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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Je suis un monstre éternel

Auteur Sujet: Je suis un monstre éternel  (Lu 10374 fois)

Hors ligne Ollin

  • Troubadour
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Je suis un monstre éternel
« le: 30 Juillet 2015 à 17:34:59 »
   Une voix persiste, lente et abyssale, qui respire bruyamment. Un monstre à la langue de poussière, à la gueule d'argile, qui remue ses membres dans les profondeurs. Il est là qui guette, qui observe depuis sa tanière. Il est là, ce vieil ami, qui s'étire et qui bâille. Nocturne s'il en est, on ne l'entend guère qu'après le crépuscule. Silhouette confuse au fond du corps, on ne le voit jamais que comme ombre fugace, symptôme ou trace ; on ne l'entend jamais que comme un mot volé, une parole voilée. Il est massif et discret.

   Rencontrer son regard, ne serait-ce qu'une fois, au détour d'une expérience incomparable, éclipserait toute conscience, autopsierait tous les cieux. Il y aurait là, écrit devant nos yeux égarés dans les brouillards moites de l'inconscience, toute l'histoire souterraine de l'humanité, toute sa lente et laborieuse évolution qui se déploierait au grand jour. L'approcher, le voir et le toucher convertirait tout regard : l'emprise de la conscience s'étendrait enfin jusqu'aux instincts, saisirait et ferait sienne ce qui pourtant lui échappe en droit – sa face cachée.

   Le monstre, cependant, gagne toujours cet affrontement et sa respiration millénaire souffle sans peine cet édifice fragile. Ce n'est alors pas l’exaltation de l'absolu qui s'introduit dans la conscience, pas la révélation ou l'illumination d'une connaissance d'outre-tombe qui s'y installe, mais la folie qui s'y loge et qui la dévaste. Le grondement bestial qui écrase la raison. Le râle auparavant étouffé qui se déleste de chaînes longuement affermies et résonne gravement. Et si la conscience résiste un temps, elle s'en ira bientôt pour que la bête s'exprime sans contrainte. Le regard se diluera alors dans cette affectivité chaotique, sombrera dans ce gouffre poisseux jusqu'à disparaître. L'inconscient aura gagné.

   Mais sur le chemin de cette folie, au bord de cet océan de noir, quelque chose de plus se dévoile, un fait d'une simplicité extraordinaire. Ce monstre n'est pas la dernière étape dans la quête de mon être, ce n'est pas le sol. Il est lui-même autre chose. Quelque chose de bien plus ancien, de bien plus terrible : l'univers est sa matière, sa substance primitive. Le fond de ses vieux os se confond avec les galaxies. Il n'est pas seulement mon être intime, il est tout autant d'étoiles et de planètes. Moi, et pourtant aussi d'innombrables hommes, d'innombrables animaux, d'innombrables plantes, océans, terres et nuages.

   C'est pourquoi derrière moi, sous moi, dans l'angle mort de mes regards, persiste une voix lente et abyssale, qui respire bruyamment, un monstre ardent qui côtoie l'énorme, qui puise sa force des racines éternelles de l'immense. Et à chaque parole que j'énonce, à chaque geste que j'exécute, à chaque décision que je prends, ce n'est pas seulement moi qui parle, moi qui bouge ou qui décide, mais c'est, en quelque sorte, l'univers tout entier qui s'exprime à travers ma petitesse. Ma vie, en fin de compte, mon insignifiante et courte vie figure le tout de l'éternité. Je suis un monstre éternel.
« Modifié: 01 Août 2015 à 19:45:02 par Ollin »
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Re : Je suis un monstre éternel
« Réponse #1 le: 30 Juillet 2015 à 18:31:40 »
Citer
Il est massif et discret.
On ne sait pas encore de quoi tu parles. Le premier paragraphe nomme ton monstre, on ne sait ou est l'image, ou est l'explicite. J'ai aimé cette description, et à la relecture j'ai mieux compris.

