Brouhaha dans la salle, les spectateurs s'installent peu à peu, discutent, se reconnaissent. Quelques minutes passent, trois coups retentissent. Silence.
Musique de cabaret, les lourdes tentures rouges d'un rideau de théâtre s'ouvrent en grand.
Sur scène, une présentatrice, et à l'arrière fond huit personnages soignés, tenue de soirée et poils lustrés.
La présentatrice s'avance.Mesdames et Messieurs, minuit est loin, nous sommes Samedi, et la troisième édition du Tournoi continue avec la première des personnages MDiens, oui chers spectateurs, les nôtres, rien qu'à nous, qui ont fait leurs premiers petits pas sur les topics de notre cher forum. Attention attention, le Tournoi n'est pas un sport de tendre, il y aura du sang, des griffures et des larmes, parce qu'aujourd'hui, c'est huit de vos poulains qui s'affrontent devant vous, et vous n'en choisirez que DEUX ! Criez, hurlez, défendez, mordez, mais surtout, surtout, VOTEZ !
Vous avez sept jours pour voter pour vos deux personnages préférés dans le sondage, et surtout n'hésitez pas à les défendre en commentant vos votes ! Évidemment, le but du tournoi est non seulement de s'amuser un peu mais aussi de mieux découvrir les textes du forum, alors essayez de lire ceux que vous ne connaissez pas, ça ne vous coûtera qu'un peu de temps, et vous avez toute une semaine !
Axtone Latuile Oeuvre : L’eboueur amateur, Lordius.
Description : Axtone Latuile est un détective privé alcoolo-dépendant, fauché et nihiliste. Il s’est spécialisé dans la recherche de personnes disparues, espérant ainsi retrouver sa fille. Il alterne les périodes de sobriété et de soif immodérée. Outre son anesthésiant pour l’esprit, il s’aide dans ses enquêtes d’un lance-pierre et d’une matraque télescopique.
Dans « L’éboueur amateur », Axtone se réveille au petit matin sur le trottoir, suite à une cuite. Il observe un curieux éboueur qui travaille le dimanche. Le propriétaire des poubelles, un garçon assez louche, s’aperçoit ensuite que l’éboueur lui a dérobé une marchandise précieuse. Axtone, toujours fauché, accepte de retrouver l’éboueur pour le compte de ce client spécial.
Extrait : L’homme énervé s’approcha d’Axtone, face menaçante, poings serrés. Celui-ci se mit debout d’un bond et empoigna sa bouteille vide. Malgré la quarantaine, sa faculté d’encaissement des effets secondaires de l’alcool valait celle d’un jeune homme.
— Un éboueur est passé au petit matin, dit-il.
— Un dimanche ! Ah, les salauds ! Ils ont récupéré la marchandise. Un seul ? À quoi il ressemblait, ton éboueur ?
— J’ai pas vu son visage, mentit Axtone. Mais je peux le retrouver si vous me payez. Je suis détective privé.
— Toi, détective privé ?! s’esclaffa le Noir. T’es qu’un clodo.
— Les apparences trompent parfois. Une soirée trop arrosée, et vous êtes catalogué clochard. Ça ne vous arrive jamais de vous laisser aller à quelques excès ?
Axtone s’abstint de reconnaître qu’il avait été une fois à la rue pendant plusieurs mois douloureux. Il s’agissait maintenant de paraître compétent et fiable.
— Euh, ouais… Après tout, détective ou pas, je m’en fous. Si tu retrouves le fumier, il y a cinq mille pour toi.
(fiche par Lordius)
L'employé polyvalentOeuvre : L'employé polyvalent, Holden5
Description :L'employé polyvalent est -comme son nom l'indique- polyvalent. Il est surtout nouvellement embauché à la Krystal Klear Compagnie pour calculer le taux superfétatoire à progression z sur la base des indexations nulles et d'autres tâches d'ordre aussi importantes. Et comme il n'a aucune idée de ce que ça peut bien vouloir dire, il va, bon gré mal gré, essayer de réaliser ces tâches le mieux possible, en bon employé. Avec toutes les difficulté que ça induit...
Extrait :Au matin de mon tout premier jour à la Kristal Klear Company, je trouvai sur mon bureau une liste de mes tâches pour la matinée :
— Calculer le taux superfétatoire à progression z sur la base des indexations nulles
— Faire la proposition au T.G.S.I.
