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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Du soleil plein les yeux

Auteur Sujet: Du soleil plein les yeux  (Lu 6278 fois)

mercurielle

  • Invité
Du soleil plein les yeux
« le: 16 Avril 2018 à 16:45:18 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


12040 caractères avec le spolier. Faut-il mettre ceci dans les textes longs ?

Du soleil plein les yeux

   Le vaisseau spatial poursuivait sa route, sans personne à bord. C’était le fameux engin envoyé dans l’espace par les Américains au cours de cette deuxième moitié du XXe siècle où avait pris naissance l’astronautique. Persuadés que la vie, sous une forme intelligente, existait sur d’autres planètes mais n’en ayant aucune preuve, ils avaient lancé ce vaisseau, simple carlingue bourrée d’instruments de navigation. Mais sur la paroi extérieure, ils avaient gravé ce qui, selon eux, devait servir de signes de reconnaissance entre deux civilisations intelligentes : un homme et une femme nus, le théorème de Pythagore et une ou deux autres formules mathématiques soi-disant universelles. Les extra-terrestres, s’ils existaient, se rendraient compte ainsi qu’ils n’étaient pas les seuls. Un peu vexés de rester ignorés des habitants des étoiles, les Terriens allaient à eux.

   Le vaisseau était programmé pour une course sans fin, jusqu’au bout de l’univers, si tant est qu’il en ait un. Einstein ayant dit que l’univers était courbe, on pouvait supposer qu’après un nombre incalculable d’années, le vaisseau reviendrait à son point de départ. À moins qu’il ne se désintègre en cours de route, sous l’effet de quelque phénomène inconnu, les ingénieurs de la NASA ne se targuant pas de tout savoir. Une bouteille à la mer... 
 
   Ces scientifiques ne pouvaient imaginer toute la poésie de cette émouvante expérience : dans l’espace incommensurable, vide, froid, noir et silencieux, progressait lentement une carlingue fuselée, témoin avancé d’une civilisation lointaine, d’une terre depuis longtemps disparue, à tant d’années-lumière. Tentative naïve et belle à l’image de ces humains trop humains. L’espace recélait d’innombrables dangers et ces peuples inconnus qu’ils imaginaient leurs frères en intelligence et en savoir, se révèleraient peut-être des êtres cruels, en-deçà ou au-delà de toute compréhension. Peut-être ignoreraient-ils l’engin, par incapacité ou mépris. À moins qu’ils fussent leurs égaux. Mais tant de planètes et de galaxies... Une chance sur un milliard. Eh bien, les humains avaient tenté cette chance. Mais ils ne surent jamais les aventures qui arrivèrent à ce vaisseau.   

~ Première Aventure ~

   Évité de justesse par la météorite, il fut toutefois perturbé par le vent magnétique, opérant plusieurs tours sur lui-même et, oscillant encore, reprit sa trajectoire légèrement modifiée. À l’intérieur, certains objets mal fixés, déjà dérangés lors du lancement, avaient quitté leur support. Rien de bien grave, les ustensiles quotidiens des humains placés là pour corroborer les dessins de l’extérieur, ainsi qu’un ouvrage de physique nucléaire traduit en esperanto [ ;)] et des photographies de la Terre prises par satellites. Mais le pilote automatique, un ordinateur complexe, continuait son petit bonhomme de travail, allumant régulièrement des clignotants rouges ou verts et bourdonnant sans à-coups.

   Soumis à l’apesanteur, le livre, les photographies et autres ustensiles se balançaient mollement, se heurtant quelquefois légèrement, repartant dans une autre direction, tout cela comme une interminable danse au ralenti. Soudain, les objets se précipitèrent vers le sol : c’était le début de la...

~ Deuxième Aventure ~   
       
   Le vaisseau venait d’entrer dans le champ d’attraction d’une exo-planète qui gravitait autour d’une de ces innombrables étoiles, toutes autant de soleils, qui formaient la Voie Lactée. Junon avait bon dos : on lui attribuait l’origine de cette nébuleuse mais pas la moindre trace de lait, ni du nourrisson Vulcain, mais des myriades de corps célestes, sombres ou brillants ; et c’était déjà miracle que le vaisseau ne se fût pas fracassé contre eux. Il ralentissait peu à peu et resta bientôt totalement immobile, peut-être trop léger pour pénétrer dans l’atmosphère de cette planète qui, pourtant, avait stoppé net la valse des objets. En même temps, l’ordinateur cessa de bourdonner et les lumières s’éteignirent, plongeant la cabine dans le noir absolu.

