Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

17 Avril 2026 à 15:55:59
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Zina (version 2 !)

Auteur Sujet: Zina (version 2 !)  (Lu 6899 fois)

Hors ligne Doctor Grimm

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 711
  • Reine solaire
    • Gribouillis
Zina (version 2 !)
« le: 29 Janvier 2014 à 00:07:10 »
EDIT EDIT EDIT EDIT : la nouvelle version de Zina est ICI, ne lisez pas la version ci-dessous, elle a été totaaaaaalement modifiée !



Coucou les copains ! Bon, je sais que je suis pas très active en ce moment, mais j'avais envie de partager ma petite Zina avec vous. Ce texte est le résultat d'un défi que m'avait lancé Mil en privé, et pas sur le fil des défis, c'est pour ça que je n'ai pas mis la balise. Et puis ça s'est un peu éloigné au fur et à mesure - je l'ai quand même commencé en août ! - alors... Voilà ^^ (toujours très éloquente, n'est-ce pas).
Concernant le commentaire - si il vous prend l'envie de commenter bien sûr - je ne sais pas trop si j'ai envie de modifier/améliorer ce texte en profondeur, je le considère comme terminé. Evidemment, si il y a des fautes de syntaxe/d'orthographe/de grammaire/etc je corrigerai immédiatement, mais je ne pense pas changer le fond (ni la forme).
EDIT : Finalement, oubliez ce dernier paragraphe. J'ai décidé d'essayer de l'envoyer quelque part, alors j'aurais besoin de vos avis et impressions pour l'améliorer au max (même si je me réserve le dernier mot :mrgreen: )
Bonne lecture ! 



Zina


L'otarie n'avait pas bougé du toit de la mairie. Sa fourrure finissait de sécher sous le lourd soleil de juillet, il était presque midi.

Du bord de sa fenêtre, de l'autre coté de la place, Zina fixait les briques rouges et cet étrange polochon posé dessus. Dans son visage rond ses yeux se plissèrent. Elle pouvait voir le ventre de l'otarie se gonfler et se dégonfler, comme un ballon de baudruche, ou comme le ventre de Pansu le chien du boulanger quand il faisait trop chaud en été.  Il devait faire bien soif là-haut. Il n'y avait pas de nuages dans le ciel bleu, la seule tâche blanche était l'otarie. Personne sur la place ne l'avait remarquée. Les grandes personnes marchaient, jamais à la même allure, et parfois elles regardaient la belle horloge en panne au dessus des portes de la mairie, mais aucune ne pensait à regarder un peu plus haut vers les briques rouges.  Zina chercha des yeux sa petite pendule, celle que Tante Eliott lui avait offerte pour son anniversaire, bleue avec des camions roses. Les deux aiguilles - la grande comme la petite - étaient presque réunies sur le 12. Quand le Monsieur-tout-en-vert avait déposé l'otarie sur le toit, en descendant de sa montgolfière, la grande aiguille était sur le 4 et la petite un peu après le 10. Du haut de ses cinq ans, Zina ne savait pas très bien lire l'heure, mais elle savait que ça faisait beaucoup de temps. Surtout pour une otarie toute sèche sur le toit de la mairie.

Elle sauta au bas de son tabouret - elle était petite pour son âge et n'atteignait pas bien le bord de la fenêtre sans ça -, la moquette étouffa le bruit de ses pieds nus. Se tâtant le sommet de la tête, elle vérifia que ses deux couettes brunes étaient bien en place et que les grosses perles rouges de ses élastiques ne s'emmêlaient pas trop. Il y avait un gros tas de jouets dans le recoin entre son armoire et le mur. Zina se planta devant, attrapa un chat en peluche, dit « Pardon », et le jeta par dessus sa tête. Après un rebond contre le plafond, il atterrit sur le lit. « Pas grave », murmura-t-il. Le même sort fut réservé aux petites voitures, aux poupées et à ses cubes de bois coloré. Personne ne se fâcha quand Zina les bouscula. Elle finit par écarter un camion de pompier. Là derrière, tout bariolé, un peu poussiéreux, attendait un arrosoir.

« Alors voilà où tu te cachais ! » gronda Zina.

Le pauvre marmonna une vague excuse, mais la petite fille l'avait déjà attrapé.

« Il faut toujours que je te cherche de partout » , continua-t-elle de grogner. Ce faisant, elle s'était plantée devant son armoire. Elle en sortit une paire de bottes jaunes en caoutchouc. Un rayon de soleil, passant à travers la fenêtre, s'y refléta brièvement. Il fallait se dépêcher. Zina posa son arrosoir par terre, enfila une chaussure puis l'autre, et courut vers la porte.

« Hey, pst ! Ne m'oublie pas ! » fit une voix dans son dos.

Elle fit un rapide demi-tour, récupéra l'objet râleur, et sortit de la pièce.

Papa sifflotait dans la cuisine, il essayait de préparer le dîner. La porte d'entrée de l'appartement était juste en face de celle de la chambre de Zina. De la pointe de ses bottes jaunes, elle avança dans le couloir. Il ne fallait pas faire le moindre bruit. Elle serra l'arrosoir contre sa poitrine pour ne pas le heurter contre les murs et commença à retenir son souffle. Son avancée était très lente, elle mettait beaucoup de temps pour faire un pas. S'inquiétant de la voir devenir violette, le porte-manteau – muet, le pauvre – commença à agiter ses bras de bois vers elle. Zina tendit les mains en avant et les secoua pour le rassurer.

« Ne me secoue pas comme ça ! » grogna l'arrosoir.

« Chuuut ! » fit elle en dressant un index devant sa bouche. Étouffée par le manque d'air, elle se mit à respirer bruyamment. Zut pour le bruit, la tête de Papa apparut dans l'encadrement de la porte de la cuisine. Ses cheveux ébouriffés se dressaient au dessus de sa tête. Quand il sourit, son nez se fronça et fit légèrement remonter ses lunettes.

« Que fais-tu, Zina ? »

La petite fille serra à nouveau son arrosoir contre elle.

« Je vais arroser l'otarie. » murmura-t-elle d'une petite voix.

Il hocha la tête. « Rentre avant midi, mon soufflé devrait être bientôt prêt. Et dis bonjour à cette otarie de ma part. » Et de disparaître à nouveau dans la cuisine.

Zina eut un soupir de soulagement et put enfin atteindre la porte. Alors qu'elle tendait le bras et se dressait sur la pointe de ses pieds, elle sentit quelque chose lui tapoter l'épaule. Le porte-manteau lui tendait un lourd blouson de laine. Elle secoua la tête avec un sourire.

« Je n'en ai pas besoin, merci. »

Il lui proposa une écharpe, puis une autre, et encore un manteau.

« Il fait très chaud dehors en ce moment. Je pourrai les mettre cet hiver. »

Il opina du chef, compréhensif, mais un peu déçu, et reposa les vêtements sur ses branches. Zina enfonça la poignée et s'engouffra dans la cage d'escalier. Elle referma doucement la porte derrière elle. Le premier coup de midi sonna, il fallait se dépêcher.

Quatre à quatre, Zina descendait les marches. L'appartement était au dernier étage, et au fur et à mesure de sa course, la lumière diminuait. Elle finit par se retrouver dans une pénombre grise, où les ombres bougeaient le long du mur et semblaient l'appeler en agitant la main. Elle s'arrêta sur le palier du premier étage, effrayée. Elle avala sa salive en faisant un petit bruit étranglé, sa bouche était tordue de peur et tremblait un peu. Une des ombres s'approcha lentement d'elle, un sourire blanc dans ce qui aurait pu être son visage, et avança la main. Zina ferma les yeux très fort avec un petit cri et rentra la tête dans les épaules, mais elle sentit seulement un effleurement, comme une légère brume qui lui tapotait le haut du crâne. Elle ouvrit un œil, puis deux. L'ombre avait une expression toute douce et lui désignait les derniers escaliers. Un peu rassurée, Zina se redressa et fit un pas, puis deux, puis trois sur le palier. Rien ne se passait, les ombres la regardaient. Elle prit une grande inspiration, fit un grand sourire – il manquait deux dents sur le devant – et descendit en courant la volée de marches, fonça à travers le couloir du rez-de-chaussée, et claqua la porte de l'immeuble dans son dos.

Dehors, le soleil se reflétait sur les dalles claires de la place. Les pas des passants claquaient contre les pavés, une farandole de tissus colorés bouchait la vue de Zina. Ils allaient, venaient, allaient, venaient, véritable muraille humaine... Plusieurs fois, elle tenta de faire un pas, mais son chemin était toujours bloqué. Un homme en complet rayé, des converses rouges aux pieds, des cheveux ébouriffés, finit par s'arrêter. Il la regarda avec des yeux curieux.

