Merci !

Vos commentaires sont très appréciés.
Le récit permet d'ajouter à la compréhension du poème.
J'ai voulu, en sorte, expliquer le contexte dans lequel je l'ai écris.
Au plaisir !

Vilmon
Édition du 12 avril 2018J'aimerais profiter de l'occasion pour expliquer la construction du poème Fierté et regrets ainsi que tenter de vous expliquer mon choix des mots.
D'abord, la structure apparente du poème. Il suit la forme 3-4-3-7, celle-ci choisie arbitrairement en écrivant les 4 premières lignes et que j'ai décidé de tenter de poursuivre le reste du poème. J'ai voulu démontrer que quelques mots peuvent réussir à raconter une histoire. De plus, j'ai tenté de l'écrire pour qu'il représente son personnage, une fine lame à l'épée. Des mots qui vont droit au but, comme une série d'attaques et de parades.
Ces quatrains sont unis pour former 5 strophes : 3 quatrains, 4, 3, et 4 + 3 = 7, ce qui suit le nombre de pieds de chaque quatrain. Admirons la numérologie.

On retrouve une série de 3, de 4 et 3 + 4 = 7. Les 3 et les 4 sont imbriqués les uns dans les autres.
Maintenant la structure du récit que raconte ce poème. Le contexte du récit n'est pas explicite et c'est pourquoi j'invite le lecteur à la fin du poème à lire mon texte court Le Narval. Il met en place le contexte pour mieux comprendre la portée du récit du poème. Les 5 strophes représentent en quelque sorte des chapitres du récit.
1ère stropheLe personnage qui écrit ce poème fait un retour en arrière jusqu'au moment clé qui a basculé sa vie et l'a mené à sa situation actuelle. C'est l'introduction du récit, la mise en place. Il s'est fait prendre au piège par l'invitation d'un ami.
2e stropheC'est le moment de catalyse, la décision charnière de sa vie, bien que prise sous la contrainte. Il est ordonné à une mission « sainte », comme une croisade. C'est l'engagement.
3e stropheLa conversion. De récalcitrant au départ, le personnage embrasse la cause par l'acquis de succès, de bénéfices et d'estime de ses pairs. Progression.
4e stropheStagnation. Le personnage atteint le sommet de sa progression car il se confronte moralement aux conséquences de ses gestes. La fierté est contrebalancée par les regrets. La situation le répugne mais il poursuit malgré tout pour la juste cause. La cause est plus importante que ses tourments. Mais c'est le début de la descente.
5e stropheJugement, condamnation et chute. La route vers l'enfer est pavée de bonnes intentions. L'abus de ses gestes et l'abondance des atrocités dépassent la justification pour la cause. Plutôt qu'être réformé, il est retiré et effacé.
Si vous êtes toujours intéressé, j'aimerais vous expliquer le choix des mots du poème. J'aurais sans doute pu choisir un éventail de mots équivalents, mais au moment de l'écriture, j'ai senti que c'était là les mots qu'il convenait à ma satisfaction personnelle afin de raconter cette histoire. Allons-y.
1ere strophe« Ah ! Diantre ! », indique dès le départ que le personnage est en colère ou se plaint de sa situation. Étant une vieille façon de s'exprimer, il place le contexte du récit dans un passé lointain.
« Et voici ! », exprime la fatalité, il ne peut plus reculer, il doit y faire face. Inconsciemment, il savait que ce jour viendrait tôt ou tard et il accepte son avènement.
« pris cette fois-ci », souligne que ce n'est pas la première fois que l'on tente de le coincer et qu'il les avait éviter ou déjouer auparavant.
« Quelle infamie », il en veut à son ami d'avoir usurpé de sa confiance pour le piéger.
« pris au filin », comme un poisson qui s'est saisi d'un appât sans soucis, pris à l'hameçon.
« des cabaleurs », des personnes qui veulent endoctriner à leur cause, qui prêche par leur discourt pour convertir. Dans le contexte de ce récit, des partisans de la révolution sous Robespierre.
« Et voilà ! », exprime encore une fois la fatalité. Pris à l'hameçon, il sait qu'il ne sert à rien de se débattre. Il se laisse amener à la surface pour faire face à la situation inévitable.
« À nouveau », il reconnaît ce discourt, il reconnaît ses oppresseurs, ce n'est pas la première fois que ceux-ci l'approche pour le convaincre à leur cause.
2e strophe« Monseigneur », ses oppresseurs le traite en respect, ils l'estiment, ils veulent le convaincre et non l'agresser.
« soyez gagneur », cessez d'être un perdant, d'être du mauvais côté, venez joindre le parti fort, venez parmi nous, ceux qui ont le pouvoir et bénéficier de notre suprématie.
« Et venez ! », la personne l'invite à venir prendre place à ses côtés pour discuter raisonnablement, mais avec la rigidité d'un ordre.
« laissez… cache-nez », il est dévoilé, il est reconnu, il ne sert plus à rein de cacher son identité, de jouer les innocents ou de feindre l'incompréhension.
« Approchez ! », le ton d'ordre répété à nouveau, l'interlocuteur alterne avec un ordre intransigeant et un commentaire plus amenant pour rassurer et mettre en confiance sans laisser le libre choix.
« venez cocher », venez apposer votre signature à ce contrat d'engagement à notre cause.
« aminci de la tête », explication de la conséquence de son refus exprimé d'une façon légère, avec une touche de regret de devoir en arriver à cette solution.
« vos bras », avec votre force, votre labeur.
« tel un cobra », comme un serpent, faufilez-vous parmi les gens, une espèce qui mord plusieurs fois ses victimes.
« attaquez ! », un ordre qu'un maître donne à son chien bien dressé. Ce sont les ordres de sa mission, son nouveau devoir en tant que citoyen engagé.
3e stropheEn résumé, depuis cet engagement il se bat pour le bleu, blanc, rouge en tant que citoyen. Il traque et chasse les royalistes. Ses succès sont félicités et acclamés et on réclame sans cesse ses services.
4e strophe« cœur en fer », sont cœur est dur et lourd à porter
« ciel je plaide », il cherche le pardon pour ses gestes atroces qu'il regrette
« je me prélasse », bien que les atrocités qu'il commet pour la cause l'attriste et le tourmente, il aime les bénéfices dont il a acquis
« mœurs légères », il abuse des filles et du vin
« m'écris », affirme haut et fort ses convictions profondes
« vous écris », les parole s'envolent mais les écrits restent, engagement solennel
5e stropheEn résumé, avec des menottes de fer aux poignets, dans un cachot, il attend pour être exécuté à la guillotine. Jugé et condamné par le nouveau parti qui a pris le pouvoir par les armes (bottines = armée). Malgré tout ce qu'il a fait en tant que citoyen dévoué et loyal, malgré tous ces faits d'armes et ses succès, il est jugé comme étant un criminel. Polichinelles = le nouvel ordre et la nouvelle justice. Déçu et démoralisé, il rassemble ses dernières forces (« me voici ») pour faire face à son pénible destin et se tenir fier et droit pour une dernière fois.
Si vous êtes à ce point dans la lecture de ce commentaire, mes félicitations et mes remerciements !

Salutations !
Vilmon