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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi

Auteur Sujet: [AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi  (Lu 2448 fois)

MillaNox

  • Invité
[AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi
« le: 30 Juillet 2014 à 11:21:48 »
De mémoire de fourmi

De mémoire de fourmi, jamais une de mes sœurs n’a vécu une expérience semblable à la mienne. Le danger que j’ai affronté, l’incroyable découverte que j’ai faite, doivent aujourd’hui être contés pour que ma société sache s’en défendre. Je viens tout juste de m’échapper et j’aperçois ma fourmilière derrière le rang de tomates. Vite, il n’y a pas de temps à perdre. Sur le sol, un énorme fruit rouge gît, éclaté par soleil. Provia, notre Déesse, l’a gorgé de sucre pour notre régal. Sa peau s’est distendue sous l’effet du grossissement et sa lourdeur a eu raison de la tige qui la portait. Chez nous, il n’y a jamais trop de provisions, nous sommes si nombreuses… Aussi, malgré l’urgence de ma mission, j’engouffre dans mon corps solide autant de jus que possible et je me charge d’un morceau odorant. En route ! Mon récit palpite au bout de mes antennes et brûle d’être transmis à la première congénère que je rencontrerais. Le paysage défile à toute allure autour de moi, et mon esprit divague.

Je me souviens parfaitement de l’instant qui a changé ma vie. Mon rôle d’ouvrière de ravitaillement avait été confié depuis longtemps à de plus jeunes individus. J’aimais pourtant particulièrement ces incessants aller-retour qui constituaient mes journées. Goûter à l’agréable lumière du jour, me désaltérer dans une goutte de rosée puis gravir un tronc jusqu’à quelques pucerons pour en extraire un doux miellat. J’avais toujours préféré ce programme à celui qui m’avait été dévolu immédiatement après ma sortie du cocon, à savoir l’entretien de nos galeries. J’étais gourmande, c’était ainsi.
Mais le jour où Provia me confronta à mon destin, j’étais déjà devenue soldate, postée près de la fourmilière et prête à en découdre avec l’envahisseur. Je devais cette tâche glorieuse à mon âge expérimenté et, il faut l’avouer, à la maigre importance de la perte de ma vieille carcasse en cas de défaite. Mes sœurs redoublaient d’activité depuis la découverte d’un gros bloc blanc sucré. Elles avaient tracé une route jusqu’à l’élément qu’elles disloquaient pour le ramener dans nos souterrains. De tels dons de la Déesse apparaissaient occasionnellement et s’accompagnaient d’un phénomène étonnant que nous avions analysé avec sérieux avant de le conclure inoffensif. Un cercle transparent, mais déformant notre vision si nous le regardions, se mouvait au-dessus de nous. Il était lui-même surplombé par un de ces bons géants générateurs de denrées. À travers cette étrangeté, le soleil paraissait plus brûlant qu’à son accoutumée, et une fois de plus, le colosse nous servait en se plaçant entre l’astre et l’objet.
Puis ce jour-là, subitement, une prison mobile s’abattit sur moi. Mon corps s’éleva, mes pattes s’accrochèrent à des parois lisses et sans goût. Une ascension rapide m’étourdit légèrement et il me fallut quelques secondes pour découvrir six autres fourmis qui se maintenaient tout comme moi aux murs d’un rose peu commun. En quelques cris et libérations olfactives, nous avions défini notre plan : explorer en vitesse maximale le lieu pour trouver une issue. Notre agitation et notre détermination nous permirent de sillonner cette désagréable surface prestement. Pas de trou. Plus aucun accès à l’air chargé de vent qui nous entourait habituellement. Nous étions recluses dans un espace sans mouvement, sans herbe, sans terre. Ce fut la première fois que je méditai. J’avais toujours considéré le temps comme une impulsion de la larve vers le dessèchement post-mortem, un souffle poussant nos formes jusqu’à la rencontre de Provia. Dans cette boîte, je pressentis que le présent lui-même nous accompagnait dans le mouvement de nos vies, encadré par deux néants qu’on ne pouvait qu’imaginer et qu’on nommait passé et futur. J’étais moi-même le vent, l’instant qui se déplace perpétuellement, et voilà qu’une matière figeait la sensation de l’air. Le temps s’était-il arrêté ainsi que mes pattes ventousées sur cette couleur fuchsia ? Mes congénères s’étaient rassemblées autour de moi. J’ignorais jusqu’à ce jour qu’une fourmi pût éprouver de l’étonnement, mais leurs mines interloquées me l’apprirent. Elles avaient entendu la sécrétion de mes pensées et se touchaient frénétiquement les antennes pour décider de leur conduite. Constituais-je un élément perturbateur, un hérétique à éliminer ? Ou valait-il mieux demeurer en nombre maximal ?
— Par Provia ! finirent-elles par décréter. Cherchons encore une issue !
Je m’étais tu et les contemplais en prenant garde à philosopher en silence.

