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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Au fond d'un bois

Auteur Sujet: Au fond d'un bois  (Lu 6449 fois)

Hors ligne TaHiRdEmAdA

  • Tabellion
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  • Nocturne de naissance.
Au fond d'un bois
« le: 27 juillet 2009 à 05:23:08 »
Sortez couverts, voyons! Comment faut le dire? Comme ça?



Au fond d’un bois, un cor céleste
On annonce un être qui dort
Couchée, de la vie s’en déleste,
Sur sa monture au rythme preste
Qui ne regarde que le nord.

 Les étonnants miracles agrestes
La protègent d’un commun renfort.
Les courants d’air se posent en veste
Sur la pureté manifeste
De sa peau douce en maillechort.

L’invincible sommeil funeste
Veut l’arracher à ses efforts
Pour garder avec elle un zeste
De cet éternel palimpseste
Qu’est le temps traversé alors.

Lutter contre le mal qui reste
Ne transperce pas ses dehors;
Sa grâce que les dieux contestent
Son front d’un infini modeste
Ne faneront pas près de la mort.

Au fond du bois le cor céleste
Souffle l’agonie aux abords
De la monture au rythme preste
Qui brise le vent depuis l’est,
Sur son dos un être qui dort.

Hantée, tout au fond de sa sieste,
Par une damnation du sort;
Qui lui donna comme la peste
Un jour qu’elle oublia le geste
Qui précède aux plaisirs du corps.
A pêter plus haut que son cul on finit par grandir.

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  • Calame Supersonique
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Re : Au fond d'un bois
« Réponse #1 le: 27 juillet 2009 à 10:54:26 »

Un texte par jour !
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

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  • Calame Supersonique
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Re : Au fond d'un bois
« Réponse #2 le: 28 juillet 2009 à 14:29:34 »

Tout d'abord bravo pour le schéma des rimes : a-b-a-a-b (avec un bel effet pour les "orps" et "estes")

Il y a un passage où tu utilises "9" syllabes. Je sais pas si c'est volontaire.

Et pour le texte je suis assez perdu. Quelle est la liaison, s'il y en a une, entre le cor et "elle" ? Peux-tu m'éclaircir sur ton texte ?

-----------------------------------

Citer
Couchée, de la vie s’en déleste,

C'est le corps qui est couché, non ? à la fin tu dis "elle", on peut comprendre mais le problème c'est qu'avec le vers d'avant cela peut porter à confusion.

Les/ é/to/nnants/ mi/ra/cle/s a/grestes  = 9
La/ pro/tè/gent/ d’un/ co/mmun/ ren/fort.  = 9
Les/ cou/rants/ d’air/ se/ po/se/nt en/ veste  = 9
Sur/ la/ pu/re/té/ ma/ni/feste  = 8
De/ sa/ peau/ dou/ce en/ mai/lle/chort.  = 8

Citer
Ne transperce pas ses dehors;

Un espace avant le ";" (plus loin aussi)

Ne/ fa/ne/ront/ pas/ près/ de/ la/ mort.  = 9

Citer
Hantée, tout au fond de sa sieste,

C'est le corps qui est hanté, non ? (même remarque, peut porter à confusion)

Citer
Pour garder avec elle un zeste

Citer
Un jour qu’elle oublia le geste

Viennent trop tard dans le poème.
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

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Re : Au fond d'un bois
« Réponse #3 le: 28 juillet 2009 à 19:35:54 »
C'est tout con: Le cor annonce un être et cet être est une femme, et c'est elle qui est hantée,  d'ailleurs je ne parle jamais de corps, que d'un être. Pour le vers avec "faneront" tu as raison, pour la deuxième strophe je te rapelle que j'ai appliqué les mêmes rêgles que pour "Cailloux" par conséquent le rythme est juste, même si la rêgle est fausse! J'ai hâte de la retrouver celle-là!
A pêter plus haut que son cul on finit par grandir.

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  • Calame Supersonique
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Re : Au fond d'un bois
« Réponse #4 le: 29 juillet 2009 à 10:00:55 »

Citer
Le cor annonce un être et cet être est une femme, et c'est elle qui est hantée,  d'ailleurs je ne parle jamais de corps, que d'un être. Pour le vers avec "faneront" tu as raison, pour la deuxième strophe je te rapelle que j'ai appliqué les mêmes rêgles que pour "Cailloux" par conséquent le rythme est juste, même si la rêgle est fausse! J'ai hâte de la retrouver celle-là!

J'avais bien compris que c'était la femme mais comme je l'ai déjà dit, tes vers portent trop à confusion.

Je te dis ça car moi on m'a souvent fait le reproche avant.

