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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » J'ai vu au loin la cité d'argent

Auteur Sujet: J'ai vu au loin la cité d'argent  (Lu 8492 fois)

Hors ligne ernya

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J'ai vu au loin la cité d'argent
« le: 08 Juin 2009 à 10:05:41 »
ça fait longtemps que je voulais refaire quelque chose en prose dans la même veine qu'Eclipse, ça m'a donné ce texte-ci, axé sur le thème du souvenir.
Encore une fois, pas vraiment un texte à intrigue et la fin laisse sûrement à désirer.
C'est volontairement symbolique, imagé, voilà, vous êtes prévenus. ^^
Je pense être parvenue à sa fin, je me vois mal l'allonger donc autant vous le soumettre. Je vous laisse juges ;)




Version 1, mais remaniée :


J’ai vu au loin la cité d’argent. Le souvenir, noble cavalier régnant sur cette immensité d’albâtre, ne tiendrait guère. Je croyais déjà sentir ses battements s‘affaiblir et l'oubli apparaissait déjà,  l'oriflamme menaçant, à l'horizon.
J’ai couru vers la cité, par-delà les hauteurs escarpées et les rafales des réminiscences qui abrutissaient mes yeux.

 Je cours, je tombe, je me relève, je repousse les voix qui m’enjoignent de mettre un terme à cette course perdue. Les cailloux volent sous mes pas, le vent siffle, je ne pleure toujours pas.
Je me soumets. Les larmes fatiguent et les citadelles sont navrantes.

J’ai revu les rires, les souvenirs, la chaleur d’autrefois.
Le cœur chaud de la cité palpite encore ! Le souvenir n’est point mort. Il vit ou revit... Il y avait cette douceur, cette satiété du cœur. Il y avait cette présence.

Mais la vision se déforme et lorsque j’ouvre les yeux, ce n’est que poussière, au loin la cité blanche a disparu.
Le cœur gercé, je m’élance sur les pentes de cette terre devenue désertique. Mes yeux implorent ce qui n’existe plus, ce qui n’a peut-être jamais existé. Ils cherchent avec fébrilité, plus rapides que mes pauvres pieds, qui peinent et s’esquintent sur la roche. Le corps tendu vers l’horizon obscur, je ne suis qu’une boule d'angoisse.
Enfin, une forme se découpe à l’horizon. Serait-ce lui ? La forme est voilée. Des voiles ? Elle se retourne : c’est la vérité effarouchée.
Vacillement.

L’illusion amère est passée, il n'en reste plus qu’un arrière-goût tenace.
Je peux contempler, apaisée, le combat. C’est impassible que j’assiste à l’hécatombe de mes souvenirs. Un à un, ils tombent tous. Il résiste pourtant alors que tous s'effacent.  Nos regards se croisent, vie figée contre lueur d’espoir. La partie est inégale. Mes yeux battent en retraite.

J’ai vu l’arbre aux souhaits. Les rubans de soie colorés, autrefois si nombreux, ont disparu. Ils dérivent au gré des orages des soirs d’été. L’arbre décharné se dressait encore et étendait ses maigres rameaux vers des cieux meilleurs.
Mais je n’avais nul ruban à lui donner, je ne portais que des haillons d’amertume.

J’ai poursuivi le cavalier. J’ai suivi ses traces. Le paysage change, sur la route gisent des statues qui cachent leurs visages chagrinés dans leurs ailes angéliques. Elles sont innombrables. Soupirs brisés en plein envol. Ai-je autant de fois traversé ces contrées désertes ? Leurs peines font gémir mes yeux mais n’entravent point mes pas.

Epuisée, couverte de poussière et vieille de mille ans de dénégations, je parviens enfin à la cité. Elle est en ruines et couverte de pétales rouges. Je cherche le cavalier du regard, le sang sur le sol semble indiquer sa présence. Mais je ne le sens point. Je ne sens que ma propre peine, je vomis des regrets.






Version deux : courte, moins branlette a priori, directe.



***

J’ai vu l’arbre aux souhaits. Les rubans de soie colorés, autrefois si nombreux, ont disparu. J’aurais voulu en accrocher. Mettre un peu de gaité. Un peu de couleur. Mais je n’avais aucun ruban sur moi, juste des haillons de regrets et d’amertume. J’ai beau l’envelopper de bandelettes, le momifier, parfois le souvenir s’ouvre de nouveau. Tout grand. C’est si facile de plonger dedans.

***

J’ai vu au loin la cité d’argent. En contrebas, adossée à la montagne. Sous les rayons du soleil, à l’abri du vent. J’ai connu son roi, il y a bien longtemps. Quand il était chaud et vivace. Quand il n’était pas qu’un souvenir.

***

Les rayons ont disparu et l’air se fait lourd. L’illusion est passée. Les larmes fatiguent et les citadelles sont navrantes. La cité s’est creusée de fissures, les murs se dérobent. Tout cela n’est que trucage. Mirage. Un piètre collage de fragments. C’est si fragile, un souvenir.

***


J’ai revu la cité d’argent. Elle palpite.
                                                                                 Crépite.
                                                                                                           Les images me reviennent,
                                                                                                                                                                   fugaces.

« Modifié: 23 Décembre 2012 à 00:30:41 par ernya »
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Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #1 le: 08 Juin 2009 à 17:10:17 »


Citation de: ernya
J’ai vu au loin la cité d’argent.
j'aime, ce genre de textes a souvent besoin d'une rengaine bien trouvée, à la fois vague et solennelle, c'en est une, je trouve


Citer
Et déjà apparaissait, menaçant, le spectre noir, l’oubli, la main posée sur sa dague brisée.
la fin me plaît moyen, ça fait un peu "cliché de fantasy", alors que le texte, je pense, tend à s'affirmer au-delà d'une quelconque cloison de genre.