   Mais à l’extérieur, quel spectacle !

   La paroi luisait comme de l’argent sous l’effet de rayons lumineux émanant du sol de la planète, soixante kilomètres plus bas, centre d’un prodigieux ballet aérien. Dans le noir sidéral se détachaient clairement les deux silhouettes humaines et les formules mathématiques sur lesquelles convergeaient les faisceaux de lumière.

   Aussi soudainement que cela avait commencé, les lumières disparurent, l’ordinateur recommença à bourdonner, les voyants à clignoter et le vaisseau, sur une brusque poussée, s’élança vers le ciel.

   Mais hélas, pas le moindre cosmonaute pour constater l’événement, le commenter, voire l’expliquer. Les Américains avaient commis là une erreur. Mais qui aurait accepté cette course sans fin dans l’univers ? Sans compter que la vie humaine a des limites, et il serait mort depuis longtemps, ce cosmonaute audacieux. On n’avait pas encore résolu le problème de ces distances monstrueuses, ni inventé le sommeil artificiel.

   Bien sûr, un écran était monté qui, en principe, devait renvoyer à Cap Kennedy toutes les images de ce voyage. Mais la terre, trop loin désormais, ne recevait plus rien. Les ingénieurs préposés à la surveillance des écrans récepteurs s’ennuyaient ferme. Ils n’y passaient que quelques mois d’ailleurs, sous peine de dépression, et se succédaient au fil des années. Finalement, le poste avait été supprimé : plus personne devant l’écran qui restait pourtant branché – savait-on jamais ? -. En passant, on y jetait un vague coup d’œil par acquis de conscience. Au fils du temps, on oublia sa fonction. Seuls les plus anciens s’en rappelaient l’utilité. À la mort du dernier témoin de cette époque héroïque, ce fut l’oubli total, sauf dans les archives. Sur terre, le vingt et-unième siècle s’achevait. On avait conquis Mars, Vénus et Neptune. Depuis longtemps, la Lune servait de base de lancement vers les espaces interplanétaires. Le ciel était sillonné de navettes, fusées et vaisseaux hautement perfectionnés. Le grand chic était de posséder une résidence secondaire sur la Lune où on passait des week-ends amoureux, à se poursuivre au clair de terre.
 
   Mais un homme et une femme, nus, lancés dans l’espace, préparait un autre avenir... [Remarque : j’ignore lequel, j’ai dû changer mon fusil d’épaule en cours de route, je suppose.]
     
~ Troisième Aventure ~ 
 
   Encadré par trois disques plats surmontés d’une coupole, le vaisseau avançait toujours, imperturbable. Et cette impassibilité surprenait ses poursuivants qui d’abord hostiles et agressifs, se contentaient désormais de le suivre avec curiosité. Ils n’iraient plus bien loin d’ailleurs, arrivant aux confins de leur galaxie, s’approchant de la frontière interdite. Tout à loisir, ils observaient les étranges hiéroglyphes gravés sur la paroi, des signes totalement incompréhensibles. Les spécialistes eurent beau fouiller dans leur mémoire, impossible d’y trouver un sens. Quant aux ordinateurs, ils restèrent tout aussi muets, leurs circuits ne permettant pas d’analyser des données étrangères, sans aucun rapport avec celles qu’on leur avait inculquées. Les pupitreurs étaient incapables de les programmer correctement, ignorant comment traduire ces dessins. Ils connaissaient certes l’existence d’autres univers, mais celui-ci paraissait si éloigné du leur, qu’ils abandonnèrent sans plus de regret le vaisseau à son destin.

   Ils rebroussèrent chemin, tandis que l’engin poursuivait sa course solitaire vers la frontière interdite. Ils l’avaient prévenu des dangers mais doutaient d’avoir été compris : nulle réponse, nulle réaction, pas plus que lors de l’attaque initiale. Et il disparut, sans plus de trace de leur rencontre que l’impact d’un laser qui avait anéanti l’arrière, sans que cela le gêne outre mesure : des compartiments étanches, sans doute...       
 
