Comme je suis de même une petite nouvelle chétive et maladroite... je vais pouvoir te donner le mien, d'avis.
Bon, visiblement, il en manque des bouts, c'est dommage. J'ai du coup un peu de mal à voir le liant entre la première et la deuxième partie.
Dans la première, d'ailleurs, je trouve qu'il y a trop souvent le verbe "faire" (3 fois), ça (me) donne une impression de maladresse, de facilité parce qu'il est synonyme de trop de choses à la fois. Les deux premiers ne me dérangent pas dans l'absolu, mais ils sont un peu proches, "qui fait mes"/"qui fait mon" ne me semble pas la plus heureuse des structures à reprendre. Par contre, le 3ème, "Comme un acteur le fait, je sais changer de rôle", j'ai vraiment du mal. C'est le vers entier qui me gêne, je le trouve un peu pesant, comme pour coller à tout prix au rythme.
"Passent les jours,
Trépassent les nuits"
Oui. Seulement j'ai aussi du mal à lier ça au reste, c'est d'un registre trop différent et ça évoque, évidemment, un poème dont je ne retrouve rien dans le tien (c'est qui n'est pas un reproche ni un compliment d'ailleurs). Je ne vois pas bien le rapport, en fait.
J'aime Kafka, et je retrouve ici de lui - invoqué par le titre - non pas l'existence labyrinthique et fondamentalement coupable (quoi que), mais les métamorphoses et le cirque (le bouffon) qu'il affectionnait. J'aime beaucoup d'ailleurs cette (fausse) opposition entre bouffon et poète, qui les relie tant dans le divertissement que dans la réflexion qu'ils doivent tous deux induire...
Pour la deuxième partie, je n’aime pas le deuxième vers. « c’est à cause d’eux que », je trouve ça lourd, maladroit, alors que le reste de la strophe est beaucoup plus poétique (tant syntaxiquement que phonétiquement). C’est dommage, parce que je trouve la toute fin (qui visiblement ne l’est pas vraiment) réussie. C’est un peu convenu, cette histoire d’yeux aimés qui apaisent tous les tourments, mais c’est bien dit, et bien tourné.
Dans l’ensemble, j’aime plutôt, mais je trouve que ça manque parfois un peu d’affinage, sinon de finesse.