Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Les fleurs nocturnes

Auteur Sujet: Les fleurs nocturnes  (Lu 4142 fois)

Hors ligne Giacinto

  • Tabellion
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Les fleurs nocturnes
« le: 27 janvier 2010 à 16:44:15 »
Un homme, un soir, au crépuscule de sa vie. Douloureusement, il se tourne vers moi comme je me tourne vers lui. Terrifiant miroir du temps, sombre abîme, vision noire extatique, verre opaque cristallin dans lequel se mire mon regard endolori : hideusement je lui ressemble. Ses lèvres pâles et gercées remuent. Il parle. Son langage est celui d’un autre temps, les mots qu’il compose me sont étrangers ; il tente en vain une dernière approche. Résigné il se tait, moi je hurle mon silence. Ses yeux s’embuent de larmes, les miens sécrètent d’ardentes flammes. Le miroir se brise. Ses reflets éclatant deci delà entaillent mon image de multiples blessures qui je crois ne cicatriseront jamais. Je suis sur le pont Albert 1er, à Liège. Il approche de minuit, le paysage est brumeux, la nuit est sans étoiles, le fleuve impassible poursuit son cours tandis que les lumières artificielles des néons dansent sur sa peau. J’entends le ronflement sourd de quelques voitures au loin, le sifflement d’une bicyclette qui file sur le quai, les derniers murmures des derniers passants tandis que la nuit les inonde, puis c’est le pincement glacial de l’hiver et le silence mélodieux sentencieux du monde. Je pose mon stylo-plume sur le papier, le cours de ma vie est irrémédiablement changé ; dans ce repos de deuil nouvellement acquis, fleurissent mes premières fleurs nocturnes.

Donc, tout finit par une prise de conscience et tout commence par elle. Avant cela les ténèbres, après cela les ténèbres. Rien n’a changé en apparence, mais tout est différent. Je marche sur la cime enneigée de mes mots, ouvre mes portes closes, échappe au temps et à l’espace, plonge dans la nuit noire au cœur d'un ouragan, m'y épanouis, valse parmi les vagues, me noie entre leurs bras, meurs enfin, et ressuscite. Étrange nouveau Lazare que je suis, il me semble alors, depuis le pont, entendre le fleuve me convier à tout laisser derrière moi, l’accompagner sur le premier port venu pour embarquer sur le premier bateau venu en partance vers le grand large, y poursuivre tel Achab quelque monstre marin, y visiter, comme il persuada jadis Ishmaël de le faire, la splendeur grandiose de ses horizons profonds. Patience mon fleuve mon vieil ami, confident secret de combien de larmes secrètes, spectateur impuissant de combien de rêves biaisés, je sens que mon voyage, pour l’heure, sera celui des hommes terrestres, et le vent dans la nuit dans un même mouvement m’enivre de l’odeur fiévreuse des grandes fleurs du continent.
« Modifié: 28 janvier 2010 à 15:51:43 par Giacinto »

pehache

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Re : Les fleurs nocturnes
« Réponse #1 le: 27 janvier 2010 à 17:44:21 »
Je trouve que tu abuses des adjectifs. Qu'en penses-tu ?

Hors ligne Giacinto

  • Tabellion
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Re : Les fleurs nocturnes
« Réponse #2 le: 27 janvier 2010 à 18:01:42 »
J'en pense sans doute que cet "abus" est voulu de ma part et que ça participe du style (fleuri, car il s'agit bien de fleurs nocturnes,) et de l'ambiance que je veux imprégner au texte et à ses suites que je posterai volontiers ici si je reçois un retour positif de celui-ci.

Et sinon ? Ma surcharge lexicale t'a-t-elle empêché de prendre un quelconque plaisir à la lecture au point de n'avoir posté que cette sobre remarque ?
« Modifié: 27 janvier 2010 à 18:05:27 par Giacinto »