Citer
Ses fidèles ombres s’avançaient et l’herbe des premiers mois se couchait sous leur pas.
leurs ?

Citer
Le souvenir, qui règne sur cette immensité d’albâtre, ne tiendrait guère longtemps.
"guère longtemps" n'est pas très beau, pour moi. Supprimer "longtemps" ? prendre le problème à l'envers et trouver qqch genre "s'évanouirait vite" ?


Citer
J’ai couru vers la cité, par-delà les hauteurs escarpées et les rafales des réminiscences qui abrutissaient mes yeux hagards.
j'aime (la longueur de la phrase, etc.)


Citer
Le cœur chaud de la cité palpite encore ! Le souvenir n’est point mort.
j'aime pas l'écho en "or". Ce jeu d'échos revient après, et j'arrive pas à l'apprécier, pas la peine qu'il y ait des rimes cachées pour faire un poème en prose, j'trouve que ça fausse l'harmonie phonique :mrgreen: (un Mr Green pour le passage jargon-pompeux-khâgneux)

Citer
Il vit ou revit et bercée, je m’abandonne au doux cocon onirique.
j'aime pas le "je m'abandonne" et sa suite. On ne dit pas à la 1ère personne ce qu'on dirait à la 3ème, et pour moi c'en est un bon exemple. Avec "il/elle" ça passerait bien, avec "je", moins, à mon goût. Ca fait trop "je commente les faits et gestes". (j'avais eu le même problème pour 'le Cocon de marionnette' ><)


Citer
Il y avait cette douceur, cette satiété du cœur. Il y avait des mots jetés dans le coin d’une feuille oubliée. Et il y avait cette présence, ce lien insondable et ineffable.
commentaire identique au niveau des échos de sonorités... remarque, si les autres sont rectifiés, je pense que ceux de la 2e phrase passent bien.


Citer
Mais la vision se déforme et lorsque j’ouvre les yeux, ce n’est que poussière, au loin la cité blanche a disparu.
le "ce n'est que" me gêne un peu. Mauvaise tournure ? le segment de texte isolé, ça donne : "lorsque j'ouvre les yeux, ce n'est que poussière"... c'est pas beau, si ?


Citer
La peur court en moi, cheval au galop, et le cœur gercé, je m’élance sur les pentes noirâtres de la terre devenue désertique.
j'aime mais ça pourrait être mieux, si tu allégeais le tournure "devenue désertique". Le reste (de "et le cœur" à "terre") est bien.


Citer
Ils cherchent avec une fébrilité soudaine, plus rapides que mes pauvres pieds, qui peinent et s’esquintent sur ces roches sinueuses.
j'aime pas trop "pauvres", j'aime pas trop "sinueuses". J'aime bien "s'esquintent" par contre.


Citer
Enfin, une forme se découpe à l’horizon. Serait-ce lui ? La forme est voilée. Des voiles ?
Elle se retourne : c’est la vérité effarouchée.
le côté "métaphore systématique" rend le passage un peu hermétique, genre "c'est bien dit mais y a quoi au-delà ?"...

Citer
Mes yeux se détournent et je vacille dans les sanglots des fleuves arides de ma mémoire.

L’illusion amère est passée, il ne reste plus que l’arrière-goût tenace.
ça pourrait être bien mais j'trouve ça un peu lourd... les "des/de" pour la 1ère phrase, probablement. Pour la 2ème, c'est l'impression de chute de la fin. Je pensais que la phrase continuerait, et non, y a le vide. Genre le Coyote qui marche sur la corniche et, ah non, il pensait qu'elle était là, mais y a juste un canyon. Et il tombe.
Bref, la minute cartoon pour dire que y a un déséquilibre dans l phrase, je pense. Dû à l'article défini, peut-être. "qu'un arrière goût" ? "il n'en reste plus que" ?


Citer
La sécheresse a envahi mon cœur assoiffé et c’est impassible que j’assiste à l’hécatombe de mes souvenirs.
"et c'est impassible que j'assiste", je trouve ça assez lourd.


Citer
Les lames –larmes – étincèlent.
manque un espace avant "larmes"

Nos regards se croisent, vie figée contre lueur d’espoir. un peu mal dit ? à part ça j'aime bien le paragraphe, mais c'est qui le cavalier ? les métaphores systématiques, ça fatigue :-¬?


Citer
Où sont donc partis ces rires autrefois si nombreux ?
p'is où les amours d'antan dans tout ça...


Citer
Ils s’en vont les funestes nuages mais ils laissent dans l’air une odeur mortifère.
virgules après "vont" et "nuages" ? j'aurais enlevé le "ils" aussi (de "ils laissent")


Citer
Les étendues désertiques n’assoiffent point la folie lyrique ou épique de mon âme sèche.
ça blase, en fait, les métaphores systématiques.


Epuisée, couverte de poussière et vieille de mille ans de dénégations, je parviens enfin à la cité. Elle est en ruines et couvertes de pétales rouges. Je cherche le cavalier du regard, le sang sur le sol semble indiquer sa présence. Mais je ne le sens point. Je ne sens que ma propre souffrance, les stigmates de mon cœur muselé.
Citer
Je le vois enfin. Petit être recroquevillé, il semble bien faible dans sa prison de ronces. Des roses ont envahi son abri. Fascinée, je m’approche, tremblante, trop faible pour espérer encore. Je tends une main hésitante, attendant un coup de grâce. Qui ne vient point. La scène demeure figée.
le "je le vois enfin" fait trop "je commente mes faits et gestes" j'trouve. Mais la fin pourrait être la vraie fin, non ?
les quelques lignes qui restent, je les aime pas trop. Tu vas au bout de la métaphore mais je suis passé à côté donc bon.