Lorsque les parois s’écartèrent, une vague d’oxygène déferla dans nos trachées, et nous tournâmes tous nos sens vers la sortie, restant immobiles par précaution. La suite des événements advint sans tarder. Secouées comme des herbes dans la tempête, nous devinions le danger et tentions de ne pas lâcher les murs roses. Un outil diabolique de forme aplatie s’abattit sur nous pour nous racler. C’était sans compter sur nos talents de stratèges et notre rapidité ! Nos pattes s’activèrent pour échapper à l’objet. Trois de mes sœurs s’y attaquèrent et le parcoururent, indifférentes à la gravité. Pas moyen de nous faire décrocher, cette guerre promettait une victoire en notre faveur. Confiantes, nous prenions désormais possession de notre ennemi en le sillonnant toutes les six. Je dois avouer aujourd’hui que nous avions dégusté le miellat du puceron avant de l’avoir trait… Sans que l’on s’y attende, l’objet plongea dans un étrange environnement ni solide ni liquide. Nous nous retrouvâmes tartinées dans une glu d’un bleu vif inhospitalier. Une de mes congénères subit une pression trop forte et périt, l’abdomen éclaté.
À cinq, nous inspectâmes les lieux. Nous comprîmes vite qu’il s’agissait d’un nouvel endroit fermé, empli de ce gel bizarre à la couleur incongrue. Ce dernier attisa notre méfiance, mais nous lui découvrîmes rapidement un avantage notable : il était comestible. Les apprentissages de notre prime jeunesse nous revinrent naturellement, et nous nous organisâmes pour construire un habitat digne de ce nom. Des galeries naquirent, des chambres se dessinèrent. Mais l’absurdité de notre situation m’apparut bientôt. Cinq fourmis, sans reine pour pondre, sans larves à chérir, sans terres à explorer pour récolter les goûts qui parsèment la vie… Que deviendrions-nous ? Je me figeai et méditai sur notre aventure. À nouveau, je ne percevais plus le mouvement du présent qui se déplace. Une illumination me frappa alors. La seule explication à cet épisode dans lequel Provia m’abandonnait cruellement.

Nous avions été transportées dans l’avenir.