Ensuite pour ton histoire des "e" je sais pas où tu as vu ça, mais pour moi c'est n'importe quoi. La poésie existe depuis bien longtemps, pourquoi en changer les règles maintenant. Je ne suis pas d'accord là dessus.
« Modifié: 29 juillet 2009 à 12:03:56 par Matt »
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

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Re : Au fond d'un bois
« Réponse #5 le: 29 juillet 2009 à 13:39:18 »
Pour l'histoire des "e", je défends Tahirdemada. Je suis d'accord qu'on ne peut pas changer les règles maintenant, surtout pas nous qui sommes des "amateurs". Mais rien ne nous oblige à les respecter ! La poésie existe depuis longtemps, mais les gens qui remettent les règles en cause aussi, qui en prennent une partie pour renoncer à l'autre.

Sur le vers  "Les/ é/to/nnants/ mi/ra/cle (/)s a/grestes" ,  dire le "s" est bizarre aujourd'hui, et c'est courant de ne pas le dire, je crois.  (En même temps, en matière de poésie, je n'ai étudié en détails qu'Apollinaire, et vu quelques autres poèmes par-ci par-là...)
Par contre, le vers "La/ pro/tè/gent/ d’un/ co/mmun/ ren/fort." est plus artificiel, plus gênant, si on ne le découpe pas comme ça. Il tient beaucoup plus du 9-syllabes que de l'octosyllabe, je trouve
Ich weiss nicht, was soll es bedeuten...

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  • Calame Supersonique
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Re : Au fond d'un bois
« Réponse #6 le: 29 juillet 2009 à 15:29:22 »

Citer
Mais rien ne nous oblige à les respecter !

Effectivement, mais si tu ne les respectes pas c'est de la poésie libre. (voir Prévert : Paroles)

Ici quand je vois que les vers ont pratiquement tous "8 syllabes", il faut le faire partout !
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Re : Au fond d'un bois
« Réponse #7 le: 29 juillet 2009 à 15:51:46 »
Au fond d’un bois, un cor céleste
On annonce un être qui dort
Couchée, de la vie s’en déleste,
Sur sa monture au rythme preste
Qui ne regarde que le nord.
cette strophe, j'y comprends rien ><
au niveau grammatical et syntaxique
je comprends vraiment pas  comment se construit le troisième vers
qui est "couchée" ? et qui se déleste ?
franchement on se perd dans les sujets, il faut que tu le précises par je ne sais quel moyen que tu vas faire référence à une femme, il faudrait un "elle" quelque part, sinon, pour moi, ça ne veut rien dire :-[

 
Les courants d’air se posent en veste
Sur la pureté manifeste
je suis pas convaincue par la rime, je trouve qu'on perd le sens au profit des sonorités

Qu’est le temps traversé alors.
idem, tu as besoin d'une rime en "or" mais je trouve que ça fait bancal

Ne transperce pas ses dehors;
c'est un peu nébuleux

Sa grâce que les dieux contestent
Son front d’un infini modeste
modeste est un adjectif, non ? peut-être que ça se dit mais je trouve ça étrange comme formulation

Ne faneront pas près de la mort.
idem "près de la mort" c'est étrange
que veux-tu dire ? au moment de la mort ?
pourquoi pas plutôt "Ne faneront pas lors de sa mort" ?

Sur son dos un être qui dort.
encore une fois, niveau syntaxique, le vers passe moins bien

dans l'ensemble, je reconnais que la contrainte que tu t'es imposée avec les rimes m'empêche d'apprécier le contenu
pour moi, les rimes se suivent mais le sens peine, ce qui est dommage parce que les vers qui fonctionnent bien ont un beau rythme
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : Au fond d'un bois
« Réponse #8 le: 29 juillet 2009 à 16:32:14 »
Non, Matt, pas d'accord ^^ Sauf si tu considères qu'Apollinaire a écrit de la poésie libre... Or on ne peut pas vraiment dire ça !
Exemple avec "Les colchiques":

Le pré est vénéneux mais joli en automne (alexandrin malgré deux hiatus)
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
(deux hexasyllabes réguliers, ou un alexandrin)
Le colchique couleur de cerne et et lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
(deux alexandrins classiques)
Violâtres comme leur cerne et comme cet automne

Et je m'arrête là, pas besoin d'aller plus loin:  Dans ce "dernier" vers, si on veut le lire comme un alexandrin, on ne prononce pas le "e" soit de "violâtres", soit du premier "comme". Et tout le reste du poème est comme ça: des alexandrins "parfaits", d'autres avec des hiatus, d'autres qui le sont à condition de jouer avec les "e".

Je viens de parcourir très vite Paroles, et je trouve que ça n'a pas grand chose de commun...
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  • Calame Supersonique
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Re : Au fond d'un bois
« Réponse #9 le: 29 juillet 2009 à 16:53:26 »

Citer
Et je m'arrête là, pas besoin d'aller plus loin:  Dans ce "dernier" vers, si on veut le lire comme un alexandrin, on ne prononce pas le "e" soit de "violâtres", soit du premier "comme". Et tout le reste du poème est comme ça: des alexandrins "parfaits", d'autres avec des hiatus, d'autres qui le sont à condition de jouer avec les "e".