pehache

  • Invité
Re : Les fleurs nocturnes
« Réponse #3 le: 27 janvier 2010 à 18:35:24 »
Quand je suis sobre, c'est, le plus souvent, par peur d'être blessant ou mal compris.
« Un homme, un soir, au crépuscule de sa vie. Douloureusement, il se tourne vers moi comme je me tourne vers lui. »
Un homme, un soir, au crépuscule de sa vie, douloureusement se tourne vers moi comme je me tourne vers lui. (Me semble plus fluide…)
« Terrifiant miroir du temps, sombre abîme, vision noire extatique, verre opaque cristallin dans lequel se mire mon regard endolori : hideusement je lui ressemble. » Je pense aux maîtres de « l’esthétique fin de siècle », et, je l’avoue, enfant de Céline, j’ai bien du mal avec ce style qui me semble terriblement daté.
 Ses lèvres pâles et gercées remuent. (Tes adjectifs ne m’étonnent pas, je me sens dans le cliché, ça me gêne).
 Il parle. Son langage est celui d’un autre temps,[ Oui, certes, mais ton écriture me le semble aussi…]  les mots qu’il compose [ composer des mots me paraît douteux, des phrases, oui, des mots ?] me sont étrangers ; il tente en vain une dernière approche. Résigné il se tait, moi je hurle mon silence.[l’antithèse me semble éculée] Ses yeux s’embuent de larmes, les miens sécrètent d’ardentes flammes. Le miroir se brise. Ses reflets éclatant de ci de là entaillent mon image de multiples blessures qui je crois ne cicatriseront jamais. Je suis sur le pont Albert 1er, à Liège. Il (???) approche de minuit, le paysage est brumeux, la nuit [est] sans étoiles, le fleuve impassible poursuit son cours tandis que les lumières artificielles des néons dansent sur sa peau. J’entends le ronflement sourd (attendu) de quelques voitures au loin, le sifflement d’une bicyclette qui file sur le quai, les derniers murmures des derniers passants tandis que la nuit les inonde, puis c’est le pincement glacial(redondant) de l’hiver et le silence mélodieux(,) sentencieux du monde(tu abuses de ce jeu sur le silence, déjà hurlé). Je pose mon stylo-plume sur le papier, le cours de ma vie est irrémédiablement changé ; dans ce repos de deuil nouvellement acquis, fleurissent mes premières fleurs nocturnes.


Donc,( ?) tout finit par une prise de conscience et tout commence par elle. Avant cela les ténèbres, après cela les ténèbres. Rien n’a changé en apparence, mais tout est différent. Je marche sur la cime enneigée de mes mots, ouvre mes portes closes, échappe au temps et à l’espace, plonge dans la nuit noire(pas bleue ou jaune ?) au cœur d'un ouragan, m'y épanouis, valse parmi les vagues, me noie entre leurs bras, meurs enfin, et ressuscite. Étrange nouveau Lazare que je suis(lourd), il me semble alors, depuis le pont, entendre le fleuve me convier à tout laisser derrière moi, l’accompagner sur le premier port venu pour embarquer sur le premier bateau venu en partance vers le grand large, y poursuivre tel Achab quelque monstre marin, y visiter, comme il persuada jadis Ishmaël de le faire, la splendeur grandiose(redondant) de ses horizons profonds(obscur). Patience mon fleuve(,) mon vieil ami, confident secret de combien de larmes secrètes,(abus de ces répétitions) spectateur impuissant de combien de rêves biaisés, je sens que mon voyage, pour l’heure, sera celui des hommes terrestres( ? surprenant- mais dire quoi ?), et le vent dans la nuit dans un même mouvement m’enivre de l’odeur fiévreuse des grandes fleurs du continent.
Voilà. Tu sais écrire, c’est évident. Tu nous proposes un paysage intérieur/extérieur, l’idée est séduisante, quoique déjà fort exploitée, mais le style me semble ressortir du pastiche ou de la parodie, relever de la chose morte depuis Huysmans, par exemple.
Voilà.
Amicalement.

pehache

  • Invité
Re : Les fleurs nocturnes
« Réponse #4 le: 27 janvier 2010 à 18:39:23 »
Au fait, tu as été encore plus sobre sur mes "sèves", par exemple.

Hors ligne Giacinto

  • Tabellion
  • Messages: 56
Re : Les fleurs nocturnes
« Réponse #5 le: 27 janvier 2010 à 19:21:18 »
Tu me sembles de bien mauvaise humeur, dis-moi...

Pas envie de répondre à ce commentaire qui sous mine de se vouloir objectif  et détaché laisse plus qu'autre chose s'exprimer ton besoin irrationnel de casser mon texte.  Au point où on en est, il me semble à te lire, tout écrit qui se veut, après Céline,  un tant soit peu soutenu et lexicalement riche fait tout de suite respectivement daté et cliché... au point de tendre inexorablement vers une parodie de style. M'est avis que c'est très grave de penser une chose pareille. C'est un argument qui à chaque fois revient sur le tapis et fait dresser mes cheveux sur ma tête.

Parce qu'on n'a plus le droit après Céline d'écrire bien, peut-être ?

Mais bref, je ne vais pas m'en formaliser. Merci de ta critique étendue.