Ou plutôt, un peu de futur avait surgi dans notre présent, pour nous alerter du risque. J’apercevais régulièrement des géants tourner autour de notre prison. Ils nous avaient dupés. Ces traîtres, lassés de nous servir, se retournaient contre leurs maîtres. Dans les temps à venir, les sols se transformeraient en une mer de cette pâte nauséabonde qui n’importunait pas les colosses, mais, nous, nous privait du monde réel. Je goûtai pour la première fois de ma vie à l’absence de liberté et ma philosophie gagna en complexité. Lentement, je m’imprégnai de la force que ma pensée pouvait conférer à mes prises de décision. Mon instinct se vit dépassé par une quête de compréhension profonde de mes besoins et de mes désirs. J’initiai même un savant calcul du temps qui passe et du soubresaut ayant conduit cette portion de l’avenir à nous.
— Liberté ! Liberté ! Provia nous offre cet anachronisme pour nous prévenir du danger futur ! Nous devons consacrer notre présent à protéger la liberté qu’on veut nous voler ! m’écriai-je.
Mes quatre sœurs s’approchèrent et se concertèrent, du gel encore plein les mandibules. Elles m’estimèrent fou et convinrent de m’éliminer. À leur décharge, elles fonctionnaient à l’instinct, les naïves. En soldate efficace, je les décimai sans difficulté. Cela engendra une certaine agitation du côté des colosses qui ébranlèrent quelque peu ma prison. Éprouvant soudain un divin appel d’air, je fonçai dans la galerie qui y menait et trouvai une sortie avant que les mains des géants ne la bouchent.
— Liberté !
Ces créatures attardées ne m’entendirent pas. Elles me poursuivirent en vain. Je me jouai d’elles en grimpant sur leurs membres et en passant dans leur dos. Elles étaient visiblement furieuses de réaliser qu’elles ne pouvaient pas tout maîtriser. Un peu de philosophie ne leur aurait pas fait de mal à mon avis…
Le chemin du potager ne m’était pas inconnu. Longtemps auparavant, j’avais déjà exploré cette construction ombragée dans laquelle ma prison se situait. Je m’en échappai sans peine et me dirigeai en hâte vers ma fourmilière.

Ainsi, comme je vous le signalais au début de ce récit, je file en direction des miennes, porteuse de grandes découvertes, d’avertissements prophétiques et de tomate juteuse. Je vois au loin mes congénères, j’y suis presque…
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Hors ligne Spes

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Re : [AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi
« Réponse #1 le: 30 Juillet 2014 à 15:40:57 »
Bonjour,

Ton texte m'évoque (forcément) la trilogie des Fourmis. Je le trouve assez bien écrit, agréable à la lecture.

Ci-dessous, j'ai relevé des fragments de ton texte, que je fais suivre d'une remarque (conjugaison, cohérence,...). Ce n'est que mon avis =)

Bonnes corrections !

*

Je viens tout juste de m’échapper virgule et j’aperçois ma fourmilière derrière le rang de tomates > attention avec les "et", quand ils séparent deux propositions avec sujet et verbe, ils sont précédés d'une virgule (d'autres manques de virgule dans le texte)

 j’engouffre dans mon corps solide autant de jus que possible > le verbe ne me parait pas tout à fait adapté
 la première congénère que je rencontrerais > pas de s, futur simple première personne

De tels dons de la Déesse apparaissaient occasionnellement et s’accompagnaient d’un phénomène étonnant que nous avions analysé avec sérieux avant de le conclure inoffensif. > L'idée selon laquelle les insectes trouvent que les déchets des humains sont des dons me parait un peu banale

aux murs d’un rose peu commun > les fourmis voient-elles le rose ?

Je dois avouer aujourd’hui que nous avions dégusté le miellat du puceron avant de l’avoir trait… > pas mal !

Les apprentissages de notre prime jeunesse nous revinrent naturellement, et nous nous organisâmes pour construire un habitat digne de ce nom.  > il me semble étonnant que les fourmis se mettent immédiatement à bâtir ; pour moi, elles auraient d'abord tourné en rond pendant des heures dans l'espace, en cherchant des pistes olfactives connues

Je trouve que ce qui arrive aux fourmis n'est pas très clair.

Je me jouai d’elles en grimpant sur leurs membres et en passant dans leur dos.  > se débarrasser d'une fourmi est quand même facile, normalement (on a l'impression que le fourmi leur échappe très longtemps). De plus, comment sait-elle que ce sont des membres, et des individus ? Elle n'a pas de vision globale.

Elles étaient visiblement furieuses de réaliser qu’elles ne pouvaient pas tout maîtriser.  > ça me parait peu crédible que la fourmi pense ça (la notion de "furie" peut-elle exister chez une fourmi, de même que celle d'ambition ou d'orgueil ?)