« Que fais-tu ?
- J'essaie de passer pour aller arroser l'otarie », dit Zina.

Son regard s'arrêta sur l'arrosoir, puis sur le doigt tendu de la petite fille, et enfin se porta vers le toit de la mairie. Il sourit et tendit un bras, empêchant le passant qui arrivait d'avancer.

« Allons-y ! »

Zina lui offrit son sourire édenté, dit « Merci ! » et se faufila au travers de la brèche qu'il avait ouverte pour elle. Elle zigzagua entre les grandes personnes quelques secondes, puis s’arrêta pour traverser la route. Le zèbre était allongé en travers, ses rayures blanches et noires traversées par les voitures, piétinées par les passants. Zina s'agenouilla près de sa tête. Elle essuya une grosse larme rayée et embrassa sa joue.

« Pardon » murmura-t-elle. Elle se releva, regarda à gauche-droite-gauche et traversa, contournant soigneusement les rayures. Ses bottes jaunes claquèrent quand elle sauta à pieds joints sur le trottoir d'en face. L'arrosoir râla, parce qu'elle le secouait trop.

« Tais-toi donc ! » murmura-t-elle.

Une grande fontaine se dressait au milieu de la place. Des carpes énormes se prélassaient dans l'eau, leurs écailles colorées reflétant les rayons du soleil de midi. Zina se pencha sur le rebord de pierre avec des yeux brillants. Des algues vertes ondulaient doucement au rythme d'un courant inconnu. Il n'y avait pas de fond.

Une grenouille, assise sur le rebord, sauta vers Zina avec un petit coassement. Elle se racla la gorge, redressa son nœud papillon...

« Bonjour Mademoâselle, que puis-je faire pour vous ?

- Je voudrais voir Julie s'il-te-plaît ?  Et de l'eau qui ne se renverse pas ? » Ce disant, elle tendit son petit arrosoir bariolé – malgré ses protestations – dont la grenouille se saisit.

Avec un « Touâ-t-à-fait » coassé, elle plongea entre deux poissons, créant de petits remous à la surface. Elle s’enfonça dans l'eau et devint vite invisible. Zina se pencha pour écouter les carpes qui racontaient des histoires, des histoires de sirènes combattant les Grandes Pieuvres. Quelques secondes passèrent puis un doux chant retentit, détournant l'attention de la petite fille. Il y avait comme des étincelles dans l'eau. Des vaguelettes se formèrent à la surface, créant comme des arabesques, qui se teintaient légèrement des mêmes couleurs que les écailles des poissons. Julie apparut, ses longs cheveux verts ondulant au fil de l'eau, comme des algues. De fines gouttes d'eau coulaient le long de son visage. Elle adressa un sourire éclatant à Zina, et lui rendit son arrosoir. Sa peau écaillée luisait au soleil.

« Bonjour Zina. Comment vas-tu ?

- Très bien, merci !

- Que vas-tu faire avec cette eau ?

- Je vais arroser l'otarie. Mais je ne sais pas trop par où passer. »

Julie tourna son regard de corail vers les briques rouges de la mairie. Ses sourcils se froncèrent légèrement à la vue du polochon blanc, haletant, qui attendait là-haut. Elle regarda Zina.

« C'est très gentil et courageux de ta part. Habituellement, on doit trouver une échelle ou un escalier de service pour monter sur le toit de ces bâtiments. Mais je ne suis pas très au fait de l'architecture humaine, si tu as un doute, demande plutôt à Silène. A cette heure-ci, il est souvent en train de dormir sur les murets de l'opéra. »

Zina acquiesça tout au long de cette explication, tentant de retenir toutes les informations. Quand Julie se fut tue elle sourit, fit « oui oui » de la tête une dernière fois, et partit en criant un « Merci Julie ! » dans son dos. La sirène leva un bras écailleux pour lui dire au revoir et replongea dans les profondeurs de la fontaine, sa queue de poisson faisant quelques éclaboussures.

Zina ne savait pas trop quoi faire. Elle hésitait entre rendre visite à Silène, le chat borgne du quartier de l'opéra qu'elle n'avait pas croisé depuis longtemps, ou aller directement derrière la mairie vérifier s'il y avait un escalier. Elle était un peu fatiguée, aussi, à force de courir dans tous les sens et de se faufiler entre ces masses de grandes personnes. Elle avisa un banc au bord de la place, sous les marronniers. Quelqu'un était déjà assis dessus, mais tout au bord, et elle pouvait bien souffler un peu. Elle traversa les pavés à petits pas, tip tap tip tap, tenant l'arrosoir plein d'eau contre elle, et se glissa sur le bord opposé du banc.

C'était un vieux monsieur. Il avait des grosses lunettes, toutes moches-carrées, qui lui faisaient des yeux de chouette. Il avait un chapeau abîmé, posé au sommet de son crâne, avec des cheveux gris qui dépassaient. Son habit était marron taupe. De temps en temps, toutes les vingt secondes, il regardait la montre à gousset glissée dans la poche de son gilet. Son pied tapotait les dalles, faisait un peu trembler le banc. Zina le trouvait rigolo : il était tout rond de partout, à part ses lunettes, et un de ses chaussures était fermée par un bout de ficelle.

« Tu as perdu ton lacet ? » demanda-t-elle, pour faire la conversation.

Il sursauta légèrement et tourna ses yeux de chouette vers elle. Son regard fit un aller-retour entre sa ficelle et la petite fille, qui tenait un arrosoir plein d'eau sur ses genoux.

« Les rats l'ont grignoté. Dis-moi petite fille, tu ne comptes pas m'arroser avec ton eau ? » Il eut une petite moue inquiète et recula légèrement. Les enfants l'embêtaient souvent.

Zina secoua la tête avec son grand sourire, ses couettes s'agitèrent dans l'air.

« Non, c'est pour l'otarie. Et regarde, elle ne se renverse pas, sauf si je veux. » Elle retourna totalement l'arrosoir au dessus de ses genoux – il cria un peu, indigné de se voir secoué pour  distraire un petit vieux –, pas une goutte ne tomba. Puis elle le remit à l'endroit et l'inclina légèrement au dessus d'un pissenlit : un filet d'eau jaillit du bec et noya la fleur, qui agita une feuille pour protester. « Oups, pardon. » dit Zina. A coté d'elle, le vieux monsieur hocha la tête, rassuré. Il regarda sa montre. « Qu'est-ce que tu fais sur ce banc ?

- J'attends mon rendez-vous galant. Il est un peu en retard, mes fleurs commencent à faner. » Il montra un immense bouquet de tournesols rabougris et Zina se demanda pourquoi elle ne l'avait pas vu plus tôt. Il regarda encore sa montre.

« Tu l'attends depuis longtemps ? (Il haussa les épaules avec un sourire un peu triste)

- Un ou deux ans, je crois... »

Son regard – il avait les pupilles marrons, toutes chaudes, comme celle de Papa – se perdit dans la foule.

« Des fois je me demande s'il n'a pas été là à un moment, si je ne l'ai pas manqué. » chuchota-t-il.

Zina glissa sur le banc, se rapprocha. Elle tendit sa petite main et saisit entre ses doigts le pouce épais, tout fripé, du vieil homme. Il lui fit un sourire – un sourire édenté, comme le sien à elle, mais pas un sourire d'enfant – et ses yeux se plissèrent, alors elle lui sourit aussi parce qu'il lui faisait beaucoup penser à Papa. Ils restèrent quelques minutes encore sur le banc, à se tenir par la main. Petite-fille et Vieux-monsieur regardent la fontaine côte à côte.

Puis Zina se rappela de l'arrosoir posé sur ses genoux, et de la mission qu'elle s'était donnée. Doucement, elle pressa le pouce une dernière fois et le lâcha.

« Je dois arroser l'otarie, chuchota-t-elle. Je suis sûre que ton rendez-vous galant sera là bientôt. »

Le vieux monsieur hocha la tête et sourit une dernière fois tandis qu'elle se glissait hors du banc. Elle s'éloigna à petits pas. Bizarrement, il faisait un peu triste tout d'un coup. Le soleil brillait toujours, mais c'était comme un peu de pluie dans les yeux.

« Arrête donc de pleurnicher, sois courageuse un peu ! » la gronda l'arrosoir bariolé. Elle hocha la tête, parce qu'il avait raison. Les histoires d'amour ratées des vieilles personnes étaient aussi importantes que les otaries sur le toit de la mairie, mais elle ne pouvait pas les arranger. Tip tap, tip tap, le bruit des bottes jaunes sur le pavé. Flic flac, flic flac, le son de l'eau qui clapotait.  Elle tourna à un coin de rue, à un autre.

