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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » A l'école des cornacs indiens.

Auteur Sujet: A l'école des cornacs indiens.  (Lu 6746 fois)

Hors ligne trompette sournoise

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A l'école des cornacs indiens.
« le: 14 Mai 2009 à 18:44:09 »
Le cercueil disparaît lentement, soutenu par les agents funéraires à l’aide de simples cordes émoussées. Je ne pensais pas que l’on puisse encore utiliser ce système vétuste afin d’accompagner la funeste charge dans son écrin de compost. Sans doute souhaite-t-on préserver le folklore.
A moins que cette ultime descente en rappel de Monique ne soit la conséquence d’une radinerie particulièrement mesquine de sa famille, au moment de régler les détails de la cérémonie d’inhumation. Pourtant, ils ont du pognon chez les Mercier. Ils auraient aussi bien pu caler leur fille dans un sarcophage et la faire héliporter droit dans son trou, je vous assure.
Monique…
Les évènements prennent parfois de surprenantes tournures.

Il n’y a pas si longtemps, je levais consciencieusement la cuvette et je la couvrais de fleurs. Monique, pas la cuvette. J’offrais des brassées d’orchidées à ma femme tout en adoptant une attitude responsable face aux sanitaires communs, si vous préférez.
Il faudrait toujours se méfier des individus intelligents qui dépensent sans compter chez leur fleuriste du coin. Tous les neuropsychologues vous le confirmeront. Mon quotient intellectuel a été estimé à 148. Mon budget hebdomadaire consacré aux gerbes exotiques Interflora s’élève à une centaine d’euros. Soyez assurés que cet investissement est un placement rentable. Ne jamais sous-estimer le pouvoir des fleurs.

Nous sommes à présent invités à déposer une rose dans le trou accueillant Monique. Ha, ha, à la queue leu leu. Vous devriez voir comment les convives vous balancent ça. On dirait qu’ils jettent 20 centimes dans la boite en fer d’un clodo ivre-mort. Dégoutés, ils sont. Consciencieusement dégoutés. En comparaison, j’ai grande allure dans mon nouveau costume anthracite ; je m’agenouille souplement face au gouffre et j’y lance l’épineuse saloperie comme on envoie un baiser d’adieux. Puis, je me relève sans effort et ôte mon alliance. Cette dernière glisse sur mon annulaire, sans la moindre résistance. J’ai l’habitude. Lorsque vous menez ce genre de vie, il faut posséder quelques notions de prestidigitation ; être capable de faire disparaître une bague compromettante en un clin d’œil, par exemple. L’anneau va rejoindre la rose. Les premières pelletées de terre recouvrent déjà le symbole étincelant de trois longs mois de vie commune.
Au même moment, une transaction bancaire en accord avec les dispositions testamentaires de la défunte crédite mon compte d’une somme à six chiffres.
Ne pouvant davantage contenir mon émotion, je verse une larme du plus bel effet.
Une seule.
Chialer, c’est vulgaire.

Selon des études sérieuses, je corresponds fidèlement au profil type du prédateur social. Psychopathe performant, pour les intimes. Lorsque je me regarde dans une glace, je suis presque scandalisé par le darwinisme. Je suis beau comme un camion. Surtout, je suis aussi doué d’empathie qu’un tournevis cruciforme. Vous n’avez pas la moindre chance. Avant même que vous ne parveniez, sinon à comprendre, mettons « à suspecter » qui je suis, vous êtes déjà ruiné ou psychologiquement anéanti. Les deux, si je suis en forme. Votre place se trouve alors au sein de la maison de repos la plus proche. Les seules visites auxquelles vous pourrez prétendre seront celles de la culpabilité ou d’un quelconque organisme de recouvrement. Exceptionnellement, il est envisageable qu’à l’instar de Monique, vous ne rejoigniez prématurément la concession familiale
 

Après en avoir terminé de cette fastidieuse cérémonie, nous rejoignons un établissement gastronomique afin de combler le vide énorme laissé par la trépassée, grâce au « Menu gourmand », comptez 89 euros par tête de pipe.
Je les observe rejoindre l’entrée du restaurant. La grande majorité du cortège adopte une démarche similaire à celle de mon ex-épouse. A croire que le gène de la victime ne se refile sournoisement de génération en générations. Epaules basses, regard orienté vers le sol, désynchronisation du mouvement des bras, souci absolu d’évitement des autres piétons : chorégraphie symptomatique de la proie en puissance.

