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Auteur Sujet: Lecteur, mon beau lecteur...  (Lu 6384 fois)

Hors ligne Milora

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Lecteur, mon beau lecteur...
« le: 21 Septembre 2009 à 17:46:23 »

D'une certaine façon, un texte fabrique en partie son lecteur.
Pas seulement s'il crée une figure du lecteur, auquel il s'adresse directement dans le texte (par exemple avec des apartés).
Déjà, par son thème et sa façon de l'aborder, le texte va faire le tri (il est peu probable que quelqu'un qui n'aime pas la fantasy se mettre à lire un roman qui parle d'une licorne en balade dans une montagne magique gouvernée par un maléfique sorcier, lol). Par son incipit aussi, qui pose un genre, un style, une façon de mener l'histoire... Le lecteur pas intéressé passera son chemin.
Mais le texte ne fait pas que "choisir" son lecteur. Il le lance aussi dans une piste, vers un horizon d'attentes. Et, à mon avis, s'il est bon, il saura en jouer - afin de surprendre son lecteur.
Il est donc essentiel que le texte arrive à "manipuler" son lecteur, à lui faire penser ce qu'il veut qu'il pense à propose de l'histoire, à un moment précis. Evidemment, toute proportion gardée, mais c'est le mécanisme de base qui m'intéresse ici.
Je trouve d'ailleurs que c'est ce qui est le plus dur à faire, quand on écrit - mais aussi le plus amusant.

Bref.

Ce que je me demandais, c'était ce que vous attendiez de votre lecteur. La posture idéale du lecteur face à votre texte. Et ce, dans l'absolu d'une part, mais aussi sur un forum d'écriture.
Parce que quand on clique sur un titre en ayant en texte de commenter un texte, on ne le voit pas de la même façon que si on le lisait déjà imprimé, reconnu par un éditeur, sans intéractivité...
Doooonc, j'arrête mes entrées en matière, mais vous attendez quoi de votre lecteur ?


Personnellement, je pense que pour que tout ça marche, il ne faut qu'une chose : le bénéfice du doute. Un lecteur qui ouvre la page de mon texte et lui laisse sa chance, sans faire 36 autres trucs à la fois, sans se dire à l'avance "ça va être nul !" (ou "ça va être génial", mais ça me semble moins envisageable, mdr). Qu'il se laisse porter par l'histoire, qu'il accepte d'entrer dans le texte si la mayonnaise prend.
Et, dans le cas d'un forum, qu'il critique sans état d'âme ce qui le gène, bien sûr.  :mrgreen:


Cela dit, il me semble que d'autres types de textes n'ont pas les mêmes exigences. Par exemple : un texte qui place sa qualité dans sa forme, sa beauté, plus que dans l'histoire racontée, attend sans doute un lecteur différent.

Alors, quel serait votre lecteur idéal ?
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Rain

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Re : Lecteur, mon beau lecteur...
« Réponse #1 le: 21 Septembre 2009 à 18:05:02 »
Question difficile que tu poses, Mil !

Je dirais pour ma part que j'ai pas un type de lecteur en tête en particulier, quand j'écris. Maintenant, si je devais choisir, je dirais que je cherche sans doute à être lu par des gens en quête d'une bonne histoire. Enfin, d'une histoire, en tout cas. Des gens qui, quand ils n'ont rien à faire, par exemple, pourront se dire "oh, tiens ! j'ai une histoire de Rain à lire !".

Ca c'était pour la version papier, si version papier il y a, ce dont je doute plus souvent qu'à mon tour (quand je commence à me lire moi-même par exemple  :mrgreen: bref, on est pas là pour l'auto-critique). Pour la version forum, j'attends un lecteur qui a beaucoup d'histoires à son actif. Qui connait beaucoup de mécanismes, et qui, quand il me lit, pourra me dire "bien trouver pour ça, c'est pas si mal" ou "là, fais gaffe, c'est du vu et revu" ou encore "en changeant ça, ce sera moins lourd et plus agréable à lire". Je cherche moins à avoir un beau style qu'à avoir un style clair et agréable à lire. Bon, en gros, ce que j'attends de vous, lecteurs de forums, c'est que vous me disiez où ça cloche pour l'histoire (incohérence, trucs bizarres, trucs incompréhensibles), comme améliorer la lisibilité et enfin si l'histoire elle-même vaut le coup.

