Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

06 novembre 2026 à 17:45:24
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Pas plus que cinq mots

Auteur Sujet: Pas plus que cinq mots  (Lu 8654 fois)

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
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Pas plus que cinq mots
« le: 13 juin 2018 à 15:52:03 »
Pas plus que cinq mots



C'EST AU MILIEU DU REPAS.
Le vin tombe, tombe encore.
Et je hais sa couleur.
Le vin tue mes parents.
Le vin aime mes pleurs.
Cela commence ainsi presque toujours
Dans un brouillard de fatigue
Deux masques mollement se décollent,
Et dessous apparaissent les serpents
Qui tortillent et font peur.
Arrive mon trou au ventre.
Je tremble dans ma culotte.
Ma mère touille les patates,
Et mon père déguste l'insupportable.
Nous ne sommes pas seuls.
La télé est comme folle :
Des accidents et des brûlés,
Des guerres, des enfants morts,
Une jeune fille retrouvée nue,
Un avion tombé du ciel,
Une poupée qui fume encore,
Et des véreux, des corrompus,
Des cravates qui disent aider
Les plus pauvres sans cravates.
Papa dit : « Ils en croquent !
Ces pourris, jusqu'au dernier ! »
Maman dit : « Change de disque !
Tu n'as que ce refrain ? »
« T'y comprends rien au monde !
T'es bien naïve, pauvre pomme !
Lui renvoie, narquois, mon père.
Ma mère touille plus fort.
La poêle fait « clac », « clac ».
Papa boit, divague, boit, divague .
Ses yeux sont tout brillants.
Ses phrases deviennent compliquées, absurdes,
Il a beaucoup de mal :
« Empaffés, ils nous saignent, empaffés ! »
« T'es secoué, mon pauvre bonhomme ! »
« Toi, tu te laisses saigner ! »
« Tu fais quoi de plus ? »
« Moi, je comprends tout, tout ! »
« La révolution devant ta télé ?
T'es qu'un ramier qui gueule ! »
« Je serais jamais ton valet,
Tu te prostitues au capitalisme ! »
« Je fais bouillir la marmite ! »
« Tu leur lèches le cul,
Tu payes, tu les engraisses ! »
Tombe la cuillère en bois.
Ma mère tend son bras,
Boit.  Ça pue le vin.
La chaleur rougit ses joues,
Son front et ses oreilles.
« Elle s'appellent « jamais » tes patates ? »
Persifle mon père, qui s'ivrogne.
Ma mère devient une statue.
La rage lui remonte implacablement.
Des pieds à sa tête.
Et soudain, furie, elle explose.
Jette la poêle avec violence.
Les patates s'envolent au ralenti.
« Arrête ! J'en peux plus René.
Dégueulasse. Ordure. Tu me tues »
Soudain maman crie l'horreur.
Des mots terribles de démons.
Plus rien n'est vrai, bon,
Au coeur de la cuisine.
Tous les mots deviennent diables,
Et les bouches sont tordues.
Et les joues sont grimaces.
Ce n'est plus mes parents,
Mais deux génies du mal.
Je crois être en enfer.
Mon ventre brûle, tout brûle.
Le hurlement de ma mère
A bien surpris mon père.
Il cherche patiemment sa parade,
Dans sa tête toute trouée.
« Va cuver ta vinasse, idiote !
Regarde, tu tiens plus debout ! »
« Ordure », « Sale ordure » qu'elle répète,
Qu'elle provoque, pliée en deux,
Un poignard entre ses lèvres.
Mon père semble vidé, anéanti.
Il ne trouve plus de mots.
Alors subitement il se lève.
Titube un pas, deux pas.
Vient plaquer sa main puissante
Sur la bouche de ma mère.
Tout près, leurs regards s'entrechoquent,
Leurs regards sont de haine.
Ma mère gigote, hurle encore
Entre ses dents qui crissent.
Alors mon père enserre, emprisonne,
