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Auteur Sujet: Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)  (Lu 9114 fois)

Hors ligne Milora

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Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« le: 10 Mars 2010 à 17:15:23 »
Attention, bizarrerie en vue.


Le Déchronologue, de Stéphane Beauverger.

Pourquoi bizarrerie ? D'abord parce que c'est l'effet que produisent les premières pages : "Ouh là, je vais pas tenir un chapitre, moi, avec ce style surchargé et alambiqué".
Total : après deux chapitres on se demande ce qu'on y trouvait d'étrange.

Bizarrerie aussi pour son histoire, assez originale.
Bizarrerie enfin et surtout, parce que... ce n'est pas raconté dans l'ordre. Les chapitres sont dans le parfait désordre chronologique. Et pourtant - c'est là qu'est le génie de l'auteur - on n'est jamais perdus, il n'y a jamais de redite et, cerise sur le gâteau, bien qu'en fin de compte on connaisse la fin dès le premier chapitre, on vogue de surprise en surprise, l'histoire prend des tours insoupçonnés, et chaque chapitre apporte quelque chose de nouveau. Je ne sais pas si ça a déjà été fait avant, mais j'étais assez épatée. L'histoire se construit non plus de façon linéaire comme dans un roman classique, mais se met en place comme un puzzle dans la tête du lecteur. Ce qui est franchement génial, en plus, c'est que cette forme colle parfaitement au fond, puisqu'il est question de dérèglements temporels et d'époques qui se mélangent...

Mais justement, c'est quoi l'histoire ? (cherchez pas, je sors du Capes, je suis conditionnée pour bidouiller des transitions).
En raison de ce découpage assez inhabituel, c'est très difficile de résumer sans rien révéler de crucial - et d'ailleurs, c'est très difficile de résumer l'histoire avant les derniers chapitres.
Ce livre parle de pirates. Au XVIIe siècle dans la mer des Caraïbes, Henri Villon est capitaine de flibuste d'un vaisseau qui tire du temps (oui oui, du temps). Tout y est : complots, soleil, surnoms exotiques, dents carriées, rhum -ou plutôt tafia- vocabulaire pointu de la navigation de l'époque (merci à mes cours d'histoire, sinon j'aurais été larguée), etc., etc. ... Mais voilà que dans cette ambiance des plus pittoresques, d'étranges objets, des maravillas ou merveilles, apparaissent sur le marché. Etranges, car venues du futur : et voici nos tavernes mal famées éclairées à l'électricité, nos pirates écoutant de la musique folk en se préparant à l'abordage, et nos navires d'interlope aux cales remplies de boîtes de conserve. Mais tout est loin d'être rose. Des déchirures dans l'espace temps font apparaître des navires fantômes et detructeurs, des ports sont ravagés, un peuple étrange, les Targui, semble mêlé à tout ceci...
J'en ai déjà trop dit.

En gros, j'ai trouvé le livre assez génial, au sens où tout du long je me disais : "wow, il est fort cet auteur !". L'histoire est très bien menée et originale.  
Certes, par rapport à mes goûts personnels : c'est glauque. L'auteur n'a rien à envier à Robin Hobb pour ce qui est de faire souffrir son héros. Et si vous aimez les plaies purulentes et les cachots sordides, vous serez servis. (Personnellement, le premier chapitre sur Carthagène des Indes m'est resté un moment sur l'estomac, de même que la mort de Pakal. Ensuite, je suppose que j'étais devenue immunisée xD). Mais vu les goûts de certains d'entre vous, ça devrait vous plaire. (Lo, Vera, ne vous sentez surtout pas visés :mrgreen: )

Par contre, sur la forme, je ne félicite vraiment pas les éditions La Volte ><. Le roman est truffé de fautes de frappe, d'orthographe, voire de mots qui visiblement n'ont rien à faire l'un à côté de l'autre parce qu'on a oublié d'en effacer un des deux (au moins ça permet de voir entre quels adjectifs a hésité l'auteur, certes xD)

Donc voilà, en gros : une perle rare super bien menée et originale, a fortiori si on aime ce qui est sombre, mais même sans ça on peut beaucoup apprécier (la preuve : j'ai aimé). Vraiment, je vous le conseille.