Fort de ces fines considérations, j’ai choisi, par un beau jour de printemps, de caler mes pas dans ceux de Monique Mercier.

J’étais posté à un carrefour, perdu dans les beaux quartiers de la capitale. Je pistais en fumant des cigarettes. Elle s’est immédiatement révélée à moi. Le temps qu’il faut pour traverser une rue, son destin était scellé. Elle présentait l’intégrale des attributs ambulants d’un martyr congénital. Et puis elle portait un vison de belle facture. Pour un chasseur tel que moi, cela se passe de commentaires. Autant se peindre une cible sur le front…
Je l’ai donc suivie.
Je me suis accordé à son rythme incertain. J’ai jeté un œil aux vitrines devant lesquelles elle ralentissait. J’ai scrupuleusement observé l’allure des passants dont elle s’écartait inconsciemment. J’ai respiré son parfum : une fragrance subtilement quelconque, dénuée de toute forme de caractère. L’odeur des paumés. La puanteur anodine des anonymes. Parfait. Elle avait cette manie de laisser trainer une main sur les choses, ses doigts glissaient sur les devantures des magasins, effleuraient les bancs, touchaient les rambardes dans un élan maladif. Lorsqu’elle s’arrêtait devant un passage piéton, elle s’agrippait à un poteau. Personne instable. Angoisse du vide. Besoin de se raccrocher. Je décidai dès lors de me transformer en bouée de sauvetage.

Après l’avoir suivie une demi-heure, j’en savais davantage sur Monique que la plupart des convives en compagnie desquels je termine à présent mon assiette de Tian de Légumes confits à la Fleur de Thym.
Je mange en face de son père. Sourcils broussailleux, yeux enfoncés et brillants, pommettes saillantes sur une paire de joues tirées, cernes bleuâtres incrustées de rides, front intelligent, mains noueuses et tremblantes, l’homme n’en a plus pour longtemps et il le sait. Je fais en sorte qu’il reste à peu près le même nombre de légumes dans nos auges respectives. Je devine ses doutes à mon sujet. Alors je le ferre, à son tour. Il porte sa serviette aux coins de sa bouche, j’en fais autant. Son regard son dirige vers son verre de Château Terrey Gros Caillou 1996, je saisis le mien aussitôt et nous buvons de concert. Comprenez bien ceci : vous pouvez trinquer autant de fois que l’occasion se présente avec vos congénères et crever seul dans une mansarde humide ;  mais si vous savez attraper votre verre au moment opportun, si vous avez le sens du rythme, alors le monde sera pour vous.
A la fin du repas, devant une Fraicheur aux Fruits rouges et Basilic, Gratiné au Champagne, Madeleine citron vert et Huile d’Olive, mon rythme cardiaque et celui de mon beau-père endeuillé sont parfaitement synchrones. Je parviens même à le faire bailler. Non que je sois fatigué, je suis au sommet de mon Art. Je porte le revers de ma main droite sur ma bouche, plisse les yeux, contracte ma mâchoire et expire avec cette plainte caractéristique de l’homme abattu. Immédiatement, il en fait autant. A ce stade, il ne reste plus qu’à mouliner gentiment et préparer l’épuisette. Les yeux larmoyants suite à ma feinte de  bâillement, je plonge mon regard dans le sien et déclame, frémissant :
« Je suis désolé Paul. Je… Je voudrais tellement qu’elle… J’aurais tant souhaité que nous… ».
Enfouissement du visage dans les mains. Tressautements d’épaules. Coudes s’écrasant sur la table. Bruit des couverts qu’on secoue. Oscar du meilleur second rôle. Merci les gars, on remballe le matos.
Parfois je regrette de ne pouvoir louer les services d’un violoniste itinérant. Quand je tiens une telle pêche, il ne manque plus que la musique.
Paul se lève de sa chaise, me rejoins et m’embrasse paternellement. Alors que l’on sert les digestifs, les crachotements éplorés du père de la défunte me lavent publiquement de tout soupçon. Merci, Paul.
Merci.