La fin est plutôt sympa, dans son genre, je trouve. ^^




Hors ligne Loïc

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Re : [AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi
« Réponse #2 le: 30 Juillet 2014 à 20:29:58 »
Citer
Provia nous offre cet anachronisme

Hum, je ne trouve pas que ce soit le bon mot.

Une fourmi philosophe, c'est sympa. Le texte est assez intéressant, la lecture globalement fluide. Je suis déçu par la fin par contre, je trouve l'écrasement peu nécessaire.
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Re : [AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi
« Réponse #3 le: 02 Août 2014 à 01:35:34 »
Salut Mout !
Sympathique texte. Je suis pas super emballé mais j'ai lu avec plaisir quand même. Peut-être un peu trop gentil, ou peut-être que l'aspect philo n'est pas assez creusé. Quelles questions sont posées ? (maintenant, ce sont mes attentes de lecteur, pas forcément ce que tu veux faire)

Concernant la fin, si tu enlèves le dernier mot, elle est presque arrivée... et là on se dit que forcément elle est foutue.

Je n'ai aucune remarque à formuler sur syntaxe, ortho etc. c'est fort agréable.

Des incohérences ont été relevées sur l'intelligence de la fourmi, sa vue... elles ne me gêne pas pour ma part, une fourmi qui a des pensées construites, comme narrateur, je ne cherche plus la crédibilité. Par contre l'évolution de sa pensée (la maison est un truc sombre puis elle sait ce qu'est un membre, un dos... et elle leur échappe longtemps. ça, ça m'a fait tiquer.

Merci pour ce texte,
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : [AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi
« Réponse #4 le: 02 Août 2014 à 12:34:33 »
Yo Mout.

Citer
De mémoire de fourmi, jamais une de mes sœurs n’a vécu une expérience semblable à la mienne. Le danger que j’ai affronté, l’incroyable découverte que j’ai faite, doivent aujourd’hui être contés pour que ma société sache s’en défendre. Je viens tout juste de m’échapper et j’aperçois ma fourmilière derrière le rang de tomates.
Sympa l'introduction mais il faut une transition avec le début du récit à mon humble avis.

Citer
Vite, il n’y a pas de temps à perdre.
haha elle est super placide la fourmi quand elle raconte quelque chose à ses congénères, elle met pas de point d'exclamation !

Citer
Provia, notre Déesse, l’a gorgé de sucre pour notre régal.
super la formulation !

Citer
Mon récit palpite au bout de mes antennes et brûle d’être transmis à la première congénère que je rencontrerais.
manque un petit "à ce moment-là" en début de phrase parce que sinon on croit qu'on est au niveau au-dessus du récit (celui annoncé par l'introduction).

Citer
Je me souviens parfaitement de l’instant qui a changé ma vie.
on dirait que ce n'est pas lié au récit mais quelque chose de général. "Je me rappellerais toujours de cet instant car il a changé ma vie." ?

Je ne comprends pas trop la nécessité d'évoquer le CV de la fourmi. Celles qui l'écoutent savent tout ça, non ? J'aime bien, c'est écrit de façon très sympathique mais je trouve que c'est un peu hors du récit qu'elle est en train de nous raconter.
 
Citer
J’avais toujours considéré le temps comme une impulsion de la larve vers le dessèchement post-mortem
mdr

Citer
Nous nous retrouvâmes tartinées dans une glu d’un bleu vif inhospitalier.
j'adore le vocabulaire et la façon se d'exprimer de la fourmi mais je n'y comprends goutte. Je suppose que tout s'éclairera dans la chute mais en attendant je suis un peu perdue et j'ai du mal à me représenter l'action x)

Citer
Des galeries naquirent, des chambres se dessinèrent.
carrément !