Bon, après, tout le reste, les autres remarques, je les prends aussi, hein, ça tombe pas dans l'oreille d'un sourd (ou dans l'oeil d'un aveugle, en l'occurrence). Mais je m'attache avant tout à l'histoire et ensuite au reste.
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Hors ligne Gros Lo

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Re : Lecteur, mon beau lecteur...
« Réponse #2 le: 21 Septembre 2009 à 18:52:57 »


Je sais pas si cette question s'applique au même degré à tout type de texte. (huhu xD)


A quels moments le lecteur se laisse-t-il manipuler ? surtout dans ce qu'on pourrait appeler un "texte à intrigue". Ressorts d'intrigue, questions qui se posent aux personnages : le romancier doit alors diriger un jeu assez subtil de sollicitation et de manipulation du lecteur. Il attend de lui qu'il s'interroge à partir des pistes disséminées dans le texte, mais il attend aussi de lui qu'il reste suffisamment plongé dans l'histoire pour ne pas creuser les tenants et aboutissants de l'intrigue. Le côté "ludique" doit rester en marge : le lecteur ne doit pas devenir enquêteur, si ce n'est en s'identifiant à un personnage. Le romancier n'attend surtout pas de son lecteur qu'il perce les mystères que lui s'acharne à rendre impénétrables. La fonction du lecteur n'est pas d'élucider. Le lecteur a plutôt un rôle de doux benêt, dans un sens : il doit laisser échapper un "! j'avais pas pensé à Quirrell".
Même quand il n'y a pas d'énigme à proprement parler, le lecteur ne doit pas être en avance sur l'intrigue. Il ne doit pas deviner page 127 que Cersei ordonnera la décapitation d'Eddard page 344. Bien sûr, le lecteur doit croire qu'il est en avance sur l'intrigue, mais à condition qu'il se trompe, que son imagination soit déjouée. C'est, j'pense, l'un des grands plaisirs de la lecture.
Si le lecteur, immergé dans l'histoire et sans prendre un recul de "détective", perce les mystères de l'intrigue, alors le romancier a été mauvais.

Donc, dans le cas d'un texte "à intrigue", j'attendrai du lecteur qu'il se prenne au jeu. Mais ça peut devenir quelque chose d'un peu orgueilleux, si ça revient à dire "j'attends du lecteur qu'il marche à mes pièges et échoue à percer mon énigme de ouf". Du coup, peut-être que c'est un cas particulier du romancier.
(non mais matez-moi cette transition :mrgreen:)

Le poète attend-il quelque chose de son lecteur ? à part un peu de compassion et de reconnaissance, "oh pauvre petit poète maudit, tu es bien petit et bien maudit, mais au moins t'es poète", voire juste une oreille ? sans pour autant que GNAGNAGNA l'écriture aux vertus thérapeutiques :-¬?
J'ai l'impression que la question se pose moins pour la poésie. Le poète attend du lecteur qu'il soit réceptif, qu'il se laisse traverser par le monde (ou plutôt sa vision) condensé dans la parole poétique ?
Tout ça, c'est dû au fait que le poète se sent rejeté par la société, il n'a plus d'attente, il n'a plus que son amertume hin-hin-hin :huhu: maudit un jour, maudit toujours. xD Bref.


Après, il y a des cas particuliers : le lecteur en avance sur les personnages, dans le plupart des pièces de théâtre ; qu'il soit complice de l'auteur, chez Marivaux par exemple, ou qu'il soit le témoin impuissant de la dynamique tragique, chez Racine. Le lecteur intégré au texte dans certains textes parodiques, etc.
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Re : Lecteur, mon beau lecteur...
« Réponse #3 le: 21 Septembre 2009 à 18:58:23 »
On pense toujours à un lecteur, même si c'est pas forcément tout de suite conscient.
Du coup, ça rend la question encore plus difficile, parce que le type de lecteur créé/attendu par le texte change à chaque texte.
Pour certains poèmes ou textes qui mettent en jeu des connaissances historiques, mythologiques, etc, on sous-entend un lecteur instruit.
Parfois, on peut se dire qu'utiliser tel ou tel mot devrait créer telle image dans la tête du lecteur ou devrait le faire réagir ou que sais-je encore.
En fait, je pense que tout dépend de ce que l'on entend sous le terme de lecteur.
Moi, j'entends celui qui reçoit le texte, Rain semble plutôt entendre celui qui va le "critiquer" et non plus seulement le lire.