Silène dormait, roulé en boule au soleil. Il avait le poil tout blanc, comme un pot de crème, mais un peu sali. Quand il entendit Zina approcher, un seul de ses deux yeux s'ouvrit.

« Bonjour, Zina.
- Bonjour Silène ! »

Zina attendit avant de parler. Elle connaissait l'animal : il ne fallait pas le presser. Il s'étira longuement en baillant, ses petits crocs jaunes luisant au soleil. Puis il s'assit sur ses deux pattes arrières, et son dos forma cet arc doux, qui donne aux chat leur air guindé. Son œil en amande cligna une fois, deux fois, ses moustaches frémirent. Sa queue s'agitait de temps en temps.

« Pourquoi es-tu venue à moi ? (Zina voulu rire mais se retint. Il parlait toujours comme une grand-tante riche – dans son esprit de petite fille, toutes les grand-tantes riches parlaient comme un dictionnaire, ou comme une reine elfique)

- Je veux monter sur le toit de la Mairie. Il y a une otarie coincée. (Silène cligna des yeux)

- Eh bien, il te suffit d'escalader un marronnier, tu y accéderas facilement... (En voyant l'expression un peu perdue de Zina, son museau prit cet air si hautain qu'il affichait parfois) Ah ciel, ça m'était sorti de l'esprit. Tu ne peux pas, évidemment. (Et sa queue s'agita encore, ses oreilles bougèrent, il réfléchissait) Il te faut quelque chose pour monter avec tes pattes de derrière, puisque tu n'as pas de griffes, et que tu es pataude, quelque chose d'horizontal puisque tu n'as quasiment pas d'équilibre, quelque cho-... »

Lassée d'entendre Silène faire la liste de ses défauts d'humaine – et il faisait ça à chaque fois, c'était dans sa nature - Zina le coupa :

« Un escalier ?

- Oui, un escalier. Tu as besoin d'un escalier. Cela répond-il à tes questions, Zina ? (Il bailla, encore, et Zina eut l'impression de l'ennuyer. Mais elle ne se vexa pas, elle avait l'habitude. Il lui accordait déjà bien plus de temps et d'attention qu'à d'autres.)

- Il y a un escalier ? (Silène cligna des yeux.)

- Pourquoi me parles-tu d'un escalier ?

- Pour monter sur le toit de la mairie.

- Pourquoi veux-tu monter sur le toit ?

- Pour l'otarie...

- Oh ! Oui. Un escalier. Il y en a un... selon mes souvenirs. Allons voir. »

Silène était dans un jour de curiosité. Ses moustaches frétillaient, et il décida d'accompagner Zina. Elle ouvrit de grands yeux, parce que Silène ne suivait jamais les gens, et il adorait se prélasser sur le muret de l'opéra, au soleil de midi. Mais il se dressa sur ses quatre pattes, son corps blanc et pelucheux s'arqua dans un dernier étirement, et il sauta en souplesse au bas du mur.

Ils s'enfoncèrent dans les rues autour de la place, les bottes de Zina faisaient tip tap sur le sol, même si elle essayait d'imiter le trottinement silencieux de Silène. Elle voyait son derrière blanc et sa queue dressée devant elle, et elle était tellement petite que ça lui arrivait à la taille. Silène était un gros chat, mais il ne fallait pas le lui dire. Ils tournèrent encore, débouchèrent sur une placette. Une immense statue – du moins, elle paraissait immense à Zina – se dressait au milieu, c'était un gros rat couronné. Elle vit le dos de Silène se hérisser et son corps se tapir, comme s'il se mettait en chasse. Son ventre frôlait presque le sol.

Il murmura à Zina :

« Tiens toi tranquille, ne fais pas le moindre bruit. Ne réveillons pas le Gros Roi des Rats. »

Zina acquiesça. Elle posa sur le sol son arrosoir, retira ses bottes, les tint par le haut dans sa main gauche, reprit l'arrosoir dans la droite. Ils commencèrent à contourner la place, en restant le plus possible dans l'ombre des grands bâtiments qui se dressaient autour d'eux. Mais à un moment une autre petite rue s'ouvrait et laissait déferler le soleil : impossible de passer sans traverser la flaque de lumière. Zina et Silène s'arrêtèrent et se regardèrent. Ils hésitaient un peu. Tous deux connaissaient le Gros Roi des Rats, et comment il savait repérer les intrus. C'est là que l'arrosoir, qui n'était pas sorti de la chambre de Zina depuis très longtemps, et ne connaissait pas les règles de prudence élémentaires, décida d'intervenir :

« Roh, lâcha-t-il à voix haute, ne me dites pas que vous avez peur d'un pauvre petit rat de pierre ? »

Il y eut comme un grand grincement rocheux. Du coin de l’œil, ils virent la statue se mettre en mouvement, et ses yeux rouges se poser sur eux.

« Cours ! » cria Silène. Dans l'urgence, il ne se rendit pas compte qu'il avait parlé chat, et que seul un miaulement rageur sortait de sa bouche, mais ce n'était pas grave : Zina avait très bien compris toute seule. D'un saut, ils entrèrent dans la flaque de lumière et remontèrent la rue ensoleillée. Le gros chat blanc bondissait devant Zina, elle avait peine à le suivre. Dans son dos, elle entendait les pattes du Gros Roi des Rats griffer le sol, se rapprocher de plus en plus... Ils tournèrent à un coin de rue, puis à un autre, et s'engouffrèrent dans un petit couloir à travers une porte ouverte. La statue passa devant eux à toute allure, et le bruit de sa course diminua peu à peu.

Ils soufflèrent un bon coup, soulagés. Ils s'étaient un peu éloignés de la mairie, mais Silène connaissait un chemin pour y retourner sans passer par la placette. Ils allaient partir. Zina enfila ses bottes jaunes.

Silène, avec son regard borgne, sonda la rue d'un coté et de l'autre.  Son poil commençait à se dés-hérisser, mais sa queue s'agitait toujours nerveusement, et ses oreilles étaient plaquées en arrière. La ruelle était vide, ils pouvaient y aller. « La voie est libre. » annonça-t-il, en mettant une patte au dehors. Il fit quelques pas, quand la petite voix timide de Zina sonna dans son dos, comme une clochette triste.

« Silène ? (Il se retourna et la regarda avec son œil vert)

- Que se passe-t-il ? »

Il avait entendu que sa voix tremblait, et il lui semblait que c'était un signe de tristesse ou de peur chez les humains. Son visage était un peu tordu et elle avait de l'eau dans les yeux.

«  Je... J-j'ai...

- Allons, parle donc !

- Je crois que j'ai perdu l'arrosoir près de la statue... »

Silence. Silène sentit un grondement rageur monter dans sa poitrine et essaya de le contenir, il ne voulait pas effrayer Zina. Que les humains étaient stupides !

« Tu es sûre que tu ne l'as pas simplement lâché en route ? (Elle hocha la tête, penaude) Eh bien, il nous faudra retourner le chercher, je présume...

- Mais ! Le Grand Roi des Rats va nous voir !

- Eh bien ? Tu as besoin de cette satanée eau, non ? Si tu préfères abandonner, autant rentrer immédiatement chez toi... »

Zina fronça les sourcils et tapa du pied, comme une enfant, se dit Silène, avant de réaliser que c'était bien ce qu'elle était.

« Je veux sauver l'otarie, et retrouver mon arrosoir, expliqua-t-elle. Mais j'ai le droit d'avoir peur aussi. »

Silène cligna lentement de l’œil, et c'est comme si une petite lumière verte s'éteignait puis se rallumait dans la ruelle sombre.

« Très bien. Suis moi. »

Ils sortirent du corridor et revinrent sur leurs pas. Mais au lieu de tourner au coin qui devait les ramener à la placette du Gros Roi des Rats, le chat s'arrêta près d'un énorme pot de fleurs, ces pots de terre cuite vernie dans lesquels on plante des citronniers, et sauta sur le couvercle. De là il pouvait atteindre le haut d'un petit porche à coté duquel ils étaient passés, et c'est ce qu'il fit. Il regarda Zina de son perchoir, elle avait la tête totalement renversée, toute petite avec ses couettes.

« Que fais-tu ? Demanda-t-elle.

- Nous devons monter sur les toits.

- Pour aller à la mairie ? Mais Silène, je n'ai pas mon...

- Ce n'est pas pour la mairie. Il faut monter sur le toit, viens donc. »

Zina posa les poings sur ses hanches et fronça les sourcils.

« Non ! Dis-moi pourquoi on doit monter ! Tu sais que c'est très dangereux pour moi ?  (Silène cligna des yeux, fit quelques va-et-vient sur le porche, se rassit où il était)

- Bon. Mais après, tu montes, nous sommes d'accord ? (Elle hocha la tête, volontaire.) Nous allons chercher de l'aide, pour divertir le Rat quand tu iras récupérer ton arrosoir.