— Constituer maquette ornithocondrique
Je lus et relus cette étrange liste avec perplexité. L’annonce pour le poste d’ « employé polyvalent » m’avait certes préparé à toutes sortes de menues corvées, mais j’étais loin de m’attendre à des missions de ce genre. Qu’est-ce que tout cela voulait bien dire ? J’étais d’autant plus contrarié que mon patron devait se présenter en fin de matinée dans mon bureau pour vérifier l'état d'avancement du travail.
J’ingurgitai un tranquillisant et lus à nouveau l’intitulé du premier objectif : « Calculer le taux superfétatoire à progression z sur la base des indexations nulles. » Cela ressemblait à quelque chose que pouvait faire un comptable. La grosse calculatrice posée sur mon bureau allait sans doute m'être de quelque utilité.
Considérant l’objet avec plus d’attention, je ne fus pas peu surpris de n’y trouver que des touches parfaitement hiéroglyphiques : en dehors des signes de division, addition, et multiplication, un être normalement constitué n’aurait pu reconnaître le moindre symbole mathématique sur l’appareil. J’écarquillai grand les yeux devant ce qui ressemblait à un mélange d’idéogrammes égyptiens et de lettres alphabétiques de l’ère araméenne.
(fiche par Baptiste)
Le ChatOeuvre :
Chat, Xeraphia
Description : Le Chat, Lily le rencontre pour la première fois dans un parc, et à partir de ce moment là, il ne la quitte plus. Et ça vaut peut-être mieux, parce que ce chat, elle est seule à pouvoir le voir. Un chat des rues, un peu sale, un peu blessé : il a un pelage noir et feu, et un bout d'oreille amputé. De grands yeux jaunes qui vous fixent et vous mettent un peu mal-à-l'aise, et des « Mrou » à répétition pour quand même rester un peu mignon. Alors Lily va le recueillir, même si il est sale et qu'il sent mauvais, même si il fait un peu peur avec sa manie de ne pas apparaître sur les photos, et surtout parce qu'elle n'a pas vraiment le choix : il a choisi de rester avec elle, un point c'est tout. Et tant mieux, parce qu'au fond, c'est plutôt un gentil chat.
Extrait :Il était sale, comme tout chat des rues. Sa fourrure épaisse était maculée de boue séchée, et quelques touffes manquaient sur la croupe. Elle hésita à le toucher, et préféra plutôt le repousser de la cuisse. Il se laissa faire, mais revint aussitôt vers elle, posa de nouveau la patte sur sa jambe.
- Ah non…
Elle se redressa brusquement, espérant effrayer le chat, mais il ne recula que de quelques pas et s’assit à l’autre bout du banc.
- Voilà… restes-y.
Elle avait à peine rouvert son bouquin que le chat s’approchait de nouveau, prudemment, ses gros yeux jaunes fixés aux siens. Cette fois, elle le repoussa plus franchement, et il se retrouva au pied du banc, un air de reproche dans les yeux. Une seconde plus tard, il était remonté près d’elle et la dévisageait tranquillement.
- Bon… capitula-t-elle, tu n’es pas vraiment un chat de gouttière, hein ?
- Mrou ? fit le chat.
Il ne la quittait pas des yeux : ils étaient étranges, jaunes et d’une intensité qui la mettait mal à l’aise.
(fiche de Grimm)
LalieOeuvre : Eudes, Spes.
Description : Lalie est la jeune fille qu'Eudes a rencontrée et séduite un soir à une rave. Une fille de plus, qu'il a quittée le lendemain matin. Mais Lalie a peut-être décidé que ça ne se passerait pas comme ça. Quand les choses dérapent étrangement pour Eudes, Lalie réapparaît. Elle veut prendre soin de lui, le soigner, être douce et attentionnée, jusqu'à ce qu'il l'aime. Mais elle est quand même un peu étrange. Est-ce vraiment de l'aide ? N'est-elle pas derrière ses malheurs ? Est-elle celle qu'il croyait ?
Mais chut, mieux vaut lire le texte pour avoir les réponses à ces questions et comprendre qui est vraiment Lalie...
Extrait :" Elle avait parlé d'une toute petite voix. Il avait à tel point l'impression d'être obligé de sourire à une gamine complètement demeurée qu'il n'avait pu s'empêcher d'éclater, en l'interrompant. D'un coup, son immobilité, son incapacité, ces évidences devinrent réelles. Un sentiment de claustrophobie s'empara de lui.
« Je veux sortir, partir, tout de suite ! » hurla-t-il.
Tel un pantin aux fils coupés, il demeurait immobile et moite. Seule sa tête s'agitait faiblement.