Comme je viens de le finir, je ne résiste pas à l'envie de parler plus en détail du fond, mais je le mets en spoiler (ne surlignez pas si vous comptez lire) :
La fin m'a laissée un peu frustrée. Ou j'ai pas saisi la subtilité de la chose, ou j'ai trouvé que pas mal de trucs restaient un peu trop en suspens à mon goût.
Déjà, le dernier chapitre à Basse-Terre se traîîîne... Les dialogues avec Sévère sont toujours frustrants, de toute façon : dites-moi !/ Non / S'il vous plait ! / Non / Bon d'accord... Vous voulez vraiment pas me dire ? / Non/ Bon, d'accord... Et puis j'ai trouvé la destruction du Déchronologue un peu trop classique (genre : je fais de la SF donc je fais une grosse bataille finale) et mélodramatique (Sévère qui se meurt, tout ça...). En plus, j'aurais bien voulu savoir qui sont les Targui plus précisément, et qui étaient ceux de kuluj awa'k (ou un truc comme ça). Quant à l'épilogue, ça fait radicalement trop happy end vu le ton du livre. Genre : "ouais, mon héros était un dépressif fini, mais la vie est belle ! Regardez, le monde a été détruit à 90%, mais tout baigne ! D'ailleurs Villon était mon grand ami, même si je l'ai torturé pendant des mois avec un plaisir sadique...". (Ceci dit, j'avais pas vu venir que le Baptiste était l'homme de Carthagène).
Y a quelques trucs que je n'ai pas compris : pourquoi Villon a survécu, au Yucatan ? (ça me semble pas très crédible, je pensais qu'il y aurait une explication, genre que c'était dû à l'action de Sévère...). Et les derniers mots de Sévère, ça veut dire quoi : que tout ça est une sorte de réalité alternative ? Mais elle continue d'exister, même après la fin du Déchronologue ! Tout ne rentre pas dans l'ordre... Et d'ailleurs, pourquoi les ouragans temporels s'arrêtent-ils avec la destruction du George Washington ? (Sans compter que, franchement, au lieu de faire exploser la bombe contre la coque, ils auraient juste eu à attendre que les Américains l'aient chargée à bord, et y aurait pas eu tant de morts, lol.)
Bon, ça c'est pour le négatif. Sinon, j'ai trouvé le reste vraiment génial. Les armes du Déchronologue, avec ce principe de la fusion des espaces-temps. Le fait que le navire fantôme soit un paquebot américain qui - somme toute - a une attitude typiquement américaine xD. Le fait qu'on soit vraiment plongés dans l'époque, que tout colle à l'ambiance sans faire artificiel ni carricatural. Que Villon soit bien campé. Qu'on s'y sente. Et puis, cette sensation constante de "ouais, bon, là je vois où il va nous mener : c'est le morceau d'histoire entre A et C. Ah non, tiens ! Je savais pas qu'il s'était passé ça !".
A part ça, j'ai eu un peu de mal à m'attacher aux personnages - mais c'est parce que tout est glauque. Le héros est très bien campé. Il est très humain, il a des réactions humaines, des qualités et des défauts. Je l'ai comparé à Fitz pour ses souffrances, mais lui il a quand même plus de trempe xD. Ceci dit, il est aussi d'un pessimisme désarmant. Et les autres personnages sont aussi mystérieux, mais pas très... "sympas". Sauf peut-être Gobe-la-Mouche et Brieuc, mais bon, ils apparaissent peu.

Enfin bref, voilà. C'est cool :).