- De l'aide ?

- Certains animaux, là-haut, me doivent un service. Ils accepteront. »

C'était suffisant pour Zina. De ses petites mains, elle agrippa le rebord du pot de fleur – il lui arrivait au nez ! - et se hissa dans la terre, au milieu des branches et des gros citrons jaunes. Elle leva les yeux vers le porche, c'était beaucoup trop haut ! Elle leva les bras, se percha au bord du bord du pot, pointa des pieds, s'étira le plus possible... Il lui manquait trente bons centimètres pour atteindre la partie du porche la plus basse.

« Sers-toi de la gouttière... » marmonna, au dessus de sa tête, la voix ennuyée de Silène.

Il y avait le long du tuyau de fer des attaches qui permettaient de le fixer au mur. Zina glissa le pied sur l'une d'elles, au niveau de ses genoux, attrapa une branche du citronnier pour se stabiliser, poussa fort sur son pied – par miracle, sa botte ne céda pas. Elle tenait à peu près droit, en équilibre sur l'attache. Le rebord n'était plus qu'à une dizaine de centimètres de sa petite main tendue. Il faut sauter, pensa-t-elle, et elle s'empêcha de regarder en bas.

« Courage, Zina. » dit Silène.

Un, deux, trois, elle sauta. Ses petites mains agrippèrent le rebord de pierre du porche, elle sentit ses jambes qui basculaient légèrement dans le vide... Et puis elle fut là, assise près de Silène. Elle avait réussi. Son immense sourire édenté refit surface, et elle serra le chat dans ses bras. Il se dit qu'il pouvait bien supporter cet affront. Il fit même l'effort de ronronner un peu, avant de mettre fin au câlin. C'était gentil de sa part, pensa Zina. Elle leva ses jolis yeux noisette vers le haut, et un petit pincement lui serra le cœur. Il restait encore deux étages à escalader avant le toit. Silène pouvait sauter de balcons en balcons, mais elle... Il faudrait grimper le long de la gouttière.

« Ne t'inquiètes pas, tout va bien se passer. Le plus dur est déjà fait. » voulu la rassurer Silène. Elle hocha la tête, ses couettes voltigèrent. Elle retroussa des manches imaginaires, comme dans les dessins animés qu'elle regardait parfois chez ses amies – Papa ne voulait pas qu'ils aient de télévision – et s'approcha du bord. Il faudrait se pencher légèrement pour attraper la gouttière. Elle essaya de prendre appui sur le mur, se pencha... Posa un pied. Elle tendit la main... Se cramponna à l'une des attaches. Ramena l'autre coté de son petit corps sur la gouttière. C'était bon, il ne restait plus qu'à grimper. C'était un peu comme une échelle aux tous petits barreaux, mais très espacés, elle devrait monter comme à la corde, et elle n'était pas très rassurée. Mais Silène avait déjà sauté sur le balcon du dessus et l'encourageait. Elle avait presque l'impression que si elle tombait, il saurait la rattraper. Elle grimpa, rampa, glissa, se rattrapa... Par moment, elle prenait appui sur le mur avec le pied. Elle put se reposer au premier balcon et repartir. Au deuxième, elle s'affala sur le sol après avoir enjambé la rambarde, sans se soucier que quelqu'un la remarque. La pièce de l'autre coté de la fenêtre était vide.

« Je suis fatiguée, Silène. J'ai très mal aux bras, gémit-elle. Il lui donna un léger coup de tête.

- Tu as été très courageuse. Ne t'inquiète pas, il ne reste plus qu'un tout petit mètre, ça sera une formalité. Tu te reposeras quand nous aurons vraiment fini. »

Zina souffla un bon coup. En effet, monter sur le toit fut facile : il lui suffit de se tenir debout sur la rambarde du balcon, d'accrocher une tuile, et elle était enfin arrivée, allongée sur les ardoises brûlantes. Le soleil l'éblouissait, elle avait l'impression que tout allait bien. Il faisait chaud... l'otarie lui revint en tête. Elle se redressa. Silène, un peu plus loin, discutait avec un groupe d'animaux – des écureuils. Leur pelage tout roux luisait au soleil, on aurait dit des feux-follets. Silène parlait avec trois d'entre deux, les deux autres, plus jeunes, jouaient dans leurs dos. Zina se mit difficilement debout – le toit était un peu pentu – et s'approcha. Les voix devinrent plus claire au fur et à mesure. Une des écureuils, la plus grosse, parlait pour les trois autres :

« Désolée, mais nous devons penser aux petits avant tout. S'attaquer au Rat, c'est au dessus de nos capacités.

- Je sais que tu es brave, Méline, et que tu tiens à protéger ta famille, mais il ne s'agit pas d'attaquer, seulement de faire diversion quelques secondes. Vous n'aurez même pas à l'approcher.

- Silène... J'ai toujours été la première à affirmer que nous saurions honorer notre dette, mais tu en demandes trop. »

Elle tourna sa petite tête vers Zina, qui était désormais à moins d'un mètre. « Qui est cette enfant ? » Silène ouvrit la  bouche, mais Zina le devança.

« Je m'appelle Zina, j'habite au dessus de la boulangerie.

- Enchantée, Zina. (Elle regarda à nouveau Silène) Je suis désolée. Mais ce n'est pas possible. »

Le chat cligna de l’œil, sa queue battit l'air nerveusement. « Tant pis. Au revoir, Méline. » Il s'apprêtait à faire demi tour, mais la petite fille refusa de bouger. Elle s'agenouilla pour se mettre à la hauteur de Méline, la Dame-Écureuil. Sa petite voix tremblait un peu :

« S'il-te-plaît, aide-nous à sauver l'otarie. Elle est toute seule sur le toit de la mairie, j'ai vraiment besoin de mon arrosoir. » Les oreilles de Méline étaient plaquées en arrière, ses yeux grands ouverts : elle n'avait pas l'habitude de voir un humain – même minuscule – de si près. Les autres écureuils s'étaient réfugiés plus loin, derrière une tuile qui dépassait, ils observaient la scène. « S'il te plaît, Madame Méline... » La Dame, un peu gênée, se tourna pour sonder ses compagnons du regard. Zina vit l'un d'eux hausser des épaules et l'autre acquiescer, et elle sut qu'elle et Silène avaient gagné.

« Nouk, tu restes ici. » lâcha Méline. L'un des gros écureuils acquiesça, et l'autre sortit prudemment de leur cachette pour rejoindre la Dame.

« Merci, Méline. » dit Silène. Il les guida au travers des toits, Zina dut même sauter au dessus d'une ruelle étroite... Le soleil de midi leur brûlait le dos. Ils arrivèrent bientôt au-dessus de la rue qu'ils auraient prise si le Gros Roi des Rats ne les avait pas vus. Zina glissa le long de la gouttière, soulagée de pouvoir enfin poser les pieds au sol. Les autres atterrirent souplement à ses cotés : ils étaient passés par les balcons.

La placette était restée identique : un disque de lumière s'étalait autour de la statue du Gros Roi des Rats. Les bâtiments autour dessinaient un cercle d'ombre, coupé çà et là par le jour des rues. Zina et les autres restaient derrière l'angle du mur. Ils observaient, effrayés, l'énorme statue posée sur son pilier. L'arrosoir multicolore était glissé entre ses pattes de devant. Méline se tourna vers Zina et Silène :

« Avec Diane, nous allons traverser la place en essayant de l'attirer. Nous traverserons deux rues avant de remonter sur les toits : hors de question de faire plus. Si le Rat nous suit, tant mieux, sinon, vous devrez trouver autre chose.

- Merci, Méline. Tu fais déjà beaucoup. »

Silène se tapit contre le sol alors que les deux écureuils s'aventuraient sur la place. Il murmura à Zina : « Quand le Gros Roi des Rats quittera son socle, cours le plus vite possible et reviens avec l'arrosoir. J'essaierai de l'occuper s'il revient avant. » Elle hocha la tête, un peu tremblante. Les écureuils avaient atteint le milieu de leur parcours sans se faire remarquer : d'un coup, ils poussèrent un cri aigu qui réveilla le Roi et filèrent comme des flèches. Ils s'engouffrèrent dans la rue en par laquelle étaient venus Zina et Silène la première fois. Le rat de pierre bondit de son piédestal à leur poursuite et disparut. L'arrosoir avait roulé au sol : aucune eau ne se déversait, mais Zina avait peur qu'il ne soit cassé. Elle courut le plus vite possible, le ramassa – il cria son nom, soulagé – et fit demi-tour. Les écureuils avaient réussi à distraire le Roi assez longtemps, elle put rejoindre Silène et ils filèrent le long de la rue le plus vite possible.

