J'ai réuni les deux premiers chapitres de mon projet avorté de super héros naze.
Je le retravaille en ce moment. Validez ou infirmez la direction choisie.
Allez- y franco
MOUSTIKMANChapitre IJean Claude Pyrel, tranquillement lové sur le confort de son sofa, s'endort doucement devant le dernier volet de la saga Spiderman. L'homme araignée lutte énergiquement contre les forces du mal, en l'occurrence dans ce passage, une bouteille géante d'insecticide de la marque RAID. L'ennemi est coriace et ses puissantes vaporisations d'arachnocide brûlent le joli tutu du super héros. La ballerine s'élance de murs en murs, tisse jusqu'aux étoiles un chemin protégé vers les bras tendres de Mary-Jane mais chaque geste le fait souffrir. Il a pourtant répété un paquet de fois à sa tante de ne jamais laver son costume au delà de 45 degrés. Elle perd un peu la tête depuis la mort de son mari. Peter s'en veut, il sait que c'est un peu de sa faute.
Jean Claude ronfle maintenant.
Un moustique s'astique les ailes sur le mur frais de la cuisine. Il n'a rien raté du film et la morsure de l'araignée lui a ouvert l'appétit. En essayant de faire le moins de bruit possible, il s'envole en direction du cou de Jean Claude et se pose en douceur sur le rebord de son col. D'un coup sec, il plante sa trompe dans l'endormi et commence à récolter le nectar globuleux. Son ventre se dilate, chaque repas est un orgasme.
Une main d'environ 150 fois sa taille le déloge au moment du digestif. Sans avoir le temps de s'essuyer la bouche, l'insecte vampire retourne dans sa cuisine pour une digestion méritée.
Il est pas loin de midi quand Jean Claude se réveille. Il n'a pas eu le courage de rejoindre son lit. Sa tête lui fait affreusement mal lorsqu'il ouvre un œil sur son salon devenu caleidoscopique. Sa demi douzaine d'écrans plasma diffusent les informations et ses multiples bras cherchent en vain les télécommandes. Il met cette étrange vision sur le compte de la fatigue accumulée et gobe un Dafalgan.
Il ne se rappelle plus de la fin de son film. Son cou le brule et dans le reflet du miroir, il remarque un énorme bouton. Il le gratte violemment mais la démangeaison ne s'estompe pas et il se surprend à lécher les gouttes de sang sur le bout de ses doigts. C'est bon, délicieux même. Il en reprendrait bien un petit godet.
Sur le plan physique, il ne constate aucune mutation. Mais dans sa tête, tout au fond de son esprit des choses semblent avoir changé. Il fait vite le lien avec la piqûre sur en cou et tente de trouver une explication en farfouillant sûr le net. Sur le site du professeur Henri, il découvre d'étonnantes recherches concernant le transfert d'ADN d'une espèce à une autre. Le scientifique semble avoir réussi, en croisant plusieurs larves de culcidae dont le redoutable moustique-tigre, à créer un code génétique capable de résister à un grand nombre de maladies. Le corps se soigne seul et comme une queue de lézard, l'élément infecté est éliminé pour que puisse repousser un organe sain. Selon Mr Henri, bactériologue de profession, le dispositif est en place mais aucun volontaire ne s'est jamais manifesté, laissant le possible miracle au stade de projet.
En tout petit dans les dernières lignes de l'article, Jean Claude peut lire la liste non exhaustive des effets secondaires.
- Démangeaisons
- Ultra vision
- Sentiment d'être capable de voler.
- Obsession du sang
Jean Claude sourit nerveusement. Sa monomanie marvelienne prend les commandes de sa capacité à penser. Sans paniquer et plutôt enchanté de cette métamorphose, Il découpe dans une toile de tissu noir ce qui deviendra son costume, son identité visuelle contre les forces du mal.
Désormais il sera MOUSTIKMAN
Chapitre IIDans deux grands sacs poubelles de supermarché, il découpe ses ailes qu'il scotche sur de vieilles antennes télé. Avec un système de harnais, elle tiennent parfaitement dans son dos. Un coup de bombe noir sur un masque à gaz bricolé avec un tuba pour pomper le sang et l'illusion est parfaite, aucun humain ni aucun insecte ne s'y tromperait. Il a vraiment l'air... D'un con...