Pour conclure, parlons le Villon :
Mort de moi, lisez, mes gorets !
« Modifié: 10 Mars 2010 à 17:17:31 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Milora

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #1 le: 12 Mai 2010 à 15:03:54 »
Tiens, j'ai trouvé une interview de l'auteur sur Elbakin, à propos de ce livre.
Ça me rassure assez, parce qu'en parcourant le net, j'avais trouvé des commentaires un peu bizarres sur le livre (du genre dire que les chapitres dans le désordre chronologique n'étaient qu'un artifice rajouté après coup,...), alors que l'auteur a l'air d'aller dans le sens de ma lecture.
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Marygold

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #2 le: 13 Mai 2010 à 00:02:21 »
ça a l'air chouette ! J'ai résisté au spoiler qui me tend les bras, alors j'espère que je vais le trouver un librarie (une fois mes partiels finis) ^^

La Volte, ce n'est pas l'éditeur de  La Horde de Contrevent aussi ?
Oh yeah ! 8)

Hors ligne Milora

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #3 le: 09 Juin 2010 à 08:29:03 »
Si si, c'est l'éditeur de Le Horde (que je n'ai pas lue d'ailleurs, honte à moi ^^)
Visiblement, ils aiment bien les auteurs un peu bizarres !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Verasoie

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #4 le: 27 Juin 2010 à 11:13:46 »
Ai finiiiiiii le déchronolooooogue.

Je donne mon impression a chaud et ensuite je lis ce que tu as dit :D

- le registre est ouf. xD C'est pas tant la déchronologie qui m'a marquée, mais cet espèce d'amalgame bizarre et non conventionnel entre la SF, la Fantasy et les pirates. C'est trop osé ! Ca aurait pu donner un gros navet et c'en est pas un du tout. Ca m'a un peu fait penser a Zelazny de ce coté, mais en mieux écrit ^ ^

- du coup la déchronologie m'a pas transcendée (je la trouve pas tellement novatrice) mais elle est super bien menée (quoique je jetais de fréquents coups d'oeil a la table des matieres pour m'y retrouver) et garde le suspense ou il faut et quand il faut. Et elle est tellement bien justifiée que je dirais qu'elle est presque nécessaire. x)

- je ne l'aurais jamais cru si on me l'avait dit au milieu du livre. Mais le dernier chapitre (avant l'épilogue) m'a trop fait pleurer OO.

Citer
Mais vu les goûts de certains d'entre vous, ça devrait vous plaire. (Lo, Vera, ne vous sentez surtout pas visés Mr Green )

J'avoue, Carthagène, c'était dur. xD Il en fait des tonnes mais c'est tellement bien raconté que c'est pardonnable. ^ ^

"Et les derniers mots de Sévère, ça veut dire quoi : que tout ça est une sorte de réalité alternative ? "

Pour moi ca faisait référence au coup des mondes parallèles, enfin que leur réalité n'en était qu'une parmi d'autres. C'est vrai qu'il passe rapidement dessus xD Mais comme c'est pas non plus le ton du roman, je l'ai pris comme un clin d'oeil aux autres oeuvres de SF/Fantasy...

" Je l'ai comparé à Fitz pour ses souffrances, mais lui il a quand même plus de trempe xD. "

Je ressens plus d'affection pour Fitz, alors on arrete de dénigrer Fitz. xD Non mais je suis d'accord : Villon a de la trempe. Le refrain "toujours debout" m'a touchée meme si c'est classique. ^ ^
Par contre comme toi, je n'ai pas trop accroché aux personnages. Pourtant le glauque ne me gene pas. Mais a part le Baptiste et Fèfè de Dieppe, bof... La Crevette parce que c'est un mousse, le pauvre ><. Meme Brieuc, malgré l'affection de Villon pour lui, je le calculais a peine xD. C'est ce que je reprocherais au livre (et pour ca que j'aurais pas pensé etre autant touchée par la fin).


Mais c'est tout. Le reste, j'ai beaucoup aimé. Merci de me l'avoir fait découvrir : D

Hors ligne Milora

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #5 le: 27 Juin 2010 à 20:14:33 »
Cool, contente que tu aies aimé !
 
Ouais, pour les derniers mots de Sévère, ça doit être ça. Mais j'ai trouvé que ça faisait un peu explication facile...

Citer
espèce d'amalgame bizarre et non conventionnel entre la SF, la Fantasy et les pirates. C'est trop osé ! Ca aurait pu donner un gros navet et c'en est pas un du tout. Ca m'a un peu fait penser a Zelazny de ce coté, mais en mieux écrit ^ ^
Oui, je suis d'accord ! Tout du long, on se dit : nooon, il a osé ? (il a osé mettre des pirates écoutants de la musique folk dans des walkman, et pas du tout sur un ton humoristique. Il a osé faire des Américains les méchants et dire tout haut ce trait de caractère typique des Américains. Etc.)