D'une main unique de titan.
« Tu la boucles ? Boucle-la ! »
Puis relâche tendrement sa pression.
Le calme revient, qui boîte,
Boitille jusqu'au bord d'un trou.
Quand d'autres mots sont vomis,
Des couteaux, de la boue.
« Tu vas me frapper, hein ?
Salaud, tu vas me frapper ! »
Ma mère boxe la première.
Fureur, aigreur, vengeance, tout part.
Mon père brandit son poing.
Je recule dans le couloir.
Terreur ! Je détourne les yeux.
Sourd, muet, aveugle, coeur pourri,
Je n'entends plus le vin
Qui nous tue en silence,
Qui a gagné, qui exulte,
Dans les verres presque vides.
Je reviens pourtant au spectacle.
Avec les yeux tout froids
Et je serre les poings.
Ma mère est par terre.
Mon père, sur son ventre.
Et il cogne, cogne encore.
Le visage de ma mère saigne.
Inerte, elle hurle « Au secours !
Appelle la police, Lolo, appelle ! »
Le visage aimé de maman
Est en sang, par terre.
Déglinguée, rouge est son crâne
Sur les petits carreaux blancs.
Mais je ne bouge pas.
L'indifférence me pétrifie le ventre.
J'aimerais qu'ils crèvent les deux.
Que cet enfer flambe définitivement.
Ma tête me dit oui.
Mais mon coeur dit non.
Il a peur d'être orphelin.
« Il faudrait faire un choix ! ».
Qui mérite d'être plus aimé ?
Qui mérite de vivre encore ?
Qui des deux est victime ?
Qui des deux est l'assassin ?
Je ne veux pas choisir.
Je ne peux pas choisir.
Je suis si petit, si perdu.
Alors je balbutie, je murmure :
« Mon Dieu, sauvez ma mère ! »
Quand mon père se redresse,
Son poing est en sang.
Ma mère gémit affreusement, sanglote,
Comme une petite fille apaisée.
Mon père enfile sa veste.
Prends ses clefs de voiture.
Passe devant moi en somnambule,
Et claque la porte violemment.
Voici l'heure venue de m'éloigner.
Je rejoins ma chambre, m'enferme.
Et dans le noir, j'attends,
La suite tragique des événements.
Au bout d'une courte minute,
J'entends ses pas. Elle arrive.
Elle vient finir son vin.
« Ouvre ! » me crie t-elle, « Ouvre ! »
« Ouvre cette putain de porte ! »
J'entrebâille et je me cache
Où je peux. Ma peur
Gigantesque remplit toute la chambre.
« Tu vas la ranger quand,
Dis, ta satanée carrée ? Hein ? »
« Je… je … je… je… je ! »
Je ne peux pas dire
Plus que ces cinq mots.
« Je… je … je… je… je ! »
« Aussi ramier que ton père !
Bon à rien ! À rien ! »
Soudain son vin déborde, gicle :
Elle casse tous mes jouets,
Déchire mes vêtements. Folle ! Folle !
C'est un ouragan sans trêve.
Je me transforme en bille.
Serre contre moi Nicolas,
Mon ami troué, mon ourson.
Et puis, elle disparaît soudain.
Et c'est un grand silence !
Où est-elle, ma mère ?
Que fait-elle, ma mère ?
À tout petits pas tremblants,
Je la cherche ici et là.
Je sais où elle est.
Mais je ne veux pas
Y aller. Non, pas encore.
Je retarde le pire, l'effroyable.
Je puise enfin mon courage
Dans mon ultime grain d'amour.
Elle s'est enfermée, toute mutique,
Dans la salle de bain.
« Je… je… je… je… je »
Elle m'entend, je le sais,
Mais ne me répond pas.
Je tombe alors à l'infini
Dans l'océan plein d'eau noire.
« Mais… tu... fais… quoi… maman ? »
« Je me suicide, laisse-moi !
Fous-moi la paix, pars !
Va recoller tes jouets ! Va ! »
Durant trente minute, j'attends, assis,
Le dos collé à la porte.
Enfin la porte s'ouvre doucement.
Ma mère se faufile alors
Tel un fantôme sans drap,
Et part rejoindre son lit,
Sa fatigue et son chagrin.

