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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La contrevenante

Auteur Sujet: La contrevenante  (Lu 4650 fois)

Hors ligne trompette sournoise

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La contrevenante
« le: 24 Janvier 2009 à 12:19:28 »
Madame G. n’aimait pas les surprises. Aussi avait-elle décidé de mourir le 24 février 2007.
Sentant ses forces la quitter et la lassitude l’envahir, elle avait décroché son calendrier de rugbymen tout nus. Madame G. n’avait aucune affection pour les chatons dans un panier en osier. Elle préférait les fesses sculpturales des demis d’ouverture et les cuisses massives des avants. Son choix s’était porté sur la fin du mois car elle voulait profiter de la photo exhibant Frédéric Michalak, Monsieur Février, se frottant le dos sous la douche. La main tremblante, elle avait tracé une croix grossière sur la date du 24, un mardi, c’était correct le mardi, rien de spécial à la télévision et puis ça lui éviterait d’aller faire les courses la veille, faudrait juste prévenir Madame Raspail pour le linge, qu’elle s’embête pas à monter les draps propres pour rien, « avec les mauvaises jambes qu’elle a cette pauvre femme ».
Madame G., satisfaite, replaça le calendrier sur son clou. « Ainsi, c’est le 24 février que je m’en vais », annonça-t-elle au numéro 10 de l’équipe de France. Puis, friponne, regardant par en-dessous, elle tourna les pages à la découverte de tous les morceaux d’anatomie qu’elle raterait les mois suivants. Quand elle eut terminé de parcourir l’éphéméride, l’antique midinette décrocha son téléphone et appuya sur la touche rappel. Depuis qu’on lui avait installé sa ligne, Madame G. n’avait jamais tenté de joindre qu’un seul numéro. Elle attendit cinq sonneries, puis un message d’absence se mit à grésiller dans le combiné :
« Pas là. Laissez un message. Si c’est Marco, je t’emmerde, c’est pas moi qui ai ton foutu pognon. Après le bip, donc. Salut. »
-   Allo Germain. Qu’est-ce que c’est que ce langage de cochon ! Et pourquoi tu réponds jamais au téléphone ? C’est qui ce Marco ? Bon, si tu as des problèmes d’argent, ne t’inquiètes pas, tout va peut-être s’arranger. Sous mon matelas, j’ai quelques sous et puis y’a tous mes bijoux qui sont cachés sous le plancher du salon, je te montrerai où. J’espère que tu vas bien mon grand et que les enfants aussi. Moi, ça va. Je vais bientôt mourir. Essaie de prendre un congé le 24 février. Je t’embrasse mon chéri et ne dis pas de grossièretés au téléphone. A bientôt. »

Elle raccrocha et fit bouillir un peu d’eau. Il était près de 11 heures et son émission allait commencer. Elle chantonna « Mo, mo, motus, la la la la, la la, la la la la, la la… », gaie comme un pinson, fouillant dans ses tiroirs à la recherche d’une infusion, bien déterminée à mourir sous un mois, jouissant d’une satisfaction légitime, qui pourrait s’apparenter à celle qu’on éprouve lorsqu’on est enfin parvenu à prendre rendez-vous chez son ophtalmologiste débordé. Ni plus, ni moins.

Madame G. « ouvrit » la télévision et salua le présentateur vedette des ménagères anachroniques. Il s’agissait de trouver un mot de huit lettres commençant par un « O ». Notre téléspectatrice multiséculaire eut une idée, compta sur ses doigts puis bondit de son canapé sans lattes :
-   OBSEQUES !! hurla-t-elle, répandant la moitié de son eau chaude sur le chat empaillé qu’elle caressait toujours distraitement devant les programmes. L’animal ne moufta pas.
 

