Et c'est la suite de ce second tour, qui bat son plein, oui oui, même s'il semble que les votants soient un peu en repos.
Toi, là, je te condamne à voter après avoir lu cette phrase. Na. Ça t'apprendra.
Je rappelle que pour ce tour, votre vote consiste à écrire un dialogue entre vous et le personnage que vous choisissez !
Clôture du vote : jeudi 10 décembre à 22h
Meya Diablone :Oeuvre : Helden, de Daji
Description :Meya Diablone est une jeune démone de la Gourmandise envoyée sur Terre pour influencer les humains à céder à la tentation de son Pôle. Effrontée et incapable de suivre les ordres, elle profite de sa vie d’humaine sans se soucier de sa mission première, malgré les nombreuses remontrances de son superviseur.
Sous sa forme terrestre, Meya arbore un physique avantageux qui lui facilite sa couverture, un travail dans une agence de Marketing. Sous forme démoniaque, sa peau prend une teinte foncée, ses cheveux s’enflamment, des griffes remplacent ses ongles manucurés, une queue prolonge sa colonne vertébrale et de petites cornes pointent sur son crâne.
Pour Meya, un seul mot d’ordre : déguster tous les mets du monde humain ! Mais derrière son apparente désinvolture, cette héroïne cachée renferme un lourd secret sur sa vraie nature et se révèle plus complexe qu’il n’y parait.
Extrait : Mon monde est loin d’être appréciable pour des spécialistes de la Gourmandise tels que moi. La viande prolifère mais les accompagnements sont inexistants en raison de la terre infertile. Nous la mangeons donc soit crue, soit bien grillée, simplement tranchée. Les animaux qui nous la fournissent sont très différents d’ici. Ils sont bien plus gros et ne se laissent pas facilement manger. Il faut un peu de courage pour chasser. Bref, rien de très varié…
A mon arrivée dans le monde des humains, j’ai pensé qu’ils m’avaient envoyé au Paradis. J’ai passé de longs mois à découvrir une quantité incroyable de saveurs et de textures culinaires différentes. Ces superbes trouvailles sont d’ailleurs la raison de la venue plus que récurrente de mon chef… Comment voulez-vous rester concentrée sur un travail alors que tous ces plats alléchants n’attendent que vous ? Cet endroit est incroyable pour des démons comme moi !
Un jour, la curiosité m’a poussée à entrer dans un restaurant de sushis. Une explosion de senteurs et de couleurs m’y attendait. Tout un tas de petites bouchées, prêtes à être englouties en un rien de temps. Je ne reconnaissais pas cette chose crue alors j’ai préféré ne commander qu’un petit plat. Au moment même où le petit mélange de riz vinaigré, de poisson et de wasabi a rencontré mes papilles gustatives… J’ai cru atteindre le Nirvana… Le poisson… Une denrée exotique et pourtant si simple ! Du goût, de la chair, de l’onctuosité, de la force de caractère, de la fraicheur… Tout y est ! Evidemment, j’ai ensuite essayé tout ce que le menu pouvait proposer. Depuis ce jour, mes papilles sont devenues accros aux sushis. Réellement. Si je n’en mange pas au moins trois fois par semaine, je ressens un trou au fond de moi. Voici donc pourquoi je suis plus que soulagée que Gilles n’ait pas eu l’occasion de me prendre ce précieux trésor…
Fiche par Daji
Valentin :Oeuvre : As de coeur, de Spes
Description :Dans un autre monde, on choisit son conjoint ou sa conjointe lors d’une Cérémonie. Au bout du troisième échec, on part pour les travaux les plus difficiles. Seule condition : quel que soit le couple, il faire des enfants.
Le narrateur d’As de cœur et c’est sa troisième cérémonie. Heureusement, au moment où il laisse tomber, il rencontre Valentin.
Valentin — qui est aveugle — va vers le narrateur au moment où celui-ci se résout à aller à la mine et lui propose de former un couple ensemble. Il travaille pour une radio, cuisine, va faire les courses. Problème : le narrateur est asexuel et Valentin se demande s’il l’aime vraiment.
Extrait : Le dos d'une main effleure mon coude, me tirant de ma torpeur. L'homme est aveugle. Il me dit :
– C'est ta troisième, non ? Moi aussi. Je t'ai écouté parler avec Michel.
Mon regard est bloqué sur ses yeux trop fixes et trop clairs.
– On va y passer, ce coup-ci, continue-t-il. On n'a qu'à se choisir, tous les deux. Foncer.
Sur le coup, je réfléchis très égoïstement. Je me dis qu'il est handicapé, et qu'en plus il ne sait presque rien de moi. Pire : il me propose de devenir mon partenaire de vie, sans même s'être présenté ? Et puis, je me suis fait à l'idée de travailler dans les souterrains ou bien le nez dans les vapeurs chimiques. Je me convainquais même que peut-être, avec de la chance, je trouverai des pierre. J'aimerais bien me mettre à sculpter, mais ce qu'on trouve à la surface ne me convient pas. Il ajoute, dévoilant des appréhensions similaires aux miennes :
– Je ne te connais pas, je ne sais pas à quoi tu ressembles. Peut-être que tu te colles les cheveux en arrière à la gomme, et que tu es un de ces faibles qui votent pour le parti du quartier nord.
Il essaie de rire, et des mèches jaunes glissent devant ses yeux. Il ne les replace pas. Il me paraît désespéré, vulnérable même.
– Entendu, je réponds.
*
Je suis assis par terre sur le plancher, sous la fenêtre, silencieux. Valentin cuisine. Son habileté à manier le couteau sans rien voir force mon admiration. Il me donne l'impression de découper des formes dans la pâte. Je me lève pour être sûr. Mes genoux craquent un peu. Sous les doigts de Valentin, la lame a dessiné des étoiles.
*
Nous vivons ensemble depuis six semaines. J'ai l'impression de commencer à peine à le connaître. Il travaille pour la radio et ne sort presque jamais. Quand je rentre du chantier, le soir, je le trouve souvent avec un casque audio sur la tête, en train de parler. Il a déménagé tout son matériel chez moi. Même s'il est en plein enregistrement, il me dit toujours bonsoir. Valentin a de réelles qualités d'orateur. Ce soir, j'aurais aimé l'écouter mais, à mon arrivée, il coupe le micro et enlève son casque. Il me sourit, et j'ai envie de le prendre dans mes bras. Je n'ose pas. Nous ne nous sommes encore jamais touchés.
Fiche par Loïc