Deux jours après, mon père
Revient. Tout penaud, il avance
Comme un escargot, et s'excuse.
D'un mot enroué, d'une larme.
Ou il refait ses lacets
Et tente un sourire timide,
Le baromètre dans les yeux.
Parfois, il tend des fleurs.
Et ma mère les accepte.
Et ma mère lui pardonne.
Et je suis bien heureux.
Il ne s'était rien passé.
J'avais absolument rêvé tout ça.
Je ne suis plus inquiet.
Les serpents sont au loin.
Quelquefois, accroupi dans ma cachette,
J'ai de drôles de pensées.
Je peux voir mon avenir.
Je sais que plus tard,
Que jamais de ma vie,
Je ne boirai de vin.
Je sais que mes poings
Resteront toujours dans mes poches.
Je sais que mon ourson,
Mon seul ami m'a pardonné
D'avoir griffé, troué son ventre.
Mais pour mes tristes parents,
Je... je sais, je sais,
Que je ne saurai jamais
Si c'était vraiment cela l'Amour.





« Modifié: 19 juin 2026 à 22:13:23 par kokox »

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Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #1 le: 13 juin 2018 à 18:28:46 »
 :o Wooow, c'est poignant (sans mauvais jeu de mots) !

Je reviendrai sur le côté technique (sans aucune prétention ou quoi, j'suis pas pro' moi-même, mais j'ai remarqué une ou deux maladresses), mais tout d'abord : c'est un texte autobiographique ?

Il y a plusieurs points qui me rappellent... mon propre roman ! ^_^
On a une façon de décrire les évènements de nos "cuisines", d'une manière similaire, si j'ose dire ! Du coup, ça me conforte dans l'idée que "ça vient des tripes", ton texte.

J'aime vraiment la manière enfantine de décrire ce texte lourd (émotionnellement, par sa longueur photographique aussi), qui contraste justement avec la gravité de la situation décrite. J'aime aussi comment le propos "enfantin", encore, détonne avec le sérieux (sur le plan technique, car ça m'parait évident que c'est une histoire travaillée, construite, pensée) de l'écriture.

J'apprécie également la conclusion, je l'adore, même ! Super humble, super simple, mais super percutante (toujours sans mauvais jeu de mots... ^_^') ! Et tellement... vraie !

En dernier lieu, si c'est autobiographique, j'te félicite vraiment. Réussir à transformer une 'mauvaise' expérience, une expérience traumatisante même, en un moteur, en une force, en un talent, et non pas en excuse (comme tous ceux à qui on trouve des "circonstances atténuantes"... sans jugement bien-sûr, malheureusement je n'suis que bien trop au courant qu'il est plus facile de rester à terre que d'se rel'ver !), c'est très fort, d'esprit. Et c'est tourner le malheur en énergie créatrice, positive, et trouver un exutoire (de mon avis) !

Bref, j'aime ! :D


Pour le côté plus "technique", et sans jugement de forme ou de fond (juste l'expression de mon appréciation ^_^), j'ai remarqué :
"La rage lui remonte implacablement.
Des pieds à sa tête."


Des pieds à la tête ? Ou c'était fait exprès ? ^^

"Tombe la cuillère en bois. "
C'est con hein, mais je l'ai vue tomber, au ralenti, et rebondir, et j'ai même 'entendu' le bruit qu'elle a fait. Bravo ! Je trouve ça rare, les descriptions graphiques qui 'marchent'. Ça, à mon sens, prouve une vraie qualité d'écriture, et du coeur mis à l'ouvrage. On ne voit pas un livre qui n'a pas été écrit avec le coeur (ou l'âme, ou les tripes ^^). j'aime l'emphase mise ici aussi. C'est limite "l'élément perturbateur" qu'on m'a tant râbaché pendant la periode du récit, en cours de français !

"Ce n'est plus mes parents, "
Ce ne sont plus mes parents, me semble ici plus approprié. Après, si on se met du point de vue de l'enfant, ça passe, j'suppose ! Et p'is même, ça fait sens. Mais 'faut pouvoir le savoir, ça ! ^^

"Boitille jusqu'au bord d'un trou.
Quand d'autres mots sont vomis,
Des couteaux, de la boue.
« Tu vas me frapper, hein ?
Salaud, tu vas me frapper ! »
Ma mère boxe la première."


J'adore ! J'ai imaginé ça aussi, alors que je lisais, et j'ai vu 'ton' père tomber dans le trou, quand elle a mis le coup !


"« Tu vas la ranger quand,
Dis, ta satanée carrée ? Hein ? "

Je crois qu'il manque des guillemets à la fin de ce vers.

"Mais je ne veux pas
Y aller."

J'ai été super sensible à ta manière d'écrire ça, d'interrompre la phrase brutalement. Ça ajoute une dimension infinie à 'ton' refus.
Puis vient le retour à la réalité, à l'instant, avec le "y aller". J'aiiiiime !

"Elle m'entends"
... sans 's' à la fin. ;) Mais je suppose que c'est juste une petite erreur d'inattention !