A part ça, vraiment désolé pour ton texte non commenté,  mais ce n'est pas une raison pour t'en prendre sur moi, je ne suis pas le seul commentateur potentiel que je sache, et j'ai mes raisons -  légitimes, elles - de ne l'avoir pas fait qui sont tout simplement que je n'ai pas eu accès à internet ces dernières semaines. Si tu me reproches d'avoir été trop sobre avec tes textes, il ne fallait pas prendre la peine de venir faire ta petite remarque sur le mien, tu sais. Y a vraiment des choses plus importantes à faire dans la vie, tu ne trouves pas ?
« Modifié: 27 janvier 2010 à 19:25:46 par Giacinto »

pehache

  • Invité
Re : Les fleurs nocturnes
« Réponse #6 le: 27 janvier 2010 à 19:33:01 »
Tu me sembles de bien mauvaise humeur, dis-moi...

Pas envie de répondre à ce commentaire qui sous mine de se vouloir objectif  et détaché laisse plus qu'autre chose s'exprimer ton besoin irrationnel de casser mon texte.  Au point où on en est, il me semble à te lire, tout écrit qui se veut, après Céline,  un tant soit peu soutenu et lexicalement riche fait tout de suite respectivement daté et cliché... au point de tendre inexorablement vers une parodie de style. M'est avis que c'est très grave de penser une chose pareille. C'est un argument qui à chaque fois revient sur le tapis et fait dresser mes cheveux sur ma tête.

Parce qu'on n'a plus le droit après Céline d'écrire bien, peut-être ?

Mais bref, je ne vais pas m'en formaliser. Merci de ta critique étendue.

A part ça, vraiment désolé pour ton texte non commenté,  mais ce n'est pas une raison pour t'en prendre sur moi, je ne suis pas le seul commentateur potentiel que je sache, et j'ai mes raisons -  légitimes, elles - de ne l'avoir pas fait qui sont tout simplement que je n'ai pas eu accès à internet ces dernières semaines. Si tu me reproches d'avoir été trop sobre avec tes textes, il ne fallait pas prendre la peine de venir faire ta petite remarque sur le mien, tu sais. Y a vraiment des choses plus importantes à faire dans la vie, tu ne trouves pas ?
Je suis désolé si je t'ai blessé. J'ai juste essayé d'exprimer mon sentiment de lecteur, sans la moindre animosité, je te prie de bien vouloir le croire. (Je te fais remarquer que je ne m'en prends aucunement à toi, ta personne, juste au texte, je trouverais sympa que que tu en fasses de même, sans interprétation psychologisante...)
Je n'ai pasd dit qu'on ne pouvait écrire après Céline, dieu soit loué! Mais, plus sobrement, que certain type d'écriture, dix-neuvièmiste, ne passait plus "à MES yeux", aux miens, seulement.
Je chéris l'écriture fleurie, moi aussi, de Borges à Richard Jorif, de Ponge à... Ne juge pas trop vite.
Je ne t'en veux aucunement, en rien. Et c'est ton droit le plus strict de ne pas commenter ce que j'écris. Je répondais seulement à ta remarque sur la "sobriété".
Je sais trop combien, nous autres écrivants, acceptons difficilement la critique. mais c'est le lieu pour ça, ici.
Amicalement.

Hors ligne Matt

  • Calame Supersonique
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Re : Les fleurs nocturnes
« Réponse #7 le: 28 janvier 2010 à 14:28:50 »

Citer
Un homme, un soir, au crépuscule de sa vie. Douloureusement, il se tourne vers moi comme je me tourne vers lui.

Je trouve lourd de séparer cette partie en deux phrases.

Quelque chose comme : "Un homme, un soir, au crépuscule de sa vie, se tourne vers  moi comme je me tourne vers lui" passe beaucoup mieux selon moi, car séparé en deux, on s'efforce de redire qui est le sujet et le "douloureusement" coupe un peu trop subitement le rythme. Mais bon, je dis ça, parce que c'est moi, donc à prendre comme bon te semble.

Citer
Je marche sur la cime enneigée de mes mots, ouvre mes portes closes, échappe au temps et à l’espace, plonge dans la nuit noire au cœur d'un ouragan, m'y épanouis, valse parmi les vagues, me noie entre leurs bras, meurs enfin, et ressuscite.


Là par contre je trouve la phrase un peu trop longue, à cause de l'énumération successive des verbes, collés les uns après les autres et du "enfin".

Citer
Donc, tout finit par une prise de conscience et tout commence par elle.

Mouais...