Pour résumer, j'ai bien aimé, mais par moments ça fait un peu trop... heu... branlette poétique ? :mrgreen: dans le sens où y a plein de métaphores et tout et tout, mais on voit pas où ça nous mène. (on c'est je)

et j'aime bien le titre ^^
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Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #2 le: 08 Juin 2009 à 17:48:13 »
Moi aussi, j'aime bien le titre.

Citer
Le souvenir n’est point mort.
Je trouve le "point" un peu ampoulé ; vu le contexte déjà élevé, un "pas" passerait bien, je trouve...

Citer
Enfin, une forme se découpe à l’horizon. Serait-ce lui ? La forme est voilée. Des voiles ?
Elle se retourne : c’est la vérité effarouchée.
Mes yeux se détournent et je vacille dans les sanglots des fleuves arides de ma mémoire.
J'ai pas compris  :-[

Citer
Ils s’en vont les funestes nuages mais ils laissent dans l’air une odeur mortifère.
Manque au moins une virgule...

Citer
Rechercheraient-elles la douce moiteur de lignes purpurines ?
C'est un peu trop, je trouve, cette phrase  :-[

Citer
ma gorge étreinte d’hurlements
de hurlements


Alors... J'ai trouvé ça bien écrit. Mais "trop" bien écrit... Disons qu'il y a de la puissance et de l'orginalité, mais - dans mon cas tout du moins - on n'arrive pas trop à visualiser ce qui se passe. Au début, ça va (le titre guide), mais ensuite, j'ai l'impression d'un flash-back se mêle au présent et là c'est pas clair. Du coup, les phrases tombent un peu à plat : ça fait seulement élégiaque, et vers les trois-quart on décroche un peu...
Donc à mon avis, pour l'améliorer, et lui rendre toute la beauté et la force qu'ont tes phrases, il faudrait ajouter des éléments plus clairs, quelques phrases ici ou là, pour qu'il y ait une "action", pour qu'on se représente la situation d'énonciation et pas seulement les plaintes de la narratrice...

Enfin, à mon humble avis...  :-[
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #3 le: 08 Juin 2009 à 19:55:54 »
(juste comme ça, parce que j'ai zappé de le dire dans la pseudo-présentation, en fait, il y a beaucoup d'influences : genre Rimbaud, Musset, les poètes espagnols
c'est marrant que vous ne me le reprochiez pas, XD)
 
Lo'

Citer
Et déjà apparaissait, menaçant, le spectre noir, l’oubli, la main posée sur sa dague brisée.
la fin me plaît moyen, ça fait un peu "cliché de fantasy", alors que le texte, je pense, tend à s'affirmer au-delà d'une quelconque cloison de genre.
ouip, je vois ce que tu veux dire, il devait y avoir un truc à la base ><
le hic avec ce texte, c'est que je l'ai voulu volontairement symbolique et du coup, ben ça va plus :-¬?
mais sinon, oui, d'acc

Citer
Le souvenir, qui règne sur cette immensité d’albâtre, ne tiendrait guère longtemps.
"guère longtemps" n'est pas très beau, pour moi. Supprimer "longtemps" ? prendre le problème à l'envers et trouver qqch genre "s'évanouirait vite" ?
hum, ouais mais nan, parce que là, j'ai conçu la scène comme une attaque, tu vois
et donc "tiendrait" pour tenir position, tenir un fort, enfin voilà quoi :-[

Citer
Le cœur chaud de la cité palpite encore ! Le souvenir n’est point mort.
j'aime pas l'écho en "or". Ce jeu d'échos revient après, et j'arrive pas à l'apprécier, pas la peine qu'il y ait des rimes cachées pour faire un poème en prose, j'trouve que ça fausse l'harmonie phonique :mrgreen: (un Mr Green pour le passage jargon-pompeux-khâgneux)
LOL! je te jure que là, c'est pas voulu à la base, pas conscient, bref
mais sinon, pour le reproche, je suis d'accord ( mais on est dans la section texte :mrgreen:)

Citer
Il vit ou revit et bercée, je m’abandonne au doux cocon onirique.
j'aime pas le "je m'abandonne" et sa suite. On ne dit pas à la 1ère personne ce qu'on dirait à la 3ème, et pour moi c'en est un bon exemple. Avec "il/elle" ça passerait bien, avec "je", moins, à mon goût. Ca fait trop "je commente les faits et gestes". (j'avais eu le même problème pour 'le Cocon de marionnette' ><)
hum... mouais... proposition ? :P

Citer
Il y avait cette douceur, cette satiété du cœur. Il y avait des mots jetés dans le coin d’une feuille oubliée. Et il y avait cette présence, ce lien insondable et ineffable.
commentaire identique au niveau des échos de sonorités... remarque, si les autres sont rectifiés, je pense que ceux de la 2e phrase passent bien.
mouais, j'aimais bien, moi :-\
mais c'est vrai que c'est peut-être exagéré

Citer
Mais la vision se déforme et lorsque j’ouvre les yeux, ce n’est que poussière, au loin la cité blanche a disparu.
le "ce n'est que" me gêne un peu. Mauvaise tournure ? le segment de texte isolé, ça donne : "lorsque j'ouvre les yeux, ce n'est que poussière"... c'est pas beau, si ?
beau, jsais pas, mais la rupture, elle est voulue, elle accompagne le sens, non ?

Citer
Ils cherchent avec une fébrilité soudaine, plus rapides que mes pauvres pieds, qui peinent et s’esquintent sur ces roches sinueuses.
j'aime pas trop "pauvres", j'aime pas trop "sinueuses". J'aime bien "s'esquintent" par contre.
hum, je peux les enlever, ça changerait guère le sens ?