L'avant-dernier chapitre, par contre, m'a pas tellement touchée ! En fait, je l'ai trouvé un peu moins original que le reste : grosso modo, ce n'est qu'une bataille finale de toutes les forces des "gentils" contre le big boss... Mais c'était bien trouvé, et c'était une belle fin pour le Déchronologue (le bateau). J'ai bien aimé aussi le retournement final du chef des artilleurs (j'ai oublié son nom).


Contente que tu aies aimé ! (je me sens moins seule que quand j'essaye de faire partager Star Trek Voyager, mdr)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Verasoie

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #6 le: 27 Juin 2010 à 20:58:09 »
Le chef des artilleurs c'est le Baptiste ^^

J'ai oublié de dire que le "cataclysme" (quand Pakal meurt) m'a fait très forte impression parce que j'étais... sous ma tente, sous un des plus gros orages que j'aie vu xD. Ca faisait vachement comme la fin du film de l'Histoire sans fin ^ ^

Edit : deux petites choses auxquelles je viens de repenser,

Je me suis souvenue de quelle histoire j'avais déjà vue dans le désordre : le dessin animé Baccano. C'est comme pour le déchronologue, mais avec énormément de personnages, énormément d'intrigues, c'est un beau bordel (le sens italien de "baccano" :mrgreen:) très sympa.

J'ai beaucoup aimé les poèmes d'Antonia (je crois) au milieu du livre. Au début j'aimais pas que Villon dise "oh làlà c'est trop beau" parce que je croyais que Beauverger les avait écrits (ça fait "j'me lance des fleurs tout seul" xD) mais ils sont de quelqu'un d'autre, et, alors que je n'aime pas la poésie "moderne", ils m'ont beaucoup plu. C'est ça qui m'a émue aussi dans le dernier chapitre, le fait qu'il reprenne la phrase, J'ai vacillé droit ...
« Modifié: 05 Juillet 2010 à 14:37:46 par Verasoie »

Hors ligne ernya

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #7 le: 06 Juillet 2010 à 15:39:44 »


J'ai fini moi aussi le Déchronologue. Et je ne regrette pas de l'avoir pris.
Je suis assez bien rentrée dedans même si ces sauts dans le temps ont fini par m'embrouiller un peu. Mais c'est pas grave, même s'il me reste des trous dans la chronologie à la fin de la lecture, j'ai bien aimé ce que j'en ai compris.
Le style m'a pas mal plu, même si à certains moments je trouvais qu'il en faisait un peu trop, mais dans l'ensemble c'est un style agréable avec de belles phrases à certains moments.
J'ai bien aimé les personnages aussi, l'ambiance et l'intrigue. Je regrette juste qu'il n'ait pas un peu plus esquissé son univers, enfin, moi personnellement j'avais parfois du mal à toujours bien visualiser avec les maravillas. Mais c'est du chipotage, on est pas perdu.

je suis assez d'accord avec Mil pour la fin qui est un peu décevante et j'ai comme Vera beaucoup aimé la reprise de "J'ai vacillé droit"
J'aurais aussi aimé qu'il parle un peu plus de ces mondes parallèles ? histoire que ça fasse moins abrut

Enfin voilà, un bon roman^^
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Zacharielle

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #8 le: 11 Juillet 2010 à 14:31:58 »
J'ai aussi fini ^_^