Citer
Il y aurait là, écrit devant nos yeux égarés dans les brouillards moites de l'inconscience, toute l'histoire souterraine de l'humanité, toute sa lente et laborieuse évolution qui se déploierait au grand jour. L'approcher, le voir et le toucher convertirait tout regard : l'emprise de la conscience s'étendrait enfin jusqu'aux instincts, saisirait et ferait sienne ce qui pourtant lui échappe en droit – sa face cachée.
Enfin ce monstre qu'on veut découvrir, et qui se révèle d'une certaine grandeur métaphysique, historique, darwinienne, développementale. Tu n'utilises pas mes mots mais je vois où tu veux en venir avec cette entité qui englobe les consciences, les individus, les expériences, etc...

Citer
Ce n'est alors pas l’exaltation de l'absolu qui s'introduit dans la conscience, pas la révélation ou l'illumination d'une connaissance d'outre-tombe qui s'y installe, mais la folie qui s'y loge et qui la dévaste. Le grondement bestial qui écrase la raison.
Là par contre je suis plus sûr de te suivre. Plus haut te parles d'évolution, de conscience, d'histoire, des termes qui amènent par l'étude des causes et des effets le côté scientifique, pour tout annuler par cette phrase que je sens un peu perdue, dans le sens ou tu détruis ton argumentaire de plus haut en reniant l'aspect logique de sa manifestation. Alors peut être que c'est ce sentiment absolu porté dans l'excès qui amène à la déraison, là je serais d'accord, mais là comme c'est écrit ça me fait plus l'effet d'une contradiction.

Citer
Mais sur le chemin de cette folie, au bord de cet océan de noir, quelque chose de plus se dévoile, un fait d'une simplicité extraordinaire. Ce monstre n'est pas la dernière étape dans la quête de mon être, ce n'est pas le sol. Il est lui-même autre chose. Quelque chose de bien plus ancien, de bien plus terrible : l'univers est sa matière, sa substance primitive. Le fond de ses vieux os se confond avec les galaxies. Il n'est pas seulement mon être intime, il est tout autant d'étoiles et de planètes. Moi, et pourtant aussi d'innombrables hommes, d'innombrables animaux, d'innombrables plantes, océans, terres et nuages.
Là pareil, je sens un peu de l'inconstance dans le sens où je ne vois pas ce que tu apporte de plus. Sa matière sa substance primitive, tout ça je le sentais déjà dans les premiers paragraphes comme faisant partie du monstre.
Hmm, je relis (c'est qmm cérébral hein ^^), et je comprends un peu mieux je crois : au début ton monstre est le reflet de l'humain, puis le reflet de l'univers entier ?

Citer
Et à chaque parole que j'énonce, à chaque geste que j'exécute, à chaque décision que je prends, ce n'est pas seulement moi qui parle, moi qui bouge ou qui décide, mais c'est, en quelque sorte, l'univers tout entier qui s'exprime à travers ma petitesse. Ma vie, en fin de compte, mon insignifiante et courte vie figure le tout de l'éternité. Je suis un monstre éternel.
Oui, ça image bien.

Bon, alors j'ai bien apprécié ce texte plutôt métaphysique, et surtout le concept que tu amènes, qui a peut être un nom d'ailleurs, qui définit comme entité des groupes d'entités. La science étudie bien ce genre de choses (la sociologie, l'anthropologie, l'histoire, sont autant de sciences qui amène cette idée d'essence par delà l'individu (expl : nous avons l'expérience de nos pères, qui nous dématerialise un peu ou nous fait exister par l'existence des autres)), mais pourtant c'est une idée assez mal véhiculée de nos jours. Je suis prêt à parier pourtant que les religions sont à la bases issues de considérations comme celles ci, ce qui prouve que celà fait longtemps que nous avons le potentiel de remarquer ça. Mais c'est le monde de l'irréel, et la plupart des gens trouvent qu'il ne faut pas s'y attarder. C'est vrai que ce genre d'idées ne servent à rien dans la vie pratique de tous les jours, mais j'ai qmm l'intuition qu'il est bon de se questionner dans ce sens.

Bon je suis pas sûr d'avoir interpreté comme il fallait, mais de ce que j'ai absorbé, j'ai beaucoup apprécié.

A+
.

Hors ligne Ollin

  • Troubadour
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Re : Je suis un monstre éternel
« Réponse #2 le: 30 Juillet 2015 à 19:52:22 »
Yop Dot Quote.