Citer
Enfin, une forme se découpe à l’horizon. Serait-ce lui ? La forme est voilée. Des voiles ?
Elle se retourne : c’est la vérité effarouchée.
le côté "métaphore systématique" rend le passage un peu hermétique, genre "c'est bien dit mais y a quoi au-delà ?"...
MDR
que dire ? :-[
hum, vous ne comprenez vraiment pas ?
je veux dire, c'est plus ou moins une métaphore
tout simplement, elle veut voir le souvenir partout et là, elle s'est gourée et donc c'est une attaque contre la vérité

Citer
Mes yeux se détournent et je vacille dans les sanglots des fleuves arides de ma mémoire.

L’illusion amère est passée, il ne reste plus que l’arrière-goût tenace.
ça pourrait être bien mais j'trouve ça un peu lourd... les "des/de" pour la 1ère phrase, probablement. Pour la 2ème, c'est l'impression de chute de la fin. Je pensais que la phrase continuerait, et non, y a le vide. Genre le Coyote qui marche sur la corniche et, ah non, il pensait qu'elle était là, mais y a juste un canyon. Et il tombe.
Bref, la minute cartoon pour dire que y a un déséquilibre dans l phrase, je pense. Dû à l'article défini, peut-être. "qu'un arrière goût" ? "il n'en reste plus que" ?
lol, je vois, oui
mais comment veux-tu que je continue ? ???
sinon je prends ta proposition

Citer
La sécheresse a envahi mon cœur assoiffé et c’est impassible que j’assiste à l’hécatombe de mes souvenirs.
"et c'est impassible que j'assiste", je trouve ça assez lourd.
ok

Nos regards se croisent, vie figée contre lueur d’espoir. un peu mal dit ? à part ça j'aime bien le paragraphe, mais c'est qui le cavalier ? les métaphores systématiques, ça fatigue :-¬?
le cavalier c'est le souvenir, celui du tout début
si ça c'est pas compréhensible, je comprends que vous soyez perdus ><
et sinon, ben, je pense pas changer, non

Citer
Ils s’en vont les funestes nuages mais ils laissent dans l’air une odeur mortifère.
virgules après "vont" et "nuages" ? j'aurais enlevé le "ils" aussi (de "ils laissent")
ok

Citer
Les étendues désertiques n’assoiffent point la folie lyrique ou épique de mon âme sèche.
ça blase, en fait, les métaphores systématiques.
ok, ça je veux bien l'enlever

Epuisée, couverte de poussière et vieille de mille ans de dénégations, je parviens enfin à la cité. Elle est en ruines et couvertes de pétales rouges. Je cherche le cavalier du regard, le sang sur le sol semble indiquer sa présence. Mais je ne le sens point. Je ne sens que ma propre souffrance, les stigmates de mon cœur muselé.
Citer
Je le vois enfin. Petit être recroquevillé, il semble bien faible dans sa prison de ronces. Des roses ont envahi son abri. Fascinée, je m’approche, tremblante, trop faible pour espérer encore. Je tends une main hésitante, attendant un coup de grâce. Qui ne vient point. La scène demeure figée.
le "je le vois enfin" fait trop "je commente mes faits et gestes" j'trouve. Mais la fin pourrait être la vraie fin, non ?
les quelques lignes qui restent, je les aime pas trop. Tu vas au bout de la métaphore mais je suis passé à côté donc bon.
hum, ouais, moi, ça ne me dérangerait pas
les autres ?


ok, je comprends parfaitement
c'est trop imagé
bon, j'en suis pas encore au style rimbaldien quoi :P
d'un autre côté c'est totalement voulu et assumé dans ce texte-ci, mais je reconnais que c'est peut-être trop :-[
en tout cas, merci pour ce commentaire très détaillé :-[


Mil'


ouais, moi aussi j'aime bien le titre, elle est pas belle la vie ? ( je me calme, je me calme :-¬?)
ouais mais non , question de sonorités et même de sens, je sais pas trop comment t'expliquer,mais pour moi, il faut "point" pour le sens, c'est plus fort que"pas"
(ensuite, j'ai dit pr Lo', si c'est pas clair, je vous reexpliquerai)

de l'originalité ? waouh!!!!
première fois qu'on me dit ça, je crois
mouis...

je sais pas trop quoi te (vous) dire, je comprends très bien votre point de vue et je sais bien que vous avez raison mais..... mais là vraiment je peux tenter d'alléger, mais je peux pas simplifier... sinon le texte n'a plus lieu d'être
je veux dire, en gros c'est tout un délire autour du souvenir, je vois pas comment mettre de l'action sans changer tout le texte et son sens :-[ :-[ :-[
en fait, il faut le prendre comme c'est, je veux dire, le but n'est pas de décortiquer le texte en essayant devoir sous chaque truc ce qui s'y cache, vous n'y arriverez pas :P
prenez-le comme une sorte de rêve, c'est pas réaliste pour un sou quoi!
maintenant, c'est sûr que il y a peut-être trop d'images
« Modifié: 08 Juin 2009 à 20:45:16 par ernya »
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Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #4 le: 08 Juin 2009 à 21:07:16 »
Oui, c'est un peu comme ça que je l'ai ressenti à la lecture, comme un rêve un peu flou, une succession d'images, des éléments qui reviennent, s'effacent, reviennent encore... Mais pas vraiment d'action, pas vraiment de suite logique, on est un peu pommé c'est vrai x]

Mais si on prend toutes ses images les unes après les autres, c'est sur que c'est bien écrit et que les images sont belles =)

Et j'ai repéré ça :
Citer
Les souvenirs sont passés, je demeure et sous le pont du temps passe ma peine.
qui me fait énormément penser au Pont Mirabeau ...