Ils débouchèrent en plein soleil, juste derrière la Mairie : Zina poussa un cri de joie. Un gros escalier de fer grimpait comme du lierre jusqu'au toit. Ils regardèrent à gauche-droite-gauche et traversèrent la route en courant – et en prenant soin de ne pas marcher sur les rayures du zèbre.

Zina s'arrêta au pied de l'escalier pour souffler un peu. L'otarie attendait, tout en haut, qu'on lui amène de l'eau. Ils commencèrent à monter, monter, monter, et ils s'arrêtaient de temps en temps pour que la petite fille puisse souffler un peu : ça faisait beaucoup de marches. Ils arrivèrent finalement sur le toit. Il y avait une petite terrasse avant d'accéder aux pentes de briques rouges. Silène suivit Zina quand elle s'y aventura. L'otarie était là. Elle avait légèrement glissé entre deux pentes pour glaner un peu d'ombre. Son corps blanc haletait à toute vitesse, gonflait, dégonflait... Elle était toute sèche, comme l'avait imaginé Zina, et sa fourrure ne reflétait plus aucune lumière. Ses yeux étaient mi-clos, elle avait de petites oreilles collées contre son crâne et ses moustaches tombaient tristement. Zina s'approcha doucement, même l'arrosoir se taisait. Elle s'agenouilla à coté de ce gros polochon tout doux, posa sa toute petite main dessus. L'otarie sursauta légèrement.

« Chuuuuuut... Chuuuuut, je suis là. » Zina murmurait de sa voix la plus douce, en caressant légèrement le poil blanc. A coté d'elle, Silène frotta leurs deux museaux l'un contre l'autre. Zina leva le bras qui tenait l'arrosoir et l'inclina légèrement. Un doux filet d'eau scintilla au soleil, se déversa sur la tête de l'otarie, puis sur tout son corps. Les gouttes d'eaux se perdirent dans sa fourrure les unes après les autres, mais certaines restaient accrochées au dessus et c'était comme de petites perles de lumière. Il restait un peu d'eau dans l'arrosoir à la fin : Zina la versa dans ses mains. Une petite langue rappeuse vient lécher ses paumes, ramasser les dernières gouttes. Ça chatouillait un peu.



Zina referma la porte de l'appartement derrière elle. Elle n'arrivait pas à quitter son sourire : elle se précipita dans la cuisine, courut dans les jambes de Papa en riant. Le douzième coup de midi sonna.



.
« Modifié: 02 Juin 2014 à 18:07:33 par Doctor Grimm »
Toute ma peau est maladésir.

Hors ligne Freeen

  • Aède
  • Messages: 238
    • Twitter
Re : Zina
« Réponse #1 le: 29 Janvier 2014 à 12:31:36 »
A mi-chemin entre le decalé et le fantastique, c'est une perle que tu me donnes a lire la O_o
On est parfaitement immergé dans le monde de cette petite fille, simple et touchant. J'avoue avoir plusieurs fois souri (lors du passage pour pietons ou de la peluche qui est envoyé sur le lit sans plus de menagement.)
On s'attache tres vite a Zina et on a du mal a la laissée partir a la fin du texte
Encore un grand bravo, tu as fait un tres bel ecrit ;)

Ps : Quelles etaient les regles du defi ?
I prefer to think that God is not dead, just drunk

Hors ligne Doctor Grimm

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 711
  • Reine solaire
    • Gribouillis
Re : Zina
« Réponse #2 le: 29 Janvier 2014 à 13:00:20 »
Hey, merci Freen, contente que ça t'ai plu  :)

L'intitulé était (en gros) :
Citer
Grimm, je te défie d'écrire un texte mignon et un peu WTF qui commence par "L'otarie n'avait pas bougé de toit de la mairie."

Merci pour ta lecture !
Toute ma peau est maladésir.

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 8 764
  • Prout
Re : Zina
« Réponse #3 le: 29 Janvier 2014 à 14:06:45 »
Comme je t'ai dit, j'ai beaucoup aimé.
Je vais un peu me répéter avec Freen : effectivement, c'est un très beau récit et je trouve que tu maîtrises bien le langage de Zina et le ton enfantin, même s'il me semble que tu t'es un peu relâchée parfois, en milieu de récit. En tout cas, même dans les moments un peu épique, on sent bien que ton personnage est une petite fille.
Je suis pas sûr d'avoir compris la fin mais c'est pas grave, très chouette lecture. (J'avais plein de trucs intelligents à dire mais je les ai oubliés.)
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

MillaNox

  • Invité
Re : Zina
« Réponse #4 le: 29 Janvier 2014 à 23:05:48 »
Bonsoir Doctor Grimm,
je viens de plonger à mon tour dans le monde de ta petite Zina...
j'ai trouvé ton texte très beau, très touchant. J'ai adoré ce côté onirique dans lequel les passages piétons sont des zèbres et où les jouets savent parler. L'eau qui ne coule qu'en fonction de la volonté de l'enfant... Ton ton m'a semblé juste, j'ai vraiment beaucoup aimé !
Une ou deux coquilles mais je ne les ai pas relevées au fur et à mesure...  :-[ je peux te dire qu'il y a un "baya" au lieu de "bailla" quelque part... les autres il faudrait que je relise...
Ton histoire, illustrée, elle ferait un magnifique livre pour enfant. je ne veux pas dire que ton texte est destiné aux enfants. en tant qu'adulte il m'a beaucoup plus ! mais en tant que maman, je vois défiler des tas de livres pour enfants où des texte qui parlent à la fois aux petits et aux grands sont vraiment mis en valeurs par des images. Je ne sais pas si je m'exprime bien mais c'est vraiment un compliment.  :)
Merci pour cette belle aventure !
Milla

Hors ligne Doctor Grimm

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 711
  • Reine solaire
    • Gribouillis
Re : Zina
« Réponse #5 le: 30 Janvier 2014 à 01:05:39 »
Loïc :

Citer
même s'il me semble que tu t'es un peu relâchée parfois, en milieu de récit.
Oui, je l'ai senti aussi, j'essaierai d'arranger ça quand j'aurais pris plus de recul.
Citer
(J'avais plein de trucs intelligents à dire mais je les ai oubliés.)
Oh, dommage  :huhu:

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de me relire et de commenter même si tu le connaissais déjà  :)

MillaNox :

Pas de souci pour les coquilles non relevées, je relirai d'ici deux ou trois semaines pour améliorer un peu le tout, sauf si quelqu'un me les pointe d'ici là ^^
Citer
Ton histoire, illustrée, elle ferait un magnifique livre pour enfant. je ne veux pas dire que ton texte est destiné aux enfants. en tant qu'adulte il m'a beaucoup plus ! mais en tant que maman, je vois défiler des tas de livres pour enfants où des texte qui parlent à la fois aux petits et aux grands sont vraiment mis en valeurs par des images. Je ne sais pas si je m'exprime bien mais c'est vraiment un compliment.  :)
Aaaaaaaah merci. Ca me fait super plaisir que tu dises ça, parce que j'ai vraiment essayé de retranscrire cette ambiance de dessin/dessin animé (des fois, je me suis dit que je plagiais honteusement Miyasaki, mais ça a pas l'air si flagrant ^^)... En tout cas, je prévois une petite illustration, type couverture, d'ici pas trop longtemps. Je la posterai sans doute !

Merci à toi d'être passée !
Toute ma peau est maladésir.

Hors ligne Humoramor

  • Calligraphe
  • Messages: 109
  • A la recherche du syndrome de la page noire
Re : Zina
« Réponse #6 le: 30 Janvier 2014 à 12:07:13 »
Bonjour,

Véritable bijou que ce texte! :) J'ai adoré le personnage et entrer dans le monde e Zina! J'aime la transition entre le moment où elle regarde par la fenêtre et où finalement tout semble normal mis à part l'otarie, et puis le moment où elle sort et où tout devient fantastique au fur et à mesure qu'elle avance. Silène est génial, tu as très bien retranscrit la personnalité d'un chat. J'ai vraiment beaucoup aimé te lire. Je n'avais d'ailleurs pas beaucoup de temps et quand j'ai vu la longueur de ton texte, j'ai failli retourner en arrière. Mais ensuite Zina et l'otarie m'ont intriguée et je suis ravie d'avoir pris le temps de lire! :)

Citer
des fois, je me suis dit que je plagiais honteusement Miyasaki, mais ça a pas l'air si flagrant ^^

Alors effectivement je trouve que tu donnes une ambiance très Miyasaki, mais je n'irais pas jusqu'à dire que tu le plagies, et je trouve ton style très efficace!

