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Son regard est intense, magnifique. Ses yeux d’un vert profond me semblent aujourd’hui être les plus beaux du monde. Un héritage séculaire de ses ancêtres italiens selon l’histoire familiale mais à vrai dire, à ce moment précis, je m’en fiche en peu. Elle se penche vers moi et m’embrasse de nouveau. La saveur de ce baiser, la sensation qu’il me procure sont incroyables. C’est doux, suave, cela m’envoie une puissante vague de bien-être dans tout le corps. Je voudrais que ce baiser ne se termine pas. Elle rapproche son corps du mien, l’excitation et l’appréhension se battent en moi. Elle cesse de m’embrasser et me regarde droit dans les yeux, déjà je regrette qu’elle ait quittée mes lèvres. Ma respiration est difficile, j’ai peur, je suis angoissé. Une partie de mon cerveau refuse de se laisser emporter par ses impressions magnifiques qui le traversent. Mon ouïe guette le moindre bruit, mes yeux cherchent la moindre ombre sur la toile, je crains d’être surpris. Elle, elle ne m’a pas quitté des yeux. Elle sourit à présent, un sourire qui en dit long. Elle perçoit mon stress, elle devine mon angoisse mais son regard est déterminé. Il exprime une chose que je n’avais jamais perçu aussi fortement auparavant : du désir. Elle me désire et il en est de même pour moi. Mais le mien est prisonnier de mon angoisse, de ma peur. Suis-je vraiment capable de franchir le cap avec elle ?
Onze ans que nous nous connaissons, onze années à se retrouver chaque année dans ce camping perdu au milieu de milliers d’autres sur une côte surchargée de touristes. Onze périodes de quatre semaines pendant lesquelles nous avons grandi et glissé du statut de connaissances à copains, de copains à amis puis d’amis à bientôt amants. Je la revois encore, cette première fois où cette boule d’énergie et de bonne humeur a débarqué sur ma parcelle avec ses parents. Les cheveux tressés pour la baignade, un maillot rose à fleurs blanches. Je me rappelle son tirage de langue et la séance de « boudage » après ma blague très nulle sur son maillot. Je me rappelle aussi de sa vengeance quand, apprenant que je détestais les algues, elle avait tiré mon maillot pour le remplir de ces choses vertes et visqueuses. Des milliers de souvenirs de jeux, de défis, de nuits à discuter, de bêtises, de punitions quand le propriétaire du camping excédé nous ramenait à nos parents.
D’années en années, alors que nous nous considérions comme de faux cousins, nous avions fini par voir notre perception de l’autre évoluer. Les personnalités changeant, les corps changeant, les confidences devenaient plus intimes. Nous n’avions pas voulu franchir la ligne qui sépare les meilleurs amis des nouveaux amants. L’année passée. Nous pensions que ce n’était dû qu’à la ferveur de l’été. Les retrouvailles, les milliers de choses à se raconter, les déceptions sentimentales, les erreurs, les souffrances, nous avions eu peur. Mais cette année nous n'avons pu nous soustraire à ce que nos cœurs et nos corps nous faisaient ressentir.
C’est moi qui avait pris l’initiative de l’embrasser. Très fier d’avoir fait le premier pas, je n’en n’avais pas moins fui avec un rapide « bonne nuit », courant presque jusqu’à ma tente. Je ne m’étais pas retourné, craignant de lire sur son visage autre chose que de la surprise. Le lendemain, elle n’avait rien dit, elle s'était comporté comme d’habitude jusqu’à notre session sur la plage où, au détour d’un subterfuge grossier, elle m’avait rendu mon baiser puis était partie très vite à l’eau. C’était acté, nous avions ouvert la brèche. Avant ce moment, avant que je ne me retrouve sous cette tente avec elle, près de franchir l’ultime étape, nous avons eu connu beaucoup d’autres baisers. Bien moins volés que les précédents. Ces baisers ont amené des gestes tendres, un rapprochement presque inconscient de nos corps, petit à petit. Nous ne voulions pas partager cela avec d’autres, nous voulions que ces instants ne soient qu’à nous. Alors nous nous sommes plus ou moins cachés et j’ignore encore si nos parents, ou du moins l’un d’entre eux, se doutent de quelque chose. Le désir physique est très vite apparu, du moins pour ma part. Mes yeux ont commencé à dévorer son corps, par-ci par-là, en tenue de bain, en petite robe. Ses courbes, la forme de ses seins. Ce terrible maillot qui semblait sublimer les parties de son corps que mes pulsions me poussaient à regarder.