Monique couinait énormément, elle aussi, sur la fin.

Après l’avoir suivie, je l’avais abordée sans le moindre prétexte. Je lui avais dit qu’elle était belle et que je serais ravi de pouvoir lui offrir un verre. Bien entendu, elle était hideuse et, comme je n’avais pas un sou en poche, elle régla la note. Ne faites jamais cela avec une jolie femme. Les gracieuses femelles sont au courant de leur beauté. N’allez pas vous fourvoyer dans le pléonasme de mauvais aloi. La flatterie ne fonctionne qu’avec les moches. Par ailleurs, en compagnie d’une chouette souris,  il convient impérativement de payer les consommations.

Il existe quatre leviers majeurs sur lesquels un homme comme moi est capable de jouer ses gammes : l’argent, les croyances, le sexe et l’estime de soi. Dans le cas de Monique, je me suis servi uniquement des deux derniers. L’argent, elle en avait toujours eu pléthore sans jamais se bouger le cul ; quant aux croyances, cela fonctionne mieux avec les sujets possédant un minimum de culture. Or, Monique était une buse. En revanche, pour ce qui est du sexe, pardon ! A la façon dont elle agitait son touilleur au fond de son verre de Perrier Menthe, j’étais en mesure de dater son dernier coït aux environs de 2002. Après avoir été témoin de la déflagration hormonale dont elle fut victime alors que j’effleurai sa main au moment d’allumer sa cigarette, un peu plus tard, je reconsidérai mes estimations : disons 1999…
La saine mise à profit d’une frustration sexuelle, pour un manipulateur aguerri, c’est un peu les bases du métier. Cela s’apparente à une ouverture, aux échecs. C’est déterminant et assez facile à maitriser.
Quand nous sommes sortis du bistrot, je lui ai tenu le bras, très légèrement, comme on conduit un aveugle. Ce qui n’était pas si éloigné de la réalité, d’ailleurs. Savez-vous ce qu’elle fit, tandis que je la raccompagnai chez elle ? Elle s’observa dans le reflet des vitrines, se mira dans la moindre glace de bagnole. Elle se délecta de la vision insolite de sa propre personne, au bras d’un homme séduisant. Elle ne prononça pas le moindre mot.
EGO.
Bingo.
Deux semaines plus tard j’emménageai chez elle.
La phase de dressage pouvait alors commencer…
Je me suis mis à considérer Monique comme un éléphant sauvage.
Ses courbes généreuses m’y aidèrent certainement.
 

Les cornacs ont tout compris, depuis bien longtemps. En Inde, lorsqu’ils capturent un pachyderme, les cornacs alternent traumatismes et caresses. Un dresseur moleste l’animal tandis qu’un autre, qui deviendra son cornac, le nourrit, le soigne et le traite avec douceur. L’éléphant reste attaché à ce dernier pour le reste de sa vie.

L’objectif est de plonger le sujet dans un état anxiogène permanent. L'état de stress augmente le taux de catécholamines dans le sang. Les catécholamines les plus courantes sont l'adrénaline (épinéphrine), la noradrénaline (norépinéphrine) et la dopamine. Pour vulgariser au maximum, l’abondance de ces substances dans votre organisme, à long terme, bloque certaines zones présentes dans votre lobe temporal gauche. Ces zones gèrent, entre autres, vos capacités à raisonner selon un schéma logique. De fait, une alternation savamment dosée de schémas d’agression et de phases de réconfort, étalée sur une durée d’un mois, vous transformeront irrémédiablement en pantin grotesque.

Monique a fort bien réagi.