Bref, pour clarifier mon idée principale, je pense que le lecteur voulu (et non pas idéal car ce n'est pas sûr que le lecteur véritable -celui qui va lire le texte-  lira le texte comme on l'aura créé) est différent selon chacun de nos textes/poèmes. Il dépend de l'écriture, du sujet, enfin de tout ce qui fait qu'un texte est unique.
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Hors ligne Milora

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Re : Lecteur, mon beau lecteur...
« Réponse #4 le: 21 Septembre 2009 à 19:05:47 »
Rain, je suis assez d'accord avec toi. Là c'est surtout le côté critique que tu développes. Pour ma part, j'ajouterais juste que toute indication sur ce qu'à pensé/ressenti le lecteur (en bien ou en mal) m'est utile, justement pour savoir à quel point le texte a réussi à l'orienter dans la direction souhaitée.

Lo, ce que tu dis des textes 'à intrigue' est exactement ce que je pensais - sauf que toi tu arrives à le dire clairement ^^

Mais pour la poésie, je pense au contraire qu'elle exige encore plus du lecteur que la prose. Personnellement, je suis une très mauvaise lectrice pour un poète : il faut vraiment qu'il vienne me chercher, qu'il me happe vers son texte, autrement je glisse sur les vers (ou autres) sans intérêt, sans accrocher.
Je pense donc que la condition préalable n'est pas la même que pour la prose. Il faut plus qu'une simple bonne volonté du lecteur - mais je ne saurais pas dire quoi.

Citation de: Loredan
Après, il y a des cas particuliers : le lecteur en avance sur les personnages, dans le plupart des pièces de théâtre ; qu'il soit complice de l'auteur, chez Marivaux par exemple, ou qu'il soit le témoin impuissant de la dynamique tragique, chez Racine. Le lecteur intégré au texte dans certains textes parodiques, etc.
Je ne suis pas sûre que ce soient des cas particuliers, mais plutôt une extension de ce que tu évoques quand tu parles de "texte à intrigue".
Quoi que : tu cites du théâtre. C'est encore différent, à moins de ne le considérer que sous sa forme écrite...

Citation de: Loredan
Donc, dans le cas d'un texte "à intrigue", j'attendrai du lecteur qu'il se prenne au jeu. Mais ça peut devenir quelque chose d'un peu orgueilleux, si ça revient à dire "j'attends du lecteur qu'il marche à mes pièges et échoue à percer mon énigme de ouf". Du coup, peut-être que c'est un cas particulier du romancier.
(non mais matez-moi cette transition )
Oui mais justement, là c'est presque du résultat dont tu parles. Quelle est la condition préalable pour que ça fonctionne ? (je ne suis pas persuadée que ce soit une règle absolue, et non quelque chose qui se distingue selon la manière spécifique dont chaque auteur construit son récit)
(et jolie transition :mrgreen: )

Citation de: ernya
On pense toujours à un lecteur, même si c'est pas forcément tout de suite conscient.
Du coup, ça rend la question encore plus difficile, parce que le type de lecteur créé/attendu par le texte change à chaque texte.
Tiens, c'est vrai... J'avais pas pensé à ça  :mrgreen:

Citation de: ernya
Bref, pour clarifier mon idée principale, je pense que le lecteur voulu (et non pas idéal car ce n'est pas sûr que le lecteur véritable -celui qui va lire le texte-  lira le texte comme on l'aura créé) est différent selon chacun de nos textes/poèmes. Il dépend de l'écriture, du sujet, enfin de tout ce qui fait qu'un texte est unique.
Oui, mais justement, comment vous faites pour le construire ? Est-ce qu'il ne suffit pas d'un lecteur bienveillant pour arriver à l'attirer à votre intrigue/texte poétique ? Est-ce qu'il faut autre chose ? Si oui, quoi, comment ? Quelle est l'origine de l'univers ? Heu, je m'égare...  :-¬?
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Re : Lecteur, mon beau lecteur...
« Réponse #5 le: 21 Septembre 2009 à 19:14:40 »
Ben justement, je pense que pour certains textes on le construit sans s'en rendre compte. Mettre tel mot, faire telle référence, ça crée le texte et le lecteur. C'est indissociable. Sauf que lorsque tu as jetés les mots sur la papier, tu t'es pas dit "tiens si je mets ça alors mon lecteur....". C'est tout un, quoi.