   Sur terre, on avait résolu le problème posé par les voyages intersidéraux en plongeant les cosmonautes dans le sommeil. Ils se réveillaient une fois arrivés au but. À proprement parler, ce n’était pas un vrai sommeil, plutôt une hibernation : les corps continuaient à vivre végétativement. De cette manière, la Terre put coloniser en quelques siècles les planètes gravitant autour d’autres soleils...

~ Quatrième Aventure ~

   Le vaisseau avait franchi la frontière interdite. Mais à lui, tout était permis : son but n’était-il pas de toucher, quel que soit le danger, un univers intelligent ? D’ailleurs, pour lui, le danger n’existait pas. Que risquait-il, en effet ? D’être abattu, désintégré ? Personne n’en pâtirait, même pas ces Terriens oublieux...
     
   Du reste, cette galaxie nouvelle, soi-disant interdite, ne semblait pas s’émouvoir outre mesure de sa présence. Rien ne se passait.

   Évidemment, elle présentait des signes bien particuliers qui la distinguaient de toutes celles traversées jusque-là : le vide sidéral était blanc, et les étoiles noires. L’engin, au lieu d’avancer, reculait. Il avançait en reculant, si tant est que ce soit possible. Mais dans cet univers, apparemment, cela l’était. Et, en reculant, il n’en sortait pas, il progressait régulièrement au contraire. Difficile à concevoir, et pourtant... Et lui-même changeait de couleur, s’assombrissant de plus en plus jusqu’à se transformer en un bolide noir. Car oui, il avait aussi accéléré sa vitesse. Quant à l’intérieur ? Le livre, les photographies et les objets divers avaient regagné leur support. Les lumières vertes clignotaient en rouge, et les rouges en vert. Le reste était à l’avenant : tous circuits inversés, l’ordinateur calculait à l’envers. Car tel était l’univers contraire, le monde négatif. Qu’y serait-il devenu, le cosmonaute audacieux ? Peut-être un enfant, un bébé, un embryon ? Et au-delà de l’embryon, un œuf, une cellule, un atome ? Et au-delà de l’atome, un proton, un neutron, un électron ? Et au-delà ? Dommage qu’il ne fût pas là, ce cosmonaute ! Il aurait pu apporter quelques éclaircissements sur l’antimatière. De plus en plus vite, le vaisseau fonçait à l’envers dans une galaxie sans fin. Dans une lumière aveuglante, il frôlait des soleils noirs dont il était comme le petit frère turbulent, mais si courageux...

* * *

   À Cap Kennedy, l’écran oublié transmettait enfin des images. A-ONE, le chef de la base, fut le premier à les remarquer et en informa ses subordonnés qui ne surent que répondre. Ils passèrent un bon moment à essayer de deviner la signification de ce spectacle étrange, une fusée sans nul doute, l’un de ces engins anciens tels qu’on les fabriquait au début de la conquête spatiale, mais qui, à une vitesse vertigineuse, se rapprochait de la Terre... BE-TWO, dépêché aux Archives, en revint avec un gros dossier qu’ils compulsèrent frénétiquement. Étonnants, ces ancêtres...

   Ils créèrent un anti-champ afin de freiner l’engin qui atterrit en douceur, là même où il s’était envolé, un millénaire plus tôt. A-ONE examina avec respect et émotion ce témoin d’une époque révolue qui apportait la preuve que l’univers était courbe, une preuve bien tardive : la Quatrième Expédition l’avait démontré, et en moins de temps.

   Le soleil dans les yeux, il observait cet homme et cette femme grossièrement dessinés mais qu’il trouvait beaux. Bien sûr, il en avait déjà vu, au Musée. Mais ceux-là lui paraissaient plus intéressants, en provenance directe du passé, après un si long voyage semé de tant d’embûches...

   Du soleil plein les yeux, il déchiffrait les équations enfantines qu’on inculquait désormais dès la naissance, ce langage mathématique devenu universel. À l’intérieur de la carlingue, il feuilleta le livre écrit dans une langue inconnue et manipula avec précaution les divers objets : tout irait au Musée.   

   À pas lents et lourds, il regagna la base. BE-TWO, qui voulait le questionner, fut vertement rabroué. A-ONE, inexplicablement, se sentait malheureux. Il s’installa pourtant à sa console et poursuivit mécaniquement sa tâche quotidienne.