Une chauve souris n'est pas franchement plus classe qu'un moustique mais dispose de capacités assez impressionnantes. Une araignée file la nausée à la moitié de l'humanité avec une seule de ses toiles. Les lézards ont des langues de trois mètres et grimpent au mur.
Le moustique en fait est juste chiant. Il te pique à des endroits improbables comme la paupière ou entre les doigts de pieds pas pour des raisons pratiques mais simplement pour te pourrir ta soirée Mojito sur le transat d'une soirée d'été.
Le second hic est que Jean Claude ne ressent absolument aucune envie incoercible de sauver la veuve ou l'orphelin. Il a un énorme besoin de sang frais, se lèche les babines à l'idée d'une globule onctueuse qui claque sous la dent comme un œuf de lompe mais ça s'arrête là. Le seul orphelin qu'il se ferait un plaisir de sauver c'est Batman parcequ'il n'a jamais pu le blairer.
Il va lui falloir de grosses doses d'hémoglobine et plutôt que de courir dans la nuit et le froid en quête de ses victimes, il décide de se rendre, dans son costume de scène, à l'hôpital du coin de sa rue.
On est mercredi, c'est la journée des dons. Moustikman se glisse avec toute la discrétion que son costume lui permet jusqu'à l'organe vasculaire du CHU. Au fond de la grande piece, une dizaine de personnes se pressent devant l'aiguille de la bonne action. Ils se sentent nobles, ils vont très certainement sauver des vies. L'insecte géant bave devant les petites poches qui se remplissent vite. Avec un seul chariot il pourrait tenir des mois...
Il est tellement obsédé par cette image d'apéro géant, un peu comme l'alcolo devant l'usine Pernot Ricard, qu'il n'a pas remarqué la petite fille derrière lui.
- " Une fois, j'en ai vu un un peu comme toi qui m'a piqué sur la jambe mais il était plus petit et moins moche. "
Rassuré de n'avoir pas avoir totalement foiré la conception de son costume, il lui répond avec un léger bzozotement :
- " C'était sûrement quelqu'un de ma famille, j'espère qu'il ne t'a pas fait trop mal "
- " Non ça va mais ma mère m'a dit que vous étiez de vilaines bêtes avant de lui éclater le crâne. "
Moustikman fait un peu la grimace. Dans sa tête et le rôle de son nouveau personnage le défunt était peut être un cousin proche ou même son frère.
- " Écoute petite, moi je ne suis pas dangereux. Je veux juste m'envoler parceque je suis coincé ici. Tu peux aller voir si les méchantes infirmières ne sont plus dans le couloir. "
- " T'es beaucoup trop gros pour voler... Mais je veux bien aller voir. "
La petite fille se lève et à l'autre bout de la pièce fait un signe à Moustikman pour lui indiquer que la voie est libre.
Il chope une blouse d'infirmière qu'il glisse grossièrement par dessus son costume et commence à avancer vers le chariot à boissons.
D'abord fixe et rattaché à une armoire ou un vaisselier, le principe du mini bar est inventé au début du XIX´ siècle. Dans l'idée de vouloir impressionner ses amis, Raymond Gottfried, inspecteur de police et bricoleur à ses heures perdues, décide de transformer une vieilles table en mini bar ambulant. Les invités sont sous le charme de cette invention qui vivra son apogée existentielle dans les années 30 du siècle suivant.
Moustikman pense aux cocktails de jus d'humains qu'il va déguster sur son canapé. Une fois passée la porte, le reste ne sera que formalités.
Ce soir, avant de rentrer chez lui, il fait un créneau devant le vidéo club au volant de sa Fiat I bzz bzza. Il se loue le dernier Spiderman qu'il mate en se grattant les ailes, un verre de bloody Marie sans jus de tomate à la main. Il se marre en se disant que Spidey ferait mieux de bouffer des mouches au lieu d'aller sauver cette ribambelle de cons...
À suivre...