Je pense qu'il y a plusieurs lecteurs: celui qu'on crée en créant le texte (mais auquel on ne pense pas concrètement), celui du type décrit par Lo' ( dans les romans policiers, au théâtre...) et le "vrai" lecteur, c'est à dire tout un chacun.
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Re : Re : Lecteur, mon beau lecteur...
« Réponse #6 le: 21 Septembre 2009 à 19:19:01 »
Ben justement, je pense que pour certains textes on le construit sans s'en rendre compte. Mettre tel mot, faire telle référence, ça crée le texte et le lecteur. C'est indissociable. Sauf que lorsque tu as jetés les mots sur la papier, tu t'es pas dit "tiens si je mets ça alors mon lecteur....".
Ah, moi si...  :-[ Pas en visant un lecteur concret (je vais pas mettre un mot savant pour viser un lecteur cultivé, par exemple), mais ce que tu appelles le lecteur créé, qui n'est pas totalement dissocié du lecteur réel...

Citation de: ernya
Je pense qu'il y a plusieurs lecteurs: celui qu'on crée en créant le texte (mais auquel on ne pense pas concrètement), celui du type décrit par Lo' ( dans les romans policiers, au théâtre...) et le "vrai" lecteur, c'est à dire tout un chacun.
Oui, c'est vrai. Mais l'auteur ne peut atteindre le lecteur le lecteur réel (ce qui est son but, après tout), que par l'intermédiaire de ce lecteur créé. Donc faut bien apprendre à le créer comme il faut, pour que la mécanique du texte prenne... non ?   :-\
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Re : Lecteur, mon beau lecteur...
« Réponse #7 le: 21 Septembre 2009 à 19:30:33 »
je crois qu'on pourra presque jamais arriver à l'équation lecteur créé = lecteur réel
tout simplement parce que le lecteur réel lit le texte avec ce qu'il connaît déjà que ce soit ses lectures ou sa vie
on voit ça à la relecture, on lit différemment à chaque fois
du coup comment arriver à ce que le lecteur créé soit égal au lecteur réel ? c'est impossible  :mrgreen:

évidemment l'auteur se doit de donner des indications à son lecteur et il vise toujours à le mettre dans un certain carcan, cependant ça n'empêchera pas le lecteur réel de s'en échapper et lire autrement ( je ne parle pas de contrelecture, hein ? simplement il s'attachera peut-être plus à certains détails ou verra d'une manière différente tel ou tel événement)

ce que je veux dire c'est que le texte peut très fonctionner sans pour autant que le lecteur ait lu le texte comme l'auteur l'aurait lu/voulu.
« Modifié: 21 Septembre 2009 à 19:55:08 par ernya »
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Re : Lecteur, mon beau lecteur...
« Réponse #8 le: 21 Septembre 2009 à 19:39:30 »
J'ai lu le fil et dans l'ensemble je suis daccord avec vous. Je pense que quand on essai d'écrire un texte à intrigue on pense au lecteur. On essaie de le mettre discrètement sur des fausses pistes, de le pousser à penser ce que l'on veut. Peut-être que sa ne marche pas toujours mais je pense que c'est grâce à ce point de vue que l'on peut arriver à faire un bon roman.

En tant que lecteur on peut remarquer, comme tu le disais Milora, qu'on ne lira pas de la poésie comme de la prose. On s'adapte au texte, c'est lui qui nous indique notre comportement. Et je trouve que la poésie est plus difficile à lire que la prose car souvent c'est un condensé de métaphores, de figures de style ... C'est un peu la gymnastique olympique des mots.

Après je ne pense pas que les trois quart des lecteurs se posent énormement de questions quand ils lisent, je pense que pour sa il faut vraiment être interessé par l'écriture. Il est plus commun de s'interroger sur l'intrigue que sur le style parce qu'on se fait vite emporter par l'histoire.
Je ne pense pas qu'il y ait de lecteur parfait, ou régulier dans sa façon de lire puisque comme je le disais c'est l'auteur qui choisit comment le livre sera lu, du moins pour le principal (ex: dans un moment triste, comme la mort de machin chose, l'auteur va raconter de façon tragique et le lecteur le lira dans ce sens la. Pour des situations moins évidentes je pense qu'une lecture du lecteur réelle peut être différente de celle du lecteur fictif.).
"- "Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses?
Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir
L'holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir?"