Citer
sans larves à chérir, sans terres à explorer pour récolter les goûts qui parsèment la vie…
  :coeur:

Citer
— Liberté ! Liberté ! Provia nous offre cet anachronisme pour nous prévenir du danger futur !
mais elle est folle ma parole

Citer
Un peu de philosophie ne leur aurait pas fait de mal à mon avis…
lolilol



Ah bah non j'ai pas compris d'où c'est qu'elle était ni en quoi c'était anachronique  :-[
C'est bête parce que le rythme et les formulations sont super accrocheuses et le récit se lit sans difficulté et avec plaisir. Ton personnage philosophe est rigolo et vif, par contre je ne comprends pas comment elle peut raconter cette histoire si elle se finit bien par... le dernier mot.

Aahraz

  • Invité
Re : [AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi
« Réponse #5 le: 02 Août 2014 à 14:23:38 »
Bon, rien à dire sur l'écriture, où le personnage : il est funky, c'est drôle, etc. Maintenant, ça se rapproche énormément de Werber avec son délire sur les fourmis (les combats, les phéromones, le fait de se dresser contre la colonie, etc), j'ai buggé un peu sur le déroulement chronologique (zach, en fait, elle s'échappe de la colonie artificielle chez les humains, elle n'en revient pas de ce qui lui arrive alors elle "divague" en courant et nous embarque avec elle, donc narration puis hop, retour à la réalité,et, juste avant de revenir dans la fourmilière, toujours dans sa course, elle se fait écraser), mais en fait, ça passe.

De superbes trouvailles (genre la larve qui dépérit, Provia, etc), mais en effet, certaines envolées trop appuyées à mon gout : le passage sur la folie, le rapport aux congénères et certaines réfléxions "philosophiques" et surtout, le sujet un peu traité à l'arrache : je trouve ça assez loin, en fait, d'un réel traitement du sujet uchronique ou anachronique : ça fait plus idée éloignée du thème qu'on rapproche un peu comme on peut, et c'est un peu bizarre. "Provia nous offre cet anachronisme", c'est un peu capilotracté, et on se dit franchement "mais pourquoi elle a cette réaction là, si ce n'est pour raccrocher le texte au sujet ?".

Dans le fond, un texte qui tient bien debout, qui est plaisant à lire (hormis quelques passages où je trouve la fourmi trop caricaturale et certaines tournures un peu "premières" (genre le " un peu de philosophie ne leur ferait pas de mal à mon avis", pour moi, c'est soit mal tourné et trop "dit" pour créer un effet comique réel, soit trop omniscient pour la fourmi qui, à mes yeux, s'aventure un peu n'importe où), mais qui traite d'un thème déjà assez exploité, donc qui a peiné un peu à me surprendre (faut dire que Werber a pas fait semblant et qu'on s'accroche vachement à sa soldate), qui s'éloigne du sujet pour s'y raccrocher un peu superficiellement à la fin, et qui, en effet, finit sur une chute que j'avais, malheureusement, anticipé depuis longtemps : "je viens tout juste de m'échapper et j'aperçois la fourmilière droit devant", avec le récit qui se déroule ensuite, on conclut vite qu'elle n'y arrivera jamais.

Mais si en rebossant les rapports entre fourmis, certaines envolées et en rajoutant un peu de virgule par ci par là (ne leur ferait pas de mal à mon avis, pour ne citer qu'elle), voir en déguisant un peu la chute (pas besoin de savoir dès le début qu'elle s'est échappée, de même pour le fruit rouge qui vient un peu embrouiller tout ça en plein milieu), ça peut déjà le faire grave. Le seul gros bémol, pour moi, c'est l'anachronisme un peu capilotracté.
« Modifié: 02 Août 2014 à 14:30:09 par Aahraz »

