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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Automne retrouvé.

Auteur Sujet: Automne retrouvé.  (Lu 2193 fois)

Robras

  • Invité
Automne retrouvé.
« le: 20 Février 2009 à 05:25:18 »
[C'est mon premier texte posté ici, je vous prie de n'être ni indulgent, ni je ne sais pas comment finir cette phrase. Je vous remercie de votre lecture, et vous souhaite une, euuuh, bonne journée ?]

Lorsque l’été semble se coucher, le soleil rougeoyant à l’horizon inonde de ses divins rayons la terre qui le porte chaque matin, chaque soir, comme une mère féconde et inféconde son enfant chaque nuit. Le ciel encore radieux s’obscurcit d’ombres écarlates, de feuilles qui tombent, volantes, au gré, du vent, du nord, qui souffle, et de celui, du sud, qui se tait, lentement. La terre, sèche, s’humidifie, et les plantes refroidissent, du zénith. Les pas de l’homme étaient gais, mais fatigués, le chemin poussiéreux serpentait le long de la colline, et une légère brise caressait sa joue. Son pied était leste par le passé, désormais, la lente chute du temps faisait peser sur les épaules de l’inconnu quelque vieillesse, quelques marques de l’âge, et sa démarche se faisait lente. Il portait un vieux sac de cuir, une casquette, en lin, comme on en portait autrefois, de larges habits, qui paraissait ne pas toujours avoir servi au voyage, et des bottes, rembourrées de paille, pour le froid qui viendrait toujours.

Pendant un temps, son regard se fixa sur la ligne invisible qui trace la frontière entre le jour et la nuit, puis ses yeux se posèrent sur les branches de l’arbre quelques onces seulement devant lui. Il portait encore quelques fruits rouges, mûres, qui suintaient le doux et suave parfum du pain chaud, du foyer promis, du repas du soir, et de la journée qui s’achève dans le repos et le rire. Le voyageur rêvait de cela. Une auberge suffirait, la coutume disait, lorsque le fatigue presse. Il savait que la prochaine étape était pour bientôt, et que celle qui viendrait après serait âpre et longue de nuits et de soleil mordorés, et que son souffle s’amenuisait. Il s’approcha de l’arbre, qu’il touchait, qu’il goûtait presque, l’écorce froide, la sève perlée, le contact rugueux et chaleureux d’un vieil ami, qu’on retrouve, comme un oncle, ou un frère, après des années d’errance. Il se savait enfin chez lui.

Devant l’étranger s’étendait enfin le sol de sa naissance, qui l’avait vu grandir, les champs, à l’été, qui soutenaient des gerbes de bonheur enfantin de courir et de chanter, les ruisseaux qui apaisaient la soif, les buissons qui cachaient des malheurs, et les crépuscules qui jamais n’arrivaient, dans son lit, avec la mère, mère, qui racontait des histoires, quand papa réanimait un feu qui durerait toute la nuit. Au-delà de la colline, il verrait enfin les chemins de son enfance, la verdure du pays, et les vestiges d’un passé lointain, enfoui, recouvert puis découvert par un soir, peut-être, d’automne. Il était parti en été, puis en hiver, il avait découvert la morsure de la nostalgie –le mal du pays. Il avait traversé des déserts de solitude, il avait gagné, et perdu, des amis, il avait connu des femmes, et quelques hommes, des frères pour lui –mais pas de famille. Elle était là, tout près, toute proche, de l’autre côté du sentier, derrière le mont jaune, parce que les blés y poussaient, et y doraient avant qu’on ne les coupe, pour le froid de l’hiver, et le fourrage des bêtes.

Il savait qu’on le reconnaitrait peut-être, mais son visage avait bien changé depuis le jour de ses moissons. Ses traits s’étaient durcis, son regard s’était fait plus acéré, et sa mâchoire était tendue comme un orage qu’on attend. Le gris balayait ses yeux et balayaient ses tempes. Il avait pris l’âge. Il n’était encore que vert du printemps quand il avait pris sa décision. Ni paysan, comme les siens, ni artisans, comme les bourgeois. Il n’avait qu’un vieux sac, qui venait de son grand-père, un honorable travailleur du champ, qu’il avait du perdre un jour ou l’autre. Il avait plume à son chapeau, qu’il avait pris à un cygne, et des fleurs dans ses paumes, pour le préserver de la malchance. Son père lui avait remis un solide bâton de marche, et sa mère, des pleurs de mères, lorsque l’enfant part à l’âge adulte.