Quelques choses que j'ai notées:

Citer
Il y avait un gros tas de jouets dans le recoin entre son armoire et le mur
Je mettrais une virgule avant "entre son armoire et le mur"

Citer
Elle en sortir une paire de bottes jaunes en caoutchouc

Sortit, faute de frappe j'imagine ^^

Citer
Comme dans un dessin animé, elle avala sa salive en faisant un petit bruit étranglé.

Alors ici, je sais pas si je vais réussir à me faire comprendre, mais le "comme dans un dessin animé" m'a un peu dérangée.. On est dans ce monde incroyable que tu nous décris à travers les yeux de Zina. Personnellement, c'est tellement bien vu et bien écrit, que je ne me demande pas une seconde si c'est le monde réel, ou si c'est l'imagination de Zina, etc. etc. Je vis juste ton texte, tout simplement et ça marche. C'est pour ça que cette comparaison m'a un peu dérangée... Tout à coup on a une indication concrète "comme dans un dessin animé", qui je trouve arrête un peu l'étrangeté et la superbe originalité de ce monde. J'ai vraiment du mal a m'expliquer ^^ Je suis désolée.

En tout cas bravo et merci!


"Elle se moque de mourir. C'est vivre qu'elle veut. Et ce qu'elle veut, elle l'aura." - Alessandro Baricco, Océan Mer

Hors ligne Doctor Grimm

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 711
  • Reine solaire
    • Gribouillis
Re : Zina
« Réponse #7 le: 30 Janvier 2014 à 12:14:37 »
Salut !

Citer
Véritable bijou que ce texte! :) J'ai adoré le personnage et entrer dans le monde e Zina! J'aime la transition entre le moment où elle regarde par la fenêtre et où finalement tout semble normal mis à part l'otarie, et puis le moment où elle sort et où tout devient fantastique au fur et à mesure qu'elle avance. Silène est génial, tu as très bien retranscrit la personnalité d'un chat. J'ai vraiment beaucoup aimé te lire. Je n'avais d'ailleurs pas beaucoup de temps et quand j'ai vu la longueur de ton texte, j'ai failli retourner en arrière. Mais ensuite Zina et l'otarie m'ont intriguée et je suis ravie d'avoir pris le temps de lire! :)
Hiiiii merci !  :aah:

Citer
Je mettrais une virgule avant "entre son armoire et le mur"
Ah, j'avais justement préféré ne pas en mettre, je trouvais que ça coupait le souffle de la phrase...

Citer
Sortit, faute de frappe j'imagine ^^
Anéfet.

Citer
Alors ici, je sais pas si je vais réussir à me faire comprendre, mais le "comme dans un dessin animé" m'a un peu dérangée.. On est dans ce monde incroyable que tu nous décris à travers les yeux de Zina. Personnellement, c'est tellement bien vu et bien écrit, que je ne me demande pas une seconde si c'est le monde réel, ou si c'est l'imagination de Zina, etc. etc. Je vis juste ton texte, tout simplement et ça marche. C'est pour ça que cette comparaison m'a un peu dérangée... Tout à coup on a une indication concrète "comme dans un dessin animé", qui je trouve arrête un peu l'étrangeté et la superbe originalité de ce monde. J'ai vraiment du mal a m'expliquer ^^ Je suis désolée.
Non non t'excuses pas, j'ai compris ! En fait, j'avais mis cette comparaison pour faire ressortir un peu l'univers "dessin animé" du texte, mais en effet, ça coupe un peu l'immersion. Je vais l'enlever, tu as bien fait de me le faire remarquer ^^

Merci de ta lecture !
Toute ma peau est maladésir.

Hors ligne Rain

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 637
  • Perdu
    • Page Deviant Art
Re : Zina
« Réponse #8 le: 01 Février 2014 à 22:38:37 »
Salut ! Bon, je sais que tu veux pas spécifiquemlent de commentaire ultra détaillé, mais je sais pas commenter autrement  :P.
Alors c'est parti, le détail d'abord.

Dans son visage rond ses yeux se plissèrent.
Je trouve cette construction assez bizarre, parce que du coup on saisit pas bien si tu parles de Zina ou de l'otarie. Du coup, j'ai du la relire une ou deux fois pour être sûr de bien comprendre, je trouve pas ça méga intuitif.

 
Elle sauta au bas de son tabouret - elle était petite pour son âge et n'atteignait pas bien de bord de la fenêtre sans ça -, la moquette étouffa le bruit de ses pieds nus.
"Le bord de la fenêtre" plutôt . Sinon, je trouve la phrase trop longe avec la parenthèse au milieu, du coup je l'aurais coupée en deux (avec un point avant la moquette).

Zina se planta devant, attrapa un chat en peluche, dit « Pardon », et le jeta par dessus sa tête. Après un rebond contre le plafond, il atterrit sur le lit. « Pas grave », murmura-t-il.
Une peluche qui parle  :coeur:

  même sort fut réservé aux petites voitures, aux poupées et à ses cubes de bois coloré. Personne ne se fâcha quand Zina les bouscula. Elle finit par écarter un camion de pompier. Là derrière, tout bariolé, un peu poussiéreux, attendait un arrosoir.

« Hey, pst ! Ne m'oublie pas ! » fit une voix dans son dos.

Elle fit un rapide demi-tour, récupéra l'objet râleur, et sortit de la pièce.
C'est du pinaillage, mais du coup, on a encore le doute, est-ce que tu parles toujours de l'arrosoir ? Enfin, c'est assez évident, mais le doute nous effleure quand même, je pense que tu pourrais peut être trouver une meilleure formulation un poil plus claire.

« Ne me secoue pas comme ça ! » râla l'arrosoir.
Du coup t'as une répétition de râler. (Enfin, râleur/râler quoi).
Ses cheveux ébouriffés se dressaient au dessus de sa tête. Quand il sourit, son nez se fronça, faisant légèrement remonter ses lunettes.
Au-dessus. Je trouve la deuxième phrase un peu lourde, à cause du participe présent, mais je sais qu'on est pas d'accord là-dessus  :mrgreen:. Cela dit, je pense quand même que "son nez se fronça et fit légèrement remonter ses lunettes." est un peu plus fluide.

Elle avala sa salive en faisant un petit bruit étranglé, sa bouche était tordue de peur et tremblait un peu.
J'pense que tu peux en faire deux phrases.

Elle prit une grande inspiration, fit un grand sourire
Ca fait trois sourire en un seul paragraphe, je pense que tu peux en changer un.

Les pas des passants claquaient contre les pavés, une farandole de tissus colorés bouchait la vue de Zina.
Là aussi tu peux faire deux phrases, je pense. En fait, tu colles de temps en temps deux phrases qui n'ont pas vraiment de lien entre elle, et du coup c'est parfois un peu perturbant. Vu que c'est la même phrase, on en cherche un de lien, alors qu'en fait, ce sont deux idées différentes, même si elles véhiculent la même notion. Je sais pas si tu vois ce que je veux dire  :D

Un homme en complet rayé, des converses rouges aux pieds, des cheveux ébouriffés, finit par s'arrêter, la regardant avec des yeux curieux.
J'aime toujours pas les participe présent  :-¬? Je pense que ça coulerait mieux si tu coupais la phrase. "...finit par s'arrêter. Il la regarda avec des yeux curieux."

- J'essaie de passer pour aller arroser l'otarie », dit Zina.
Ca c'est un détail à la con, mais je me demande si la virgule vient pas avant le guillemet XD.

Elle zig-zagua entre les grandes personnes quelques secondes, puis s’arrêtât pour traverser la route.
Zigzagua, s'arrêta.

 
- Je voudrais voir Julie s'il-te-plaît ?  Et de l'eau qui ne se renverse pas ?»  Ce faisant, elle tendait son petit arrosoir bariolé – malgré ses protestations – dont la grenouille se saisit.
Quitte à faire dans le détail àlakon, manque un espace entre le point d'interrogation et le guillemet. Sinon, peut être plutôt "Ce disant" ? Et pourquoi cet imparfait plutôt qu'un passé simple ? Je le trouve un peu étrange.

Elle adressa un sourire éclatant à Zina, et lui tendit son arrosoir. Sa peau écaillée luisait au soleil.
Répétition de "tendit" du coup.

Zina acquiesça tout au long de cette explication, tentant de retenir toutes les informations. Quand Julie se fut tue elle sourit, fit « oui oui » de la tête une dernière fois, et partit en criant un « Merci Julie ! » dans son dos. La sirène leva un bras écailleux pour lui dire au revoir et replongea dans les profondeurs de la fontaine, sa queue de poisson faisant quelques éclaboussures.
J'trouve les deux premières phrases plutôt lourdes mais j'ai pas d'idée là comme ça pour t'aider. Dans la troisième j'aime pas le participe présent  :mrgreen: (Tu noteras que je les relève pas tous, ceux que je relève pas passent bien).