----------

Le texte se lit bien, il y a de belles choses, mais malgré tout je n'ai pas accroché.

Je sais pas, c'est bizarre. Il y a des passages que j'aime bien, mais dans l'ensemble je n'ai pas le même ressenti, désolé  :-[
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

Hors ligne ernya

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Re : Les fleurs nocturnes
« Réponse #8 le: 28 janvier 2010 à 14:56:08 »
Douloureusement, il se tourne vers moi comme je me tourne vers lui.  
je trouve cette phrase lourde, peut-être à cause du "douloureusement", enfin moi j'ai l'impression que c'est un mec dans un hôpital qui peut pas bouger sans souffrir comme pas permis, alors que c'est pas du tout la scène

Terrifiant miroir du temps, sombre abîme, vision noire extatique, verre opaque cristallin dans lequel se mire mon regard endolori : hideusement je lui ressemble.  
là, je plussoie pehache,  ça fait un peu promo sur les adjectifs :mrgreen:
en fait ça passerait bien si le texte était ironique, ce qu'il n'est pas je crois

Ses reflets éclatant deci delà entaillent mon image de multiples blessures qui je crois ne cicatriseront jamais.  
la fin me semble hyper lourde, moi, j'enlèverai le "je crois" et à la limite mettre un "peut-être" pour la modalisation

le silence mélodieux sentencieux du monde.  
j'ai du mal à voir comme quelque chose de mélodieux peut aussi être sentencieux

Je pose mon stylo-plume sur le papier, le cours de ma vie est irrémédiablement changé ; dans ce repos de deuil nouvellement acquis, fleurissent mes premières fleurs nocturnes.
j'ai du mal à comprendre, il écrit sur le pont ?
"colchiques dans les près fleurissent fleurissent..." (cette dernière remarque n'est pas une moquerie, j'ai toujours adoré cette chanson, sérieusement.)

Donc, tout finit par une prise de conscience et tout commence par elle.  
donc ? pourquoi "donc" ? tu arrives à une conclusion ?
quant au balancement bof, surtout que les balancements sont assez nombreux dans ton texte, ça en devient un peu lassant, je trouve

Avant cela les ténèbres, après cela les ténèbres. Rien n’a changé en apparence, mais tout est différent.  
idem que ce que je viens de dire, je veux dire ta dernière phrase, on l'a déjà comprise en sous-entendu

j'ai pas trop accroché dans l'ensemble, l'abondance des balancements et des adjectifs m'a pas trop plu, on sent que tu veux un langage comme tu le dis "fleuri" mais je trouve que l'émotion ne passe pas, parce que les mots ne me parlent pas, ne me semblent pas aussi brillants que tu le penses.  Et ce parce qu'il sont trop nombreux et tous collés les uns aux autres. Personnellement je trouve ça dommage, ça me donne l'impression que tu reprends des mots qui sont soi-disant poétiques parce que les grands de notre littérature les ont utilisés, mais en essayant d'en mettre le plus possible en un minimum de phrases. Comme si c'était un défi en fait.
Et bizarrement j'ai du mal à imaginer la scène, enfin si, je vois une sorte de romantique sauf que je crois que je préfère la façon dont eux se représentaient, là, je sens plus une image clichée, mais le texte n'est pas ironique. Je pense, mais c'est purement personnel, que tu veux en faire trop.
Voilà, je sais bien que ce n'est pas forcément très "gentil" ce que je dis et j'ai tendance à forcer les défauts pour que tu comprennes ce que je reproche à ce texte, ne le prends pas mal.
« Modifié: 28 janvier 2010 à 20:41:12 par ernya »
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Giacinto

  • Tabellion
  • Messages: 56
Les fleurs nocturnes - 2
« Réponse #9 le: 28 janvier 2010 à 15:54:26 »
Je pense. Je hume l’air nocturne et l’air nocturne en retour m’apporte les parfums de mes anciennes vies. Je me souviens du mistral, je me souviens de l’aube rayonnante de ma première enfance. C’était la mer, je crois. La mer méditerranéenne, la mer imposante et fébrile du soleil qui lui chauffait les eaux. Les nids des alcyons, en ce temps-là, n’étaient pas encore ces immenses tours de Pise bancales qui dans le champ de mes souvenirs perleraient bientôt assombrissant le paysage ; ces fondations de briques et de ciment qui portent encore la marque rude de ce qui, constamment tanguant, constamment heurtant le sol imberbe de mes sentiments et s’y fracassant dans un bruit de ferraille et de paix ajournée, se redressent alors et ne laissent pour moi que la contemplation amère de ces vestiges sans cesse renouvelées et la présence froide de la nostalgie.