J’ai très vite troqué mon slip de bain contre un short beaucoup plus ample. Dame nature ne saurait être discrète quand elle s’invite dans un corps masculin. Nous avons encore chahuté dans l’eau mais j'ai dû me résoudre à éviter au maximum ces séances de lutte. Son corps contre le mien dans ce milieu aquatique c'était une douce torture dans laquelle m’invitait mon désir. Jusqu’à hier soi, j’étais persuadé que mon envie était bien trop grande et mes pulsions bien plus fortes que ce qu’elle pouvait ressentir. Je ne voyais rien dans son attitude qui laissait deviner ce qui ne me laissait entrevoir ce qui pouvait bien se passer en elle. Cela a fini par me mettre mal à l’aise car je craignais de passer pour une sorte de bête en rut alors qu’elle était ma si jolie sirène avec ses sourires francs et ses regards si déstabilisant. Sa franchise m’avait surpris lorsqu’elle m’a annoncé son intention de passer à l’acte avec moi. J’en avais arrêté de respirer sur le coup, estomaqué par l’audace de ses propos. Non que je n’en avais pas envie ou que je ne rêvais pas de le faire. C’était plutôt de me rendre compte, à cet instant précis, qu’elle aussi pouvait être habitée par un désir autre que celui d’être avec moi pour des baisers et des gestes tendres.
Les parents étaient partis sans nous faire une obscure visite chez un artisan vigneron et nous avait laissé tous les deux. C’est là, au beau milieu de cet après-midi, qu’elle m’avait pris la main et entraîné sous sa tente, plus à l’abri des regards que la mienne. Voilà comment nous en sommes arrivés là…
Elle se penche vers moi, je sens sa main se poser sur mon cou puis glisser sur ma nuque. Elle m’embrasse de nouveau avec vigueur. La surprise et l’intensité du bien être que je ressens électrise mon corps et je sens mon angoisse passer en arrière-plan. Comme la mer recouvre le sable avant de se retirer, les sensations que j’éprouve passent par-dessus ma peur, la faisant disparaître quelques secondes. Mon bras droit se lève, tremblant légèrement, puis je sens sous ma paume la peau de son bras. C’est doux. Je devine le frémissement qui la parcourt à travers grâce au contact de sa chair. Elle se rapproche davantage. La tension verrouille mon buste, je sens la chaleur qui anime mon corps se mettre à augmenter fortement. Elle a toujours été la plus forte, j’ai souvent donné le change mais là c’est flagrant. J’ai peur de mon propre désir alors qu’elle vit pleinement le sien.
Je guette de nouveau les bruits extérieurs, les ombres. Je m’extirpe malgré moi de ce moment. Je me sens d’un coup oppressé. Son baiser délicieux, sa main sur ma nuque m’embrume l’esprit. J’ai l’impression que je vais défaillir, un comble pour un garçon. C’est à ce moment-là, à l’instant où je redoute de voir la peur tenter de prendre le dessus que je sens son autre main se poser dans mon dos et appuyer légèrement. Je résiste dans un premier temps mais me ressaisis très vite et déverrouille enfin mon buste. Je sens alors ses vêtements qui frôlent les mien, son corps tout proche. Ce corps que j’ai regardé, maté, désiré, fantasmé. De nouveau, la bouffé défaillante fait son apparition mais je refuse de passer à côté. Je ne veux pas rater ce moment, bien que je sois terrorisé, effrayé par ce désir que sais si grand. J’ai peur de devenir brusque, de perdre le contrôle, de ne pas l’entendre si d’aventure elle choisissait de renoncer. Nos baisers sont de plus en plus passionnés, nos corps de plus en plus chaud. Je reste pourtant très raide dans mes gestes, maladroit. Elle s’arrête de m’embrasser et recule son visage. À regret, je sens son corps s’éloigner et mes bras retomber mais cela a le mérite de relâcher la tension légèrement. Enfin, pas partout tout de même.