Elle aimait le sexe. C’était une authentique folle du cul. Laissez moi vous dire : une nymphomane de 80 kilos portant de la lingerie hors de prix, c’est une sacrée aubaine ! Lors de notre premier rapport sexuel, j’offris une panoplie exhaustive de mes talents. Cela  produisit  l’effet d’un shoot de crack. Vous n’ignorez pas que le crack est une drogue susceptible de vous rendre dépendant dès la première prise. Bien. Dans les jours qui suivirent cet ébat houleux (qui se termina sur des cris de bête féroce, dans une position hautement acrobatique, au milieu d’une chambre dévastée), j’entrepris de simuler des problèmes d’érection. Technique infaillible. J’étais devenu son dealer attitré et, une fois sur deux, je n’avais pas de came pour elle. Elle devint ma chose.
Lorsque nous ne baisions pas, elle en profitait pour me raconter sa vie. Après ma troisième interruption érectile volontaire, je savais tout sur elle. C'est-à-dire TOUT. Je pouvais dès lors actionner tant de leviers, provoquer tellement de stimuli, que Monique était devenue une voiture télécommandée. En trois lignes de texto, je programmais sa journée.

Et puis un matin, j’ai touché le gros lot.
La première chose que je regarde chez une femme, comme je vous disais, c’est sa démarche. Puis, dès que possible, un extrait de ses comptes bancaires et le contenu de sa pharmacie. Le jour où j’ai découvert sa boite Lexomil, j’ai compris que j’allais tuer Monique. C’était une boite neuve et il y avait l’ordonnance dans le sachet. C’était récent comme addiction. Mon travail portait ses fruits. Je fourrais quotidiennement mon nez dans ses stocks. Pas un seul cachet coupé en deux. Elle y allait franchement. Cela prendrait moins de temps que prévu.

Mais voilà que certains se mettent à danser, au terme de ce gargantuesque repas d’obsèques. Paul est toujours en face de moi. Nous sommes au diapason. J’ai déjà la main sur mon briquet alors qu’il s’apprête à sortir une cigarette de son veston. Nos gestes sont si coordonnés alors que je lui approche ma flamme, que l’on pourrait croire que nous avons répété la scène à maintes reprises. Comme le vieux n’est pas en état,  j’invite sans hésiter la mère de Monique pour une danse.  Le secret, c’est d’éviter les heurts. Je me glisse dans les pas de mes proies sans jamais leur marcher sur les godasses. A la fin de la chanson, ils ne se sont même pas rendu compte que c’est moi qui conduis. Ils ont simplement le sentiment de n’avoir jamais aussi bien valsé.
 

La musique, c’est essentiel.
Tout au long de ma relation avec Monique, je fus un disc-jockey diablement efficace. Je fonctionnais principalement avec deux CD. J’associais mes épisodes agressifs à La Symphonie du Nouveau Monde, de Dvorak, et mes élans amoureux à la pop lancinante des Turin Brakes. Elle ne se rendait compte de rien. Son cerveau bourré d’adrénaline et benzodiazepines (composant essentiel de sa cure d’antidépresseurs) s’est mis à associer le troisième mouvement du compositeur tchèque à un sentiment d’angoisse insupportable. Tandis que les guitares veloutées des Turin Brakes l’apaisaient en un instant. Très vite, il me fut possible de modifier la composition chimique de son cerveau  en sifflotant un air de mon choix.
Elle était à point. J’en profitai pour la demander en mariage et lui faire signer quelques papiers.

Rentrant chez nous de fort bonne humeur, 68 jours plus tard, je retrouvai Monique débordant de la baignoire. Ses cuisses flasques et ses petits bras boudinés pendouillaient par-dessus bord. Tortue obèse gavée d’anxiolytiques abandonnée sur le dos.
Quelques cachets superflus étaient éparpillés sur une feuille portant mon écriture franche et stylée :
« Tu es grosse, tu baises mal. Je te quitte. Anselme »
Je saisis la lettre de rupture et l’avalai théâtralement.
Puis, je vérifiai son absence de pouls et appelai le SAMU.
Les voisins affirmèrent avoir entendu jouer de la musique classique tout l’après-midi, à fort volume.


La musique s’arrête.
Je remercie ma cavalière et m’en vais serrer la main de mon beau-papa. Je le trouve assis sur les marches du restaurant, la tête entre les jambes, un mégot entre les lèvres. Au revoir.