Non, rien à voir avec cette histoire de "e", ce vers n'est pas un alexandrin ! c'est tout !

Je mets le poème, en entier, ci-dessous : (poème de Guillaume Apollinaire : Alcools : les Colchiques)

Citer
Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violatres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne

Les enfants de l'école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières

Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne

Prenons par exemple :

Citer
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières

Ce n'est pas un alexandrin lui non plus ! le vers est libre ! (14 syllabes)

Je pense qu'Apollinaire prenait juste plaisir à brouiller les pistes de la versification.
« Modifié: 29 juillet 2009 à 17:07:43 par Matt »
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Re : Au fond d'un bois
« Réponse #10 le: 29 juillet 2009 à 17:40:58 »
Bon là... Divergence d'opinions. Pour moi, ce sont toujours des alexandrins (Filles/de/leurs/filles/ et/ sont/ cou/leur/ de/ tes/ pau/pières). D'ailleurs je ne peux pas vraiment dire que c'est mon opinion, je me contente d'argumenter selon ce que m'a dit mon prof de français cette année. 
Précision: il a dit que les premiers vers constituent une "pression métrique", qu'ils nous mettent dans un cadre d'alexandrins. Tous les vers qui portent à débat, seuls, ne seraient effectivement pas des alexandrins s'ils n'en étaient entourés...
Mais c'est sûr que rien ne prouve, en soi, qu'il a raison. Ni tort. On peut l'interpréter différemment
Mais je crois qu'on n'arrivera pas à se mettre d'accord...
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  • Calame Supersonique
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Re : Au fond d'un bois
« Réponse #11 le: 29 juillet 2009 à 17:57:05 »

Ben en faite, avec Apollinaire, je pense que personne n'a tort. Donc c'est sûr les opinions sont différentes. Mais bon, un alexandrin, c'est à la base un vers de 12 syllabes.
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Re : Au fond d'un bois
« Réponse #12 le: 30 juillet 2009 à 02:57:39 »
Alors là! Je dors, je vais au travail, je reviens du travail et je me retrouve avec un débat sur Apollinaire! C'est un honneur pour mon texte! Pour ce qui est des rêgles j'ai écrit sur "Cailloux" qu'on ne m'y reprendra plus. Si irrespect il y a, il est hors de question que j'en sois le porteur. J'aime la poésie, je n'ai que ça alors je ne peux me permettre de la pratiquer à la légère. Si ça ne tenait qu'à moi j'aurais retiré ce poème. Je vais bien entendu en produire une nouvelle version plus en adéquation avec vos propos. Je vous remercie d'apporter vos pierres à l'édifice. Ma seule défense c'est "qui ne tente rien n'a rien", j'ai encore une immense évolution à faire. Si je la fais c'est grâce à vous mais vu que c'est tout ce que j'ai chaque critique est une entaille dans ma chair, chaque entaille est un apport. C'est dur mais nécessaire.
Après je n'ai pas cherché à jouer avec les élisions, encore moins à me prendre pour un poète que je n'apprecie pas, que je ne lis pas ( Blasphème!).  
Voilà ce que ça pourrait donner:


Au fond d'un bois un cor céleste
Hurle de son cri le plus fort
Il annonce, ce chant funeste,
Que vient un grand étalon preste,
Sur son dos une femme dort.

Dort d'une fatale sieste
Qui l'amènera à la mort:
Ce sont les dieux qui l'admoneste
D'être plus belle, sans conteste,
Que leurs statues d'ivoire et d'or.

Pour punir celle qu'ils détestent
Ils la maudirent de ce sort:
La tragique et nouvelle peste
Qui touche qui omet le geste
Qui précède aux plaisirs du corps.


(Diérèse à "sieste", du coup)

Voilà, plus court, après réflexion le truc sur la nature et la presque répétition de la première strophe ne servent à rien.  Du coup les dieux prennent une place prépondérante et le facteur épidémie, coup du sort, s'en voit diminuer. Sortez couvert quand même. ;)
« Modifié: 30 juillet 2009 à 05:56:44 par TaHiRdEmAdA »
A pêter plus haut que son cul on finit par grandir.

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  • Calame Supersonique
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Re : Au fond d'un bois
« Réponse #13 le: 30 juillet 2009 à 09:18:02 »

Il faudrait que tu répondes aux commentaires des autres.  :huhu:
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

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  • Tabellion
  • Messages: 29
  • Nocturne de naissance.
Re : Au fond d'un bois
« Réponse #14 le: 30 juillet 2009 à 09:54:23 »

Il faudrait que tu répondes aux commentaires des autres.  :huhu:

C'est pas l'impression que donne mon message? J'ai quand même modifié le poème grâce à vous... Là je comprend pas... Pour Apollinaire je peux rien dire je ne connais pas... Non là je suis vraiment perplexe...
A pêter plus haut que son cul on finit par grandir.

 


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