Elle me regarde intensément comme elle le fait depuis le début puis se penche de nouveau vers moi. Je sens sa joue qui frôle la mienne lorsque qu’elle se rapproche de mon oreille et, dans un murmure que je n’oublierai certainement jamais, elle me souffle :
- Laisse-toi aller, je n’ai pas peur… Pas peur de toi.
Je perçois comme une chaleur dans mes yeux, puis ma vue se trouble légèrement. Elle s’éloigne une nouvelle fois, alors que je prends conscience d’être en train de pleurer. Elle m’embrasse de nouveau avec une sensualité incroyable. Je sens mes bras remonter et se glisser dans son dos. L’une des mains caresse le tissu du T-shirt mais l’autre s’est involontairement glissé dessous. Ce contact avec sa peau s’ajoute aux sensations qui me parcourent. Je l’attire alors contre moi, complètement, et ressens aussitôt cette chaleur ardente qui émane de nos deux corps.
Elle passe une jambe par-dessus les miennes et se retrouve à califourchon sur moi. Je sens sa poitrine, je sens son ventre, je sens ses cuisses. Toute mon attention est accaparée par la multitude de contacts que nos corps opèrent. Mon entrejambe est dure comme jamais auparavant. Je sais que désormais, je ne peux ni n’ai besoin de cacher ce qu’il s’y passe. Je sens ses mains qui attrapent la base de mon T-shirt. Docilement, je lève les bras en même temps qu’elle me retire le morceau de tissu. Malgré la chaleur, un léger frisson me parcours quand l’air caresse ma peau nue. Sans hésiter, j’attrape le bas du sien mais au moment de le soulever, je m’arrête et la regarde. Elle me sourit et lève ses bras. Je m’exécute alors. Chaque morceau de peau que me dévoile ce retrait provoque en moi plus de désir, plus d’envie. Je veux goûter à cette peau que j’ai tant convoitée. Sa poitrine se dévoile, protégée par ce fameux maillot qui, mouillé, laissait tellement bien deviner ce qu’il me cachait. Pendant nos baisers, nos mains explorent nos corps respectifs avec avidité. Je n’ose encore remonté vers ses seins et pourtant, entre deux baisers, mes yeux nepeuvent s'empêcher de la regarder. Je glisse alors ma bouche dans le creux de son cou pour pour la découvrir autrement. Je suis poussé à moitié par ma curiosité, à moitié par ce que j’avais imaginé faire dans mes fantasmes. Elle se cambre légèrement, penchant la tête en arrière pour profiter de cette nouveauté. Ce faisant, elle place littéralement ses seins sous mon nez, je ne résiste plus. J’appose doucement une main dessus et sa réaction est immédiate. Elle ne cherche pas à se retirer mais je devine bien sa sensibilité. Toujours cette douceur, je caresse le tissu, n’osant trop appuyé lorsque le bout de son sein se présente sous mes doigts. Il est bien plus dur que le reste de ce que j’ai dans la main. Le fait de le toucher provoque encore une fois des réactions de sa part. Je sens son bassin se rapprocher de moi et s’appuyer en passant sur mon bas ventre très tendu. La sensation est délicieuse, je me sens pousser des ailes, j’ai envie de devenir audacieux. Ma main libre cherche le cordon du maillot dans son dos. Je tâtonne légèrement mais fini par le saisir, je tire alors lentement sur la ficelle.