Alors, pour te répondre sans ruiner complètement la compréhension personnelle que pourraient avoir d'autres personnes :
Tu as globalement très bien compris le texte.
Dans le détail

Citer
Là par contre je suis plus sûr de te suivre. Plus haut te parles d'évolution, de conscience, d'histoire, des termes qui amènent par l'étude des causes et des effets le côté scientifique, pour tout annuler par cette phrase que je sens un peu perdue, dans le sens ou tu détruis ton argumentaire de plus haut en reniant l'aspect logique de sa manifestation. Alors peut être que c'est ce sentiment absolu porté dans l'excès qui amène à la déraison, là je serais d'accord, mais là comme c'est écrit ça me fait plus l'effet d'une contradiction.


Tu es très proche de ce que je pense à partir de "Alors peut-être que c'est ce sentiment absolu...". En fait, dans le début du texte, le monstre est simplement identifié à notre inconscient. C'est le système de nos instincts, le bloc de nos affects. Ce qu'il y a derrière la conscience et qu'on appelle communément l'inconscient. Tout ce qui y échappe mais qui la constitue. Du coup, tout en étant "obligé" de poser cet inconscient pour mieux saisir la conscience, en retour, la conscience ne peut pas regarder cet inconscient en face, en développer une connaissance. Elle aimerait bien au fond, mais ça lui échappe. Ce serait en quelque sorte une révolution qu'elle y arrive, mais la nature même de l'inconscient est de ne pas être conscient.

Citer
Là pareil, je sens un peu de l'inconstance dans le sens où je ne vois pas ce que tu apporte de plus. Sa matière sa substance primitive, tout ça je le sentais déjà dans les premiers paragraphes comme faisant partie du monstre.
Hmm, je relis (c'est qmm cérébral hein ^^), et je comprends un peu mieux je crois : au début ton monstre est le reflet de l'humain, puis le reflet de l'univers entier ?

Ta seconde lecture est la bonne. Je passe de l'inconscient d'un individu qui déjà, ouvrirait sur une connaissance de l'humanité hors-norme, à ce de quoi est fait cet inconscient. Quelque chose d'encore plus grand, plus large. Donc oui, le reflet de l'univers entier. Parce que cet inconscient, ce monstre qui gît sous chaque homme, au fond, il est constitué de la même matière que ce qui a pété lors du Big Bang (si cette théorie est vraie  :mrgreen:) (et si tu crois, comme moi, que le corps est la base de l'inconscient, et l'inconscient la base de la conscience).

Donc franchement, t'as plutôt bien interprété. Ta petite parenthèse sur les sciences humaines le montre. Ce qu'elles cherchent, effectivement, c'est saisir en prenant chacune un angle d'attaque différent, ce qui échappe à notre conscience, en utilisant des méthodologies et des objets différents. Elles lèvent partiellement le voile, mais dans un langage, donc selon les critères de la conscience. De fait, cela permet de nous l'assimiler tout en le trahissant.

Merci pour ta lecture intéressante, et content que tu aies aimé.  :)
« Modifié: 30 Juillet 2015 à 19:54:02 par Ollin »
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Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
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Re : Je suis un monstre éternel
« Réponse #3 le: 30 Juillet 2015 à 23:50:56 »
Salut Ollin,