Sur le plateau, la candidate proposa « OLFACTIF » mais un bruitage désagréable lui indiqua qu’elle se trompait. Madame G. ne tenait plus en place devant son poste, arrosant le salon de ce qui restait de son infusion, maudissant la concurrente qui, derrière son pupitre, regardait en l’air comme si la réponse pouvait être inscrite sur un des projecteurs.
-   Obsèques, obsèques je te dis ! Espèce d’inculte femme ! OBSEQUES !
Au même moment, le téléphone se mit à sonner. Madame G., les yeux toujours rivés sur l’écran, décrocha le combiné avec énervement. A l’autre bout du fil, Germain entendit sa vieille mère brailler, pour toute salutation :
-   OBSEQUES, maudite analphabète !
-   Maman, il faut qu’on en parle, justement.
-   Et en plus, elle nous pioche que des boules noires depuis le début, cette rombière…
-   Maman ! Eteins la télé s’il te plait. J’ai deux mots à te dire.
Soudain, Madame G. se souvint qu’un téléphone avait été décroché. Elle s’apaisa.
-   Attends, une seconde mon garçon, je mets sur mutte.
-   « Mutte » ?
-   Pour couper le son.
-   Ah… mute.
-   Oui, c’est ça : mioute.
-   Bon, maman… Qu’est-ce que c’est que cette histoire de « je vais bientôt mourir » et « prends congé le 24 février » ? J’ai eu ton message.
-   Ah je suis contente. Je voulais te faire la surprise mais j’ai pas pu résister. Alors qu’est-ce que t’en dis ?
-   J’en dis que t’es tombée sur la tête ! On ne décide pas comme ça du jour de sa mort, maman. Ca viendra quand ça viendra. Il faut que tu cesses de vouloir tout planifier.
-   Tiens, c’était pas « obsèques »…
-   Quoi ?
-   « Offrande ». C’était offrande.
Madame G., déçue, se rassit et remit son chat sur ses genoux.
-   Putain, mais c’est pas vrai… Eteins ta maudite télé, j’te dis. Et écoute-moi plutôt. Tu ne meurs pas le 24 février, c’est compris ?
-   Surveille ton langage jeune homme. Ca fait déjà deux fois que je te mets en garde aujourd’hui. Tu préfères une autre date ? Tu as quelque chose de prévu ?
-   …
-   Si c’est le cas, je peux avancer un peu, tu sais. C’était surtout à cause de Fréderic Michalak à vrai dire.
-   …
-   Mais on peut trouver un autre arrangement.
-   Maman, je comprends rien à ce que tu racontes. En tout cas, on ne choisit pas le jour de sa mort, vu ?
-   C’est pas toi qui va m’interdire de crever, petit impertinent. Comment tu crois que t’es né un 14 juillet, hein ? C’était pour faire plaisir à ton père. Parfaitement. En août, ils avaient dit les médecins. Début août. Mais ça nous arrangeait pas et feu ton papa était un patriote, un vrai, alors j’ai poussé, et poussé encore. Parfaitement ! Je te passe les détails mais il existe des techniques artisanales pour accélérer le mouvement… Alors ? J’ai quand même réussi, oui ou non ? J’aime pas les imprévus, voilà tout. Et je te dis que ce sera le 24 février que je succomberai, bien tranquillement.
-   Je te défends de le faire.
-   Ben j’aimerais bien voir ça, sale gosse !
Une fois sa menace prononcée, Madame G. raccrocha violement et, de rage, balança son félin naturalisé par-dessus le canapé. L’animal, fidèle à lui-même, ne broncha guère.

La vieille femme ne songea même pas à assister à la fin de son émission fétiche. Elle leva son ancestral et ample derrière puis se dirigea vers sa chambre afin de se jeter dans son « roquinechaire ». Au passage, elle récupéra le journal qu’on avait glissé sous sa porte. Se balançant sur son fauteuil, elle entreprit de rouler une cigarette. Depuis qu’elle s’était condamnée, et cela faisait déjà quelques semaines, même si aucune date n’avait été arrêtée jusque là, elle s’était remise à fumer et y trouvait beaucoup de plaisir. Elle n’avait pas perdu la main. En moins de temps qu’il n’en faut pour trouver un mot de sept lettres, elle confectionna un mégot tout à fait respectable et l’alluma sans tarder. Elle toussa    un peu puis parcouru la rubrique sport de son quotidien local. Comme il y avait peu de photos, et encore moins de clichés fripons pris à l’improviste dans les vestiaires de l’équipe de football, Madame G. se lassa vite et s’apprêtait à balancer la gazette quand ses yeux tombèrent sur un article au titre accrocheur : « Interdiction de mourir au Pouget ». Il s’agissait bien de son village. Son sang suranné ne fit qu’un tour. Elle dévora les quelques lignes qui constituait l’entrefilet :

