la vase, la main qui brille comme un astre. Une échancrure dans sa robe légère. J’en ai envie. Elle est belle. Elle ne montre pas son visage et peut-être bien qu’elle n’en a pas, que collée à la vase il n’y a qu’une béance effrayante. Son petit pied tendu vers moi. Pressant ?

Ce n’était que la photo. Devant moi le lit du ruisselet était vide, elle n’y dormait plus. J’ai cherché un éclat dans la vase. Ils avaient pris les bagues aussi. Qu’elle avait aux doigts. Toutes à la même main.

Viens manger dans ma main
Du raisin de l’herbu du rubis
Viens songer dans la main du Malin.


Elle n’avait qu’à choisir la droite. Elle est morte maintenant et j’ai toujours envie. J’aimerais la retrouver.

« Tu sais, c’est moi qui l’ai tuée. » Le potage était salement tiède. Avec un gout de fonds d’artichaut. « C’est parce que je ne suis pas normal ? » Encore une fois il m’a jeté un regard de travers. C’est comme ça. C’est la fille et ce pied tout découvert, je ne m’en sors pas alors je parle. « C’est pour ça, la photo. » Comme ce n’est pas une question, ça le rassure, le père, et sa moustache cesse de trembler, il maugrée : « Je te l’ai prise pour que tu gardes un souvenir. C’est bon pour toi. » J’ai voulu savoir comment il s’y était pris, la main agrippée à son cou puis à l’appareil, ce qu’il avait pensé en cadrant la fraiche morte.

Dans la nuit j’ai demandé au père « pourquoi les bagues », il était dans son lit et devait dormir, il m’a insulté, je me suis recouché, gardant l’œil ouvert ; il l’avait tuée pour ne pas qu’elle raconte ce que je lui avais fait – mais elle avait semblé d’accord au début, et ça m’avait perdu de la voir d’un coup effrayée comme ça –, mais il restait cette histoire de bagues. Finalement je revins par détours au fond des bois et je me dis qu’ils s’étaient trompés, ce n’étaient pas des bagues, ce n’étaient que des baies, de grosses baies charnues et sucrées qu’elle avait cueillies pour moi. C’était étrange qu’elle ait fini dans ce ruisseau, perdant son jus son jus de sang, tandis que les petites boules restaient intactes. Ou elle les avait écrasées, il faudrait demander au père, écrasées dans sa petite main du diable.

« Modifié: 07 Mars 2011 à 14:20:37 par Loredan »
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne shi

  • Tabellion
  • Messages: 58
Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #13 le: 21 Mars 2010 à 02:34:34 »
(La fille aux bagues de baies?)

Texte court, j'ai du mal à juger les textes courts (qui a dit c'est l'hôpital qui se fout de la charité?) et celui là m'évoque la même chose que les autres mais dans un contexte différent: frustration.
En fait la compréhension du texte (rendue plutôt complexe par la narration) serait un peu facilitée si on en savait plus sur les deux personnages. Pas la biographie intégrale non plus mais le manque de détails un peu plus concrets se répercutent sur le reste du texte et finit par presque l'occulter. Niveau adéquation par contre il est bon.
Seigneur Baal, aka Seigneur Baal pour les intimes et je vous déconseille fortement d'essayer de me trouver un surnom.
Prince démon de la destruction et accessoirement bras droit du porteur de lumière (the Man Himself).

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 798
    • au bord du littéral
Re : [AT Des mots pour voir]
« Réponse #14 le: 21 Mars 2010 à 09:44:25 »
On sent le Soldat chamane transpirer à travers ton texte  :D Que j'ai beaucoup aimé par ailleurs (je n'ai lu que la dernière version et regardé la photo après : cool !!), j'ai rien à redire, il est aussi froid et bizarre que le sujet et les couleurs de la photo. Congrats ! Tiens-nous au courant des résultats  :mrgreen:

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.018 secondes avec 15 requêtes.