   BE-TWO, vexé, s’attarda au foyer avec les vacataires. Ils parlaient tous de l’arrivée du vaisseau. Stupéfiant !  D’intelligence un peu courte, Be-TWO ne voyait pas en quoi et n’eut pas le temps de l’apprendre : un haut-parleur le réclamait déjà à son poste. Il s’y rendit en traînant les pieds. De sa place, il apercevait A-ONE de dos, son long torse élégant et son crâne lisse. Sans aucun doute, le chef était une réussite : pas étonnant qu’il fasse des ravages parmi les chercheuses du Centre ! Mais il ne se tenait pas aussi droit que d’ordinaire, les épaules voûtées et la tête basse. Pas en forme... Il l’appela :

- Oui ?
- Quelque chose ne va pas ?
-  Je vous ai déjà dit de me laisser tranquille ! 
- C’est que... Vous avez bien que je suis chargé de la maintenance et qu’à la moindre défaillance, je dois en faire part au service de soins...
- Je fonctionne parfaitement. Mêlez-vous de ce qui vous regarde !
- Je doute que vous soyez en parfait état de marche. Votre attitude est suspecte. Veuillez vous tenir correctement, sinon je serai obligé d’intervenir.

   A-ONE se redressa, lui lançant un regard furieux. Et Be-TWO reçut du soleil plein les yeux.

   Le soir-même, il dévoila son inquiétude à l‘infirmerie. A-ONE fut aussitôt saisi, allongé sur une table de soins et démonté, pièce par pièce. Chaque rouage fut examiné et minutieusement huilé. On remplaça l’organe défectueux, une petite valve au cœur. Et on rebrancha A-ONE qui quitta gaillardement la pièce, frais et dispos.

   Mais il n’y avait plus de soleil dans ses yeux. Et il ne sut pas que pour la première et dernière fois de sa vie de robot, il avait éprouvé une émotion humaine.   
« Modifié: 19 Avril 2018 à 09:47:57 par mercurielle »

Hors ligne JMLC

  • Troubadour
  • Messages: 260
Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #1 le: 18 Avril 2018 à 21:47:13 »
Bonjour Mercurielle,

Voici quelques commentaires sur « Du soleil plein les yeux » :

 - « L’espace recélait d’innombrables dangers et ces peuples inconnus qu’ils imaginaient leurs frères en intelligence et en savoir, se révèleraient peut-être des êtres cruels, en-deçà ou au-delà de toute compréhension. » - J’ai dû relire cette phrase trois fois ; je la comprends maintenant, mais elle est plutôt longue et pas facile !

- « A l’intérieur, certains objets mal fixés,…. » - À l’intérieur.

- « …ainsi qu’un ouvrage de physique nucléaire traduit en esperanto (lol)… » - le « lol » fait bizarre.

- « On n’avait pas encore résolu le problème de ces distances monstrueuses, ni inventer le sommeil artificiel. » - inventé ?

- « …leurs circuits ne permettant pas d’analyser des données étrangères, sans aucun rapport avec celles qu’on leur avait inculqué. » - inculquées (les données) ?

- «   À pas lents lourds, il regagna la base. » - lents et lourds ?

Sur le fond, j’ai trouvé l’histoire originale et la chute attendrissante. Très bon titre aussi !

À bientôt,
Roman en cours : 2112 (SF)

Hors ligne JMLC

  • Troubadour
  • Messages: 260
Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #2 le: 18 Avril 2018 à 21:54:59 »
Je voulais juste ajouter que le côté « nulle en maths » ne m’a pas dérangé. Un ingénieur de la NASA saurait peut-être rendre crédibles les références techniques, mais à défaut d’avoir ce niveau, il vaut mieux s’en tenir aux « voyants verts et rouges » comme tu l’as fait.
Roman en cours : 2112 (SF)

mercurielle

  • Invité
Re : Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #3 le: 19 Avril 2018 à 09:25:01 »
Bonjour JMLC,

Oh, j'ai honte !

 - « L’espace recélait d’innombrables dangers et ces peuples inconnus qu’ils imaginaient leurs frères en intelligence et en savoir, se révèleraient peut-être des êtres cruels, en-deçà ou au-delà de toute compréhension. » - J’ai dû relire cette phrase trois fois ; je la comprends maintenant, mais elle est plutôt longue et pas facile !

=> J'avais (j'ai encore) tendance à écrire des phrases longues. Bon, on la comprend quand même, celle-là.

- « A l’intérieur, certains objets mal fixés,…. » - À l’intérieur.