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure

 ::)


C'est un beau texte =) J'aime bien le titre aussi =)

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Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #5 le: 08 Juin 2009 à 21:28:07 »
merci Scorp' ^^

hum, dîtes-moi ce que vous comprenez pas, ça sera plus simple, je crois, lol
parce que c'est trop imagé, mais rien de compliqué en soi, enfin pour moi :-[


oui, c'est exactement ça, Apollinaire, il y a une reprise de Rimbaud  et de Musset aussi( si vous voulez on fait un jeu, lol, je plaisante ><)


ah si ! il y aune grosse inspiration du SdA pour le titre, je visualisais Requiem for a dream avec les images du SdA (et Minasthirith, c'est juste trop beau :coeur:)
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Re : Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #6 le: 09 Juin 2009 à 10:17:41 »
merci Scorp' ^^

hum, dîtes-moi ce que vous comprenez pas, ça sera plus simple, je crois, lol
parce que c'est trop imagé, mais rien de compliqué en soi, enfin pour moi :-[
Justement, c'est ça : y a tellement d'images et de métaphores qu'on a du mal, par moments, à saisir de quoi parle le narrateur. Je ne suggérais pas qu'il y ait plus d'action ; juste que celle qu'il y a soit plus accessible. Je vais te dire comment j'ai perçu le texte, indépendemment des belles tournures :

La narratrice approche d'une cité (au sens propre ou au sens figuré, la cité représentant un souvenir quel qu'un soit ? Pas net, mais c'est pas grave, au contraire : ça laisse une double lecture). Elle y arrive mais tout est détruit (ou alors c'est le souvenir qui s'étiole ?). Puis c'est flou... Il semble y avoir un souvenir d'avant, avec un cavalier méchant ? Mais j'ai pas trop compris ce qu'il venait faire, ni ce qui lui arrive. Et à la fin, elle accède à la cité et trouve le vacalier vaincu ?

Pour moi, ton texte est du genre où le propos, le fond, est un peu secondaire. D'où, à mon sens, l'importance de ce qu'on ne se questionne pas trop dessus, afin de donner tout son poids à la forme, au rythme un peu onirique, aux jolies métaphores...
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Re : Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #7 le: 09 Juin 2009 à 11:28:03 »
Pour moi, ton texte est du genre où le propos, le fond, est un peu secondaire. D'où, à mon sens, l'importance de ce qu'on ne se questionne pas trop dessus, afin de donner tout son poids à la forme, au rythme un peu onirique, aux jolies métaphores...
c'est exactement ça ^^
si j'avais voulu faire quelque chose où le fond était important, j'aurais pas mis ces images-là, là en quelque sorte je voulais poétiser l'idée, la mettre sous forme d'images, donner forme :mrgreen:

en gros, il faut prendre ce texte comme une grosse allégorie (plus qu'une métahore, lol, la discussion va devenir foireuse car khâgneuse), je pense
le souvenir ( truc vague dans nos têtes dans la réalité), je lui donne une forme qui est celle du cavalier
le cavalier c'est toujours LE souvenir, c'est un souvenir particulier, pas le souvenir ( ou le concept du souvenir) en général, hein ?
du coup, comme elle s 'accroche à ce souvenir précis, elle accepte que les autres disparaissent (lorsque je mets "souvenir" au pluriel quoi, les souvenirs qu'elles jugent moins importants)
et en gros tout le texte est basé sur un réseau de métaphores et d'allégories ( genre la vérité)

en fait,ce qui vous gêne peut-être c'est justement le fait que la pseudo-réalité de la narratrice se mêle au souvenir
je m'explique: quand je dis "j'ai revu blablabla" (tous les trucs sur la chaleur, le fait qu'elles se sent bien) elle essaye de revivre mentalement le souvenir, mais ce n'est pas le souvenir (puisqu'elle lui court après :mrgreen:)
vous me suivez ? ><
bon, exemple concret: vous voyez une vieille photo de vous étant gamin avec d'autres gens, vous ne vous souvenez plus de ces moments, s'il n'y avait pas la photo, vous ne penseriez même pas avoir vécu ces moments-là et en regardant la photo, vous essayez de vous souvenir, sauf que parfois, vous vous façonnez un souvenir, vous voulez vous souvenir de ce qui a disparu de votre mémoire
je suis désolée, je suis incompréhensible :-[

bref pour en revenir au texte, la narratrice tout au long du texte est marquée par un manque, elle a perdu quelque chose, quelque chose qui n'est plus que passé et qu'elle veut revivre
pour le revivre il faut qu'elle retrouve le souvenir de ce passé perdu et c'est ce qu'elle cherche, sauf que c'est difficile: un souvenir c'est flou, fluctuant d'où mon image de course-poursuite
ça c'est l'axe, le fil rouge du texte
et de temps à autres, je pars un peu live, je le reconnais, en vous mettant de petites métaphores-allégories comme les soupirs-anges, les rubans de soie-souhaits, le spectre-oubli etc...


pour la pseudo-histoire (telle que je le vois, moi, mais comme c'est imagé, c'est pas grave que vous puissiez voir autre chose):
-elle se rend compte que l'oubli risque d'attaquer la cité d'argent (lieu magnifique, le paradis quoi où il y aurait son souvenir, qu'on peut aussi entendre comme une figure du souvenir) et donc elle se précipite parce que ce souvenir-là, elle ne veut absolument pas l'oublier
- en se rapprochant du souvenir, c'est en gros un étourdissement et elle doit revivre le souvenir, en gros, elle revoit/s'imagine le passé perdu
-retour à la "réalité" mais du coup le souvenir est parti (ben oui, un souvenir c'est mouvant :noange: et comme dirait  Ron "tu croyais pas qu'il allait rester là toute la journée ?" :mrgreen:) donc elle repart à sa poursuite et le "lui" ben c'est le souvenir
-elle le retrouve mais entre-temps, elle a changé (cf arrière-goût blablabla) et donc elle assiste au combat en tant que spectatrice ( sorte de résignation passive ou d'indifférence, comme vous voulez) mais quand même, ce souvenir, voilà quoi, donc repoursuite après hésitations
-pseudoréflexion sur la raison de la disparition, elle se lamente
-l'arbre aux souhaits: montre qu'elle n'en a plus, elle ne souhaite même plus retrouver le souvenir ( oui, je sais, elle est instable psychologiquement :-¬?)
-nouvelle pseudoréflexion très foireuse ><
-la fin: elle le retrouve mais il est mort, ou plutôt elle comprend qu'elle ne peut pas vivre dans/à travers un souvenir donc elle abandonne


