A l’heure indue de tout mourirBenoît qui disait « je suis ignorant
de ce que j’ignore », Benoît est mort.
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A l’heure indue de tout mourir
de cet instant précis poreux
que peut-on dire même un peu
je suis ce peu qui va partir
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A l’heure intense où l’on se quitte
jeteur d’éponge à moitié sourd
Oh ! J’aimais tant ce qui palpite
dans le défaut tendre du jour
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C’est à rêver- que vaut le rêve ?
C’est à rêver que vie s’achève
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A l’heure indue où tout nous mène
j’aimerais tant main dans la main
en un présent sans lendemain
m’offrir la joie de ton haleine
et m’en aller dans ton parfum
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à l’heure hindoue
un doux sourire
à l’heure indue
juste un soupir
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C’est à rêver que vie s’achève
tout s’effaçant vers le néant
en un dernier élan de sève
s’en aller sans ressentiment
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à peu prèsà l’heure exquise
valsez marquises
à l’heure inquiète
pas perdre une miette
à l’heure exacte
échec et mat
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A l’heure indue de tout mourir que reste-t-il
de nos amours de nos envies quel reste d’elle
sur ta peau tant aimée trace rêvée d’un cil
à notre âme accrochés ténus des lambeaux d’îles
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A l’heure de tout mourir indue
s’évader vers le temps du rêve
en sachant que tout est perdu
le temps l’espace et la vie brève
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C’est, à l’heure indue de tout mourir,
indue, oui, le mot toujours fait sens,
l’instant où s’évanouit l’essence,
paradoxe auquel tout être aspire.
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A l’heure indue tout nous ramène
la vie demeure inachevée
nous manque encor ce grand ave
comme échappé d’un bref hymen
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à l’heure indue de tout mourir
chaque seconde et chaque absence
à cette heure bien peu amène
à ce trop bref avant silence
nu de credo de tout amen
se souvenir de la Bohème
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J’ai semé à tout va à tous vents
là à l’heure indue de tout mourir
je sens ces graines sous le divan
où je m’achève tout en rêvant
à ces semences souterraines
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A l’heure indue en tout soudaine
se parfumer d’une violette
d’un mot aimé d’une silhouette
et s’en aller comme rengaine
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A l’heure indue de tout mourir
qu’elle soit longue ou dense ou brève
dans le regret dans le sourire
c’est à rêver que vie s’achève
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J’ai rêvé ma vie vaudou
J’ai rêvé je dors debout
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vies s’achevant dans le rêvé
sous le glacier point le névé
galet poli craché sans haine
à l’heure indue tout nous ramène
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quelques ave mais pas d’amen
à l’heure indue bien peu amène
je ne crois pas qu’on la ramène
avant le saut fatal hymen
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à l’heure indue
douleur un dard
à l’heure où tu
mais c’est trop tard
c’est à rêver que vie s’achève
en s’effaçant terre nourrir
à l’heure indue de tout mourir
dans l’abandon bref de la sève
Bonheur j’entends sonner le glas
moi qui n’avais connu l’azur que par éclats
par bribes proférées vais-je enfin m’en saisir
à l’heure indue de tout mourir
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La nuit engloutira nos rêves et nos peines
la longue et noire et vaine nuit d’où nous venons
l’absence en l’éternel repos ce
puis sans fond-
à mes tempes je sens de tout amour la veine.
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(posté ici jadis, mais ça a( pas mal?) changé)