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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Momie à domicile

Auteur Sujet: Momie à domicile  (Lu 4677 fois)

mercurielle

  • Invité
Momie à domicile
« le: 08 Avril 2018 à 09:24:43 »
Bon.  13832 caractères. Un peu long ? Mais je ne vois pas d'autre endroit où poster. "Momie à domicile" fait partie d'un recueil de 20 nouvelles fantastiques ou de SF, écrites il y a longtemps. J'ai corrigé quelques bêtises, mais laissé l'essentiel en l'état.

MOMIE À DOMICILE

   Sa femme était morte depuis onze ans déjà. Elle reposait dans la cave, soigneusement enveloppée de bandelettes, telle une momie égyptienne. Il avait retrouvé leur technique d’embaumement et s’attachait désormais à découvrir le moyen de réveiller ce corps endormi. Il en était sûr, les ancien Égyptiens momifiaient leurs morts dans l’espoir qu’un jour lointain, leurs descendants sauraient les ressusciter.
   Non pas que Guillaume fût égyptien le moins du monde ! De souche anglo-normande, il finissait tranquillement ses jours à Guernesey, l’île de son enfance jamais quittée. À l’abri du besoin par son mariage - sa femme étant la seule héritière de la fameuse pêcherie Rozanne, sise à Saint-Pierre, la capitale -, il avait pu s’adonner à sa marotte, l’Ancienne Égypte. Avec l’amour qu’il vouait à sa femme, tels étaient les deux pôles de son existence. Peiné mais point abattu par le décès de sa compagne - un stupide empoisonnement aux champignons -, il s’était mis à la tâche et, depuis une dizaine d’années, travaillait à son Grand Œuvre.

   Tout Saint-Pierre se gaussait de lui, avec respect toutefois, puisqu’il était riche et le principal actionnaire de la pêcherie, qui employait un bon quart de la population. Quand on le rencontrait sur la lande au bord de la falaise, avec son panier débordant d’herbes mystérieuses, on le saluait très bas avec un petit sourire de connivence :
- Bonjour, monsieur. Et comment avancent-elles, ces recherches ?
- Pas mal, pas mal, merci !
   Et il s’éloignait, cheveux gris et houppelande au vent.
   Bien sûr, son désir de conserver le cadavre de sa femme chez lui avait déclenché un grand remue-ménage ; mais grâce à des appuis en haut-lieu, il avait eu gain de cause. Et puis, ma foi, tous les musées regorgent de momies, pourquoi ne pas en avoir une chez soi ? Le procès se conclut sur un non-lieu, pour la simple raison que la loi n’avait pas prévu cet article, à savoir « Infraction pour cause de momie à domicile ».
   On venait voir la momie de loin, jusque du continent : elle était devenue l’attraction incontournable de l’île. Cela ne le dérangeait pas outre mesure. Il se montrait même assez fier de sa création et prenait plaisir à expliquer longuement sa manière de procéder.  Les visiteurs ressortaient de là assez admiratifs, un peu craintifs tout de même : les explications scientifiques ne leur suffisant pas, ils leur ajoutaient quelque tour de sorcellerie, propre à contenter leur sens du merveilleux, toujours latent chez l’homme, mais peut-être davantage chez ces îliens, à mi-chemin entre deux Bretagne saturées de légendes.
   D’autant plus que Guillaume avait transformé sa cave en sanctuaire à l’atmosphère fantastique. Le corps reposait sur un autel de marbre taillé en un seul bloc ; aux quatre coins de la pièce brûlaient des flambeaux ; le plafond voûté et le sombre granit des murs parachevaient l’aspect sépulcral. Et l’œil, immanquablement, était attiré par cette forme blanche, si bien mise en valeur : sous les bandelettes soigneusement enroulées, on reconnaissait la forme d’un corps au repos, bras croisés sur la poitrine et jambes allongées ; du visage, on devinait l’arête du nez, la rondeur du menton. Là-dessous, on pouvait imaginer tout ce qu’on voulait, sauf une imposture ; la preuve avait été faite en son temps : c’était bien un corps humain qui reposait ainsi.
   Guillaume ne se permettait pourtant pas de dénouer les bandelettes, ne serait-ce que d’un centimètre, ne serait-ce que d’un instant. Il connaissait l’erreur commise par les profanateurs de tombeaux, ces fanatiques qui, sans la moindre précaution, avaient dévoilé de momies vieilles de trois mille ans : en peu de temps, elles s’étaient littéralement décomposées (1) sous leurs yeux et au bout du compte, on n’avait pu produire au public que des corps en état de putréfaction avancée, promptement renfermés dans leur sarcophage définitivement soudé.
   Il se contentait donc d’imaginer sa chère femme, pareille à elle-même, avec son beau visage doux et lisse, sa peau restée souple et ses belles mains de pianiste. Car oui, elle avait joué du piano. L’instrument siégeait encore dans le salon de musique où Guillaume aimait à s’attarder, effleurant mélancoliquement les touches. Et il ne désespérait pas d’entendre à nouveau ce piano, résonant sous les doigts aimés.