Le nœud ne me résiste pas. Une fois défait, sous l’effet ressort de la lanière qui passe sur son cou, le maillot remonte et libère enfin ses seins tant convoités. C’est à ce moment qu’elle saisit mon visage à deux mains et le ramène devant le sien. Le désir dans ses yeux est encore plus ardent et elle m’embrasse avec une fougue impressionnante. J’ai du mal à répondre à ce baiser dans les premières secondes puis les sensations qui habitent mon corps viennent à ma rescousse. Je partage alors ce baiser fabuleux qui me transporte une fois de plus. Elle quitte à regret mes lèvres et éloigne son buste dans le but de retirer le maillot devenu inutile. Je ne peux retenir mon regard qui descend le long de sa gorge, s’attarde sur sa poitrine et descend le long de son ventre jusqu’à son short. Je sens une nouvelle pulsion de mon érection contenue dans le mien. Une fois de plus, douloureusement jouissive. Alors que mes yeux entament le chemin inverse, je vois ses mains passer devant et se diriger vers ma fermeture éclair. Un vent de panique me traverse, ma pudeur naturelle reprend le dessus, je ne me suis jamais montré nu devant personne. Ses gestes sont empreints d’une assurance presque naturelle. En même temps qu’elle défait le bouton et se saisit de la fermeture éclair, je sens mon corps se raidir. L’ouverture partielle provoque libère légèrement la pression maintenue sur mon sexe, ce qui me provoque une petite vague de plaisir enfermé dans ma crainte d’être dévêtu. Mon esprit est de nouveau partagé entre la panique et le désir et je sens un début de tremblement. Comme si elle lisait dans mes pensées, ses mains quittent cette région et se reportent une fois de plus sur mon visage. Elle le relève et ses yeux, pourtant plein de désir, expriment une profonde douceur. Je suis pétrifié, terrorisé, je ne doute pas un instant qu’elle lise cela dans mon regard. Elle m’embrasse une nouvelle fois, très tendrement puis réalise de nouveau ce glissé sur ma joue jusqu’à mon oreille :
- N’aie pas peur, détends toi…
Me susurre-telle gentiment. Ces quelques mots provoquent un léger apaisement de mon angoisse mais cette dernière refuse de s’en aller complètement.
Comme pour me prouver quelque chose, je décide de faire comme elle et dirige mes mains vers son short. Elles sont tremblantes lorsque je les pose moi aussi sur la fermeture. Je suis maladroit, peu à l’aise mais elle ne semble pas y prêter attention. Elle soulève son bassin pour me faciliter la tâche lorsque je parviens à mes fins. Elle me sourit, il y a de la malice dans ses yeux. Elle saisit les deux côtés du mien et tire dessus. J’ai toujours peur mais pose néanmoins les mains de part et d’autre de mon bassin, puis soulève timidement les fesses. Le tissu n’offre aucune résistance, il ne semble pas vouloir me protéger. Je le sens glisser sans mal sur ma peau, mon sexe. Je sens aussi que mon érection va être libérée et je crains « d’être vu ». Je ne peux plus reculer. Lorsque mon sexe, enfin délivré, se redresse dur et tendu, je suis parcouru d’un frisson de désir violent et mes fesses se contractent. Une nouvelle fois, mon envie se retrouve au prise avec ma peur dans une torture incroyable.
Elle se recule et fini son travail, envoyant valser au fond de la tente le dernier rempart entre moi et la nudité. J’ai tout loisir d’observer son corps qui évolue devant moi mais surveille obsessionnellement ses réactions devant mon érection. Il ne me faut pas longtemps pour comprendre que je suis le seul à y prêter attention. Ses yeux ne regardent pas «mon sexe », ils ne m’analysent pas, ne me jugent pas. Non, ses yeux sont fidèles à son désir, rien n’a changé. Je me redresse un peu, cherchant à libérer mes mains afin de la déshabiller à mon tour mais avant que je ne réussisse à esquisser un geste complet, elle s’est penchée vers moi. Plaçant son visage près du mien, je vois ses épaules bouger. Alors que ses yeux me captivent une fois de plus, son short et probablement le bas de son maillot rejoignent mes vêtements dans le fond de cette tente.