J'ai trouvé la lecture intéressante. J'ai bien aimé le passage où tu explique que ce serait l'univers tout entier qui s'exprimerait à travers les gestes les plus simples d'un homme. C'est rudement bien pensé. Puis tu m'as amené à réfléchir et à me poser certaines questions.
J'ai pensé à cette idée de l'inconscient et de l'univers : on pourrait, d'un point de vue purement scientifique, bien entendu, admettre que le mouvement de l'univers depuis sa création est inconscient. Puis on pourrait regarder l'animal et affirmer qu'en grande partie, sinon dans sa totalité, ses actes sont inconscients. Et que l'homme, comme tu l'affirmes, est essentiellement inconscient. En gros, l'inconscient serait le point commun entre toute chose ayant la propriété la plus basique d'exister. Donc oui, mouvement inconscient de l'homme serait mouvement de l'univers tout entier.
Mais là où ça devient encore plus intéressant pour moi, c'est quand tu emploies le qualificatif de monstre pour designer cela. Que l'univers s'exprime tout entier, comme tu dis, ne peut être, d'un point de vue absolu, monstrueux. Il s'exprime et puis voilà, ce devrait être un constat purement rationnel. Du coup monstre pour moi renvoie à un jugement que seul l'homme peut faire, et plus précisément, seule une partie de ce qu'est l'homme peut faire : tu l'auras deviné, la partie consciente de homme, car inconscient ne peut critiquer, il ne peut qu'agir. Du coup, voilà ce qui rompt peut être avec le reste de l'univers, cette conscience qui est propre à l'homme. Donc qu'est ce que cela pourrait bien signifier ? Qu'à partir de l'inconscient a émergé la conscience ? Mais comme on n'est en fin de compte que le produit d'une longue évolution, rien de nouveau ne devrait pouvoir être créé, mais juste la combinaisons des divers possibilités qu'offre l'univers. Du coup cela voudrait-il dire que depuis le tout début, l'élément conscient existait, caché derrière l'inconscient ? Ce qui voudrait dire qu'on assiste à une sorte de renversement des choses : le conscient était caché derrière l'inconscient, et maintenant c'est l'inconscient qui se cache derrière le conscient. C'est une conception issue de la tradition spirituelle hindoue, qui affirme que toute chose, même le plus simple électron, est dotée d'une conscience et que c'est la raison pour laquelle la vie est possible.
Que nous réserve l'avenir ?

Merci beaucoup pour ce texte qui m'aura bien fait réfléchir.

A la prochaine :)
« Modifié: 31 Juillet 2015 à 01:05:07 par extasy »

Hors ligne Mémoire

  • Calliopéen
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Re : Je suis un monstre éternel
« Réponse #4 le: 01 Août 2015 à 05:26:26 »
Une voix persiste, lente et abyssale, qui respire bruyamment.
Une voix qui respire ? De plus, le "qui respire bruyamment" s'agence extrêmement mal avec "Une voix persiste". Si on retire le "lente et abyssale", il n'y a plus de sens.

Citer
Un monstre à la langue de poussière, à la gueule d'argile, qui remue ses membres dans les profondeurs. Il est là qui guette, qui observe depuis sa tanière. Il est là, ce vieil ami, qui s'étire et qui baille.
bâille.
Citer
Nocturne s'il en est, on ne l'entend guère qu'après le crépuscule. Silhouette confuse au fond du corps, on ne le voit jamais que comme ombre fugace, symptôme ou trace ; on ne l'entend jamais que comme un mot volé, une parole voilée. Il est massif et discret.
C'est joli, mais je n'aime pas beaucoup la formulation "on ne l'entend jamais que", c'est lourd.

Citer
   Rencontrer son regard, ne serait-ce qu'une fois, au détour d'une expérience incomparable, éclipserait toute conscience, autopsierait tous les ciels.
C'est pas "tous les cieux" ?  :???:

Citer
Il y aurait là, écrit devant nos yeux égarés dans les brouillards moites de l'inconscience, toute l'histoire souterraine de l'humanité, toute sa lente et laborieuse évolution qui se déploierait au grand jour. L'approcher, le voir et le toucher convertirait tout regard : l'emprise de la conscience s'étendrait enfin jusqu'aux instincts, saisirait et ferait sienne ce qui pourtant lui échappe en droit – sa face cachée.

   Le monstre, cependant, gagne toujours cet affrontement et sa respiration millénaire souffle sans peine cet édifice fragile. Ce n'est alors pas l’exaltation de l'absolu qui s'introduit dans la conscience, pas la révélation ou l'illumination d'une connaissance d'outre-tombe qui s'y installe, mais la folie qui s'y loge et qui la dévaste. Le grondement bestial qui écrase la raison. Le râle auparavant étouffé qui se déleste de chaînes longuement affermies et résonne gravement. Et si la conscience résiste un temps, elle s'en ira bientôt pour que la bête s'exprime sans contrainte. Le regard se diluera alors dans cette affectivité chaotique, sombrera dans ce gouffre poisseux jusqu'à disparaître. L'inconscient aura gagné.
Ça gagnerait à être plus clair, mais c'est joli.