* * *

   Mais voilà ! Arrêté dans ses recherches, il butait sur un paramètre (2) qui exigeait de longs calculs dont il ne voyait pas la fin, au sens propre et figuré : s’il en venait à bout, le résultat le décevrait ou serait tout autre que celui qu’il espérait. Obligé d’introduire une nouvelle variable parfaitement incongrue dans son système, il allait d’étonnement en étonnement. Équations surprenantes, dignes des mathématiques les plus folles, algèbre aberrante, bref, il ne s’y retrouvait plus dans une science soi-disant exacte. Pour se délasser, il passait de longs moments près de sa femme, s’excusant d’être ainsi retardé dans son projet.
   S’ajouta à cela l’arrivée impromptue de sa petite-fille venue respirer le bon air de la mer, dont il fallait bien s’occuper pourtant. Elle le dérangeait, traînant du sable dans la maison, galopant dans l’escalier et chantant à tue-tête. Il fut même obligé de fermer à clé la porte de la cave : n’avait-il pas trouvé l’enfant penchée sur le corps, prête à dérouler une bandelette ? Quel tollé ce fut !
- Petite malheureuse ! Arrête tout de suite !
- Pourquoi, Grand-Père ? Je veux voir Grand-Mère, moi !
- Va-t’en vite ! Un jour, tu la verras pour de bon mais il est encore trop tôt.   
- Elle n’y est pas pour de bon, là ?
- Si, petite. Mais elle ne bouge pas encore. Elle dort.
- Il ne faut pas la réveiller ?
- Non.
- Et quand tu l‘auras réveillée, elle parlera, elle marchera vraiment ?     
- Oui, tout comme avant. 
 - J’étais petite, je ne m’en souviens plus mais je l’aime quand même.
- Moi aussi, petite, moi aussi. Va jouer maintenant ! Si tu allais ramasser des crevettes ? Mélanie nous les fera cuire ce soir.
- Chic !
   Et la fillette s’en fut, toute guillerette, ayant déjà oublié la gravité de l’instant. Mais Guillaume eut du mal à se remettre de la peur qu’il venait d’éprouver. Fiévreusement, il réajusta cette bandelette que l’enfant avait touchée et cacha soigneusement la clé de la cave.