Le maire du Pouget, modeste commune de l’Hérault, a décrété une interdiction de mourir dans sa ville.
Le maire exige que les citoyens veillent à leur santé et s’assurent de ne pas mourir avant que le nouveau cimetière ne soit construit. « Les contrevenants seront sévèrement sanctionnés pour leurs actes » a-t-il déclaré à notre correspondant.
Il n'y a absolument plus de place dans le cimetière actuel, et les familles ne peuvent plus enterrer leurs morts. Selon le maire, toutes les ressources possibles ont été épuisées: récupération des tombes abandonnées, création de nouvelles tombes dans les allées du cimetière et achat de terrains avoisinants. Il ne reste plus qu'à... ne pas mourir!

La cigarette lui échappa des mains. Madame G. jugea n’avoir rien lu d’aussi absurde depuis les accords de Munich et s’empara une nouvelle fois de son téléphone. Pour changer, elle composa le numéro des services municipaux.
-   Mairie du Pouget, bonjour.
-   Bonjour mademoiselle, passez-moi Monsieur le Maire je vous prie.
-   C’est de la part de…
-   Madame G., veuve Pascal, future contrevenante.
-   Ne quittez pas…
-   C’est ça, je vais essayer de ne pas périr entre-temps…
-   Je vous demande pardon ?
-   Non, rien. Le maire, voulez-vous ?
Une musique se fit entendre. Roulant une nouvelle cigarette, le combiné coincé entre l’épaule et l’oreille, Madame G. trépignait. Une dizaine de minutes plus tard, une voix empruntée s’annonça :
-   Maire du Pouget, j’écoute.
-   C’est une infamie ce que vous faites subir à Mozart, Monsieur le Maire.
-   Heu… J’ai peur ne pas comprendre.
-   Votre musique d’attente. Une version déplorable de la neuvième, mais ce n’est pas l’objet de mon appel.
-   Vous m’en voyez rassuré chère Madame, que puis-je pour vous ?
-   Qu’est-ce que c’est que cette histoire extravagante d’interdiction de mourir au Pouget ?
-   Ah…ça. Très simple. Plus de place pour enterrer les morts. J’avais trouvé un terrain mais j’ai les écologistes sur le dos. Comme personne ne semble mesurer l’ampleur du désastre, j’ai averti la presse, une première fois, mais ils n’en ont rien fait. Alors, j’ai décrété l’interdiction. Ils ont beaucoup aimé. C’est dans le journal de ce matin.
-   Je l’ai sous les yeux votre torchon. Vous êtes complètement azimuté mon pauvre Monsieur, avec tout le respect. Comment je fais moi, maintenant que j’ai la date et que tout le monde est prévenu ?
-   La date de quoi, Madame ?
-   Mais de mon décès, pardi ! Le 24 février. Dans un petit mois. Ou c’est que vous allez me mettre alors ? Sur une liste d’attente ? Ou alors vous allez me fiche une contravention peut-être ?
-   Madame, un instant, que je comprenne bien. Vous savez déjà quand vous allez mourir, c’est ça ?
-   Parfaitement.
-   Vous êtes médium ?
-   Pas du tout, je suis organisée.
Le Maire prit un instant pour évaluer la situation. Cette bonne femme paraissait considérer sérieusement son affaire.
-   Ecoutez Madame, toute cette histoire, l’article, c’est un appel que je lance, vous comprenez ? C’est disons… symbolique. Je voudrais simplement que les gens prennent conscience qu’un cimetière archicomble, cela ne fait pas sérieux. Maintenant… Est-ce que je peux vous demander pourquoi vous pensez que vous allez mourir le 24 février, Madame ?
Madame G. raccrocha.
Elle se mit à osciller sur sa chaise grinçante.
Ils ne comprenaient pas.
Ni le Maire, ni son propre fils.