=> Euh, nouvelle orthographe... Shit !

- « …ainsi qu’un ouvrage de physique nucléaire traduit en esperanto (lol)… » - le « lol » fait bizarre.

=> Je viens de retaper ça de la machine vers l'ordi et j'avais ajouté lol pour me rappeler de mettre un  ;) car je trouvais ça tout à fait nul. Oubli de ma part.

- « On n’avait pas encore résolu le problème de ces distances monstrueuses, ni inventer le sommeil artificiel. » - inventé ?

=> Shame on me !

- « …leurs circuits ne permettant pas d’analyser des données étrangères, sans aucun rapport avec celles qu’on leur avait inculqué. » - inculquées (les données) ?

=>  :facepalm: :facepalm: :facepalm: :facepalm:

- «   À pas lents lourds, il regagna la base. » - lents et lourds ?

=> mais j'avais relu, nom d'une pipe !

Sur le fond, j’ai trouvé l’histoire originale et la chute attendrissante. Très bon titre aussi !

Mais relativement mal écrit, je te l'avais dit. Pour le spoiler : oui. Quand on ne sait pas, mieux vaut faire profil bas. 
_ _ _

Texte corrigé.

« Modifié: 19 Avril 2018 à 09:48:41 par mercurielle »

Hors ligne Dieter

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 771
  • Orthographe réformée = Histoire déformée
    • Dieter
Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #4 le: 23 Avril 2018 à 09:18:09 »
Super sympa ce petit texte. Dommage que ce soit si pessimiste et que je tombe dessus un lundi matin. J'espère que ça n'augurera pas de ma semaine.
J'aurais peut-être mis un lien vers des publications sur les sondes Pioneer ou Voyager, pour que les jeunes sachent que rien n'est inventé. Et un passage sur Aldébaran (le prochain but de Pioneer 10 dans deux millions d'années), pour son nom poétique.
Mais sinon, c'est quand même sympa. Merci mercurielle.
On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
Amélie Nothomb

mercurielle

  • Invité
Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #5 le: 23 Avril 2018 à 09:48:34 »
Dieter, c'est gentil à toi de me lire car je sais que le fantastique / SF n'est pas ta tasse de thé. Mais,  encouragée par JMLC, je tape mes 20 nouvelles de la machine vers l'ordi. Tout ça a été écrit il y a bien 30 ans et cette nouvelle-là, je ne me souvenais plus de l'avoir écrite ! Elles ne sont pas proposées ici dans l'ordre chronologique de l'écriture, ce qui est peut-être dommage car il me semble que les dernières sont meilleures que les premières. Difficile d'être objectif en ce qui concerne son propre travail. 

Hors ligne Olaf

  • Prophète
  • Messages: 993
  • Mathémagicien
Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #6 le: 25 Avril 2018 à 17:44:23 »
Tout d'abord, merci pour ce joli texte de SF très Asimovien dans sa vision de l'univers, mais aussi très Anticipation de Fleuve Noir des années 1970.
J'aime bien, c'est assez rétro, la fibre nostalgique fonctionne bien chez moi.

J'ai bien vu ton avertissement en spoiler, et vu que je connais un peu la question spatiale, je peux juste te proposer quelques pistes d'amélioration pour ton texte. Libre à toi de te servir des infos ou non, tu en fais ce que tu veux.

A la lecture de ton texte, il semble que tu parles des Pioneers 10 et 11, auquel cas le terme «sonde» est plus approprié que «vaisseau» lequel se rapporte plus à des vols habités.

Dans ces missions, la plaque ne faisait pas mention du théorème de Pythagore, la sonde est la seule réalisation humaine qui est mentionnée sur la plaque (tu peux parler de l'atome d'hydrogène par exemple, c'est unitaire, c'est pur, c'est ... joli).

Le côté bouteille à la mer est on ne peut plus approprié.
Et justement les scientifiques derrière cette mission, entre autre Carl Sagan, voyaient tout à fait la poésie de la chose.
Une mission supposée inutile, pas rentable, idéologiquement discutable, écologiquement catastrophique, mais qu'est-ce que l'idée d'envoyer une telle bouteille à la mer était belle ...

«Mais tant de planètes et de galaxies... Une chance sur un milliard»
Tu peux te lâcher, l'espace est fait pour ça : une chance sur des milliards (si tu veux être encore plus proche, cent mille milliars de milliards mais là c'est moins joli à dire je trouve).