MillaNox

  • Invité
Re : [AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi
« Réponse #6 le: 02 Août 2014 à 18:20:02 »
Salut !
Merci de vos lectures :)

deux trois petites choses en réponses à vos remarques :
-depuis le temps que je veux le faire, je n'ai toujours jamais lu la célèbre trilogie des fourmis de werber... je me doutais que ça allait faire œuf de caille à côté de l'œuf d'autruche mais bon, j'avais pas tellement d'inspi et quand cette blague a jailli, j'ai sauté dessus :mrgreen:
-l'idée du texte, c'est d'illuminer une fourmi (au sens philo comme au sens folie) pour rendre le perso un peu marrant, et puis de la faire se retrouver dans une de ces boîtes remplie de gel bleu dans lesquels on peut essayer de faire des élevages de fourmis. comme la fourmi est dans son trip sur le temps, elle imagine que c'est un environnement projeté du futur dans son présent pour l'alerter, donc dans sa tête c'est un anachronisme, mais pas dans la réalité (oui bon d'accord, ça tire fort fort les cheveux :mrgreen:) Au passages les boîtes transparentes élevage en gel bleu là, sont entièrement remplies de gel et du coup au début les fourmis peuvent pas tellement explorer, elles sont contraintes de tout de suite creuser des passages. (pour répondre à un des comm)
-j'ai fait deux trois recherches mais j'ai pas pensé à la vision des couleurs, je vais essayer de jeter un œil...
-et puis j'essayerai de faire des modif en fonction de vos bons conseils dans le temps imparti, merci encore ^^
-il faut vraiment que je m'achète la trilogie de werber

Mout

Hors ligne Kailiana

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  • Lial' | Calamar placide
Re : [AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi
« Réponse #7 le: 05 Août 2014 à 17:30:46 »
(y'a plein de remarques sur des détails que tu peux prendre ou laisser comme tu veux)

Citer
Mon rôle d’ouvrière de ravitaillement avait été confié depuis longtemps à de plus jeunes individus.[...] J’avais toujours préféré ce programme à celui qui m’avait été dévolu immédiatement après ma sortie du cocon, à savoir l’entretien de nos galeries.
Je ne comprends pas si après être née, elle est d'abord ouvrière de ravitaillement (première phrase)  ou si elle entretien les galeries (dernière)
Je comprends qu'elle a été d'abord entretenu les galeries, puis ouvrière de ravitaillement, puis soldate (et wikipedia me donne raison  :mrgreen:) mais c'est peu clair dans le début du texte
Citer
un gros bloc blanc sucré.
(je préviens c'est du chipotage et ça risque d'être comme ça tout le texte)
comme tu utilises le mot "sucré", je ne vois pas pourquoi tu ne dis pas tout simplement "morceau de sucre". Je veux dire, une fourmis qui connait les mots "gros bloc blanc sucré" peut tout aussi bien connaitre "morceau de sucre"
Citer
Puis ce jour-là,
bizarre avec ce qui précède où on décrit un truc qui se passe avant ; on à du mal à savoir ce que veut dire exactement "ce jour là" (même si on comprend, hein)
Citer
Puis ce jour-là, subitement, une prison mobile s’abattit sur moi. Mon corps s’éleva, mes pattes s’accrochèrent à des parois lisses et sans goût.
si je me représente la scène, je vois un bocal qu'on pose sur le sol avec une fourmis à l'intérieur (avec le verbe "s'abattre") mais dans ce cas la fourmis est encore sur le sol, elle n'est pas au fond du pot comme la suite le laisse supposer
Citer
Plus aucun accès à l’air chargé de vent
"air chargé de vent" compréhensible mais bizarre
Citer
Nous étions recluses dans un espace sans mouvement, sans herbe, sans terre
pourquoi "sans mouvement" ? au contraire, il bouge
Citer
Ce fut la première fois que je méditai. J’avais toujours considéré le temps comme une impulsion de la larve vers le dessèchement post-mortem, un souffle poussant nos formes jusqu’à la rencontre de Provia. Dans cette boîte, je pressentis que le présent lui-même nous accompagnait dans le mouvement de nos vies, encadré par deux néants qu’on ne pouvait qu’imaginer et qu’on nommait passé et futur.
un peu trop abrupt, on passe directement de la capture à la phase de méditation, sans se rendre compte de comment on y arrive
Citer
J’étais moi-même le vent, l’instant qui se déplace perpétuellement
j'avoue que j'ai du mal à comparer une fourmis à du vent  :mrgreen:
Citer
Je dois avouer aujourd’hui que nous avions dégusté le miellat du puceron avant de l’avoir trait…
très bien trouvé !
Citer
Elles m’estimèrent fou
folle
Citer
Elles me poursuivirent en vain. Je me jouai d’elles en grimpant sur leurs membres et en passant dans leur dos.
oui enfin, c'est une fourmis sur un humain : perso, quand une fourmis me monte dessus, j'arrive à la virer de là...  :-¬?