Et bien, "bon continuage" ! Si tu as d'autres oeuvres ici partagées, n'hésite pas à me MP ^^
J'espère qu'il y aura aussi des choses plus légères ^___^'


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Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #2 le: 13 juin 2018 à 19:58:20 »
Un grand merci pour ta lecture de ce texte, Iva !

Pour te répondre dans l'ordre, et en toute sincérité :

C'est un texte autobiographique ?

Oui, c'est un texte autobiographique, à peine imagé ! Lequel est du reste source d'ennui avec ma mère (toujours vivante) qui l'a lu et m'en veut terriblement d'avoir pu écrire un chose pareille, d'avoir pu ainsi dénaturer, atrophier, saccager la mémoire de feu mon père. Pour elle, ces tragiques événements ne sont jamais, jamais, jamais, arrivés. Et, à n'en pas douter, elle emportera son déni dans son dernier souffle.

J'aime vraiment la manière enfantine de décrire ce texte lourd (émotionnellement, par sa longueur photographique aussi), qui contraste justement avec la gravité de la situation décrite.

Ce texte est issu de mon premier roman "J'ai passé ma jeunesse dans les jardins suspendus de Babylone" qui relate à juste titre mes mémoires de mioche dans le Marais de Paris, dans les années soixante, de ma naissance à mes sept ans, vues à travers mes yeux d'enfant.

J'aime aussi comment le propos "enfantin", encore, détonne avec le sérieux (sur le plan technique, car ça m'parait évident que c'est une histoire travaillée, construite, pensée) de l'écriture.

J'ai mis environ cinq années à concevoir ce roman, à ne pouvoir l'écrire que quand les vibrations extérieures étaient propices à laisser "mon mioche" s'exprimer le plus délicatement, le plus naturellement possible, sans que l'adulte n'intervienne. Cinq ans de gestation donc, mais la cinquantaine de chapitres aura été quasiment écrite d'un seul jet (avec quelques rares ajouts ou retraits postérieurs). Ce "Pas plus de cinq mots" (l'un des plus âpres) fut l'un des derniers que j'ai écrit de tête en marchant sur les sentiers côtiers de Belle-Île-en-Mer. Au retour de cette promenade, je l'ai rédigé d'un trait. Je m'en suis débarrassé ! Et j'ai poussé un grand ouf de résilience !

En dernier lieu, si c'est autobiographique, j'te félicite vraiment. Réussir à transformer une 'mauvaise' expérience, une expérience traumatisante même, en un moteur, en une force, en un talent, et non pas en excuse (comme tous ceux à qui on trouve des "circonstances atténuantes"... sans jugement bien-sûr, malheureusement je n'suis que bien trop au courant qu'il est plus facile de rester à terre que d'se rel'ver !), c'est très fort, d'esprit. Et c'est tourner le malheur en énergie créatrice, positive, et trouver un exutoire (de mon avis) !

Sur les 450 pages où courent ces mémoires, c'est l'unique texte dérangeant qui aura principalement dérouté ma mère (il se situe vers la fin du roman, je l'aurais rédigé en 20 minutes, mais je l'aurais porté 50 ans dans les tripes, comme tu le dis si bien). Les 445 autres pages sont un hommage rendus à mes parents, à ma famille, au petit peuple, et à l'enfant que je fus, mais que je ne suis plus. À mon plus grand regret ! :)

Pour le côté plus "technique", et sans jugement de forme ou de fond (juste l'expression de mon appréciation ^_^), j'ai remarqué :
"La rage lui remonte implacablement.
Des pieds à sa tête."


Formulation maladroite, mais effectivement faite exprès.

"Ce n'est plus mes parents, "
Ce ne sont plus mes parents, me semble ici plus approprié. Après, si on se met du point de vue de l'enfant, ça passe, j'suppose ! Et p'is même, ça fait sens. Mais 'faut pouvoir le savoir, ça ! ^^


Idem !  :)



Bien à toi !



« Modifié: 14 juin 2018 à 23:47:48 par kokox »

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Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #3 le: 13 juin 2018 à 22:42:09 »
Hey Kokox !

Merci de m'avoir répondu !