Vent magnétique sonne bizarrement à mon oreille, peut être tempête magnétique ? Est-ce que ça ne désigne pas plutôt le vent stellaire qui est un phénomène assez fréquemment observé.

«Soumis à l’apesanteur» la formulation pose un léger souci.
Alors soit 1] tu es soumis à la pesanteur (et tu pèses quelque chose), c'est le cas le plus fréquent
2] soit tu es en [situation d']impesanteur (tu es soumis à la gravité d'un astre mais comme tu es en orbite ou en chute libre autour de lui, tu ne ressens plus ton propre poids) comme dans la station spatiale internationale par exemple.
3] tu es en [situation d']apesanteur, donc émancipé de tout champ gravitationnel, donc loin du soleil et de son attraction colossale.

«le pilote automatique, un ordinateur complexe»
Pas de pilote automatique, ni même d'ordinateur de bord sur les sondes Pioneer, malheureusement. Il faudra attendre les sondes voyageur pour voir des ordinateurs embarqués mais les Pioneers sont pilotées depuis la Terre.
C'est bel et bien une bouteille à la mer, elle ne sait faire que dériver, de sorte que si un vaisseau extra-terrestre la croise un jour, il y a toutes les chances qu'il se l'emplafonne s'il n'arrive pas à la capturer.

«dans le champ d’attraction d’une exo-planète qui gravitait autour d’une de ces innombrables étoiles, toutes autant de soleils, qui formaient la Voie Lactée.»
La cible est Aldébaran (dans Orion) pour Pioneer 10 ou l'une des Aquilae ou Altaïr (dans l'aigle) pour Pioneer 11. Bref, de jolis noms d'étoile que je t'encourage à utiliser si tu le souhaites.

«pas le moindre cosmonaute pour constater l’événement»
Vu que tu parles des Américains, mieux vaut utiliser le mot Astronaute, même si Cosmonaute n'est ni faux ni anachronique.
En général, Cosmonaute c'est plutôt pour les Russes, Spationaute pour les Européens, et Taekonaute pour les chinois (pas trop sûr de l'orthographe pour le dernier).

«Finalement, le poste avait été supprimé : plus personne devant l’écran qui restait pourtant branché – savait-on jamais ?»
Dernier contact avec la sonde il y au moins 10 ans et elle marchait toujours. Mais il n'y a pas d'équipement dédié à la NASA je crois.

«On avait conquis Mars, Vénus et Neptune»
Alors parce que tu parles du XXIème siècle : c'est délicat de parler de conquête pour des géantes comme Neptune parce qu'aucune création humaine ne peut survivre dans leur atmosphère à cause de la gravité, de la pression et des radiations.
Pour Vénus, c'est aussi compliqué à envisager ailleurs que sous la surface, les pluies sont trop corrosives.
En revanche la colonisation des satellites de Saturne (Titan, Encelade), de Neptune (Triton), de Jupiter (Ganymède) ou même de certains astéroïdes (comme Cérès dans The Expanse) est plausible dans le courant du XXIème siècle, même si on ne sait pas trop ce qu'on va découvrir dans ces petits mondes pas si connus.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

mercurielle

  • Invité
Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #7 le: 25 Avril 2018 à 18:54:18 »
Olaf, je te remercie infiniment, j'insiste sur cet infiniment (ça colle au sujet, mais c'est par hasard) pour tes remarques.

Cette nouvelle fut écrite il y a fort longtemps, à l'époque effectivement où l'on lisait beaucoup Asimov, ainsi d'ailleurs que Ray Bradbury, qui reste l'un de mes préférés avec ses Chroniques martiennes. C'était le temps aussi de la revue Planète, hélas disparue.

Tes remarques sont très justes mais je laisse cette histoire telle quelle parce que, en la lisant, j'éprouve un brin de nostalgie :

- pour cette époque
- pour mes premiers écrits

J'ignorais que la sonde fonctionnait toujours il y a 10 ans ! Donc, finalement, je n'ai pas forcément tout faux là-dedans. Ah oui, les scientifiques peuvent être de grands poètes...

Merci encore.  :)   

Hors ligne avistodenas

  • Prophète
  • Messages: 696
Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #8 le: 25 Avril 2018 à 19:39:40 »
Ce que je trouve cocasse, c'est la réaction d'Olaf qui te casse gentiment ton rêve, et qui pourtant est encore loin d'avoir démonté toutes ses invraisemblances. Il est quand même gentil, cet Olaf-là.