   
Citer
Mais sur le chemin de cette folie, au bord de cet océan de noir, quelque chose de plus se dévoile, un fait d'une simplicité extraordinaire. Ce monstre n'est pas la dernière étape dans la quête de mon être, ce n'est pas le sol. Il est lui-même autre chose. Quelque chose de bien plus ancien, de bien plus terrible : l'univers est sa matière, sa substance primitive. Le fond de ses vieux os se confond avec les galaxies. Il n'est pas seulement mon être intime, il est tout autant d'étoiles et de planètes. Moi, et pourtant aussi d'innombrables hommes, d'innombrables animaux, d'innombrables plantes, océans, terres et nuages.

   C'est pourquoi derrière moi, sous moi, dans l'angle mort de mes regards, persiste une voix lente et abyssale, qui respire bruyamment, un monstre ardent qui côtoie l'énorme, qui puise sa force des racines éternelles de l'immense. Et à chaque parole que j'énonce, à chaque geste que j'exécute, à chaque décision que je prends, ce n'est pas seulement moi qui parle, moi qui bouge ou qui décide, mais c'est, en quelque sorte, l'univers tout entier qui s'exprime à travers ma petitesse. Ma vie, en fin de compte, mon insignifiante et courte vie figure le tout de l'éternité. Je suis un monstre éternel.[/justify]
Je crois que j'ai dû rater quelque chose. Il vit où le monstre ?  :-\

En général, je considère qu'il y a un abus de virgules dans ton texte. C'est bien écrit même si certains passages sont plus difficiles à comprendre.
Au plaisir!

MillaNox

  • Invité
Re : Je suis un monstre éternel
« Réponse #5 le: 07 Août 2015 à 15:18:35 »
Yo !

j'ai bien aimé ce texte, reflexion imagée. Sur la forme RAS, c'est fluide et travaillé
. Ya quelques perles sonores comme
Citer
Silhouette confuse au fond du corps, on ne le voit jamais que comme ombre fugace, symptôme ou trace ;
ou
Citer
dans cette affectivité chaotique,
:coeur: :coeur: :coeur:

Rythmiquement aussi, ça s'intensifie, s'épaissit par moment et je trouve que ça fonctionne bien.

Sur le fond... Au début on plonge dans l'être pour atteindre la partie de lui même qui le guide à son insu, qui l'effraye un peu (monstre), instinct qui se fiche des conventions sociales et des façades (monstres au sens de hors de la norme) ? On part d'un truc individuel présent dans chaque individu et j'ai bien aimé le recul que tu fais jusqu'à s'apercevoir qu'il ya quelque chose de commun, et même plus, de lié chez tous. Une sorte de nature propre à tous et qui vient non pas de ce qu'ont créé les humains mais de ce qui les a créé (au sens matière). Je sais pas si c'est ce que t'avais en tête mais c'est ce que ça évoque chez moi.

et donc une lecture audio de ce texte ;)
Je suis un monstre éternel, d'Ollin, lu par MillaNox, lecture

ciao ciao !

Milla

Hors ligne ernya

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Re : Je suis un monstre éternel
« Réponse #6 le: 07 Août 2015 à 19:07:12 »
J'ai bien aimé le premier paragraphe que j'ai trouvé bien rythmé.
Par contre, je n'accroche pas du tout au second et à son hyperbole. J'imagine qu'elle est complètement voulue mais la répétition de "tout" me semble facile et assez faible pour témoigner de la puissance du monstre, f'in, je pense que t'es capable de dire ça autrement et mieux.  ;)

Citer
Il y aurait là, écrit devant nos yeux égarés dans les brouillards moites de l'inconscience, toute l'histoire souterraine de l'humanité, toute sa lente et laborieuse évolution qui se déploierait au grand jour.
là aussi je trouve la phrase vraiment too much, surtout le début avec l'image des yeux égarés dans l'inconscience   :\?