pfiou, voilà, je peux pas faire plus clair, lol
mais bon, je me doute bien que vous ne pouvez pas comprendre exactement tout cela, ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas grave, ce n'est pas un texte d'intrigue :P



pour essayer de résumer la chose: tout le texte se construit sur le souvenir et je réfléchis dessus en essayant d'imager, de donner une forme/apparence/un corps à toutes ces choses immatérielles que sont le souvenir, le souhait, la peur....


j'espère que c'est plus clair :-[

et merci à tous d'avoir commenté ce texte :)
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Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #8 le: 21 Juin 2009 à 22:19:58 »
Bon, bah j'ai bien aimé, moi aussi ^^

Je l'ai trouvé peut être un peu long, vers la fin, à cause de l'accumulation d'images dans tout le texte. Ca a déjà été dit, c'est un petit peu trop.

Au delà de ça, j'apprécie le fond, le sens que j'ai su y déceler, peut être un peu réducteur, il y a surement d'autres interprétations, et si ça se trouve, j'ai tout faux. M'enfin bon, d'après ce que j'ai compris,  j'aime bien comment tu traites le sujet de l'oubli,  comme quelque chose d'inéluctable que l'on ne peut pas fuir, mais contre lequel on peut tenter de lutter. J'avoue tout de même avoir un problème sur la fin, avec la rose.

J'ai compris ça comme un renouveau du souvenir, lui aussi finalement emporté par l'oubli ; et donc au final, un genre d'acceptation de l'oubli de la part de la narratrice.
C'est ça ?

Sinon, je trouve que c'est un beau texte. Et j'aime bien le titre, moi aussi.
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Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #9 le: 21 Juin 2009 à 22:33:48 »
Oki pour les images, je suis prête à en enlever surtout vers la fin
par exemple les avant-deux derniers paragraphes
je veux pas enlever l'arbre aux souhaits parce que j'aimais bien l'idée
donc si vous trouvez que le texte sera mieux sans ces paragraphes, j'enlève ^^

@ Rain: ouip, c'est comme ça que je voyais la fin en effet
contente qu'il te plaise :)
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Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #10 le: 26 Juin 2009 à 18:27:51 »
J'ai bien aimé. :)

Actuellement, je lis beaucoup de poésie, et je me suis aperçu que de manière très nette, je n'apprécie les images que lorsque je comprends le sens, ou du moins que j'ai l'impression de comprendre ce que l'auteur veut que je comprenne.
Donc, quand je ne comprends pas du tout, j'aime moins. C'est pour cette raison que je me suis autant concentré sur le sens de ton texte que sur les images. J'ai réussi à suivre le sens, et j'ai aimé ces dernières.
Mais, à mon avis, tu aurais tout à gagner à éclaircir un petit peu à certains endroits.
Ah, j'aime beaucoup ton style. ^^

Voici mes remarques détaillées. Je te laisse faire la part des choses, entre ce qui est objectif et ce qui l'est moins.


J’ai vu au loin la cité d’argent. Et déjà apparaissait, menaçant, le spectre noir, l’oubli, la main posée sur sa dague brisée je trouve cette phrase un peu trop hachée par les virgules, quoique ce soit probablement volontaire. Ses fidèles ombres s’avançaient et l’herbe des premiers mois se couchait sous leurs pas.
Le souvenir, qui règne sur cette immensité d’albâtre, ne tiendrait guère. Je croyais déjà sentir ses battements s‘affaiblir.
J’ai couru vers la cité, par-delà les hauteurs escarpées et les rafales des réminiscences qui abrutissaient mes yeux hagards.

Le cœur haletant, j’ai revu les rires, les souvenirs, la chaleur d’autrefois.
Le cœur chaud de la cité palpite encore ! Le souvenir n’est point mort. Il vit ou revit et bercée, je m’abandonne au doux cocon onirique. pourquoi ce présent ?
Il y avait cette douceur, cette satiété du cœur. Il y avait des mots jetés dans le coin d’une feuille oubliée. Et il y avait cette présence, ce lien insondable et ineffable.

Mais la vision se déforme et lorsque j’ouvre les yeux, ce n’est que poussière, au loin la cité blanche a disparu le placement des virgules me semble inadéquat.
La peur court en moi, cheval au galop cette image me semble trop entendue, et le cœur gercé j'aime beaucoup, je m’élance sur les pentes noirâtres de la terre devenue désertique. Mes yeux implorent ce qui n’existe plus, ce qui n’a peut-être jamais existé. Ils cherchent avec une fébrilité soudaine, plus rapides que mes pauvres pieds, qui peinent et s’esquintent sur ces roches sinueuses. Le corps tendu vers l’horizon obscur, je ne suis plus qu’un hurlement désespéré.
Enfin, une forme se découpe à l’horizon. Serait-ce lui ? La forme est voilée. Des voiles ?  pourquoi cette répétition ? s'agit-il des même voiles ?
Elle se retourne : c’est la vérité effarouchée. ce n'est pas facile de comprendre que la vérité est qu'il n'y a rien, pas de cité
Mes yeux se détournent virgule ? et je vacille dans les sanglots des fleuves arides de ma mémoire.