« Tu veux me quitter, c'est ça ?
- Tout de suite !
- Et Adeline ? Maëlle, Zoé, Lise ? s'enquit-elle crescendo.
- Tu as fait des recherches sur moi, c'est ça ? Ce matin, après m'avoir traîné ici ? Tu es allée zoner sur les blogs des ces filles grâce à mon nom ?
- Tu les as toutes quittées de la même façon dégueulasse.
- Et puis quoi ? Si je ne les aimais pas.
- Et moi ? »
Il avait perdu toute envie de hurler. Cette fille lui inspirait de la pitié.
« Toi, je t'aime, mais pas ici.
- Ailleurs, tu ne m'aimeras pas non plus. Je vais m'occuper de toi.
- Tu crois que c'est ça qui va faire que je m'intéresse à toi ? »
A nouveau, la rage la gagnait, le feu embrasait son front. Elle tripotait nerveusement sa proie de papier.
« Quel genre de filles est-ce que tu aimes ? Réponds.
- Un peu comme toi. Mais moins vive, et puis les cheveux courts et blancs, les yeux clairs. »
Prompte comme l'éclair, elle lui jeta le livre au visage. La porte claqua sur son passage. Eudes ne put que rester allongé, à peine relevé par quelques coussins, comme abruti."
(fiche de Milora)
Gaspard Oeuvre : Hit machine à laver , Anlor
Description : Gaspard (qui aurait pu s’appeler Charles) attend. Toute la journée. Dans une laverie. Son quotidien c'est l'odeur de la lessive, le roulement des tambours, et des gens qui s’inquiètent pour lui. Mais Gaspard s'en fout, il attend. Et ça lui laisse du temps pour penser.
Extrait :« Vous travaillez ici ? »
Non, pas encore. On attend et on en profite pour rendre service. Oui, c’est vrai, tant qu’on est là, autant être utile. Mais de rien, on vous en prie. Bonne journée. Toutes les machines tournent à présent et les trois chaises sont occupées. Deux personnes ont rejoint Gaspard sur la table et il y a un homme qui fume dehors. On est presque sûr de les avoir tous déjà vu au moins une fois. C’est amusant comme les visages deviennent familiers.
« Oh, bonjour, vous êtes encore là ? »
Oui, on est encore là, on est toujours là.
« Mais, vous n’avez pas bougé depuis la semaine dernière ? »
Si, on a été obligé, mardi, la laverie était fermée. Non, on ne s’ennuie pas, il y a du monde, on fait la conversation.
« Franchement, je sais pas comment vous faites, moi je supporte déjà pas de rester plus de deux heures chez moi quand j’ai rien à faire, alors passer mes journées ici… »
On n’a pas rien à faire, on attend, c’est pour ça qu’on ne s’ennuie pas.
« Vous êtes sacrément patient, dis donc. »
Ça voulait dire vous êtes sacrément crétin mais on n’a pas relevé. Alors, oui, on dit qu’on est patient, que c’est une de nos qualités de toujours, qu’il faut bien ça sinon on ne tient pas, il faut savoir attendre pour survivre. Oui, survivre carrément, on n’a pas peur des mots. Pendant l’après-midi, Gaspard a vu passer la silhouette blanche au moins deux fois dehors. Une fois sur le trottoir d’en face, et une autre fois juste devant la porte. Il a serré très fort le petit papier dans sa poche avant de courir à la porte. Ça a surpris les clients, ils avaient l’habitude de le voir si passif sur sa table. Gaspard est sorti brusquement les deux fois, mais une fois de l’autre côté de la vitre, il n’y avait plus personne. Il a hurlé Bérénice, Bérénice.
(fiche de Baptiste)
L’âneOeuvre : La Grande Montre du Monstrueux Mais Aimable Ogre Velu et Verruqueux, Ambriel
Description : C'est l'histoire de l'humaine Jisk, du faune Truhurur et de l'âne, partis chez l'immonde sorcier maléfique Raspok pour récupérer La Grande Montre du Monstrueux Mais Aimable Ogre Velu et Verruqueux. L'âne, c'est... un âne. Enfin, un âne un peu spécial, quand même. Déjà, il est très, très riche. A vrai dire, c'est l'âne le plus riche de la ville, et je gagerais même que c'est l'équidé le plus fortuné du pays. Il est resté assez simple malgré tout, et une de ses plus grandes passions est de boire comme un trou pendant des heures, puisqu'il tient très bien l'alcool. A part ça... c'est un âne tout à fait normal.