C’est fait, elle est nue et moi aussi. Elle revient se placer à califourchon sur moi, s’ajustant à quelques centimètres de mon sexe. Nous reprenons nos caresses et celles-ci prennent une dimension une dimension encore plus forte de par notre nudité. Je suis fébrile, je réalise que je tremble par moment dans mes gestes mais la peur n’en n’est pas la cause. Mon désir monte en flèche, il est à fleur de peau. Je le sens pulser dans mon bas ventre. Je suis comme un sprinter prêt à se lancer dans la course. Nos gestes se font plus rapides et nos corps se rapprochent. Je ne peux empêcher mes regards lubriques d’opérer une fois de plus cette terrible plongée de sa gorge à son sexe, que j’ai finalement peu eu l’occasion de voir. Notre proximité m’empêche de voir plus loin. Je sens sur mes cuisses son sexe s’avancer, s’avancer et le mien toucher son ventre pendant que je me raidis de désir une fois de plus. Mon audace revient au galop, mes mains descendent bien plus loin que le creux de ses reins. Son corps frissonne, je le veux, j’ai en ai envie. Je place mes mains en-dessous de ses fesses et en même temps que je les soulève, je l’attire vers moi. Nos sexes se frôlent, je l’entends gémir légèrement ce qui renforce mon envie de la sentir tout contre moi. Je n’ai jamais connu d’érection si dure ni de soif de plaisir aussi forte de ma vie. Je crois que j’essaye de parler mais j’ai bien l’impression que ce n’est qu’un souffle rauque qui sort de ma bouche. Je la sens me repousser légèrement. Je ne comprends pas, la panique revient au galop. Ai-je fais quelque chose de mal ? Je la regarde un peu perdu mais elle ne s’est pas départie de son sourire. J’ai un peu de mal à respirer, la pression du désir qui m’habitait a du mal à redescendre. Un objet étrange se place devant mes yeux, il me faut quelques secondes pour faire la mise au point. Je reconnais de suite la forme caractéristique d’un préservatif. Mon dieu, c’est vrai, dans la précipitation du moment j’avais complètement oublié ce genre de détail crucial. L’angoisse refait son apparition, il va falloir le mettre. Je m’apprête à le prendre lorsqu’elle le retire de mes doigts et me demande :
- Tu en as déjà mis un ?
Je ne sais pas quoi répondre sur le coup. Dois-je lui avouer que j’ai déjà essayé et que ce n’était pas très concluant ? Que j’avais effectivement déjà eu des phases d’entraînement en prévision d’un moment comme celui-là, sans pour autant parvenir à un minimum de maîtrise. Il faut que je réponde, je dois être honnête même si une fois de plus j’ai peur de son jugement :
-Je… j’ai essayé… mais c’était… enfin… je suis pas très sûr que…
Elle se penche et me fait taire en posant doucement ses lèvres sur les miennes. Ses doigts déchirent l’emballage sur le côté et sors le dernier garde-fou entre nous. Elle regarde mon sexe puis lève de nouveau les yeux vers moi. Je ne sais pas ce qu’elle va dire mais je m’attends à une critique, un reproche, n’importe quoi sauf ce que j’entends :
-Il faut le décalotté sinon ça tiendras pas.
Je rougis. Je rougis avec une puissance défiant l’imaginaire comme si toute la chaleur de mon corps s’était donné rendez-vous sur mon visage.