* * *

   Un après-midi de pluie, comme il essayait une fois de plus de résoudre une équation impossible, il fut surpris par le son du piano. Sans aucun doute, quelqu’un jouait là-haut... Son cœur rata un battement, puis reprit bravement sa course : la petite, bien sûr ! Au dîner, il la félicita pour sa prestation.
- Mais... Je ne joue pas du piano !
- Comment ça ? Tu n’étais pas là-haut tout à l’heure ?
- Mais non ! Je me suis promenée sur la falaise avec Yvan !
- Sous la pluie ? Ne mens pas, petite !     
- Je dis la vérité ! Tu n’as qu’à lui demander ! C’était peut-être Mélanie...
- Mélanie n’a jamais touché de piano de sa vie. C’est bien étrange...
   Dans sa poche, il caressa la lourde clé dont il s’était servi le matin même, pour sa visite quotidienne. Il n’avait rien remarqué. Se pouvait-il... Pour mieux se convaincre de l’impossible, il se leva, abandonnant là serviette et omelette, et se précipita vers la cave, suivi de sa petite-fille. Tout semblait en ordre. Le corps reposait là, dans la même position que ce matin, que la veille, que tous les autres jours de ces onze années. L’imagination vous joue de ces tours, parfois... Par acquis de conscience, il vérifia les bandelettes, étroitement serrées, mais constata un certain relâchement au niveau du poignet droit. Bah, le tissu avait dû jouer un peu... Il le lissa précautionneusement.
- Dis, tu crois que c’est elle qui jouait ?   
- Allons, ne dis pas de sottises !
- Et pourquoi pas ? Pourquoi ce serait une sottise ? Tu crois que tu n’en dis pas, toi, quand tu racontes qu’elle se lèvera, qu’elle marchera, que...
- Ce n’est pas pareil. Ça s’explique scientifiquement.
-  Ça veut dire quoi, scientifiquement ?
- C’est un phénomène qu’on peut expliquer raisonnablement, un phénomène auquel on trouve des raisons, tu comprends ?
- Et il n’y aurait pas de raisons, si c’était elle qui jouait ? 
- Aucune. En tout cas, rien de scientifique.
- Peut-être qu’il existe des raisons pas scientifiques...   

   Guillaume regarda sa petite-fille d’un air indécis. Sérieuse, les sourcils froncés, elle le considérait du haut de ses douze ans. Ce qu’elle énonçait là, cette phrase si simple et si extraordinaire à la fois, lui donna à réfléchir. Et de fait... Pourquoi n’arrivait-il pas au bout de ses calculs ? Ne plus se leurrer, ni mettre en doute ses dons de mathématicien, ni avoir peur. Oui, il devait bien le reconnaître, la peur seule l’empêchait d’avancer, qui lui faisait décréter l’équation insoluble, la variable incongrue. Oui, la peur de tout scientifique devant l’inexplicable ou l’inconcevable. Débarrassé de sa peur, il savait qu’il irait jusqu’au bout et, qu’à force de calculs, il déboucherait sur la solution, totalement antiscientifique, et n’était-ce pas le plus excitant de l’affaire ?

- Qu’est-ce que tu as, Grand-Père ?
- Je pensais à ce que tu viens de dire. Tu as peut-être raison... Viens, laissons Grand-Mère dormir. Si elle a joué du piano, elle doit être bien fatiguée.
- Tu crois qu’elle jouera encore ?
- Je ne sais pas, petite.