C'est pas mal, mais je trouve que tu n'es pas allé au bout, comment dire... Une fourmis qui philosophe, ok, ça peut être marrant. Mais là ça ne part pas assez dans le délire, et j'étais arrêtée par des détails, c'est parfois difficile de suivre tout l'évolution. Selon moi il faudrait lisser le tout, au niveau enchainement je veux dire (pas style, ça allait), et peut-être accentuer le délire philosophique pour qu'on ne se dise plus "ce n'est pas possible" (les mensonges les plus gros sont les meilleurs)

Je sais pas si mon commentaire est très compréhensible, désolée...
« Modifié: 05 Août 2014 à 18:46:43 par Kailiana »
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Re : [AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi
« Réponse #8 le: 30 Août 2014 à 20:54:16 »
Citer
éclaté par soleil.
"le" en fuite ?

Citer
Goûter à l’agréable lumière du jour, me désaltérer dans une goutte de rosée
goûter/goutte

Citer
avant de le conclure inoffensif.
le conclure inoffensif, je ne crois pas que ça puisse se dire...

Citer
En quelques cris
En fait, les fourmis stridulent grâce à une plaque stridulatoire sous leur abdomen... (désolée, j'ai vu une expo dessus cet été  :-¬? )


Mon avis global rejoint en fait celui de Kailiana. J'aime bien l'idée et le ton, ça se lit bien, mais j'ai trouvé que ça restait trop en superficie, que ça ne poussait pas assez loin les pensées de la fourmi (alors que c'est ça qui est marrant : une fourmi qui philosophe). Comme je connaissais pas l'existence de ces boîtes bleues, j'ai pas trop compris où se trouvait la fourmi, et j'ai eu un peu de mal à suivre la scène où elle essaie de s'échapper.
Bref, je trouve qu'il y a une bonne base, mais que tout le passage de la révélation métaphysique de la fourmi serait à développer, pour lui donner plus de corps, le lisser davantage, le tirer soit vers l'humour, soit vers l'intrigant, soit vers la satire, soit vers l'insolite, enfin, vers ce que tu veux, mais lui donner plus de relief...
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : [AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi
« Réponse #9 le: 31 Août 2014 à 18:47:10 »
Citer
De mémoire de fourmi, jamais une de mes sœurs n’a vécu une expérience semblable à la mienne. Le danger que j’ai affronté, l’incroyable découverte que j’ai faite, doivent aujourd’hui être contés pour que ma société sache s’en défendre. Je viens tout juste de m’échapper et j’aperçois ma fourmilière derrière le rang de tomates. Vite, il n’y a pas de temps à perdre.
Hm, j'ai un peu de mal avec la temporalité
les deux premières phrases semblent insister sur l'idée d'un flashback sauf qu'ensuite on a "vite" et du présent... C'est un peu abrupt peut-être

Citer
Sur le sol, un énorme fruit rouge gît, éclaté par soleil.
bug ?