Zina ne savait pas trop quoi faire. Elle hésitait à rendre visite à Silène, le chat borgne du quartier de l'opéra qu'elle n'avait pas croisé depuis longtemps, ou aller directement derrière la mairie vérifier si il y avait un escalier.

Hésiter entre quelque chose et/ou autre chose passe peut être mieux niveau grammatical, mais là je m'avance peut être un peu trop XD. Et sinon, "S'il y avait un escalier". La contraction est un poil plus fluide.

Elle était un peu fatiguée, aussi, à force de courir dans tous les sens et de se faufiler entre cette masse de grandes personnes.
Se faufiler entre une masse, c'est bizarre XD. Dans cette masse ?

tip tap tip tap
tipetipe tip tap tip tip tap

Il sursauta légèrement et tourna ses yeux de chouette vers elle. Son regard fit un aller retour entre sa ficelle et la petite fille, qui tenait un arrosoir plein d'eau sur ses genoux.
Aller-retour. (There and back again, by Bilbo Baggins... bref).

Dis moi petite fille, tu ne comptes pas m'arroser avec ton eau ?
Dis-moi.

Zina secoua la tête avec son grand sourire, ses couettes s'agitèrent dans l'air.
Encore deux phrases qui pourraient être séparées par un point.

Elle retourna totalement l'arrosoir au dessus de ses genoux – il cria un peu, indigné de se voir secoué pour  distraire un petit vieux –, pas une goutte ne tomba.
Je pense que tu peux remplacer la virgule par un mais : une virgule après un tiret ça fait toujours bizarre, et ça permet de retrouver plus facilement un lien logique avec ce qui se passait avant la parenthèse.

Il montra un immense bouquet de tournesols rabougris et Zina se demanda comment elle ne l'avait pas vu plus tôt.
Comment elle n'avait pas pu le voir plus tôt, ou pourquoi elle ne l'avait pas vu plus tôt. Mais un mix des deux ça me paraît bizarre.

« Des fois je me demande si il n'a pas été là à un moment, si je l'ai manqué. » chuchota-t-il.
S'il. La fin de la phrase passerait mieux avec les négations explétives (bouh le gros mot), "si je ne l'ai pas manqué". Mais je sais jamais si c'est correct ou pas. Il me semble que oui.

Petite-fille et Vieux-monsieur regardent la fontaine côte à côte.
:coeur:

Puis Zina se rappela de l'arrosoir posé sur ses genoux, et de la mission qu'elle s'était donnée. Doucement, elle pressa le pouce une dernière fois et le lâcha.

« Je dois arroser l'otarie, chuchota-t-elle. Je suis sûre que ton rendez-vous galant sera là bientôt. »

Elle s'éloigna à petit pas.
Petits pas ? Mais là j'ai un doute.

« Pourquoi es-tu venue à moi ? (Zina voulu rire mais se retint. Il parlait toujours comme une grand-tante riche – dans son esprit de petite fille, toutes les grand-tantes riches parlaient comme un dictionnaire, ou comme une reine elfique)

- Je veux monter sur le toit de la Mairie. Il y a une otarie coincée. (Silène cligna des yeux)

- Eh bien, il te suffit d'escalader un marronnier, tu y accéderas facilement... (En voyant l'expression un peu perdue de Zina, son museau prit cet air si hautain qu'il affichait parfois) Ah ciel, ça m'était sorti de l'esprit. Tu ne peux pas, évidemment. (Et sa queue s'agita encore, ses oreilles bougèrent, il réfléchissait) Il te faut quelque chose pour monter avec tes pattes de derrière, puisque tu n'as pas de griffes, et que tu es pataude, quelque chose d'horizontal puisque tu n'as quasiment pas d'équilibre, quelque cho-... »
C'est marrant ce choix soudain de mettre des parenthèses partout alors que tu ne le fais jamais avant  :D

Ils commencèrent à contourner la place, en restant le plus possible dans l'ombre des grands bâtiments qui se dressaient autour d'eux, mais un moment une autre petite rue s'ouvrait et laissait déferler le soleil
Y'a un bug dans la phrase, non ? "mais un moment une autre petite rue s'ouvrait" il me semble qu'il manque quelque chose.

Ils hésitaient un peu, tous deux connaissaient le Gros Roi des Rats, et comment il savait repérer les intrus.
J'pense que tu peux couper cette phrase et remplacer la première virgule par un point.

 
Ils soufflèrent un bon coup, soulagés. Ils s'étaient un peu éloignés de la Mairie
Je suis pas sûr que tu mettais une majuscule à Mairie, jusque-là.

Zina fronça les sourcils et tapa du pied, comme une enfant, se dit Silène, avant de réaliser que c'est bien ce qu'elle était.
Avant de réaliser que c'était bien ce qu'elle était.

« Très bien. Suis moi. »
Suis-moi.

- Bon. Mais après, tu montes, nous sommes d'accord ? (Elle hocha la tête, volontaire.) Nous allons chercher de l'aide, pour divertir le Rat quand tu iras
récupérer ton arrosoir.
Alerte au bug ! (Et c'était Dis-moi dans la phrase juste avant.)

Elle tenait à peu près droit, en équilibre sur l'attache, le rebord n'était plus qu'à une dizaine de centimètres de sa petite main tendue.
Encore deux phrases que tu peux séparer avec un point à la place de la deuxième virgule.

 
« Merci, Méline. » dit Silène. Il les guida au travers des toits, Zina dut même sauter au dessus d'une ruelle étroite... Le soleil de midi leur brûlait le dos. Ils
arrivèrent bientôt au dessus de la rue qu'ils auraient prise, si le Gros Roi des Rats ne les avait pas vus. Zina glissa le long de la gouttière, soulagée de pouvoir enfin poser les pieds au sol. Les autres atterrirent souplement à ses cotés : ils étaient passés par les balcons.
Bug. Au-dessus. J'enlèverais la virgule avant "Si le Gros Roi des Rats..."

Les bâtiments autour dessinaient un cercle d'ombre, coupé ça et là par le jour des rues.
çà et là.

« Quand le Gros Roi des Rats quittera son socle, cours le plus vite possible et reviens avec l'arrosoir. J'essaierai de l'occuper si il revient avant. »
S'il.



Chouette lecture, vraiment ! J'ai bien aimé à la fois le ton, l'écriture, c'est bien maîtrisé tout le temps, c'est joli et poétique avec des chouettes phrases un peu partout. Bref, c'est kwool.
Par contre, je suis pas sûr d'avoir compris la dernière phrase non plus, ni comment tout a pu se passer entre les douze coups de midi, c'est à dire en une ou deux minutes mais à part ça je l'ai trouvé très chouette de bout en bout (je suis un peu jaloux XD).
Tu as pensé à le soumettre à un AT, voire à AOC ou à une maison d'édition genre Voy'el ? Je pense sincèrement qu'il aurait toutes ses chances si un jour tu as envie de le lâcher dans le vaste monde.
Perdu

Hors ligne Doctor Grimm

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 711
  • Reine solaire
    • Gribouillis
Re : Zina
« Réponse #9 le: 01 Février 2014 à 23:42:51 »
Ayé, c'est corrigé !

J'ai gardé mes phrases séparés par des virgules parce que je trouve que la coupure du point est trop drastiques, mais pour le reste je t'ai écouté  :mrgreen: (oui, même pour les participes présent qui passaient pas)

Citer
C'est du pinaillage, mais du coup, on a encore le doute, est-ce que tu parles toujours de l'arrosoir ? Enfin, c'est assez évident, mais le doute nous effleure quand même, je pense que tu pourrais peut être trouver une meilleure formulation un poil plus claire.
En fait, j'ai bloqué dessus un moment, mais je voyais aucun moyen de faire autrement sans répéter "arrosoir"... Parce que hein, tu vas rire, mais le seul synonyme c'est "chantepleure" alors bon.

Citer
Là aussi tu peux faire deux phrases, je pense. En fait, tu colles de temps en temps deux phrases qui n'ont pas vraiment de lien entre elle, et du coup c'est parfois un peu perturbant. Vu que c'est la même phrase, on en cherche un de lien, alors qu'en fait, ce sont deux idées différentes, même si elles véhiculent la même notion. Je sais pas si tu vois ce que je veux dire  :D
Je vois je vois. Mais c'est la coupure du point qui m'embête en fait, ça ferait des phrases trop courtes, trop abruptes...

Citer
Ca c'est un détail à la con, mais je me demande si la virgule vient pas avant le guillemet XD.
Ah, je sais pas du tout non plus  :o
Après vérification, ça a l'air d'être après. Mais je sais pas si le site vaut grand chose.