* * *

   Les vacances terminées, il retrouva sa solitude avec volupté, non sans une pensée de reconnaissance pour cette enfant qui avait mis le doigt sur le nœud du problème et, d’une réplique désinvolte, l’avait dénoué. 
   Le piano jouait de temps à autre, mais jamais quand il se trouvait dans la salle de musique. Il s’était habitué à l’entendre et reconnaissait les airs favoris de sa femme, notamment cette étude de Liszt. La vieille Mélanie ne se troublait pas pour autant : avec l’âge, elle devenait dure d’oreille. Quant à lui, Guillaume, s’il n’était plus guère troublé, il en restait ému. Et cela l’encourageait dans ses calculs fiévreux, mathématiques, mais pas scientifiques...
   Un beau jour, ou peut-être une nuit – le temps de l’horloge ne comptant plus pour lui -, il arriva au bout de sa démonstration, tira un grand trait au-dessous et écrivit triomphalement le CQFD final. Il venait de faire la preuve par a + b, corroborée par d’autres données plus complexes, que c’était bien sa femme, au piano. Ou plus exactement, la main de sa femme, autour de laquelle, chaque matin, il devait assujettir la bandelette, de plus en plus lâche.
   Ceci prouvé, le reste coulait de source.
   Ce reste lui prit quand même trois mois.
   Il écrivit alors une lettre à sa petite-fille, l’invitant à passer la semaine de Pâques dans l’île : il y aurait une surprise. Pour sa première tentative, il la voulait auprès de lui. 
   Elle arriva par le bateau de midi, un peu grandie et bien pâlotte. Mélanie se jura de lui redonner des couleurs et leur servit un repas pantagruélique. La petite mangeait voracement et, entre deux bouchées, posait force questions :
- Alors, Grand-Père, la surprise ?   
- Termine ton assiette d’abord !
- J’ai compris, tu sais, la surprise, c’est Grand-Mère. Elle va se réveiller !
- Si tu es sage !
- E si je ne le suis pas ?
- Elle se réveillera quand même, mais elle prendra sa grosse voix pour te gronder, elle t’enverra dans ta chambre et tu seras privée de goûter.         
- Je m’en moque. Je l’embrasserai quand même, tellement je l’aime. Tu crois qu’elle m’aime, elle ?
- Bien sûr, petite !   
- Et pourtant, elle ne m’a pas beaucoup vue !... Bon, on y va ?
- Doucement ! Avale tes fraises ! Ce sont les premières.
- J’en ai déjà mangé à Brest.
- Pas si bonnes ! Celles-là viennent du potager de Mélanie.
- J’aime bien comme Maman les prépare aussi, sans crème, avec du vin très sucré.
- Elle va bien, Maman ?
- Oui. Elle m’a dit de t’embrasser et qu’elle a pas le temps de venir, avec le petit frère.
- Je comprends. Tu as fini ? On descend ?
   La cave avait son aspect habituel mais, à côté du piédestal, Guillaume avait installé une table sur laquelle reposait tout un arsenal.
- C’est quoi, ça ?
- Les quatre éléments : ici de la terre dans cette coupelle, là de l’eau dans un vase, et puis voilà un ballon d’oxygène et dans ce récipient qui contient un peu d’alcool que j’enflammerai, c’est le feu.
- Et comment tu vas faire ?     
- C’est simple. D’abord, tu vas m’aider à dérouler les bandelettes. Promets-moi de faire bien attention !
- T’inquiète pas. À l’école, je suis bonne en Sciences Nat, plus tard je serai infirmière, alors les pansements, ça me connaît.
- Comme ça, oui, doucement, continue !
- Tu en as mis combien de mètres ?
- Des tas, je n’ai pas compté.
- Je peux les laisser tomber par terre ?
- Oui, ça n’a plus d’importance.
- Mais si ça rate et que tu doives les réenrouler, ils seront tout sales !
- Si ça rate, je n’aurai pas à les remettre. Plus la peine, elle mourra vraiment, tu comprends ?
- Oui. C’est grave, hein, ce qu’on fait ?
- Très.
- Tu crois qu’on est des savants ?
- Peut-être.
- Et que si on réussit on ira à l’Académie française ?
   Guillaume, en dépit de sa tension, éclata de rire :
- Ça te plairait ?
- Oui, pour les copines. À l’école, elles se moquent de moi, elles disent que j’ai un grand-père un peu fou, alors...
- Laisse-les dire. Elles sont jalouses. Je ne sais pas si on ira à l’Académie mais en tout cas, on sera les premiers au monde à ressusciter un corps.
- C’est Pâques !
- Rien à voir ! 
- C’est un peu comme Frankenstein alors ?
- Sauf que là-dessous, c’est Grand-Mère, ta jolie grand-mère.
- J’ai vu des photos. Elle n’était pas si jolie que ça.
- Peut-être pas. Mais je l’aimais.
- Comma Papa et Maman ?
- Pareil, oui. Quand on aime quelqu’un, vois-tu, on le trouve toujours beau, même s’il a le nez de travers ou une bosse dans le dos.
- Elle est bossue, Grand-Mère ?
- À sa mort, en tout cas, elle ne l’était pas.
- Tu crois qu’elle a pu le devenir ?   
- Mais non ! Attention, c’est la dernière couche... Laisse, je vais terminer seul...
   Amoureusement, Guillaume dévoila le visage qu’il n’avait pas oublié, le visage intact de sa chère morte. Les cheveux bouclaient légèrement, bien qu’un peu aplatis. La bouche close était du même rose pâle et tendre. Sous la peau claire, il devinait l’ossature parfaite qui avait conféré tant de noblesse à ce visage. Il ôta le dernier bandage et se mit à travailler en silence, efficace et rapide. Les minutes étaient comptées. Sur le corps nu, il saupoudra de la terre qu’il noya avec de l‘eau séchée à la flamme puis insuffla de l’air dans les poumons.
   Et attendit.
   Mais rien ne se passa.
   Alors, fébrilement, il recommença.
   Et recommença, encore et encore. Jusqu’à ce qu’il n’ait plus ni eau, ni terre, ni feu, ni air. Il hurla. La petite, pas bien rassurée, murmura :
- Tu veux que j’aille en chercher d’autre, Grand-Père ?   
   Il ne répondit pas. D’un geste éperdu, il se jeta sur le corps de sa femme qui déjà, par endroits, se colorait de taches brunâtres, verdâtres ou bleuâtres. Une odeur émanait d’elle, de plus en plus forte, insupportable.
-   Ça sent mauvais, Grand-Père, viens, ne restons pas là ! 
   Il sanglotait, balbutiait des mots sans suite.
- Je l’ai tuée, je l‘ai tuée ! Pour rien !
- Mais non, Grand-Père, elle était déjà morte !
- Je lui avais promis, tellement promis...
- Grand-Père, regarde ! Elle est noire partout, sauf... sauf à la main !
   Guillaume réagit au bout de quelques secondes. La petite avait raison : au bout du bras droit qui se décomposait à vue d’œil, la main reposait, longue, blanche et fine, avec ses doigts déliés aux ongles taillés en amande, un peu trop longs sans doute... Mais il les lui couperait et ils ne la gêneraient plus pour jouer au piano.
- Nous avons réussi, Petite !
- Réussi ?
- Oui, en partie. J’ai ressuscité sa main. J’aurais dû le comprendre, depuis qu’elle joue du piano. Vois-tu, j’avais oublié comment elle était morte.
- Elle s’était empoisonnée, m’a dit Maman.
- Voilà. Son corps est plein de poison.
- Et pas sa main ?
- Je la lui avais coupée avant.
- Avant ?... 
- Avant de l’empoisonner. Tiens, regarde !
   Il prit la main qui se détacha du bras, simplement posée dans son prolongement.
   Terrifiée, la petite fille fixait cette chose, cet objet, cette main dont les doigts bougeaient, s’agrippaient à ceux de son grand-père et serraient, serraient...
   Sans demander son reste, elle grimpa quatre à quatre les escaliers, renversa la bassine pleine d’eau savonneuse où Mélanie s’apprêtait à tremper une serpillière et, toujours courant, s’en fut vers la ville en criant d’épouvante.