Extrait : C’était le moment qu’avait choisi l’âne pour débouler dans la salle du Conseil et pousser un hurlement strident. Vraiment, jamais un âne n’avait émis un bruit pareil. On aurait dit un cri de femme. Y voyant, comme toujours, un signe pour certains des Dieux, pour d’autres du Destin, les membres du Conseil avaient sur le champ décidé que cet âne nous accompagnerait dans notre périple. A ce moment-là, le valet personnel de l’âne (cet âne était le plus riche de Capitale, il pouvait donc se permettre de se payer un valet, deux femmes de chambre, une cuisinière et un lustreur de sabots) avait déboulé pour excuser son maître et expliquer qu’il était ivre mort (l’âne, pas le valet). Le Conseil n’avait pas apprécié ce revirement de situation, bien entendu. Un âne ivre mort, ce n’était pas très glorieux, en vérité… Mais baste ! « Quand on a le choix entre rien et un âne, on prend l’âne », comme on dit chez moi.
(fiche d’Ambriel)
JEAN-YVES
Oeuvre : Jean-Yves, Thérébentine.
Description :Jean-Yves est un chien, celui de Balthazar, un SDF qui se raccroche à ce compagnon à quatre-pattes comme l'on s'accroche à une bouée quand la mer devient houleuse et que l'on craint de se noyer. Mais Jean-Yves n'est pas qu'un chien : il est un ami, un confident, la garantie que la vie peut-être belle malgré toutes les saloperies qu'elle peut vous lancer à la figure, parfois. Et en plus, Jean-Yves fait le loup lorsque son maître joue du violon, et ça, ça vaut de l'or.
Extrait :"A la fin de l'automne, dans une grande ville pleine de voitures et de bruits, Balthazar dormait sous un abribus. Il dormait dehors pour rester avec son chien : Jean-Yves. C'était l'être qu'il chérissait le plus, son petit chien. Les gens l'aimaient bien Jean-Yves, et chacun lui amenait un petit cadeau : un manteau tricoté main, une poignée de croquettes, un os à moelle, un petit jouet.
Ce petit duo était heureux comme ça, libre, dans la rue. Parfois Balthazar jouait du violon et Jean -Yves faisait le loup. Ça faisait marrer tout le monde, les pièces tombaient dans la petite boite en fer et la vie était douce. Un bon steak pour Jean-Yves, une petite bouteille de rouge pour Balthazar avec un sandwich au salami, ils étaient comme des coqs en pâte."
(fiche de Musyne)
SilèneOeuvre : Zina, Doctor Grimm
Description :Lorsque Zina, une petite fille qui n'a pas froid aux yeux décide d'aller arroser l'otarie, qui est sur le toit de la mairie, elle doit bien rechercher de l'aide. C'est comme ça qu'elle rencontre Silène, un matou assez peu accort* et qui parle comme un dictionnaire. Ce qui ne l'empêche pas d'être plein de bons conseils et d'encouragement de tout poil, même s'il tremble devant le terrible roi des rats.
Extrait :« Bonjour, Zina.
- Bonjour Silène ! »
Zina attendit avant de parler. Elle connaissait l'animal : il ne fallait pas le presser. Il s'étira longuement en baillant, ses petits crocs jaunes luisant au soleil. Puis il s'assit sur ses deux pattes arrières, et son dos forma cet arc doux, qui donne aux chat leur air guindé. Son œil en amande cligna une fois, deux fois, ses moustaches frémirent. Sa queue s'agitait de temps en temps.
« Pourquoi es-tu venue à moi ? (Zina voulu rire mais se retint. Il parlait toujours comme une grand-tante riche – dans son esprit de petite fille, toutes les grand-tantes riches parlaient comme un dictionnaire, ou comme une reine elfique)
- Je veux monter sur le toit de la Mairie. Il y a une otarie coincée. (Silène cligna des yeux)
- Eh bien, il te suffit d'escalader un marronnier, tu y accéderas facilement... (En voyant l'expression un peu perdue de Zina, son museau prit cet air si hautain qu'il affichait parfois) Ah ciel, ça m'était sorti de l'esprit. Tu ne peux pas, évidemment. (Et sa queue s'agita encore, ses oreilles bougèrent, il réfléchissait) Il te faut quelque chose pour monter avec tes pattes de derrière, puisque tu n'as pas de griffes, et que tu es pataude, quelque chose d'horizontal puisque tu n'as quasiment pas d'équilibre... »
(fiche de Baptiste)
*NDP : ça veut dire "avenant" à ce qu'il paraît.