Citer
Et pourquoi cet imparfait plutôt qu'un passé simple ? Je le trouve un peu étrange.
Je sais pas, je crois que c'était histoire de donner une image un peu figée de la scène. Comme si le mouvement était déjà fait, et pas en train. Mais oui, ça fait un peu bizarre.

Citer
Y'a un bug dans la phrase, non ? "mais un moment une autre petite rue s'ouvrait" il me semble qu'il manque quelque chose.
Oui, il manquait un "à" en fait  :huhu:

Citer
Chouette lecture, vraiment ! J'ai bien aimé à la fois le ton, l'écriture, c'est bien maîtrisé tout le temps, c'est joli et poétique avec des chouettes phrases un peu partout. Bref, c'est kwool.
Par contre, je suis pas sûr d'avoir compris la dernière phrase non plus, ni comment tout a pu se passer entre les douze coups de midi, c'est à dire en une ou deux minutes mais à part ça je l'ai trouvé très chouette de bout en bout (je suis un peu jaloux XD).
Tu as pensé à le soumettre à un AT, voire à AOC ou à une maison d'édition genre Voy'el ? Je pense sincèrement qu'il aurait toutes ses chances si un jour tu as envie de le lâcher dans le vaste monde.
Yeah, merci beaucoup !
Pour la dernière phrase, j'y ai pas vraiment réfléchi. C'est juste que tout au long du texte, je me suis dit que ça se passerait pendant les douze coups de midi. Alors peut être que Zina est dans un monde où le temps passe très lentement, ou peut être qu'elle a juste rêvassé dans l'escalier, ou peut être qu'elle a mis une journée entière de midi à midi (mais j'en doute), bref, c'est surtout pour rajouter un peu au coté onirique du texte.
Oui, j'envisage potentiellement de l'envoyer à une maison d'édition qui ferait des albums illustrés, mais je sais pas trop où... Pour un AT j'ai peur qu'il soit un peu long  ^^ Mais oui, j'ai bien l'intention d'en faire quelque chose en tout cas, j'attends juste d'avoir quelques retours et de le mûrir encore un peu.

Merci beaucoup d'avoir pris tout ce temps !
Toute ma peau est maladésir.

Hors ligne Rain

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 637
  • Perdu
    • Page Deviant Art
Re : Zina
« Réponse #10 le: 02 Février 2014 à 01:17:38 »
Citer
Je vois je vois. Mais c'est la coupure du point qui m'embête en fait, ça ferait des phrases trop courtes, trop abruptes...
Ben ouais, mais - c'est un avis purement personnel, hein - je trouve que la virgule passe pas mieux. Ca donne un même souffle pour deux choses différentes. Enfin, je suis peut-être trop carré, mais je sais qu'à chaque fois, ça me bloque un petit peu dans ma lecture, parce que j'ai l'impression qu'on me coupe au milieu de ma pensée pour l'orienter dans une autre direction, alors qu'on m'a fait croire avec la virgule qu'elle allait continuer tout droit. Y'a sûrement d'autres moyens que le point pour séparer les phrases si tu n'aimes pas la pause qu'implique le point, mais à mon avis, il faut que tu trouves des trucs pour casser l'espèce de continuité qu'implique la virgule et qui ne se retrouve pas dans tes phrases. Parce que souvent, quand on pose une phrase avec juste une virgule, c'est qu'on va avoir un complément derrière, et pas une autre phrase différente.

Enfin voilà, c'est vraiment une sensation très personnelle, hein, t'en fais ce que tu veux, je suis visiblement le seul à tilter XD. Pour la dernière phrase, ok, c'est pas forcément très gênant, mais on sent un peu que c'est pas forcément prévu, quand même. Je veux dire, on pourrait ne pas trop comprendre mais l'accepter tout de suite, parce que c'est quand même prévu par l'auteur et donc même si l'explication est cachée, on l'accepte. Là (attention, c'est du pinaillage puissance mille, en vrai on le sent pas tant que ça), on se pose quand même des questions en arrivant, on se demande quand même où tu veux en venir, et l'ambiance onirique que ça veut poser en pâtit peut être un peu. Ca tient pas forcément à grand chose, ton texte recèle de références étranges, essayent de caler un ou deux détails tout au long du texte. Y'a bien l'horloge cassée au début, mais on l'oubli vite, et arrivés à la fin on s'en souvient pas du tout. Avec un ou deux petits détails de ce genre cachés dans ton texte, ou les coups de midi qui résonnent lentement (et font un peu stresser Zina) ou autre, hein, ça aiderait peut-être, pas forcément à avoir une explication, mais à accepter cette histoire comme un petit passage hors du temps.

Enfin, voilà, c'était juste mon avis après tout, mais peut être qu'il t'aidera quand même un peu  :D



Pour les AT, je suis pas sûr que AOC aient une limite contrariante, faut regarder. Pour les maisons, je connais pas qui font des albums illustrés, faut demander à Anlor sans doute  :D. Voy'el, dont je parlais, font de l'édition numérique, donc c'est sans doute pas ce que tu cherches. AOC illustre la plupart de ses textes, mais c'est sans doute pas ce que tu cherches non plus. Bref. En tout cas, ça vaut le coup que tu tentes, il est chouette !
« Modifié: 02 Février 2014 à 01:20:26 par Rain »
Perdu

Hors ligne Kerena

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 675
  • Schrödinger cat
    • Dans les nuages
Re : Zina
« Réponse #11 le: 10 Février 2014 à 13:32:18 »
Coucou Soleil,

depuis le temps que je devais passer lire ton texte, c'est chose faite :huhu:

Je n'ai pas grand-chose à dire, c'est vraiment tout mimi, j'adore la façon dont c'est raconté, on plonge dans l'univers de Zina et c'est super.
Je l'ai juste trouvé un peu long au milieu, mais sinon, la plongée dans ce monde de Bisounours était tout à fait charmante. :huhu:

Merci pour ce texte !
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne Doctor Grimm

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 711
  • Reine solaire
    • Gribouillis
Re : Zina
« Réponse #12 le: 10 Février 2014 à 14:20:20 »
Rain :

Citer
Pour la dernière phrase, ok, c'est pas forcément très gênant, mais on sent un peu que c'est pas forcément prévu, quand même. Je veux dire, on pourrait ne pas trop comprendre mais l'accepter tout de suite, parce que c'est quand même prévu par l'auteur et donc même si l'explication est cachée, on l'accepte. Là (attention, c'est du pinaillage puissance mille, en vrai on le sent pas tant que ça), on se pose quand même des questions en arrivant, on se demande quand même où tu veux en venir, et l'ambiance onirique que ça veut poser en pâtit peut être un peu. Ca tient pas forcément à grand chose, ton texte recèle de références étranges, essayent de caler un ou deux détails tout au long du texte. Y'a bien l'horloge cassée au début, mais on l'oubli vite, et arrivés à la fin on s'en souvient pas du tout. Avec un ou deux petits détails de ce genre cachés dans ton texte, ou les coups de midi qui résonnent lentement (et font un peu stresser Zina) ou autre, hein, ça aiderait peut-être, pas forcément à avoir une explication, mais à accepter cette histoire comme un petit passage hors du temps.
D'acc, j'essaierai d'arranger ça quand je le rebosserai. Merci ^^


Soleil :
Coucou Soleil,

depuis le temps que je devais passer lire ton texte, c'est chose faite :huhu:

Je n'ai pas grand-chose à dire, c'est vraiment tout mimi, j'adore la façon dont c'est raconté, on plonge dans l'univers de Zina et c'est super.
Je l'ai juste trouvé un peu long au milieu, mais sinon, la plongée dans ce monde de Bisounours était tout à fait charmante. :huhu:

Merci pour ce texte !

Yeah, merci à toi d'être passée le lire !  :)
Toute ma peau est maladésir.

Hors ligne Scribouille

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : Zina
« Réponse #13 le: 10 Février 2014 à 18:28:18 »

J'ai apprécié la lecture de votre texte, juste un petit détail;

Citer
. Quatre à quatre, Zina descendait les marches.       

Cela contraste ( je trouve) avec la description physique de Zina au début de votre texte.

Citer
.   Elle sauta au bas de son tabouret - elle était petite pour son âge et n'atteignait pas bien le bord de la fenêtre sans ça   

Merci.

« Modifié: 10 Février 2014 à 18:34:10 par Scribouille »

Hors ligne voile59

  • Troubadour
  • Messages: 339
Re : Zina
« Réponse #14 le: 10 Février 2014 à 19:02:37 »
Bonsoir

Juste pour dire bravo. C'est tellement compliqué de faire simple et enfantin sans être simpliste et infantile.
J'ai beaucoup aimé.
Avant de juger l'indien, Chausse ses mocassins

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.022 secondes avec 15 requêtes.