   On trouva Guillaume allongé tout de son long sur le cadavre de sa femme auquel, mystérieusement, il manquait la main droite. Il était mort, étranglé.

   On ferma la maison. Les îliens, toujours épris de légendes, racontent qu’en passant devant, on peut y entendre jouer du piano.
_ _ _
Notes
(1) Remarque fausse, évidemment, ainsi que toute la fin du paragraphe. 
(2) Je suis nulle en maths.   
« Modifié: 30 Avril 2018 à 10:09:56 par mercurielle »

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 254
Re : MOMIE A DOMICILE
« Réponse #1 le: 08 Avril 2018 à 10:09:59 »
La qualité d'une nouvelle réside essentiellement dans sa chute, cette manière de piéger le lecteur en l'emmenant sur un chemin dans les rives charmantes l'amènent à oublier qu'il déambule dans un monde pervers. Aussi, si l'on devait (et l'on doit) évaluer ta nouvelle à l'aune de ce critère, elle obtiendrait la note maximum. Ici, en effet, tout marche magnifiquement ; le gentil grand-père, la petite fille genre Martine à la plage, la bonne Mélanie est juste un zeste d'étrangeté qui traîne dans les étages de la maison. Alors lorsque se révèlent la… le… mais je ne veux pas en dire plus pour laisser au lecteur suivant le bonheur de cette chute.