Il avait erré d’abord, puis il avait marché, de bourg en bourg, puis il avait vu des villes, des monstres, des étrangers et d’étranges coutumes. Il avait vu des poules qu’on pendait aux arbres pour éloigner la peste, et des fous qui dansent toute la nuit pour parler aux dieux, et des prêtres prier tout le jour pour parler au leur, des femmes aux formes fantasques, aux fumées oranges et aux couleurs criardes, qui appelaient dans le soir les passants, dans les ruelles obscures d’un port inconnu. Quelques un parlaient des langues fortes, et brutales, en jetant des pièces et des rubans sur des tables, d’autres, polis, silencieux, hocher la tête et caresser leurs barbes, en écoutant passer le monde et les cloches des églises. Certain soirs on l’accueillait, là un couple de paysans en ville, ici dans une auberge qui veillait tard, et qui prenait les chevaux, ailleurs, sous une tonnelle, ou sous un pont, avec les rats et les joyeux. Mais chaque langue, chaque chant, chaque larme lui rappelait le chez-lui, le maison, le familier, le confort du jamais-retour, des petites peurs des contes et des souvenirs oubliés.

Un jour, il discutait avec un berger, qui portait sur la tête un chapeau de paille, et une barbe rousse, et il avait perdu son bâton à un pari. Puis il ne retrouva pas sa besace, ni en toile, ni en cuir, puis ce fut le courage et la détermination ; les fleurs avaient glissé de ses mains. Le chant rossignol avait chanté, et il rentrait chez lui. Il avait jeté les couronnes de fleurs et dénicher les abeilles, puis il était parti. Butte après butte, bornes après bornes, il avait rejoint cet arbre, ce monde-seuil, cette lumière si agréable et si nouvelle, cet air d’humus et de terre, d’herbe fraiche de la rosée et des nuages de pluie. Ce soir il respirait à plein poumon l’air, son air, et il sourit.

Il ferma les yeux, et ce fut le néant du répit, il reprit la marche.

Hors ligne Matt

  • Calame Supersonique
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Re : Automne retrouvé.
« Réponse #1 le: 20 Février 2009 à 07:09:12 »

Citer
comme une mère féconde et inféconde son enfant chaque nuit

Problème dans la ponctuation je pense. Sinon j'aime pas trop ce que tu as voulu dire.

Citer
Le ciel encore radieux s’obscurcit d’ombres écarlates, de feuilles qui tombent, volantes, au gré, du vent, du nord, qui souffle, et de celui, du sud, qui se tait, lentement

Il y a trop de virgules, et ceci casse le rythme.

Citer
La terre, sèche, s’humidifie, et les plantes refroidissent, du zénith

C'est pas plutôt "au zénith".

Citer
lorsque le fatigue presse.

"la fatigue" + sens ?

Citer
et de soleil mordorés

S'il y a plusieurs "soleils", il y a une faute ici.

Citer
qui soutenaient des gerbes de bonheur enfantin de courir et de chanter

Je ne comprends pas le sens de cette phrase.

Citer
dans son lit, avec la mère, mère,

La répétition ici est inutile à mon goût.

Citer
–le mal du pays.

Petit espace après le "-"

Citer
Il avait traversé des déserts de solitude, il avait gagné, et perdu, des amis, il avait connu des femmes, et quelques hommes, des frères pour lui –mais pas de famille.

Avant "il avait connu des femmes", mets un point ou un point-virgule. Supprime cette virgule.

Citer
Elle était là, tout près, toute proche,

Mal dit.

Citer
Il savait qu’on le reconnaitrait peut-être

"reconnaîtrait"

Citer
son regard s’était fait plus acéré

Je sais pas trop, en faite le "plus" me dérange.

Citer
Le gris balayait ses yeux et balayaient ses tempes.

Répétition inutile de "balayait".

Citer
Quelques un parlaient des langues fortes

"Quelques-uns"

 
Citer
Certain soirs on l’accueillait

"Certains"

----------------------------

Pour le texte j'ai bien aimé. Les décors s'enchaînent parfaitement, et il y a une certaine poésie qui se dégage à travers ton texte. Quelques fautes et passages à revoir (et je pense que j'en ai oublier) mais sinon ça va.

