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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Sale morveuse

Auteur Sujet: Sale morveuse  (Lu 2680 fois)

igolem

  • Invité
Sale morveuse
« le: 26 Avril 2009 à 10:52:41 »

Ce soir il me faut prendre une importante et triste décision : dois-je renier ma meilleure amie ou faire preuve de clémence à son égard ? Dans le plus cauchemardesque de mes cauchemars, jamais je ne l'aurais cru capable d'une telle infamie. Comment a-t-elle pu me porter un coup si bas du haut de son mètre cinquante deux ? Pour quelle raison m'a-t-elle trahi et humilié en public de la sorte, elle d'habitude aussi loyale et fidèle que Lassie ? Est-ce la même mouche que j'ai prise qui l'a piquée à agir ainsi ?

A propos de mouche, c'est d'un banal rhume que découle toute cette affaire. Par une belle fin d'après-midi pluvieuse et vivichiante du mois de mars, nous flânions dans une galerie marchande et devisions gaiement de l'importance de se munir d'un parapluie ou d'une casquette en cette morne saison. Quand soudainement m'selle La Reniflette me demanda : "Ca d'ennuie zi on basse bar la baravarmazie ? Je voudrais ajeder du zérum visiologique bour mon nez". Oui, j'ai conscience que je restitue fichtrement bien l'accent enrhumé mais j'e n'en retire aucun mérite. Celui-ci est sensiblement proche de l'accent teuton, accent avec lequel je me suis familiarisé par une écoute journalière et quasi-religieuse des enregistrements des Petits Chanteurs A La Croix Gammée... fut un temps, cette jeunesse faisait fureur.

Après m'être souvenu qu'une parapharmacie n'est pas seulement réservée aux militaires qui font mumuse déguisés en marionnette pendue à son mouchoir, j'acceptais de m'engouffrer dans l'antre de ces sorciers des temps modernes. Noyés sous des tonnes de lotions, des amas de boîtes et des fatras de tubes qui tapissaient les étagères murales, nous n'allions pas tarder à être submergés des conseils d'une vendeuse dont le détecteur-à-malade-qui-s'ignore venait de s'activer.

"Je peux vous renseigner peut-être ?" : dit-elle d'une voix aussi mielleuse que ses bonbons contre la toux vendus en promotion et en tête de gondole.
"Oui, je jerje du zérum visiologique" : répondit mon amie toujours aussi calfeutrée des naseaux.
"Et bien nous disposons de celui-ci, enrichi en molécules homonucléaires i2" : conseilla la rebouteuse.
Ce qui signifie, une fois purgé de ses fioritures pseudo-scientifiques : enrichi en iode.
"D'aggord, je vais vous brendre za" : acquiesça mon amie aux narines de plus en plus embouteillées.

Nous aurions pu en rester là, payer l'apothicaire et continuer notre bonhomme de chemin. C'était sans compter sur la félonie de l'enchifrenée qui n'allait pas tarder à endosser sa tenue de Judas et me porter le coup de grâce.
Alors que la vente était conclue, mon amie cru bon de rajouter entre deux reniflements et sur un ton dépourvu de toute malice  : "Vous auriez guelgue chose gontre les goups et les bleus ?". En une fraction de seconde, les rôles étaient distribués et mes épaules s'affaissaient sous le poids du regard un brin interrogateur et rondement accusateur de la juge en robe blanche : j'étais devenu le bourreau et mon amie la victime. A croire que mon faciès portait les stigmates honteux du conjoint tortionnaire, moi qui ne lèverait jamais la main sur une femme susceptible de me rendre mes gifles. Comment blâmer cette commerçante qui n'était pas dans la confidence que notre relation est amicale et on ne peut plus platonique ?

Tout en dégainant mon riflard afin d'asséner une pluie de coups à ma reniflarde, je surenchéris sur le ton de la plaisanterie en vue de détendre l'atmosphère : "Pendant que tu y es, réclame une deuxième boîte, une grosse, genre modèle familial parce que ce soir tu vas dérouiller dur ma grande ! Oh et puis rajoutez-en une seconde, j'ai l'intention de me faire la main sur ce qu'il me sert de progéniture".
Dès l'instant où le voile du doute fut levé quant à ma candeur, les visages s'embellirent d'un sourire et nous pûmes nous diriger l'esprit serein vers la caisse dans le but de régler la note tout aussi salée que le sérum.

Cet épisode remonte à quelques semaines mais, quoiqu'il en soit, la félonne ne perd rien pour attendre, je lui réserve un pharmachien de ma pharmachienne. A la première opportunité qui se présente, je retourne accompagné de ma Milady dans ce supermarché de rebouteux.
Cette fois c'est moi qui tiendrai le rôle du client en quête d'information et qui interrogerai la boutiquière de cette manière : " Vous n'auriez pas une potion pour freiner les ardeurs féminines ? J'apprécierais de passer une nuit sans être forcé de jouer à la bêbête qui monte.  Faudrait voir à m'oublier un peu et à me considérer autrement que comme un joujou sexuel !".
C'est loin d'être classe et c'est petit, je vous l'accorde, mais ça aura le mérite de rééquilibrer la balance du déshonneur.