En tout cas, bravo !

PS : merci de pardonner les éventuelles erreurs orthographiques. Ce texte est le fruit d'une reconnaissance vocale et je ne peux le corriger en raison de ma déficience visuelle.
cent fois sur le métier...

Hors ligne avistodenas

  • Prophète
  • Messages: 696
Re : MOMIE A DOMICILE
« Réponse #2 le: 08 Avril 2018 à 11:21:02 »
Ce sont des histoires qui se racontent encore aux assemblées de druides au fin fond de la forêt de Paimpont autour d'un feu lorsque la lune luit entre deux nuages livides et qui vous foutent les foies. :)

mercurielle

  • Invité
Re : MOMIE A DOMICILE
« Réponse #3 le: 08 Avril 2018 à 17:56:13 »
Merci mes amis ! En relisant, avec X années de recul, je souris un peu. C'est mignon, assez bien fait, mais ça reste tellement naïf !

- Hellian, oui, écrire une nouvelle fantastique est bien plus difficile qu'écrire un roman (toutes proportions gardées) : il faut du court, du dense, et surtout, comme tu le soulignes, une chute.

- Job, exact pour Gautier, mais je ne l'avais pas lu à l'époque. Il me semble que trottait dans ma tête un vieux film avec une main coupée qui jouait du piano. 

- Avisto, ton œil critique est toujours juste. Une phrase bien envoyée.     

mercurielle

  • Invité
Re : Re : MOMIE A DOMICILE
« Réponse #4 le: 08 Avril 2018 à 18:01:48 »
Le film c'est : Les mains d'Orlac !

Jo, cinéphile !

Les Mains d'Orlac ? C'est de qui et de quand ?

Hors ligne Claudius

  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 12 609
  • Miss green Mamie grenouille
Re : MOMIE A DOMICILE
« Réponse #5 le: 08 Avril 2018 à 23:04:41 »
 :D :D

Mercurielle j'ai beaucoup aimé ton histoire ! Absurde certes, mais tellement bien amené !

Ce n'est pas si naïf que ça ! enfin moi je trouve, je relirai ça c'est sûr !

 :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

Ma page perso si vous êtes curieux

O.deJavel

  • Invité
Re : MOMIE A DOMICILE
« Réponse #6 le: 09 Avril 2018 à 00:46:04 »
J’ai bien aimé aussi !

Le pépiement joyeux de l’enfant rend la lecture tellement agréable !

C’est elle qui nous transporte tout au long du récit !

Bravo ! :)

mercurielle

  • Invité
Re : MOMIE A DOMICILE
« Réponse #7 le: 09 Avril 2018 à 09:46:20 »
Ah, O.dejavel et Claudius, me voilà comblée.

O.dejavel, je me suis aperçu qu'il y a très-très souvent une petite fille dans mes écrits. J'ai interrogé mon inconscient ;) et j'ai compris pas mal de trucs sur moi.

Claudius, ce que je trouve naïf, c'est le style. Pas mal de clichés aussi. Je n'écris plus ainsi.     

Hors ligne Claudius

  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 12 609
  • Miss green Mamie grenouille
Re : MOMIE A DOMICILE
« Réponse #8 le: 09 Avril 2018 à 22:09:25 »
 :)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Je n'ai pas trouvé le style si naïf que ça;

 :mrgreen: :mrgreen:
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

Ma page perso si vous êtes curieux

mercurielle

  • Invité
Re : Momie à domicile
« Réponse #9 le: 10 Avril 2018 à 08:58:46 »
Claudius, contenu du spoiler corrigé. Il me semble pourtant avoir vu passer des trucs avec majuscules.