Peut-être qu’un jour, lorsqu’ils seraient assez vieux, au moment où la perspective de leur propre mort cesserait d’être un concept et se changerait en projet à court terme ; quand seuls, au milieu de la nuit, le cœur fatigué, la respiration chaotique, les yeux dans le vide, ils caresseraient un chat empaillé, peut-être alors ils  comprendraient… combien l’attente est longue et effrayante.

Tandis que le 24 février, c’est du concret, on peut entourer la date.
Une fois que c’est planifié, on peut aller se coucher tranquille, certainement, sans se demander si on sera pas froid le lendemain, puisque c’est le 24 qu’est prévu, que tout le monde est au courant, que Madame Raspail aura pas à monter le linge, qu’il y a rien à la télé.
 

Madame G. ralluma sa cigarette et se mit à pleurer sur son roquinechaire.
« Les contrevenants seront sévèrement sanctionnés pour leurs actes »
-   Qu’ils aillent se faire foutre, sanglota-t-elle…
Elle resta longtemps, comme ça, à faire grincer sa chaise à bascule. A sangloter.
Enfin elle se redressa, moucha son nez d’époque, fit quelques pas vers la cuisine, se posta devant la photo d’un homme nu cachant l’essentiel derrière une paire de crampons, entoura la date du jour, puis, elle se rendit à la salle de bain et ouvrit la boite à pharmacie. Elle saisit une boite en plastique et avala son contenu sans sourciller.
 Une dernière fois, elle maquilla son visage flétri. Avec la fin d’un tube de rouge à lèvre, sur le miroir qui renvoyait l’image d’une vieille femme qu’elle ne connaissait pas, elle écrivit :
« Au revoir ».
Et signa.
« Une contrevenante ».
Puis elle reprit place sur son fauteuil, et, bercée par le va-et-vient, Madame G. s’endormit gentiment.

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Re : La contrevenante
« Réponse #1 le: 24 Janvier 2009 à 17:19:40 »
mdr!


ben franchement, j'ai bien aimé
j'en ai préféré d'autres de toi, mais cette histoire-ci et l'histoire des contraventions et tout et tout et ben ça m'a bien plu
donc franchement bravo, je ne vois pas quel reproche, je pourrais faire


un tout petit truc: elle avait décroché son calendrier de rugbymen tout nus.
je crois qu'il y a un souci, c'est touS
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
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Re : La contrevenante
« Réponse #2 le: 24 Janvier 2009 à 19:29:11 »
J'ai assez aimé, j'ai trouvé tes autres textes meilleurs. Celui-là est bien, drôle, mais il lui manque quelque chose. La fin m'a étonné, je m'attendait à quelque chose d'autre, une autre chute.

Je sais pas ce qui me chiffonne exactement :-[

Mais il reste quand même un texte agréable à lire.

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Re : La contrevenante
« Réponse #3 le: 28 Janvier 2009 à 11:51:10 »
J'ai beaucoup aimé! Une bonne idée, du drôle absurde qui se prend au sérieux, et très bien développé... Un très bon style, vraiment! J'adore  :P

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un tout petit truc: elle avait décroché son calendrier de rugbymen tout nus.
je crois qu'il y a un souci, c'est touS

ça dépend si c'est dans le sens "ils sont tous, chacun d'eux, nus" ou "ils sont tut nus" comme on dirait "tout mouillés"...