Han, j'avais pas conscience que tu es un auteur confirmé, désolée, j'ai du t'paraître bien bête !  :D

J'ai cherhé ton roman sur Gogole (pas l'écrivain, le moteur de recherche... OK je sors XD  :P), mais j'ai pas pu l'trouver, t'aurais pas un lien ? J'trouve ça génial que t'aies pu faire ton exutoire et que tu te sois "accompli" en tant qu'auteur ! Du coup, j'aimerais bien parcourir ces 'mémoires', comme tu les appelles ! :D

Arf, pour ta maman, c'est p't'être juste que le vin lui a tout fait oublier ;) Ce qui, en soi, est pas nécessairement une mauvaise chose. Si elle a pu occulter et vivre avec, toi t'as trouvé ton échappatoire autrement, et c'est cool ! Enfin, même plus que ça, mais une certaine retenue m'habite maintenant que j'ai confirmation que c'est un extrait autobiographique, j'ai pas envie, d'une quelconque manière, de manquer de respect à ta souffrance passée et à tes mots, avec les miens, et j'sais qu'des fois j'ai des formulation malheureuses (bien que dénuées de toute malice).

J'ai donc plus de chance de ce côté-là, ma maman elle n'a rien occulté, mais je crois qu'elle minimise certaines choses. M'enfin bref, je lui ai lu mon roman, lequel est partiellement autobiographique, et elle l'a apprécié ! Forcément, avec la part de fixion que j'ai mêlée à la réalité, j'ai pu faire un mix qui m'a déchargée, m'a aidée dans ma démarche de paix avec mon papa et ma colère, et dans ma démarche "reconstruction de soi", sans la heurter :) C'était pas l'but premier, j'voulais juste raconter une histoire.

Et final'ment, ça s'est trouvé être libérateur, d'y intégrer des éléments de ma vie, desquels je peux m'alléger maintenant. Justifier le père de mon héroïne, ça m'a forcée à justifier mon propre papa, ou en tout cas, à comprendre et pardonner ! :D

J'suis vraiment désolée que ta maman nie, c'est un peu te "tuer" (ce verbe revient souvent dans le texte :/ ) encore.
Mais bon, comme tu l'as dit, tout ton livre n'est pas à propos de ça ! :)

Merci d'avoir partagé tout ça en tout cas ! "Bon continuage !"
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Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #4 le: 14 juin 2018 à 00:42:41 »
Auteur confirmé ? N'exagérons rien, mais j'écris depuis l'âge de 15 ans, soit environ depuis 40 ans ! Cela commence à faire une paye ! :)
Vieux ou très jeune romancier donc, car j'ai réellement commencé à aborder le roman à l'âge canonique de 50 balais. J'en ai actuellement quatre en chantier, mais pour l'heure je ne suis pas encore publié. Je suis en attente de réponses chez plusieurs éditeurs, entre autre chose pour un recueil de nouvelles que je procrastine à achever !  :)
Par conséquent, you're welcome, si tu m'envoies ton mail par MP sur le MDE, je me ferai un plaisir de te faire découvrir au moins les cinquante premières pages de "J'ai passé mon enfance dans les jardins suspendus de Babylone". :)

Bien à toi !

PS : Sinon, tu es native d'où ? Tu sembles avoir un sacré accent ? :) :) :)


« Modifié: 14 juin 2018 à 00:45:42 par kokox »

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Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #5 le: 14 juin 2018 à 11:58:44 »
C'est vraiment poignant, et bien écrit
La forme sert bien le fond aussi, dans la veine des 100 raison d'aimer ou de hair

Par contre je ne comprends pas le choix de tout mettre en gras, c'est pas hyper agréable à lire

Et pis je te souhaite bonne chance pour ton manuscrit, même si ce n'est qu'un extrait, je suis sûr qu'il mérite !!


A la prochaine !
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

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Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #6 le: 14 juin 2018 à 12:51:46 »


Un grand merci à toi Ben.G pour ta lecture !

La mise en gras n'était pas du tout intentionnelle. Erreur de manip ! :) Je dégraisse tempo !

Et pis je te souhaite bonne chance pour ton manuscrit, même si ce n'est qu'un extrait, je suis sûr qu'il mérite !!