Bonne continuation !
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

Hors ligne sahiqa

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Re : Automne retrouvé.
« Réponse #2 le: 20 Février 2009 à 13:15:26 »
Hum, j'ai bien aimé aussi :)
Il y a un travail sur les images que je trouve intéressant, et qui rend plutôt bien, à quelques exceptions près  ( moi non plus je n'aime pas trop la première phrase, et c'est un peu dommage par ce que, justement, c'est la première  :P Par contre  la colonie de virgules de la seconde phrase ne me gène pas plus que ça. )

Au niveau fautes le plus gros à été relevé, je rajouterait juste :
Citer
Il avait jeté les couronnes de fleurs et dénicher les abeilles
déniché

Hors ligne ernya

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Re : Automne retrouvé.
« Réponse #3 le: 22 Février 2009 à 18:44:25 »
comme une mère féconde et inféconde son enfant chaque nuit.
hum, j'aime pas trop mais là n'est pas le problème: j'ai pas compris, tu peux m'expliquer ? ;)

 Il portait un vieux sac de cuir, une casquette, en lin, comme on en portait autrefois, de larges habits, qui paraissait ne pas toujours avoir servi au voyage, et des bottes, rembourrées de paille, pour le froid qui viendrait toujours.
hum, je suis pas douée en grammaire mais il me semble que tu ne peux pas faire ça, "qui" doit se rapporter logiquement au premier nom qui le précède, or, ce nom c'est "habits"et non pas la casquette donc faudrait que t'inverses (ou alors que tu rajoutes le pluriel, c'est selon)

Son père lui avait remis un solide bâton de marche, et sa mère, des pleurs de mères, lorsque l’enfant part à l’âge adulte.
là, c'est au niveau de la ponctuation, tu veux pas mettre plutôt un tiret àà la place de la dernière virgule
je suis dans le pinaillage mais c'est juste que au niveau de la compréhension, ça fait bizarre puisque tu mêles le récit à l'évocation d'un fait habituel donc pour bien séparer les deux choses, je mettrais un tiret

Il avait jeté les couronnes de fleurs et dénicher les abeilles, puis il était parti.
déniché

alors dans l'ensemble, j'ai pas beaucoup accroché, il m'a manqué une "fin", j'ai cru qu'il allait se passer quelque chose et en fait non :P
j'ai pourtant bien aimé le début  ^^
il y a des passages que j'aime plus avec les images etc
par contre j'ai eu du mal avec ces phrases de dix mètres de long avecdes virgules tous les deux mots :P



voilà :)
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne BloodMoon

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Re : Re : Automne retrouvé.
« Réponse #4 le: 06 Septembre 2010 à 18:39:10 »
Arf > < Il semble que l'auteur de ce texte ne vienne plus ici...
Tant pis, je laisse un avis quand même ! :mrgreen:


Citer
Son père lui avait remis un solide bâton de marche, et sa mère, des pleurs de mères, lorsque l’enfant part à l’âge adulte.
La phrase est chouette en elle-même, mais le bout surligné me dérange, ça sonne très mal à mon oreille.

Citer
Il avait erré d’abord, puis il avait marché, de bourg en bourg, puis il avait vu des villes,
Évitons les répétitions...

Citer
, chaque larme lui rappelait le chez-lui,
Son chez-lui ?

Je ne vais pas prendre en note tout ce qu'il y a à noter, mais je veux bien admettre qu'il y a bien trop de virgules qui sont nuisibles à la lecture. Le texte est beau, la fin est idéaliste et n'est nullement décevante (même si, comme Ernya, je m'attendais à un dernier rebondissement), mais parfois, il y a des phrases un peu longuettes (comme Ernya l'a spécifié, il y a un moment...). J'aime le style et les vers poétiques que tu y as ajouter (la phrase était trop tentante ! :mrgreen:). Le sujet, qui est basique, est plutôt bien trouvé malgré cela.

Donc, c'est pas un texte que j'ajouterai à ma liste de favori, mais c'est bien !

Hors ligne Kathya

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Automne retrouvé.
« Réponse #5 le: 07 Septembre 2010 à 13:23:08 »
Bonjour, bienvenue et à un de ces jours si tu repasses par là.

Globalement j'ai trouvé le début un peu laborieux un peu trop chargé en description. J'ai pas vraiment accroché, je m'attendais vraiment à ce qu'il se passe quelque chose de plus.
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

 


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