Par contre petit souci ici:
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Elle toussa    un peu puis parcouru la rubrique

trop d'espaces  :mrgreen: et parcouruT
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Re : La contrevenante
« Réponse #4 le: 28 Janvier 2009 à 16:08:38 »
Citer
un tout petit truc: elle avait décroché son calendrier de rugbymen tout nus.
je crois qu'il y a un souci, c'est touS

ça dépend si c'est dans le sens "ils sont tous, chacun d'eux, nus" ou "ils sont tut nus" comme on dirait "tout mouillés"...
ouais, mais on accorde, non ?
pour une fille, tu dirais bien "toute mouillée", non ?
ou sinon, c'est "tout nu"
mais je pense qu'il faut accorder de toute manière mais bon, je suis pas douée en grammaire :-¬?
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Re : La contrevenante
« Réponse #5 le: 28 Janvier 2009 à 16:43:46 »
Merci d'ouvrir vos cahiers à la page 13 et d'y inscrire la date du jour.

«tout» est un adverbe invariable s ' il signifie «tout à fait», «entièrement»

 EX: Les élèves sont tout (tout à fait) attentifs.

ATTENTION: «tout», utilisé en tant qu'adverbe, varie exceptionnellement lorsqu'il est placé devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou un «h» aspiré.

Pas d'exemple sur ce dernier cas...

Bref, merci de vous être arrétés par ici.



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Re : La contrevenante
« Réponse #6 le: 28 Janvier 2009 à 17:23:08 »
C'était aussi à ça que je pensais, sans avoir fait l'effort de chercher la règle précise  :mrgreen:

Par contre, ça n'empêche que parcourut prend un T et qu'il y a des espaces en trop  :P
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Re : La contrevenante
« Réponse #7 le: 04 Février 2009 à 11:50:20 »
histoire originale ( me fait penser à un fait divers où une commune avait un souci de cimetière, tiens...)
quelques maladresses d'écriture...
Je trouve que tu donnes trop d'importance aux dialogues. Le premier avec le fils passe encore, le second avec le maire est très long...
peut-être passer au style indirect certains éléments ? Les explications du maire sur l'article n'ont guère besoin je trouve du dialogue. Tu donnes bien plus d'éléments au début de ta nouvelle et de façon plus agréable pour le lecteur. Et ce deuxième dialogue n'a plus le mérite - comme le premier - de la surprise et de dérouler le sale caractère de ton héroïne.

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Ils ne comprenaient pas.
Ni le Maire, ni son propre fils.
Peut-être qu’un jour, lorsqu’ils seraient assez vieux, au moment où la perspective de leur propre mort cesserait d’être un concept et se changerait en projet à court terme ; quand seuls, au milieu de la nuit, le cœur fatigué, la respiration chaotique, les yeux dans le vide, ils caresseraient un chat empaillé, peut-être alors ils  comprendraient… combien l’attente est longue et effrayante.

Tandis que le 24 février, c’est du concret, on peut entourer la date.
Une fois que c’est planifié, on peut aller se coucher tranquille, certainement, sans se demander si on sera pas froid le lendemain, puisque c’est le 24 qu’est prévu, que tout le monde est au courant, que Madame Raspail aura pas à monter le linge, qu’il y a rien à la télé.

Je trouve ce passage inutile personnellement. Ta nouvelle n'a pas besoin de ces quelques lignes pour qu'on comprenne pourquoi cette femme agit ainsi.  C'est comme si tu me disais : "attends, je pense que tu n'as pas bien compris, je vais t'expliquer de manière plus simple".  Fais confiance au lecteur  ;)

Hors ligne trompette sournoise

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Re : La contrevenante
« Réponse #8 le: 04 Février 2009 à 14:11:14 »
Cette histoire est effectivement tirée d'un fait réel, glané sur les actualités insolites de yahoo, ma plus grande source d'inspiration (voir "Des ravages de la vente en ligne sur la paix des ménages")

Pour ce qui est des dialogues, s'ils peuvent être améliorés, je n'ai pas le sentiment qu'ils soient superflus mais c'est toujours une question de ressenti.
Les maladresses sont indiscutables en revanche.
A retravailler, comme d'hab.

Merci d'avoir laissé un mot.