Merci beaucoup pour ce "souhait", mais je ne me fais pas trop d'illusions. Sur la quarantaine de manuscrits envoyés (numériques et courriers), je n'ai eu que 4/5 réponses stéréotypées par e.mail en six mois. Comme tu le sais sûrement, les éditeurs les plus réputés, qui sont sur-saturés, continuent de faire croire aux gogos que les miracles existent par le biais de la Poste. Vaste hypocrisie ! Quant aux petites structures, elles sont prises d'assaut dès la création de leur site sur Internet. J'ai cru comprendre dans un article lu dernièrement que les Français écrivaient beaucoup (que nous serions plus d'un million à tâter plus ou moins de la plume). Et l'auto-édition, me diras-tu ? Comme de juste, là aussi, c'est la foire d'empoigne, et je ne désire pas pour l'heure vendre à tout prix mes petits mots à 1,99 euros sur Amazon. Question d'honneur et de respect ! Autant vendre des saucisses sur un marché ou torcher le cul de mon chat avec mes nouvelles de papier ! :)
Donc, pour l'heure, je prends mon mal en patience. Je continue, je persévère, sans me poser trop de questions. J'attends mon heure, et si cette heure ne vient pas, tant pis, je me serais fait bien plaisir en écrivant mes "conneries". Les plaisirs étant rares sur cette Terre, j'en profite donc à fond ! :)



Bien à toi !
« Modifié: 14 juin 2018 à 13:27:45 par kokox »

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Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #7 le: 14 juin 2018 à 18:34:23 »
Hey Kokox ! ^^

Hannnnn, j'apprécierais vraiment ça, "merci trop" ! :D J't'envoie ça fissa ! :) :) :)

Autrement, j't'avais mal compris, j'ai pensé que tu étais publié.  Ca n'enlève rien à la qualité de ta plume, au contraire !

Je pense vraiment que tu devrais essayer de persévérer, j'ai vu de très petites ME publier des oeuvres, que j'ai achetées et lues ; par soutien à des topines de forum, mais je les ai vraiment pas trouvé formidables. Alors un récit aussi animé (dans le sens : présentant une âme), je vois pas comment ou pourquoi ça serait pas publié. In fine. Persévère ! Tu fais une "lettre de motivation", pour assister tes envois ? Sans prétention aucune, que j'demande, hein ! C'est juste que le monde du livre est malheureusement tout à fait un business, de nos jours, et il y a des "manières" de soumettre ses oeuvres, ce que j'ai... lu XD

Et oui ! Pour me préparer au jour où j'enverrai, moi aussi, mon roman, j'ai acheté des bouquins sur le propos ! XD J'me suis documentée, et en fait c'est un vrai ramdam tout ça.

Je comprends et soutiens tout à fait l'honneur dont tu fais montre, et le respect que tu portes à c'que t'as produit, c'est super noble de ta part !

Pour la mienne de part, j'vais pas t'mentir, pour un début, même publier à 1,99€ sur Amazon, avec un minimum de promo, ça m'f'rait kiffer. J'ai envie de la raconter mon histoire, j'ai envie qu'elle soit lue, qu'elle inspire (ou pas), que mes personnages vivent à travers plus de gens que juste moi ! :D Et je pars du principe que j'dois commencer petit, si j'veux finir grand (idéologie à la con, j'en con-viens XD...). En même temps, j'atteins vraiment pas la qualité de ton écriture, on va pas s'mentir. Du coup toi t'as raison, commence grand !! :D

Enfin, franch'ment, j'soutiens ton point de vue. "Pense au succès et tu seras couronné de succès, pense positif et il t'arrivera que du positif". Du coup, pense au succès et au respect de tes pairs, lequel sera acquis d'par tes livres, et ça arriv'ra, j'en suis persuadée. Avec un peu d'huile de coude et d'bonnes 'ondes' ^^

Nan j'suis pas une hippie, je jure !! XD

J'suis native de la banlieue (93), mais j'habite en Picardie depuis nombre d'années, maint'nant. Mais ouais on m'dit souvent qu'j'ai un accent ;) :D

Tchou !
« Modifié: 14 juin 2018 à 18:38:02 par -Iva- »
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Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #8 le: 14 juin 2018 à 19:16:53 »
Iva,

3,5 tonnes de Lol !  :) :) :)

Tu as vraiment le chic pour me filer la pêche, la patate, la banane. Bref, je te mets illico presto dans mes favoris "fruits et légumes" pour l'été 2018 qui s'annonce.
Au plaisir de me laisser à nouveau ensevelir par tes macédoines !

Bien à toi !

Hors ligne JMLC

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Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #9 le: 14 juin 2018 à 20:05:54 »
Bonjour Kokox,

Juste pour te dire que je suis venu, j’ai lu, et j’ai beaucoup aimé, comme tes autres textes. C’est drôle, triste, tendre et poétique. J’ai lu dans tes réponses aux commentaires que tu cherches à publier le roman dont ce texte est tiré, et je te souhaite tout le succès que tu mérites. Tiens-nous au courant !

