Bonjour à tous !
Le premier chapitre d'un livre pour enfant sur lequel je bosse en ce moment. C'est une écriture qui me change assez dans la mesure où je n'ai jamais pensé écrire pour des enfants, disons, de la littérature jeunesse.
Merci

*- Mange donc tes pommes de nez !
Voilà plus de vingt minutes que la mère de Basile criait dans toute la maison. On ne l’avait encore jamais vu se mettre autant en colère.
- Tu ne sortiras pas de table tant que tu n’auras pas touché à ton assiette ! Et s’il faut y passer la journée nous y resterons jusqu’au soir ! Et si le soir ne suffit pas, tant pis ! Tu iras rêver le ventre vide !
Basile n’a jamais voulu fâcher sa mère. Il l’aime beaucoup trop pour ça. Et d’ailleurs elle non plus n’a jamais voulu le contrarier. Si elle voulait qu’il mange avec appétit, c’était uniquement pour son bien. On ne peut s’imaginer une mère autrement.
Mais voilà, le petit garçon n’était pas très enthousiaste à l’idée de goûter à ces drôles de légumes.
Il faut dire que les pommes de nez ne donnent pas très envie qu’on les mange. Et qui le voudrait sans peine quand on sait que ces légumes ressemblent à de gros oignons noués, à de drôles de pierres épineuses et fleuries d’algues.
La mère de Basile avait beau lui répéter que les pommes de nez le rendraient plus fort, qu’elles l’aideraient à bien grandir, il ne voulait rien entendre. Il n’en mangerait pas. Pas même une cuillerée.
C’est que Basile avait déjà eu bien du mal à manger toute une variété de légumes ; des verts, des rouges et des jaunes, des grands, des petits, crus ou cuits, tout un monde, toute une nature. Et il n’aimait vraiment pas ça. S’il en avait mangé, ce n’était pas de bon cœur, ah ça non ! C’était pour faire plaisir à ses parents, et surtout à son grand-père qui aimait les cuisiner.
On avait beau lui dire que les légumes étaient bons pour sa santé d’enfant, Basile n’y trouvait rien qui lui fit vraiment plaisir. La santé n’a pas bon goût, se disait-il, alors à quoi bon s’efforcer d’en avoir ? Au risque de tomber malade ou de ne pas grandir suffisamment, Basile ne pouvait se résoudre à manger ses pommes de nez. C’était impossible. Et puis quel drôle de nom pour un légume : des pommes de nez ! Mais de quel nez parlait-on ?
- Tu devrais t’estimer heureux de pouvoir manger à ta faim, s’exclama sa mère alors que Basile grimaçait devant son plat, il y a beaucoup d’enfants qui n’ont pas cette chance et qui aimeraient bien être à ta place.
A ces mots, Basile s’emporta et repoussa vivement son assiette devant lui :
- S’ils veulent ma place qu’ils la prennent, je leur donne ! Et il s’enfonça sous la table avant que sa mère ait eu le temps de lui répondre quoi que ce soit.
C’est à ce moment-là qu’on frappa à la porte.