Je rejoins ma voiture et m’en vais.
Mon autoradio se cale sur l’information en continu.
L’animateur prononce le mot « crise » pas moins de sept fois en trois minutes. Il y marie volontiers les termes « marasme », « dépression », « agonie », « perte », « menace » et « représailles ».
Un instant plus tard, ô joie, le volume augmente imperceptiblement et une vague de publicités envahit l’habitacle. Le champ lexical utilisé est tout autre : « avenir », « simple », « bonheur », « confiance », « exceptionnel »…
Trois minutes d’annonces anxiogènes, trois minutes de battage publicitaire.
Entre temps, un soupçon de musique.
Recette proposée à volonté, 24 heures sur 24.
Ces gens là, au bout du micro, utilisent les mêmes techniques que moi.
Mais nous n’avons rien inventé.
Nous avons simplement su nous souvenir de la conduite exemplaire des cornacs indiens.

Lassé, j’insère le dernier album des Turin Brakes dans le lecteur et j’appuis sur l’accélérateur en souriant.
Depuis le tableau de bord, une feuille grossièrement pliée en quatre s’envole par la fenêtre passager. J’y avais imprimé un poème funeste, pompé sur un site Internet spécialisé.
J’ai complètement oublié de le leur réciter.
Je suis parfois étourdi.

******

Il y aura d'autres étés
D'autres grillons feront leurs gammes
dans d'autres blés
On croisera sur la route d'autres dames

Un autre merle inventera
une chanson presque la même
Un autre monsieur se trouvera là
sous cet arbre où je t'aime

******


Hors ligne Krokomec

  • Tabellion
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Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #1 le: 20 Mai 2009 à 01:34:40 »
Je ne vais pas laisser ce texte tomber dans le trou noir que représente la deuxième page de cette section.  ;)
Voyons voir...

Deux extraits, tout d'abord :

Citer
Les évènements prennent parfois de surprenantes tournures.
Je n'aime pas ce genre de phrases. Laisse au lecteur le soin de déterminer si c'est surprenant ou pas. Ne cherche pas trop l'effet de style.

Citer
Il n’y a pas si longtemps, je levais consciencieusement la cuvette et je la couvrais de fleurs
Cuvette? Où sommes-nous? Dans les WC? Monique est dans l'évier?

En passant, t'es Québécois ou Européen? "Monique Mercier" est un nom plutôt québécois... et pourtant, tu parles d'Euros dans ton texte. Dans quel coin du monde se déroule ton texte? Pas que ça ait vraiment d'importance, mais bon, pour ma curiosité...  :)

Dans l'ensemble, j'ai aimé la progression du texte. Tu prends ton temps, le ton est personnel (même si tu utilises parfois des expressions clichées du genre : "comme un envoie un baiser d'adieux" au troisième paragraphe).

Mériterait tout de même un peu de peaufinage, il me semble.




Hors ligne trompette sournoise

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Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #2 le: 20 Mai 2009 à 13:24:31 »
Je ne vais pas laisser ce texte tomber dans le trou noir que représente la deuxième page de cette section.  ;)

Merci pour cette main tendue, inespérée, salvatrice car oui, la deuxième page c'est déjà une petite mort pour un texte. Il suffit pour s'en persuader de préter l'oreille aux plaintes déchirantes poussées en bas de premiere page.
Comme, Krokomec (quel intriguant pseudo, au passage), faites un don, offrez une remontée providentielle à ceusses sur la brêche.
Certes, je ne le fais jamais, mais charité bien ordonnée commence par soi-même, sans parler des cordonniers mais c'est une autre histoire...


Voyons voir...

Oui, cessons de tourner autour du pot

Deux extraits, tout d'abord :

Bonne idée

Citer
Les évènements prennent parfois de surprenantes tournures.
Je n'aime pas ce genre de phrases. Laisse au lecteur le soin de déterminer si c'est surprenant ou pas. Ne cherche pas trop l'effet de style.

J'adore ce genre de phrase. Le lecteur est parfois un imbécile fini, cela arrive à tout le monde. Aussi convient-il d'orienter les moins vifs d'esprit. C'est la moindre des choses

Citer
Il n’y a pas si longtemps, je levais consciencieusement la cuvette et je la couvrais de fleurs
Cuvette? Où sommes-nous? Dans les WC? Monique est dans l'évier?