J'ai beaucoup aimé l'ambiance, portée principalement par Villon évidement, et les décors (les Caraïbes, les ports, les bateaux pirates, les luttes pour ce bout du monde...) Au début j'ai failli vomir* en voyant la description de lui-même qui faisait trop Jack Sparrow mais... à la première personne, ce qui était complètement artificiel, MAIS j'ai recommencé et j'ai accepté ce style (bien obligée mdr), du coup, ça passait beaucoup mieux. Il faut un petit temps d'adaptation mais après ça devient vraiment plaisant. J'ai souri plusieurs fois, à cause de la description des maravillas (surtout les "boîtes à musique" lol). Mais c'est vrai qu'on ne s'attache pas trop aux personnages (sauf Fèfè de Dieppe éventuellement), et la fin ne m'a pas trop enthousiasmée, trop facile j'ai trouvé et qui manquait d'explications, comme vous le faisiez remarquer (qui sont les Targui, pourquoi expliquer tout par des mondes parallèles - ça discrédite toute l'aventure, pourquoi  Villon a survécu à la fin du monde...). Moi aussi j'ai bien aimé le "vaciller droit" et le poème d'Antonia en général.

En tous cas je préfère largement ce type d'histoire que celle du Choromozone, si on veut comparer deux Beauverger xD J'ai beaucoup aimé le désordre qui reste quand même compréhensible, t'as l'impression de combler des trous épars au fur et à mesure. Mais la fin c'est pas comme si tu comblais le dernier trou, c'est comme s'il en tombait un au beau milieu  :mrgreen: c'est ça qui est gênant.

Sinon, impressionnant, bien mené, atmosphèrement très évocateur, original (le commerce des maravillas, j'adore xD) malgré quelques faiblesses. A lire.

*c't'une hyperbole

Hors ligne Zenaïs

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #9 le: 04 Août 2010 à 13:13:44 »
je n'en suis qu'aux premières pages de ce livre que l'on m'a doublement prêté, mais j'ai du mal à y rentrer... à cause de la police. Je ne voudrais pas paraître superficielle, mais n'est-ce pas un peu manquer de raison que de publier un roman entier en utilisant une police aussi fantaisiste ? Je trouve ça vraiment gênant, personnellement.

Hors ligne Milora

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #10 le: 08 Août 2010 à 14:28:33 »
Citation de: Zach
Mais la fin c'est pas comme si tu comblais le dernier trou, c'est comme s'il en tombait un au beau milieu 
  Oui, c'est exactement ça !

Citation de: ernya
moi personnellement j'avais parfois du mal à toujours bien visualiser avec les maravillas
Ah bon ? Pour quelqu'un qui n'a pas de notions d'espagnol, ça doit être plus difficile - mais c'est pas ton cas ! J'aime bien le fait qu'on ne sache pas vraiment ce qu'elles sont, mais qu'ici ou là, on s'aperçoive qu'il s'agit d'une boîte de conserve, d'un baladeur CD, d'une ampoule électrique... Sans que ce soit clairement dit non plus. On est vraiment dans l'esprit d'un personnage de l'époque, pour qui c'est quasiment de la magie...

Zen, j'ai pas remarqué la police désagréable, mais ça y fait beaucoup, dans un livre ! Certaines éditions sont carrément rébarbatives, juste à cause de ça...

Contente que vous ayez aimé !  :)
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Verasoie

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #11 le: 08 Août 2010 à 22:50:26 »
J'ai aussi trouvé la police bizarre mais elle m'a pas dérangée (question de goût ; si j'avais pas aimé ça m'aurait gonflée aussi :mrgreen: )

J'avais du mal au début aussi avec certaines maravillas parce que je parle pas espagnol  :mrgreen: enfin la conserva dont parle Fèfè de Dieppe au début, j'ai mis très longtemps à comprendre, en fait il a fallu que je me repose la question après coup, quand on apprend d'où elles viennent. Mais je trouve ça cool quand même. x)

Hors ligne Ambriel

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #12 le: 22 Mai 2011 à 21:03:26 »
Je l'ai fini mercredi !

 Rah, ça faisait longtemps (quoique, ça me l'avait un peu fait pour Le Nom du Vent et De Bons Présages, mais vraiment, vraiment pas autant) que j'avais pas été toute triste en finissant un livre, juste parce que je voulais pas le quitter...
Vous aurez compris : j'ai aimé. J'ai même carrément aimé.