Toi ma terre qui ronde sans but dans l'univers sur les chemins que décide pour toi ton inertie ;
toi ma main par laquelle j’écris ces lignes, dynamique mais si usée pourtant ;
toi le vent du nord qui pour cette théâtrale nuit daigne m’apporter plus que la drogue douce et trop connue de la mélancolie ;
qu’avez-vous à m’apprendre que moi, sur ce pont, solitaire, la barbe naissante, le front levé, les yeux foudroyant le ciel mais n’y décelant comme unique lumière que le scintillement pâle de mon âme,
je ne pressente déjà ?

Tout de même je vous laisse aller à votre guise, en vos mécaniques révolutions ne vous dérange pas ; à pas lents je vous suis, je vous observe, je vous écoute, libre, mais ne vous comprends pas.

pehache

  • Invité
Re : Les fleurs nocturnes
« Réponse #10 le: 28 janvier 2010 à 18:28:55 »
qui ronde ? qui rôde ?

Hors ligne Matt

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 543
Re : Les fleurs nocturnes
« Réponse #11 le: 28 janvier 2010 à 18:38:11 »

Euh... oui mais non. Je risque de me faire hurler dessus par les modos, mais là quand même, j'ai passé du temps à lire le texte et à dire ce que je pensais donc ce serait gentil de dire quelque chose pour la première partie, tout comme pour ernya.

Bon, sinon.

Citer
Je me souviens du mistral, je me souviens de l’aube rayonnante de ma première enfance.

Même remarque que dans la première partie. Je trouve que c'est assez lourd de reprendre le même sujet, suivi en plus du même verbe ici. Je propose : "Je me souviens du mistral, cette aube rayonnante de ma première enfance", mais bon, je ne force rien. C'est juste pour montrer quelques différences d'impacts qu'il peut y avoir selon comment on tourne les phrases.

Citer
La mer méditerranéenne, la mer imposante et fébrile du soleil qui lui chauffait les eaux.

Idem. Pourquoi reprendre le sujet "la mer" ? Bon bien sûr, en poésie, cela peut donner quelque chose, le fait de répéter, c'est souvent voulu, mais là je trouve que c'est lourd.

Citer
constamment tanguant, constamment heurtant

On peut raccourcir là aussi : "constamment tanguant, heurtant..." (répéter constamment n'est vraiment pas joli à mon goût)

Citer
Toi ma terre qui ronde sans but dans l'univers sur les chemins que décide pour toi ton inertie ;

Euh, sans ponctuation, c'est un peu difficile à lire. (je compte pas le ";" de la fin) Puis c'est un peu dit bizarrement.

Citer
dynamique mais si usée pourtant ;

Je n'aime pas trop le "mais si" avec plus loin "pourtant". Cela pourrait être reformulée de manière plus jolie. Mais bon, là, c'est surtout l'insistance sur le "si" qui me gêne.

Citer
les yeux foudroyant le ciel mais n’y décelant comme unique lumière que le scintillement pâle de mon âme,
je ne pressente déjà ?

J'ai beaucoup de mal avec cette phrase interrogative. En fait, c'est comme si il y avait deux phrases. D'un côté la partie "qu’avez-vous à m’apprendre que moi, sur ce pont, solitaire, la barbe naissante, le front levé, les yeux foudroyant le ciel mais n’y décelant comme unique lumière que le scintillement pâle de mon âme" et de l'autre "je ne pressente déjà ?".  Aussi, relevant ce passage, j'ai un peu de mal à saisir le "que" qui est placé entre "m'apprendre" et "moi".  C'est assez étrange pour moi.


Edit du 10 février 2010

Personne ne lira ceci, j'en suis sûr, mais pourquoi ce silence ? je ne vois pas quel est l'intérêt pour moi de commenter un texte s'il n'y a pas un retour, à moins qu'il y est une explication derrière, et j'aimerais bien la connaître.
« Modifié: 10 février 2010 à 18:30:42 par Matt »
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

pehache

  • Invité
Re : Les fleurs nocturnes
« Réponse #12 le: 29 janvier 2010 à 20:58:07 »
Euh... oui mais non. Je risque de me faire hurler dessus par les modos, mais là quand même, j'ai passé du temps à lire le texte et à dire ce que je pensais donc ce serait gentil de dire quelque chose pour la première partie, tout comme pour ernya.

A mon avis, le nouveau texte proposé montre que notre ami n'est pas sourd.

 


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