Comment vous appellez ça outre-atlantique ? Une ceinture à cabinets ? Une auréole sanitaire ? Bon... nous on dit une cuvette, le truc qu'il faut absolument lever avant de pisser sous peine de sanctions maritales. Pour le reste, Monique est pas dans l'évier. Tout est expliqué la phrase d'après. Là, il s'agit d'une effet de style foireux. Un de mes préférés, je dois avouer

En passant, t'es Québécois ou Européen? "Monique Mercier" est un nom plutôt québécois... et pourtant, tu parles d'Euros dans ton texte. Dans quel coin du monde se déroule ton texte? Pas que ça ait vraiment d'importance, mais bon, pour ma curiosité...  :)

Des Monique Mercier, on en a aussi. Vous n'avez pas le monopole de la Monique Mercier. Néanmoins, j'aimerais bien être canadien. Votre scène rock indé me fait frémir, nous, on a que dalle. Arcade Fire et Wolf Parade, vous auriez pu nous les envoyer en lieu et place de toutes ces chanteuses affreuses et parfois rousses

Dans l'ensemble, j'ai aimé la progression du texte. Tu prends ton temps, le ton est personnel (même si tu utilises parfois des expressions clichées du genre : "comme un envoie un baiser d'adieux" au troisième paragraphe).

Je ne pratique jamais le cliché. Jamais.
C'est vrai qu'au Canada vous avez de la bonne musique mais ce qui doit être difficile, c'est de passer son temps à arracher des arbres à mains nues ou tuer des ours, sans parler de ces horribles chemises à carreaux que vous êtes obligés de porter en permanence. Sinon, quel beau pays.


Mériterait tout de même un peu de peaufinage, il me semble.

Certes. Comme l'ensemble de mon oeuvre vite-torchée, presque jamais relue
Merci encore de t'être arrété ici, KroKomec (c'est tout de même étrange...), je te souhaite une bonne journée






Hors ligne Krokomec

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Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #3 le: 20 Mai 2009 à 13:43:00 »
Pour ton info, même si je sens que tu plaisantes, le temps des bûcherons est fini depuis un bon moment au Canada.  :P Et pour ton info, je suis Québécois, pas Canadien. Oui, je sais, on exaspère avec cette nuance, mais j'y tiens. Je n'ai jamais écouté la musique de ARCADE FIRE ou WOLF PARADE. Par contre, j'écoute Ariane Moffatt, Pierre Lapointe, Yan Perreau, Dumas, Catherine Major, etc.

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Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #4 le: 20 Mai 2009 à 17:12:18 »
Bon ben comme pour tous les textes estampillés "trompette sournoise", je ne trouve rien à dire, rien de rien, même pas un p'tit commentaire. Juste que comme d'habitude, c'est bien écrit, c'est grinçant, c'est creusé, ça sonne vrai et vif, et y'a même encore un peu d'humour, même si je déplore un chouïa le ton plus grave que tu semble prendre depuis quelques textes...

(et je confirme: les quebecquois ne font pas que du rock indé ou des rousses stéréotypiques, Ariane Moffat est génial, Pierre Lapointe est bien sympa aussi, et des groupes comme Mes Aïeux ou les Cowboys Fringants s'écoutent très bien!)
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Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #5 le: 22 Mai 2009 à 15:16:52 »
pas mal, pas mal, comme d'habitude ^^

toujours cet humour omniprésent, c'est plaisant.
Mais je trouve comme Leia que c'est un peu moins bien qu'avant, mais c'est pas vraiment le ton grave qui me gêne, c'est plutôt la longueur ou des passages qui me semblent en peu "en plus"
et  j'ai pas trop aimé la fin avec le poème
pour une fin, ça ne sonne pas assez, ça manque de punch, lol
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #6 le: 29 Juillet 2009 à 22:32:35 »
Rah ce mec est complètement dingue ;D
J'adore, tu crées toujours des personnages super originaux, ils ont tous une personnalité d'enfer, un truc qui les rend vraiment ... comment dire ? Un truc qui les fait exister, tu vois.

Non ? Bon tant pis.


J'adore toujours autant, bravo encore, et je file en lire un autre (c'est devenu ma drogue, va falloir que t'en postes d'autres quand je les aurais tous lu ;))

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Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #7 le: 29 Juillet 2009 à 22:38:56 »
Ah remontez les fils de la Trompette c'est une trop bonne idée ! xD

Fire your Dragon up !