L’illusion amère est passée, il n'en reste plus qu’un arrière-goût tenace.
Je peux contempler, apaisée, le combat. La sécheresse a envahi mon cœur assoiffé et c’est impassible que j’assiste à l’hécatombe de mes souvenirs. Les lames – larmes – je n'aime pas beaucoup étincèlent. Un à un, ils tombent tous. Il est au centre des cavaliers et tous, autour de lui, s’effacent. Nos regards se croisent, vie figée contre lueur d’espoir. La partie est inégale. Mes yeux battent en retraite. Et le cavalier effondré sur son destrier s’éloigne. je ne parviens pas à comprendre le pourquoi de cette image, ni à savoir qui est le cavalier

La houle s’empare de mon esprit avant qu’une vague enfiévrée ne ? m’entraîne à sa poursuite. Je cours, je tombe, je me relève, je repousse les voix qui m’enjoignent de mettre un terme à cette course perdue je te suggérerais bien "éperdue" ; je trouve qu'il y a trop de "virgule je", même si c'est volontaire. Les cailloux volent sous mes pas, le vent siffle bruyamment et les larmes ruissellent sur mes joues empourprées. C’est une ruée démentielle, aveugle et vaine.
Je me soumets. Les larmes fatiguent et les citadelles sont navrantes.

Je me suis réveillée dans les champs de blés. Il y avait des ruines et des cris "il y avait" me gêne.
La chaleur avait fait place à un froid déconcertant. Où sont donc partis ces rires autrefois si nombreux ? Pourquoi ces sourires crispés et ce regard morne ?
Les souvenirs sont passés, je demeure et sous le pont du temps passe ma peine.
Il n’y aura nulle cérémonie. Déjà, ils s’étiolent dans le vent sans bruit. Ils s’en vont, les funestes nuages, mais laissent dans l’air une odeur mortifère. j'aime bien ces rimes intérieures, mais "mortifère" me semble dissonant

J’ai vu l’arbre aux souhaits. Les rubans de soie colorés, autrefois si nombreux, ont disparu. Ils dérivent au gré des orages impétueux des soirs d’été. L’arbre désormais décharné se dressait encore et étendait ses maigres rameaux vers des cieux meilleurs.
Mais je n’avais nul ruban à lui apporter, je ne portais de plus, porter me semble un verbe flou que des haillons d’amertume.

J’ai poursuivi le cavalier. J’ai suivi ses traces avec une volonté révoltée. Plus besoin désormais d’images florissantes pour raviver la lueur de mes yeux, ils brillent, bercés de flocons légers.
Le paysage change, sur la route gisent des statues qui cachent leurs visages chagrinés dans leurs ailes angéliques. Elles sont innombrables. Soupirs brisés en plein envol. Ai-je autant de fois traversé ces contrées désertes ? Leurs peines font gémir mes yeux mais n’entravent point mes pas.

Epuisée, couverte de poussière et vieille de mille ans de dénégations ce mot me gêne, je parviens enfin à la cité. Elle est en ruines et couvertes couverte de pétales rouges. Je cherche le cavalier du regard, le sang sur le sol je ne parviens pas à suivre ce regard semble indiquer sa présence. Mais je ne le sens point. Je ne sens que ma propre souffrance, les stigmates de mon cœur muselé. je n'ai pas compris pourquoi est-ce qu'elle cherchait ce cavalier
 Petit être recroquevillé, il semble bien faible dans sa prison de ronces. Des roses ont envahi son abri. Fascinée, je m’approche, tremblante, trop faible pour espérer encore. Je tends une main hésitante, attendant un coup de grâce. Qui ne vient point. La scène demeure figée phrase étrange pour un point de vue interne (même si parfois tu décrivais ce que le "je" ne pouvais voir).
Le rouge des pétales irrite mes yeux lassés, j’ôte une fleur la scène n'est-elle pas figée ?. Son parfum enivrant m’essouffle et lorsque je la laisse tomber, elle est devenue noire.
Deux ailes m’entourent doucement et me tirent en arrière que se passe-t-il ?. Mais mes yeux restent arides, ils embrassent du regard une dernière fois l’endroit rêvé puis se ferment. Et lentement je me laisse aller dans les bras de l'abandon.



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Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #11 le: 26 Juin 2009 à 19:16:01 »
Ah, j'aime beaucoup ton style. ^^
:-[

J’ai vu au loin la cité d’argent. Et déjà apparaissait, menaçant, le spectre noir, l’oubli, la main posée sur sa dague brisée je trouve cette phrase un peu trop hachée par les virgules, quoique ce soit probablement volontaire
tu as raison, il y a trop de virgules, c'est vrai
je vais changer

Le cœur haletant, j’ai revu les rires, les souvenirs, la chaleur d’autrefois.
Le cœur chaud de la cité palpite encore ! Le souvenir n’est point mort. Il vit ou revit et bercée, je m’abandonne au doux cocon onirique. pourquoi ce présent ?
c'est une bonne question, en fait je mélange le présent et le passé
là, le passé n'allait pas, c'est une sorte d'éveil (ou de réveil) donc il faut que ça soit au présent
mais l'action est plus du côté du présent, le passé composé, c'est du passé très proche

Mais la vision se déforme et lorsque j’ouvre les yeux, ce n’est que poussière, au loin la cité blanche a disparu le placement des virgules me semble inadéquat.
en quoi ?