Hors ligne Milora

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Re : Re : Lecteur, mon beau lecteur...
« Réponse #9 le: 21 Septembre 2009 à 19:47:35 »
je crois qu'on pourra presque jamais arriver à l'équation lecteur crée = lecteur réel
tout simplement parce que le lecteure réel lit le texte avec ce qu'il connaît déhà que ce soit ses lectures ou sa vie
on voit ça à la relecture, on lit différemment à chaque fois
du coup comment arriver à ce que le lecteur créé soit égal au lecteur réel ? c'est impossible  :mrgreen:
Ah mais j'ai jamais dit ça ! Je parlais d'atteindre le lecteur réel, de l'influencer - pas de le façonner. Ça, c'est la partie magie que la lecture, ce qui fait qu'elle est plus une rencontre qu'une relation à sens unique auteur --> lecteur.

Citer
ce que je veux dire c'est que le texte peut très fonctionner sans pour autant que le lecteur ait lu le texte comme l'auteur l'aurait lu/voulu.
Je n'en suis pas persuadée, par contre. Je pense que c'est en grande partie pour ça qu'on est parfois hermétiques aux classiques (moi la première) : ils sont plus exigents, et habitués à d'identifier au héros, on ne les lit pas dans l'optique prévue... (et c'est pour ça que parfois, un cours de lettres peut vous faire redécouvrir une oeuvre à côté de laquelle on est passés !)

Citer
Après je ne pense pas que les trois quart des lecteurs se posent énormement de questions quand ils lisent, je pense que pour sa il faut vraiment être interessé par l'écriture. Il est plus commun de s'interroger sur l'intrigue que sur le style parce qu'on se fait vite emporter par l'histoire.
Non mais justement, à mon sens tout ça fait partie des mécanismes de la lecture, qui se passent un peu à l'insu des acteurs (auteur et lecteur), sauf s'ils réfléchissent un peu dessus. Or, pour que ce soit un tant soit peu maîtrisé (même si, évidemment, on ne peut pas obliger le lecteur à suivre l'auteur !), c'est le rôle de l'auteur d'en prendre conscience et d'en jouer...
La preuve : certains auteurs très doués arrivent à vous embarquer dans une histoire qui en soi ne vous aurait pas intéressée...
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Re : Lecteur, mon beau lecteur...
« Réponse #10 le: 21 Septembre 2009 à 19:54:36 »
Citation de: ernya
je crois qu'on pourra presque jamais arriver à l'équation lecteur créé = lecteur réel
tout simplement parce que le lecteur réel lit le texte avec ce qu'il connaît déjà que ce soit ses lectures ou sa vie

et tout simplement parce que le lecteur créé, c'est l'auteur fantasmé en lecteur. C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a une adéquation originelle entre la satisfaction (ou l'insatisfaction) de l'auteur et la réception de l'œuvre.


Et j'suis entièrement d'accord avec Mil' : il faut savoir changer d'optique lorsqu'on lit un classique.
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nasnas29

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Re : Lecteur, mon beau lecteur...
« Réponse #11 le: 05 Novembre 2010 à 12:16:00 »
A mon humble avis de lecteur, s'il m'était donné par exemple de ne pas connaître l'auteur d'un livre que j'aie sous la main, je m'attacherais avant tout en premier à son récit. Très vite, on peut se faire une idée alors du style; pour ma part, si celui-ci est trop appuyé, il encombre mon désir de lecture(L' écriture d'un texte prend une toute autre exigence pour un lecteur affirmé ou non, je pense). Cependant, for de sa propre culture livresque et au-delà du style, le fond peut contrebalancer la tendance. Un texte bien structuré, simple, ponctué de réflexions avec une fin bien amenée touchera d'autant mieux un lecteur populaire que celui voué à un exercice qui déjoue tous les repères.
Dans tous les cas, je trouve qu'il est plus judicieux de travailler à écrire d'abord clairement. Faire du style, mais pas trop et donner à son texte de la cohérence pour le souci de son lectorat.

 


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