Hors ligne arwen

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Re : La contrevenante
« Réponse #9 le: 04 Février 2009 à 16:45:54 »
je n'ai pas dit que les dialogues  étaient entièrement inutiles  ( c'est le passage que j'ai cité que je pense inutile dans la construction de ta nouvelle. Rien à voir avec la qualité de ce qui est écrit d'ailleurs ) ;)

je dis qu'ils sont longuets, surtout le deuxième...
le premier se justifie. Le deuxième me gêne... ça coupe le récit comme un long tunnel de répliques sans aucun élément descriptif, et ça n'apporte pas grand chose de plus en tant que tel... le supprimer entièrement peut-être pas en effet. Mais il me gêne dans la lecture...
 

Hors ligne Zacharielle

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Re : La contrevenante
« Réponse #10 le: 05 Février 2009 à 12:02:47 »
J'ai beaucoup aimé, j'avais aussi entendu parler de ce truc d'interdire de mourir XD ce que tu en as fait est vraiment bien. Merci ^^

Hors ligne Menthe

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Re : La contrevenante
« Réponse #11 le: 27 Mars 2009 à 19:32:00 »
Hihi, merci de cet instant de lecture, c'était vraiment très chouette ! C'était la première nouvelle que j'ai lue sur ce site ;) Et j'ai apprécié, cela va sans dire !

Voici mon passage préféré où, je l'avoue : je me suis esclaffée.

"Madame G. « ouvrit » la télévision et salua le présentateur vedette des ménagères anachroniques. Il s’agissait de trouver un mot de huit lettres commençant par un « O ». Notre téléspectatrice multiséculaire eut une idée, compta sur ses doigts puis bondit de son canapé sans lattes :
-   OBSÈQUES !! hurla-t-elle, répandant la moitié de son eau chaude sur le chat empaillé qu’elle caressait toujours distraitement devant les programmes. L’animal ne moufta pas."

J'aime l'idée que la petite dame choisisse ainsi de mourir le 24. C'est complètement décalé face à l'idée reçue de la mort-surprise, de mort non appréhendée, de combat pour la vie au plus jusqu'au bout tout-ça-tout-ça. Je ne pense pas que ce soit applicable à la vie réelle, du moins je m'inquiéterais sincèrement si on me disait qu'un être cher (et même moins cher hihi )a choisi la date de son décès. Mais justement, parce que cela ne se fait pas "dans la vraie vie", j'ai trouvé que c'était génial de le glisser dans un récit : je trouve que c'est l'intérêt premier de la lecture. Et de l'écriture : décrire, inventer, imaginer ce qui n'est pas, faire sourire par son invraisemblance, tout en restant naturel. Je n'aime pas ce qui est contrefait et ce ne l'était pas du tout.

Bref, j'ai passé un sacré chouette moment. Merci bien !
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne Milora

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Re : La contrevenante
« Réponse #12 le: 28 Mars 2009 à 18:59:11 »
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parcouru la rubrique sport

parcourut

 part ça...
Wow. Vraiment, j'adore tous tes textes, je crois. Celui-ci est parmi mes préférés. Tu as réussi à me faire sourire, pouffer, et à ce que ma gorge se serre. A la différence d'Arwen, j'ai trouvé le passage cité très poignant et tout à fait juste.
Vraiment, j'aime beaucoup, c'est charmant, drôle, émouvant, et... je sais pas, j'adore !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Scorpnix

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Re : La contrevenante
« Réponse #13 le: 29 Juillet 2009 à 23:20:43 »
Pareil que Mil' : je trouve que le passage cité est excellent, faut pas y toucher !


J'adore comment tu arrives à décrire des choses complètement différentes avec toujours autant d'exactitude et de détails qui font tout... Un fou dans un asile, un joueur d'échec, un horrible macho... et une petite vieille qui veut mourir. A chaque fois c'est une ambiance différente que tu crées à la perfection.


J'ai adoré le motus et le chat empaillé, moi aussi  ;D

 


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