Citer
Provia, notre Déesse, l’a gorgé de sucre pour notre régal. Sa peau s’est distendue sous l’effet du grossissement et sa lourdeur a eu raison de la tige qui la portait. Chez nous, il n’y a jamais trop de provisions, nous sommes si nombreuses… Aussi, malgré l’urgence de ma mission, j’engouffre dans mon corps solide autant de jus que possible et je me charge d’un morceau odorant. En route ! Mon récit palpite au bout de mes antennes et brûle d’être transmis à la première congénère que je rencontrerais. Le paysage défile à toute allure autour de moi, et mon esprit divague.
j'ai du mal avec la succession logique des phrases


Citer
Je me souviens parfaitement de l’instant qui a changé ma vie.
nouveau retour en arrière avec distanciation dans le récit, je ne comprends pas bien où on en est

Citer
De tels dons de la Déesse apparaissaient occasionnellement et s’accompagnaient d’un phénomène étonnant que nous avions analysé avec sérieux avant de le conclure inoffensif.
la fin de ta phrase est un peu lourde

Citer
Un cercle transparent, mais déformant notre vision si nous le regardions, se mouvait au-dessus de nous
je pense qu'un imparfait serait plus judicieux pour "déformant"

Citer
Lorsque les parois s’écartèrent, une vague d’oxygène déferla dans nos trachées,
trachées ? ça se dit pour une fourmi ?


Citer
— Liberté ! Liberté ! Provia nous offre cet anachronisme pour nous prévenir du danger futur !
le mot vient vraiment comme un cheveu sur la soupe

Comme beaucoup, je pense qu'il y a du potentiel dans ce texte si tu développais un peu plus le côté philosophe et si tu lissais un peu plus la transition entre tes phrases, en particulier les moments de décrochage où elle se dit qu'il faut qu'elle raconte ce qui lui est arrivé. Les différents plans temporels ne sont pas toujours bien mis en oeuvre, je crois.
Je ne suis pas très fan de la "chute" parce que bon la blague "et zip la pinguine' on connaît.  :mrgreen:
Le point qui me gêne beaucoup, au vu de l'AT, c'est le thème. Tu le reconnais toi-même, c'est quand même fortement tiré par les cheveux, du coup, j'ai un peu l'impression que t'as décidé d'abord de faire un truc sur une fourmi et ensuite de tenter de raccrocher les wagons avec le thème, mais ça ne fonctionne pas vraiment... M'fin, l'anachronisme, c'est pas vraiment une prémonition du coup je pige pas trop en fait.
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Hors ligne Baptiste

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Re : [AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi
« Réponse #10 le: 05 Septembre 2014 à 13:35:22 »
Salut


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Dans cette boîte, je pressentis que le présent lui-même nous accompagnait dans le mouvement de nos vies, encadré par deux néants qu’on ne pouvait qu’imaginer et qu’on nommait passé et futur.
Je trouve ça un peu lourd dans la formulation

Bon, j'ai pas étais très emballé. effectivement la narration est fluide. Mis à part le premier paragraphe où j'ai eu le même probleme que ernya concernant la temporalité.
Concernant la fourmi, c'est vrai que le personnage est sympa mais comme les autres je trouve que ça va peut être pas assez loin. Maintenant je comprends qu'avec la contrainte de mots ce soit plus difficile.
Après, comme j'ai lu les Werber, forcement j'ai pas pu m'empecher de faire le rapprochement et c'est peut être (surement ) pour ça que je n'ai pas pu apprecier ce texte à ça juste valeur.

Merci pour ce texte.


Hors ligne Elk

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Re : [AT n°4 - T07] De mémoire de Fourmi
« Réponse #11 le: 05 Septembre 2014 à 14:22:29 »
Salut :)

Quelques remarques sur ton texte :

- Le passage de la tomate au début  m'a un peu perdue. J'ai d'abord cru que ça avait un rapport avec l'histoire, puis j'ai compris que ça se déroulait après le fameux évènement et du coup, je n'en ai pas vu l'intérêt (?).

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nous avions dégusté le miellat du puceron avant de l’avoir trait
:D

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Provia nous offre cet anachronisme pour nous prévenir du danger futur !
L'utilisation directe du mot "anachronisme" ne me semble pas forcément pertinente. On comprend qu'elle pense que c'en est un, mais le concept est peut-être un peu élaboré pour une fourmi qui vient de découvrir le passé et le futur ^^.

La chute est sympa, mais aurait pu être plus originale.
Pour le reste, je rejoins pas mal les autres commentateurs :)

 


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