La peur court en moi, cheval au galop cette image me semble trop entendue
attendue ?
la peur est souvent comparée à un cheval ? je trouvais ça plutôt original :-[

 
Enfin, une forme se découpe à l’horizon. Serait-ce lui ? La forme est voilée. Des voiles ?  pourquoi cette répétition ? s'agit-il des même voiles ?
en fait la question est une interrogation du "je" qui se rend compte de  ce qu'il décrit, il s'étonne de voir des voiles puisqu'il attend un cavalier (qui est un homme et donc pas une figure féminine voilée)

Elle se retourne : c’est la vérité effarouchée. ce n'est pas facile de comprendre que la vérité est qu'il n'y a rien, pas de cité
la vérité c'est plutôt qu'elle s'est trompée et que ce n'est pas le souvenir

Les lames – larmes – je n'aime pas beaucoup étincèlent.
ahaha, moi si :P

Un à un, ils tombent tous. Il est au centre des cavaliers et tous, autour de lui, s’effacent. Nos regards se croisent, vie figée contre lueur d’espoir. La partie est inégale. Mes yeux battent en retraite. Et le cavalier effondré sur son destrier s’éloigne. je ne parviens pas à comprendre le pourquoi de cette image, ni à savoir qui est le cavalier
ok,vous comprenez pas...
le cavalier c'est le souvenir, toujours du début jusqu'à la fin

La houle s’empare de mon esprit avant qu’une vague enfiévrée ne ? m’entraîne à sa poursuite. Je cours, je tombe, je me relève, je repousse les voix qui m’enjoignent de mettre un terme à cette course perdue je te suggérerais bien "éperdue" ;
yep j'y ai pensé, mais on l'emploie toujours donc je voulais changer, et je garde les virgules :noange:

Ils s’en vont, les funestes nuages, mais laissent dans l’air une odeur mortifère. j'aime bien ces rimes intérieures, mais "mortifère" me semble dissonant
pas faux, j'arrive pas à trouver quelque chose de bien comme Musset, c'est perturbant :-[

Mais je n’avais nul ruban à lui apporter, je ne portais de plus, porter me semble un verbe flou que des haillons d’amertume.
je vais remplacer "apporter" mais "porter des vêtements", ça se dit bien ? ???

Je cherche le cavalier du regard, le sang sur le sol je ne parviens pas à suivre ce regard semble indiquer sa présence.
j'ai pas compris :-[

Mais je ne le sens point. Je ne sens que ma propre souffrance, les stigmates de mon cœur muselé. je n'ai pas compris pourquoi est-ce qu'elle cherchait ce cavalier
le cavalier c'est le souvenir, elle veut le retrouver pour qu'il soit réalité et non plus qu'un simple souvenir

La scène demeure figée phrase étrange pour un point de vue interne (même si parfois tu décrivais ce que le "je" ne pouvais voir).
[/quote]
t'as jamais eu cette impression-là que le temps semble se figer ?

Le rouge des pétales irrite mes yeux lassés, j’ôte une fleur la scène n'est-elle pas figée ?.
c'était une façon  de parler  :P

Son parfum enivrant m’essouffle et lorsque je la laisse tomber, elle est devenue noire.
Deux ailes m’entourent doucement et me tirent en arrière que se passe-t-il ?. Mais mes yeux restent arides, ils embrassent du regard une dernière fois l’endroit rêvé puis se ferment. Et lentement je me laisse aller dans les bras de l'abandon.[/size]
elle abandonne, elle accepte d'oublier ( dit de manière imagée, lol)


je suis contente que t'aies bien aimé malgré les problèmes de sens :)
je vais voir ce que je peux faire pour que vous puissiez faire l'analogie souvenir= cavalier

merci beaucoup pour le commentaire détaillé ^^

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Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #12 le: 11 Septembre 2009 à 14:03:48 »
J'aime beaucoup !
J'adore même. Je crois que je préfère largement quand ta prose même est poétique ^^ On dirait du Saint-John Perse par moments, en tout cas je l'ai lu un peu comme un poème de mon poète préféré : c'est à dire que je comprends l'idée d'ensemble, et je crois comprendre certains symboles mais je suis trop emportée par la mélodie poétique pour chercher très loin.

Du coup, c'est vrai qu'en arrivant à la fin, j'ai le vague sentiment d'avoir compris le texte, mais il me manque pas mal de clefs pour tout saisir et en garder un souvenir précis.
M'enfin, j'aime la poésie, alors... ;)
Oh yeah ! 8)

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Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #13 le: 11 Septembre 2009 à 14:13:42 »
je crois que je suis du même avis que toi, Mary. Je préfère ce texte poétique à mes "vrais" poèmes.
C'est assez drôle que tu me cites Saint-John Perse, parce que j'ai pas du tout accroché à Amers, bien que le titre soit superbe.
En fait, plus je relis ce texte et plus je vois mes lectures rimbaldiennes, ce qui est aussi drôle puisqu'il y a à peine deux ans, j'exécrai Rimbaud.
J'aime pas trop la fin de ce texte par contre, les dernières lignes.
Et pour ce qui est des clefs, je pense que vous ne pourrez jamais tout savoir, parce c'est peut-être mon texte le plus personnel.
Et du coup, ça me fait encore plus plaisir que ce soit celui-ci que tu aimes, parce que j'aime pas trop m'impliquer dans un texte.

Merci beaucoup, Mary ^^
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Re : J'ai vu au loin la cité d'argent
« Réponse #14 le: 11 Septembre 2009 à 15:10:18 »
Je suis bluffée!  Malgré une certaine réticence envers tout ce qui est trop abstrait, je n'ai pas pu me détacher de ce texte, il m'a bien accrochée d'un bout à l'autre.
J'aime beaucoup le choix des mots, les images évoquées, les sentiments qui en ressortent...
Me trompe-je si j'y vois quelques échos des effets d'une dépression/déprime?

C'est vraiment un très beau texte, en tous cas, bravo.
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