Pour ce qui est des personnages, ils sont attachants sans l'être vraiment. Fèfè de Dieppe, ouais, j'aimais bien Brieuc simplement parce que Villon l'appréciait, sinon il me saoulait un peu... mais j'avais quand même un genre d'affection collectif, en fait.  Je me suis vachement attachée à Villon (heureusement vous me direz). Au début quand il dit qu'il va mourir et qu'il cite ceux qui le sont déjà ça ne fait ni chaud ni froid, mais à la fin, quand on y revient... juste argh, quoi.

Je trouve qu'il a un tas d'images sympas, by the way.

Sinon ben comme tout le monde, j'ai aimé l'ambiance, l'écriture, la crédibilité et l'originalité de la chose, etc...

Pour ce qui est des passages gores, comme les cachots ou la mort de Pakal, j'ai survécu mais une amie se demandait pourquoi je poussais sans cesse des exclamations dégoûtées ou désespérées  ><. Mais j'admire son sens des descriptions :mrgreen:
Citer
J'ai beaucoup aimé les poèmes d'Antonia (je crois) au milieu du livre. Au début j'aimais pas que Villon dise "oh làlà c'est trop beau" parce que je croyais que Beauverger les avait écrits (ça fait "j'me lance des fleurs tout seul" xD) mais ils sont de quelqu'un d'autre, et, alors que je n'aime pas la poésie "moderne", ils m'ont beaucoup plu. C'est ça qui m'a émue aussi dans le dernier chapitre, le fait qu'il reprenne la phrase, J'ai vacillé droit ...
Je suis tout à fait d'accord avec Vera pour tout ce passage, donc je me contenterai de la citer. J'ai eu les mêmes impressions.

Sinon, pour la fin, en effet elle aurait peut-être pu être mieux, mais il n'empêche que je l'ai beaucoup aimée tout de même. Comme j'affectionne Villon j'étais sincèrement triste pour lui à la mort de Sévère, et même avant, à chaque fois qu'il se prenait un vent :mrgreen:.

Moi aussi j'ai apprécié les anachronismes et tout, et le fait qu'on comprenne petit à petit.

Le déroulement des chapitres est une super bonne idée, et menée avec brio. Même si j'arrêtais pas de me plaindre qu'on comprenait rien parce que rien n'était dans l'ordre, finalement je comprenais assez bien (on retrouve assez facilement, par exemple, où on en est en passant d'un chapitre à l'autre, avec ce qui s'y passe. J'avais parfois l'impression de lire tout simplement plusieurs histoires séparément XD), je me plaignais un peu pour la forme  :-¬?...

Ah ouais, j'ai aussi apprécié le fait que l'auteur soit breton  :mrgreen:

(Sinon, ils ont des jurons trop cool... :mrgreen: )

Voilà, à lire !
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #13 le: 08 Juin 2013 à 11:51:11 »
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(Sinon, ils ont des jurons trop cool... :mrgreen: )
ça c'est sûr  :mrgreen:
Alors je l'ai fini hier
Et j'ai été un peu déçu. Globalement je suis assez d'accord avec Milora, sur les faiblesses et forces du roman. ça reste plein d'inventivité, Villon est très chouette, l'idée de raconter dans le désordre aussi ( moi ce que je comprenais pas c'était le nom de son Bateau parce que
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Mais, je crois que ce qui m'a un peu déçu, c'est le non développement de cette histoire de repli du temps, de réalité parralèlle et tout ça.
ça va trop vite en fait.
Sinon le premier chapitre, sa propre description m'a fait beaucoup rire, effectivement un Jack Sparrow mega assumé.
Le dernier rédigé par Le spaniard m'a ému aussi.
Bref j'aime bien les histoire de pirates, j'ai bien aimé le concept mais dans le message qu'il délivre c'est un peu bof. J'ai trouvé La horde ou La zone du dehors beaucoup plus fin ( Pour parler des romans édité à la Volte)

par contre Le baptiste, il a trop la classe, c'est trop le vrai héros de l'histoire et du coup je suis hyper Fier de  mon pseudo :mrgreen: ( comment je fais pour me renommer LE baptiste)