Bref, pour moi, la situation est d'un grand comique, et je pense que tu en es consciente  Mercurielle (d'ailleurs avec un pareil sobriquet, faut-il que tu aies la tête dans les étoiles !).  ;D

Amitiés à tous les deux.

Hors ligne Olik

  • Troubadour
  • Messages: 260
Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #9 le: 25 Avril 2018 à 20:19:57 »
J'ai bien aimé, malgré les invraisemblances, pour son côté nostalgique justement. Le tout début m'a fait penser à "Star Trek, le film" _ https://fr.wikipedia.org/wiki/Star_Trek,_le_film.
Pour l'espace courbe et un vaisseau qui revient sur Terre, en ayant parcouru tout l'univers, cela me rappelle aussi une nouvelle. Laquelle, de qui, c'est parti au fond des oubliettes de mon esprit.
J'imaginai en lisant une chute, un vaisseau humain dans très très longtemps, qui trouverait la sonde et chercherait à comprendre le message, sans y arriver.
Comme quoi ton texte est évocateur, on brode sur ses aventures.
“Tout romancier, tout cinéaste, a au fond de lui un nombril du monde à exhiber.”
Michel Audiard.

“Un artiste, c’est quelqu’un qui se penche par la fenêtre là où on ne le ferait pas, qui doit nous montrer des choses qu’on n’ose pas aller regarder.”
Tania de Montaigne.

mercurielle

  • Invité
Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #10 le: 26 Avril 2018 à 09:14:30 »
Avisto, oui, Olaf est très gentil, mais toi tu es méchant. Non, je plaisante ! Mon texte n'est pas "comique" (mais tant mieux si tu as ri) mais naïf. Raison pour laquelle je l'ai proposé ici en dépit de ses nombreuses invraisemblances. Non, pas les étoiles, quoique... Au départ : Thot => Hermès => Mercure, dieu ailé qui transmet les messages des dieux. Thot, dieu de l'écriture en Egypte, ce que tu sais parfaitement. Et Hermès Trismégiste : "Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas." Ce que tu sais tout aussi bien que moi. Ah, mais !!!

L_aï_au_lit, merci pour ta lecture qui correspond bien à mon projet initial, je crois : un truc poétique qui laisse la place au rêve.

Hors ligne avistodenas

  • Prophète
  • Messages: 696
Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #11 le: 26 Avril 2018 à 09:27:28 »
Mon texte n'est pas "comique" (mais tant mieux si tu as ri)

Non, ton texte n'est pas comique, c'est ton duo avec Olaf qui l'est. Vous faites une bonne équipe. :D

mercurielle

  • Invité
Re : Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #12 le: 26 Avril 2018 à 09:55:46 »
Re, Avisto,

Mon texte n'est pas "comique" (mais tant mieux si tu as ri)

Non, ton texte n'est pas comique, c'est ton duo avec Olaf qui l'est. Vous faites une bonne équipe. :D

C'est-à-dire... Quand tu es dans le truc, l'oreille n'est pas objective, si je puis dire. Moi, j'ai trouvé notre dialogue super sérieux ! J'étais attentive, comme une petite fille qui ne sait rien face à un grand savant  ! Donc, oui, je suppose que, de l'extérieur, ça peut paraître comique !  ;D 

Hors ligne avistodenas

  • Prophète
  • Messages: 696
Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #13 le: 26 Avril 2018 à 10:08:12 »
C'est tout à fait ça. :mrgreen:

Hors ligne Olaf

  • Prophète
  • Messages: 993
  • Mathémagicien
Re : Du soleil plein les yeux
« Réponse #14 le: 26 Avril 2018 à 20:20:49 »
Oui mercurielle, apporter des changements, c'est risquer de dénaturer l'esprit de ton texte et son ambiance c'est certain.
Si malgré tout tu voulais le remplumer de quelques descriptions tu peux aller faire un tour par ici, moins pour le côté astre que pour le côté machines.

 L_aï_au_lit je n'ai pas eu cette même pensée pour le premier Start Trek. J'avoue qu'un appontage de 20 minutes très très contemplatif, ça laisse des traces dans le jugement qu'on porte sur un film. J'ai vraiment du mal avec ce type de film ^^

 


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