À quand la suite et fin des « Chiens » ?

Bonne continuation,
JM
Roman en cours : 2112 (SF)

Hors ligne Dantël

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Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #10 le: 14 juin 2018 à 21:50:57 »
MAIS TON TEXTE EST GÉNIAL !

Avant de le commencer, le concept me plaisait déjà : peu de mots, des phrases courtes, et un texte à défi !

Après, je ne m'attendais pas à un texte avec un fond ... Sous forme d'histoire. Je m'attendais plus à quelque chose de poétique. Bien que les deux puissent être associés, mais cherche pas, mon cerveau catégorisent les écrits ainsi.

Et, honnêtement, je suis ravi de m'être trompé : le fond est réellement bon. Si la forme m'a tout d'abord attiré, c'est le fond qui m'a maintenu en haleine.

Sinon, ton texte m'a rendu un peu triste, un peu révolté contre ce genre de quotidien. M'a aussi beaucoup fait réfléchir sur l'alcool.  Je pense que tu vas être heureux de constater que tu es la seule personne à m'avoir fait ressentir un profond dégoût pour ce dernier. J'avais déjà lu d'autres textes portant sur le même sujet, et aucun ne m'avait fait ressentir ne serait-ce qu'un quart de ce que tu as réussi. Bref.

Sinon, j'aime beaucoup certaines phrases.  La flemme d'en citer, mais les assonances et les allitérations me ravissent l'oreille. Ton texte consonne, sonne, tombe comme une goutte d'eau dans mon esprit. Genre, une sorte de sentiment de résonance.

Sinon, bonne soirée.
Les nuages sont légèrement rosés - Le rosé m'envoient légèrement dans les nuages

Hors ligne colombe

  • Tabellion
  • Messages: 20
Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #11 le: 14 juin 2018 à 22:01:50 »
Bonsoir,

j'ai cru, vu le titre, qu'il s'agissait d'un "jeu", texte en 5 mots, sorte de haïkus.
Et en fait, non, j'ai survolé le texte, puis mes yeux se sont posés, puis j'ai tout repris depuis le début et j'ai enfin lu.
Et vraiment aimé.
Très dur. Quand j'aime, je ne relève pas tel ou tel "erreur" (?), j'apprécie dans la globalité.

Hors ligne D.B

  • Scribe
  • Messages: 64
Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #12 le: 14 juin 2018 à 22:04:24 »
Indicible ! Ce que je ressens est indicible !

C'est poignant à lire et horrible de constater que dans certains foyers se produit ce genre de drame familiaux ! J'ai ressenti les sentiments du petit garçon , perdu, apeuré ... Je ne sais même pas quoi dire... C'est même pas constructif ce que j'écris !

Même la syntaxe est parfaite pour moi ! La construction du texte va parfaitement avec ce qu'on ressent ! C'est rythmé ! C'est imagé ! C'est bouleversant ! Juste splendide !

J'ai plus qu'adorée, merci pour ton récit !   
Petite on m'a dit que la Terre était ronde. Aujourd'hui je peux affirmer qu'elle est mourante...

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 565
Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #13 le: 16 juin 2018 à 07:51:55 »




Un très grand merci pour votre lecture, mesdames et messieurs JMLC, Dantël, Colombe et D.B ! :)

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 11 092
Re : Pas plus de cinq mots
« Réponse #14 le: 16 octobre 2018 à 21:35:03 »
Salut kokox :)

Citer
« T'y comprends rien au monde !
T'es bien naïve, pauvre pomme !
Lui renvoie, narquois, mon père.
guillemet qui s'ouvre et ne se ferme pas

Citer
Puis relâche tendrement sa pression.
je comprends pas ce "tendrement"

Citer
Dans les verres presque vides,
Qui nous tue en silence.
tuent

Citer
Inerte, elle hurle « Au secours !
bizarre de hurler et d'être inerte en même temps

Citer
« Tu vas la ranger quand,
Dis, ta satanée carrée ? Hein ? »
je comprends pas "carrée" (ah si, ça arrive au cerveau, c'est sa chambre ?)

Au global, c'est un texte qui remue le lecteur. Le rythme choisi est bien vu.

A+

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

 


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