Bref, lisez donc, c'est bien agréable pour une histoire de pirates

Hors ligne Murphy Yamon

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Re : Le Déchronologue (Stéphane Beauverger)
« Réponse #14 le: 19 Octobre 2013 à 16:23:00 »
J'ai lu ce livre il y a quelques temps et je dois avouer que, contrairement à beaucoup, il m'a vraiment déçu.
Je n'en ai gardé d'ailleurs que quelques rares souvenirs, des scènes par-ci par-là, sans le contexte qui va avec.
Le coup de l'histoire en désordre paraît originale à première vue. Mais, en réalité, c'est loin d'être le premier roman à s'y essayer. Je citerais seulement Haruhi Suzumiya, qui reprend ce concept (et qui a d'ailleurs été dérivé en mangas et animés) avec beaucoup plus d'inventivité (après ça reste une question de point de vue et de goût, bien sûr).
Mon problème n'était pas tant l'histoire. Elle tenait la route, elle était sympathique même si, je trouve, trop peu exploitée (je m'attendais aussi à plus de choses venant du côté des failles dans le temps). Une fois qu'on a compris le principe des maravillas, le peu de magie et mystère s'essouffle plutôt vite.

C'est surtout les personnages qui m'ont posé problème. Ils sont tous aussi peu marquants les uns que les autres. Peut-être un choix volontaire pour mieux s'occuper du héros Villon. Mais, avec lui aussi, je n'ai pas accroché. Peut-être parce que les évènements qui s'enchainent sont trop nombreux. Après l'avoir vu traverser 2-3 enfers différents (la prison plus d'une fois, la famine, la fin des temps ; je reste vague parce que mes souvenirs le sont), on finit par se lasser de lui. Autant les premiers chapitres sont prenants, mystérieux, on se demande où on va. Autant ensuite, on comprend vite que Villon ne mourra pas avant la dernière page du livre, de toute façon, donc inutile de s'alarmer des situations anarchiques dans lesquelles il tombe. Quant à son caractère, sans être insupportable, loin de là, il est, je trouve, simplement facile à oublier. C'est le bon héros qui veut tenir jusqu'à la dernière ligne, qui a été brisé plus d'une fois mais reste debout, pessimiste au possible mais humain ; d'habitude j'adore. D'autant plus que le tout est emboité avec réalisme et subtilité. Mais là, j'ignore pourquoi, ça n'a pas pris.
Au final, le seul personnage qui a retenu mon attention est cette femme sans nom (je crois) vers la fin, dans l'après-fin des temps. Elle est seule sur une île ou quelque chose comme ça je crois, et elle attend je ne sais plus qui. A part ce personnage, aucun ne m'a vraiment touché en somme. (Et on peut voir aux détails de mon souvenir qu'elle n'est pas non plus la plus marquante qui soit).

En somme, j'avais le sentiment que l'histoire ne voulait pas avancer. Pourtant, plein d'évènements différents en tout point se passent, tragiques et/ou épiques pour la plupart et les décors sont innombrables. Mais ça n'a pas empêcher cette impression grandissante que le point culminant de l'histoire, sa fin, et bien n'aurait rien de culminant. Pour ma part, ce sentiment s'est révélé prophétique, puisqu'aux dernières lignes, je me suis dit "tout ça pour ça..."

Malgré tout, c'était très bien écrit, et tout aussi bien décrit. Je suis loin d'avoir un tel niveau. Et les personnages, même si vraiment peu intéressants, sont réalistes dans leur caractère comme dans leurs réactions. J'aurais peut-être mieux accroché si l'histoire avait été plus courte, ne s'était pas dispersée ainsi. Et je suppose que c'est là la source du problème : je m'attendais à une histoire sur des batailles temporelles épiques avec enquête sur les origines du mal en prime, alors que le but du livre était, je pense, de raconter la vie d'un homme, comme une biographie, au travers d'évènements séparés par les mers et les époques. Au final, les failles et ce qui en découle servent surtout de fond de toile.  Bien sûr, on en parle beaucoup, on passe plusieurs chapitres à débattre du problème ou à se battre tout court à cause de lui. Mais il manquait ce grain indéfini qui me colle d'ordinaire sur ma chaise et me fait oublier que je lis depuis déjà 3h d'affilées.
« Modifié: 19 Octobre 2013 à 16:29:58 par Murphy Yamon »

 


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