-Ah.. Euh oui, tu as raison…
D’un geste peu sûr et toujours avec de légers tremblements, je saisi le bout de ma verge et procède à la libération du gland. Je ne ressens pas de plaisir à ce moment précis, juste un mélange de crainte et d’humiliation. Ce que je peux être bête parfois. Pourtant, sans me prévenir ou me demander mon avis, elle dépose délicatement le préservatif sur le bout de mon sexe. Je tressaute légèrement ce qui la fait sourire puis elle pince le réservoir. Elle me regarde de nouveau dans les yeux et me dit avec douceur :
- Il n’y a plus qu’à le dérouler.
Mon angoisse s’apaise légèrement. la façon dont elle me regarde a le don de me calmer. J’obtempère en attrapant le haut de mon sexe et commence le mouvement pour faire descendre le préservatif. Alors que je m’exécute maladroitement, je sens sa main sur la mienne qui m’aide dans mes gestes. Cela me détend et me rassure de nouveau. Cette étape que je redoutais parmi d’autre en deviens du coup [alors] très sensuelle.
Me voilà équipé. Je ne sais quoi faire, son assurance me désarme, je me sens gauche par rapport à elle. Il faut que je me reprenne, je n’ai qu’à reproduire ce qu’elle fait à chaque fois qu’elle me sent en difficulté. J’attrape alors son visage avec mes deux mains et l’embrasse à mon tour. Elle semble un peu surprise mais se détend immédiatement en profitant de ce baiser. Le désir refait rapidement surface entre nous. Il revient en force dans mon bas ventre, mon sexe tout habillé se tend de nouveau, la chaleur de mon corps augmente. Notre baiser devient plus sensuel, plus fort, nos mains reprennent leurs caresses. Elle parcourt mon dos, mes épaules, mon torse. Je fais de même explorant en effleurant sa poitrine libérée que je n’avais pas encore touchée de mes mains. Sa peau est douce, ses seins sont à la fois tendres et durs. Je sens son corps réagir aussi vivement que le mien. Nous nous rapprochons encore, ma verge prisonnière de son ventre. Son bassin s’agite alors et le mien semble vouloir lui faire écho. Elle soulève légèrement ses hanches et son intimité vient se caler sur ma verge tendue. La sensation est exquise. Je vibre littéralement et alors que je pense que cela n’ira pas plus loin, elle amorce de légers mouvements de va et vient, frottant son pubis contre le mien . Je ressens la chaleur bouillante de son sexe, mon excitation monte encore et toujours. Je ferme les yeux dans cette étrange danse, et perds la notion de l’espace et du temps. J’ai une envie folle d’entrer en elle, de la posséder. Je sens l’humidité de son sexe, j’entends son désir dans ses souffles. La pulsion devient de plus en plus forte et c’est là, comme si nous nous étions concertés, que je décale mon bassin plus bas alors qu’elle relève le sien. La pénétration est immédiate et sa sensation renversante.
Nous nous figeons littéralement. La puissance de ce que j’ai ressenti m’a fait détendre tous mes muscles. Il semble que cela soit le cas pour elle aussi mais à sa respiration, je comprends qu’en réalité elle m’attend. J’essaye de tempérer ma propre respiration, de reprendre un peu mon contrôle. C’était le signal pour elle. Sans s’éloigner de moi, elle commence à bouger légèrement le bassin. Ce que je ressens à ce moment précis est indescriptible, en dehors du fait que l’intensité augmente à chaque contraction de ses hanches. Les mouvements prennent peu à peu de l’amplitude et le plaisir prend possession de moi. Ma respiration s’accélère, se cale sur chaque impulsion de son bassin. Je n’ai plus peur de rien, je me fiche d’où je suis, je ne sais plus où je suis, je m’en fous. Il n’y a plus rien dans ma tête, plus rien qu’elle et ce qu’elle me fait ressentir. Chaque mouvement est plus fort, chaque décharge de plaisir plus grande, je perds le contrôle. J’entends des petits gémissements s’échapper de ma gorge chaque fois qu’elle arrive en fin de geste. Je n’analyse plus rien, je sens cette force en moi, c’est mon désir, il s’invite au creux de mon ventre, derrière chacun de mes gémissements. C’est une diablesse, une démone, c’est elle qui a pris possession de moi, elle m’a fait otage de mon désir, elle a brisé mes tabous. Elle mène la danse depuis le début, je me sens si petit.
