Coeur ardent, vaine logorrhée
D’un corps si faible doit éclater
Car ce soir, sur les tombes profanes
Le Nil n’apaisera ma flamme.
Grand, majestueux
Il apparaît,
Se dresse par delà les monts
L’oeil fier, le bras droit
Il subjugue les plaines
Son être dicte les lois.
Les sirènes échouées
Dans l’écume de ses pleurs
Ont perdu la voix.
Et, à l’orée de son coeur,
Mes plaintes se sont tues.
Ce soir, dans le linceul de mes peurs
De l’épais tissu je me drape,
Sous l’oeil pâle de la Lune,
A la lueur des cierges
Et les abysses de ton regard.
Douce chimère aux bras languissants,
Qui me prit dans la nuit mugissante
Le coeur agité,
L’âme en éclat
A toi je m’abandonne.
Contemplation béate,
Je livre ma chair au service de ta faim.
Délicieuse offrande,
Mon corps exhibé sur l’autel céleste
Mon âme se dévoile.
Mes songes opiacés
Les pupilles dilatées
A de violents transports je m’adonne
Où l’amour et mes caprices
Ont éconduit mon coeur et ma fierté.
De leurs statues de marbre
Dans mon esprit erigées,
Sodome et Gomorrhe nous bénissent.
Ton souffle chaud, la caresse de tes mains
Endeuillent les chastes voeux,
Épouse la courbe de mes seins.
Les mains moites,
Je promène mes fantasmes
Sur la toile de ta peau
Et du bout de ma langue
Me délecte de ton arôme.
Indécente plaidoirie,
Je prie les dieux
Sur les autels fleuris
De me laisser cheminer
Vers les abîmes de ton esprit.
Désir brûlant,
Gangrène de l’âme,
Ronge mon être
Déverse mon sang
Empoigne ta lame.
Un cri dans la nuit blanche,
Silence assourdissant
Pénètre mon corps,
Déchire ma foi.
Le souffle court,
Nos corps entremêlés
J’ouvre mes entrailles
Aux tumultes de ta flamme
Et la sueur de nos ébats.