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Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #8 le: 30 Juillet 2009 à 11:25:28 »
Citer
le gène de la victime ne se refile
"ne" en trop

Citer
de génération en générations.
je crois qu'y a pas de s au dernier "génération". Ou alors il en faut un aux deux ?

Citer
Paul se lève de sa chaise, me rejoins et m’embrasse paternellement
rejoint


J'ai un peu moins aimé que tes autres textes : la description de la façon dont il appâte Monique un peu longue. Et puis le personnage est tellement retors que ça fait peur xD
Mais comme toujours : très bien écrit, plein de cynisme, et je trouve super bien la comparaison finale avec la publicité XD

Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Scorpnix

  • Calliopéen
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Re : Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #9 le: 30 Juillet 2009 à 11:40:56 »
Ah remontez les fils de la Trompette c'est une trop bonne idée ! xD


Ouais, je trouve aussi ;D

Hors ligne Ambriel

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Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #10 le: 22 Avril 2010 à 22:33:39 »
C'est qui la plus forte en déterrages? C'est bibi!   :P

Quel personnage principal intéressant ! Il est même fascinant, je dirais... Et quel magnifique dépeignage(que ce mot n'existe pas n'entre pas en ligne de compte ^^ ) de la société !!
 Mais la question me brûle les lèvres :
Citer
Je fais en sorte qu’il reste à peu près le même nombre de légumes dans nos auges respectives. Je devine ses doutes à mon sujet. Alors je le ferre, à son tour. Il porte sa serviette aux coins de sa bouche, j’en fais autant. Son regard son dirige vers son verre de Château Terrey Gros Caillou 1996, je saisis le mien aussitôt et nous buvons de concert.

Cette technique t'aurait-elle été inspirée par B. Werber, notre gourou à tous? (ok, seulement le mien..  :noange: ) ? Je n'ai pu m'empêcher d'y penser !
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne Zephyr

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #11 le: 24 Avril 2010 à 17:07:59 »
Encore un texte de trompette que je lis, et encore un texte que j'ai adoré !

C'est cynique et méchant à souhait...et j'aime ça  >:D

C'est très bien mené et vraiment, rien à dire.
Je sais pas si c'est un effet de la lecture intensives des Liaisons dangereuses, mais durant tout le texte, j'ai pensé : "Mon Dieu, un Merteuil...Ou plutôt Valmont. Quoi que non, il est manipulateur comme Merteuil.".
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

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Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #12 le: 25 Avril 2010 à 16:58:59 »
Beurk beurk beurk, dit celle qui tape ces mots mais sourit en même temps.
 :noange:
Elles t atroce cette nouvelle ! On déteste ce mec dès le 2eme paragraphe mais rien à faire on lit, on lit jusqu'à la nausée...
Beurk mais bravo !  ;)

Hors ligne Krapoutchniek

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Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #13 le: 29 Avril 2010 à 12:57:01 »
Moins d'humour, plus de cynisme. C'est très bien aussi  :D

Donc oui, c'est un très bon texte. Tu mets bien en avant le conditionnement des pubs, contrebalancé par les mauvaises nouvelles. Le mec est en effet horrible, bien que je le trouve sympathique  :mrgreen:
It will reveal its meaning when it lives in victory...

Hors ligne Nridehlloë

  • Tabellion
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Re : A l'école des cornacs indiens.
« Réponse #14 le: 01 Mai 2010 à 18:50:57 »
J'ai bien aimé aussi le personnage méchant! Ca fait plaisir de changer du parfait gentil des fois, et puis il est bien  fait.
Tes enchainement aussi sont sympas, puisqu'on sait bien de quoi tu parles même si tu alterne présent et souvenirs.

Une seule chose qui me plais moins : j'ai eu l'impression d'être un peu perdue au début. En relisant je comprends, mais je pense que le "il n'y a pas si longtemps" n'est pas asser marqué. Je ne sais pas si c'est la seule chose qui me donne cette impression, mais c'est la seule que je vois.

Et sinon, bravo!
La poésie du mouchoir blanc qu'on agite sur le quai de gare, c'est bidon. Ça sert juste à l'avoir dans la main quand les larmes explosent...

 


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