Et puis mon corps se met à bouger, je ne sais même pas si c’est moi qui le lui ai demandé. Mes hanches se déverrouillent et mon bassin prend la mesure. Alors que je croyais le maximum de sensations atteint, ces dernières décuplent avec mon entrée en piste. C’est divin, fabuleux, j’en veux plus, bien plus. En un rien de temps, mes mouvements deviennent eux aussi plus amples et mes gémissements plus rauques. Je ne suis plus en train de subir, je participe. Mon sexe sort puis rentre, dans un va et vient continu où chaque trajet est un délice. C’est à ce moment que je l’entends. D’abord faiblement puis de plus en plus fort à chacune de mes pénétrations. Le son de sa voix. Conjointement à moi, elle gémit et cela multiplie ma fougue. Je tombe amoureux de ce bruit immédiatement, je sais que c’est moi, que c’est grâce à moi. C’est fabuleux, cela amplifie davantage tout ce qui se passe dans ma tête.
Nos corps accélèrent leur danse, cela devient plus fort, plus violent. Nos gémissements glissent peu à peu vers les cris. La tension revient dans mes muscles, dans les siens, chaque va et vient est plus rapide et saccadé que le précédent. Je sens l’orgasme monter en moi, il est fort, incroyablement fort. J’ai l’impression qu’il est trop grand pour moi, comme si j’allais me faire submerger par une vague. C’est puissant, cela vient de l’intérieur. Je ne tiens plus et me contracte et dans les dernières secondes, parce que j’en veux plus, parce que la veux elle. Mon bassin devient frénétique et je jouis comme jamais je ne l’avais fait auparavant. La vague m’emporte, j’en ai le souffle coupé, l’éjaculation me parait puissante. Je crois que j’ai crié son prénom, je ne sais pas. J’ai perçu son répondant à mes actions, j’ai entendu ses cris venir rejoindre les miens. Mais mon orgasme a été tellement intense que j’ignore s’il en a été de même pour elle. Je sens la pression et la violence de ce plaisir redescendre légèrement. Je suis secoué de vifs soubresauts au cours desquels elle s’accroche plus vivement à moi. Ce que je viens de vivre n’est pas descriptible, j’ai la sensation de ne l’avoir vécu que pour moi.
Nous restons l’un contre l’autre, la tête nichée dans le cou de l’autre. Elle en moi et moi en elle. Nous sommes plus désormais, plus que ce que nous étions. Au bout d’un certain temps, qui me semble infini, elle s’éloigne de moi. Tout en m’embrassant, elle retire délicatement mon sexe d’elle. D’un geste que je ne verrai jamais, elle m’enlève le préservatif et le pose je ne sais où. Je suis épuisé, vidé et un peu perdu. Elle se penche de nouveau vers moi et se faisant, m’invite à m’allonger. Je ne peux refuser sa demande tellement mon corps entier me semble lourd. Nous nous allongeons donc. Moi sur le dos, elle contre moi, se glissant sur le côté. Elle garde une jambe sur moi et pose sa tête sur ma poitrine.
Que vient-elle de me faire ? Qu’ai-je donc vécu à l’instant ? Peu à peu, la tente reprend sa place, les bruits extérieurs aussi, le réel revient pendant que le sommeil me gagne. Je ne sais quoi penser, mon esprit s’embrume et pourtant il n’y a qu’elle qui s’impose dans mon désordre. Elle, ses yeux, son sourire, des bribes puissantes de ce qui vient de se passer, ses sensations incroyables… J’ai peur, j’ai très peur. Je ne veux pas la perdre. Elle est un véritable trésor. Elle vient de me révéler. Je lui dois quelque chose d'unique.