Et dire que naïf comme je suis, j'étais prêt à coucher mon ex-amie sur mon testament et lui léguer ma collection d'acariens domestiques. Des nèfles, oui ! Elle peut toujours compter là-dessus et renifler son sérum physiologique.
Sur mon échelle de valeur, elle occupera dorénavant la place entre le chacal et la hyène.
« Modifié: 27 Avril 2009 à 23:32:08 par igolem »

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
  • Messages: 597
Re : Sale morveuse
« Réponse #1 le: 27 Avril 2009 à 22:41:48 »
Bonsoir ^^
J'ai relevé quelques détails, mais avant tout, je bloque un peu sur l'intrigue. Son amie l'a-t-elle à ce point déshonoré auprès des commerçants, en demandant de la pommade, qu'il puisse la prendre en grippe ? Ou alors, toutes ses remarques sont-elles à prendre au second degrés ?
Quoi qu'il en soit, c'était une lecture sympathique, j'ai bien aimé. =)

Citer
Ce soir il me faut
Ce soir, il me faut ?
Citer
Dans le plus cauchemardesque de mes cauchemars, jamais je ne l'aurais cru capable d'une telle infamie.
Même dans le... ?
Citer
léverait
lèverait
Citer
j'étais devenu le bourreau et mon amie la victime.
bourreau, et mon amie
Citer
qui n'était pas dans la confidence que notre relation est amicale
Un peu mal tourné, à mon avis
Citer
Tout en dégainant mon riflard afin d'asséner une pluie de coups à ma reniflarde, je surenchéris sur le ton de la plaisanterie afin de
Répétition de afin de
Citer
à quelques semaines mais quoiqu'il en soit,
à quelques semaines mais, quoiqu'il en soit, ?
Citer
que comme un joujou sexuel !".
Je pense que le point est de trop.

Citer
Est-ce la même mouche que j'ai prise qui l'a piquée à agir ainsi ?
Citer
aux militaires qui font mumuse déguisés en marionnette pendue à son mouchoir,
Citer
Tout en dégainant mon riflard afin d'asséner une pluie de coups
J'avoue  ne pas avoir compris.



J'ai relevé beaucoup de retours à la ligne, parfois en excès, tout comme une conception étrange de la ponctuation dans les dialogues. Par exemple, ici...

Citer
"Je peux vous renseigner peut-être ?" : dit-elle d'une voix aussi mielleuse que ses bonbons contre la toux vendus en promotion et en tête de gondole.
"Oui, je jerje du zérum visiologique" : répondit mon amie toujours aussi calfeutrée des naseaux.

Ne serait-ce pas plutôt ? :

« Je peux vous renseigner (virgule ?) peut-être ? dit-elle d'une voix aussi mielleuse que ses bonbons contre la toux vendus en promotion et en tête de gondole.
- Oui, je jerje du zérum visiologique, répondit mon amie toujours aussi calfeutrée des naseaux.

igolem

  • Invité
Re : Sale morveuse
« Réponse #2 le: 27 Avril 2009 à 23:51:53 »
Spes >>>
J'ai tenu compte de plusieurs de tes remarques et ai modifié le texte en conséquence.

1) Par contre je ne suis pas d'accord pour placer une virgule avant un "et", celui étant justement là pour faire une liaison.

2)
Citer
Est-ce la même mouche que j'ai prise qui l'a piquée à agir ainsi ?
" : je fais référence aux deux expressions "prendre la mouche" et "quelle mouche l'a piquée ?".

3)
Citer
aux militaires qui font mumuse déguisés en marionnette pendue à son mouchoir
comme une marionnette, le parachutiste est tenu par des fils et le mouchoir symbolise le tissu du parachute.

4)
Citer
Tout en dégainant mon riflard afin d'asséner une pluie de coups
un riflard est un mot d'argot pour désigner un parapluie, d'où "la pluie de coups".

Quant à la compréhension du texte, il s'agit d'une situation que j'ai vécu avec ma meilleure amie et dont nous avons beaucoup ri.
Bien entendu, je ne lui en veux pas du tout et il s'agit bien de second degré.

Merci d'avoir passé quelques minutes à lire et à relever ces imperfections  ;)

Hors ligne ernya

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Re : Sale morveuse
« Réponse #3 le: 01 Mai 2009 à 12:34:54 »
(oublie pas de poster le lien de ton texte dans l'index, stp ;))


J'ai bien aimé ^^

j'aime bien ce côté un peu décalé, comment tu joues avec les expressions et l'importance des petits détails qui font vrai

le seul truc qui me gêne, c'est la narration
le second degré, ok, c'est bon, mais je ne sais pas, il y a un côté trop "personnel"
par exemple, je trouve que ce genre de phrase accrochent un peu à la lecture
Oui, j'ai conscience que je restitue fichtrement bien l'accent enrhumé mais j'e n'en retire aucun mérite. Celui-ci est sensiblement proche de l'accent teuton, accent avec lequel je me suis familiarisé par une écoute journalière et quasi-religieuse des enregistrements des Petits Chanteurs A La Croix Gammée... fut un temps, cette jeunesse faisait fureur.
(...)
C'est loin d'être classe et c'est petit, je vous l'accorde, mais ça aura le mérite de rééquilibrer la balance du déshonneur.
hum... en fait, c'est le rapprochement que tu veux établir avec ton lecteur qui me gêne un peu, je crois, ça nuit peut-être au second degré...

ah sinon, je crois que c'est pas trop "réglementaire", les dialogues
faut pas mettre de guillemets puis des deux points
en gros, faut pas mettre de deux points pour un dialogue, il me semble



voili voilu
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

 


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