Citer
Ce n'est alors pas l’exaltation de l'absolu qui s'introduit dans la conscience, pas la révélation ou l'illumination d'une connaissance d'outre-tombe qui s'y installe, mais la folie qui s'y loge et qui la dévaste.
on a déjà deux verbes qui annoncent l'action (s'introduire et s'installer), est-il utile d'ajouter le synonyme "qui s'y loge" ? (surtout qu'après t'as encore pas mal de "qui" donc en supprimer un peu allègerait, je pense)

Autant le début m'a accroché, autant la suite m'a beaucoup moins convaincue. J'ai suivi le raisonnement, là n'est pas le problème, mais le sujet choisi (ainsi que le style avec beaucoup d'hyperboles) m'intéresse moins. Tant pitre, j'attendrai le suivant  ^^
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Ollin

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Re : Je suis un monstre éternel
« Réponse #7 le: 09 Août 2015 à 02:46:46 »
Merci pour cette lecture que j'adore Milla.  :coeur:
Sinon, comme je t'ai déjà dit, ça t'évoque bien.  :mrgreen:

Ernya : Je vois ce que tu veux dire en fait dans ton désamour du texte à partir du second paragraphe. Je change de registre. J'ai l'impression, avec le temps, qu'il me faudrait soit faire de loooonnngs textes de philo qui n'intéresseraient pas grand monde mais qui permettraient avec leur masse de comprendre, soit de faire des textes qui resteraient dans le registre poétique. Choisir quoi. Surtout sur des textes aussi courts.

Le seul truc chiant, c'est que je suis captif des explications. J'ai de plus en plus de mal à balancer des images poétiques sans sentir le besoin de les justifier. Je sens que ça va demander un vrai travail sur ma façon d'écrire.

J'ai toujours pas abandonné l'idée d'un texte long non plus, j'y réfléchis toujours.  :mrgreen:

Dans un premier temps, je vais voir ce que je peux faire pour ce texte, quelques allègements sûrement comme indiqué par ton commentaire.

Merci en tout cas.  :)

PS : si le début t'a plu, je me suis inspiré d'un poème de Schelling qu'on trouve dans la préface de La Raison dans l'Histoire de Hegel, traduit et présenté par Papaïoannou. Il est court mais autrement plus puissant que  mon texte.

Extasy et Mémoire, j'vous réponds bientôt, promis.
« Modifié: 09 Août 2015 à 02:52:54 par Ollin »
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Cy

  • Invité
Re : Je suis un monstre éternel
« Réponse #8 le: 09 Août 2015 à 15:46:31 »
Hi !

J'ai beaucoup aimé ce texte, ce que tu emmènes au fur et à mesure. Les rythmes ternaires et binaires m'ont frappé, ils sont très bien placés et ça intensifie le texte. J'aime aussi ton vocabulaire, je le trouve bien choisi.

Une chose qui m'a gênée : "on ne le voit jamais que comme ombre fugace, symptôme ou trace ; on ne l'entend jamais que comme un mot volé, une parole voilée". Je trouve ça trop "lourd" comme formulation... :3

Désolée si mon commentaire parait lacunaire ou quoi que ce soit, c'est mon premier forum...

Bises.

Hors ligne Miromensil

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Re : Je suis un monstre éternel
« Réponse #9 le: 11 Décembre 2016 à 18:44:22 »
Hola, je te lis dans le cadre du défi lecture 2016, et je ferai pas un grand commentaire détaillé car je pense que tu ne passes guère plus souvent par ici (et que je vois pas du tout comment tu pourrais l'améliorer, dans le sens où je le trouve déjà bon).
C'est le titre qui m'a attirée et je ne suis pas déçue. On dirait que la voix du monstre éternel est aussi la voix du texte, sais pas comment dire. J'ai pas visualisé grand chose mais j'ai "entendu" quelque chose, enfin comme une voix qui me lisait le texte dans ma tête. J'ai pas beaucoup vécu ça en lisant un texte avant, en plus il est plutôt rythmé avec plein de structures de phrase différentes, bref c'est cool et le dernier paragraphe claque bien. On sent les influences philosophiques aussi et les liens entre les différentes entités moi/galaxies/monstre sont très bien pensés.
Bref merci pour la lecture, j'aurais pu le proposer au coup de coeur du Mout 8 maintenant que j'y pense ^^
« Modifié: 11 Décembre 2016 à 18:48:22 par Miromensil »

 


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