Hors ligne JMLC

  • Troubadour
  • Messages: 260
Re : Momie à domicile
« Réponse #10 le: 16 Avril 2018 à 22:05:46 »
Bonjour Mercurielle,

Deux minuscules commentaires de forme sur « Momie à domicile ».

- « les explications scientifiques ne leur suffisant pas, ils leur ajoutaient quelque tour de sorcellerie, propre à contenter leur sens du merveilleux ... » - je ne suis pas sûr de comprendre à qui se réfère le « ils »
 
- « E si je ne le suis pas ? » - Et si…

Sur le fond, j’ai adoré ! Autant j’avais trouvé la chute de « L'étrange aventure d’Alexandre Labriolle » un peu décevante, autant celle-ci est digne d’Edgar Poe ! Avec en plus de l’humour, un côté « mignon » avec la petite fille, qui contrebalance bien l’horreur de l’intrigue, et un contexte géographique original. D’ailleurs je regrette que tu n’aies pas plus développé cet aspect avec plus de descriptions de Guernesey. Mais bon, dans le cadre d’une nouvelle, je comprends bien qu’il faille se concentrer sur l’essentiel, ce que tu fais admirablement.

Bravo et bonne continuation,
JM
Roman en cours : 2112 (SF)

mercurielle

  • Invité
Re : Re : Momie à domicile
« Réponse #11 le: 17 Avril 2018 à 09:07:45 »
Bonjour, JMLC, lecteur fidèle !  :)


- « les explications scientifiques ne leur suffisant pas, ils leur ajoutaient quelque tour de sorcellerie, propre à contenter leur sens du merveilleux ... » - je ne suis pas sûr de comprendre à qui se réfère le « ils »
[...]
Sur le fond, j’ai adoré ! Autant j’avais trouvé la chute de « L'étrange aventure d’Alexandre Labriolle » un peu décevante, autant celle-ci est digne d’Edgar Poe ! Avec en plus de l’humour, un côté « mignon » avec la petite fille, qui contrebalance bien l’horreur de l’intrigue, et un contexte géographique original. D’ailleurs je regrette que tu n’aies pas plus développé cet aspect avec plus de descriptions de Guernesey. Mais bon, dans le cadre d’une nouvelle, je comprends bien qu’il faille se concentrer sur l’essentiel, ce que tu fais admirablement.

=>ils = les îliens, les touristes.

=> OK pour le décor manquant. Mais une nouvelle demande brièveté, densité et concentration, comme tu le soulignes. Mes nouvelles (j'en ai écrit 20, puis je suis passée aux romans, puis aux biographies) sont fantastiques ou SF. Je me demande si je ne vais pas écrire une nouvelle toute bête (vie quotidienne) mais la chute, car il en faut bien une, sera sans  doute plus difficile à circonvenir. Il faut relire Maupassant !  ;)

Hors ligne JMLC

  • Troubadour
  • Messages: 260
Re : Momie à domicile
« Réponse #12 le: 18 Avril 2018 à 00:08:21 »
20 nouvelles ? Et seulement 2 postées sur ce site ? Allez hop, au clavier ! ;) Je plaisante bien sûr ; mais je serais curieux de lire les autres.
Roman en cours : 2112 (SF)

mercurielle

  • Invité
Re : Momie à domicile
« Réponse #13 le: 18 Avril 2018 à 09:33:39 »
Bonjour JMLC,

J'en ai mis une troisième "Du soleil plein les yeux". Je n'ai pas le lien, là. Tape sur page perso, je l'ai ajoutée. Ah si, c'est là :

http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,27918.msg442427.html#msg442427

Hors ligne JMLC

  • Troubadour
  • Messages: 260
Re : Momie à domicile
« Réponse #14 le: 18 Avril 2018 à 18:33:04 »
Bonjour Mercurielle,

Je l’ai copiée-collée ; je posterai mes commentaires bientôt.

Bonne soirée,
JM
Roman en cours : 2112 (SF)

 


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