Voilà une première partie concernant le personnage d'Ellie, je pense en poster deux, sur ce même sujet! La lecture devrait être compréhensive même pour ceux qui n'ont pas lu " Le début de la fin ". Je ne sais pas trop où je vais mais bon, on verra!
A vos critiques! 
De petites vagues se formaient autour de cet obstacle couleur de porcelaine, l'écume brunâtre tournoyait avec force et débordait même, jusqu'à s'écraser un peu plus bas.
Ellie fit glisser son doigt sur les gouttelettes de café qui s'étaient égarées et les déposa sur ses lèvres pour ne perdre aucune saveur de son réveil matin. Les cheveux en bataille, les yeux bouffis par la fatigue, un dernier jour de travail et elle serait enfin en vacances. Un an qu'elle les attendait.
La jeune femme s'était reprise en main depuis bientôt deux ans, ses virées nocturnes étaient de plus en plus rares, - simplement pour un anniversaire d'un de ses amis ou jeune collègue – et son quotidien bien plus raisonnable et stable. Elle en était même devenue ambitieuse. Aujourd'hui, ça faisait dix-huit mois qu'elle avait laissé Michael à son petit journal local pour élargir son horizon professionnel.
Through dark and light I fight to be
So close
Shadows and lies mask you from me
So close
Bath my skin, the darkness within
So close
The war of our lives no one can winCet air si mélancolique et mystérieux, il était fait pour elle. Toute personne normale ressentirait ces émotions en l'écoutant. Pas elle, pas Ellie. Chaque matin, après avoir attachés ses cheveux en bataille, après s'être maquillée décemment, et habillée d'une façon bien particulière mélangeant un esprit bohème et classe, elle partait, accompagné de cette voix si mystique. Elle l'écoutait en boucle, le sourire aux lèvres, l'esprit ailleurs. Ça, elle ne l'avait pas changé.
Un grand bâtiment de six étages, se dressait devant elle, comme les cinq matins par semaine où elle devait aller travailler. Elle enleva, un à un ses écouteurs, délicatement, afin de profiter jusqu'au bout de la musique qui la berçait.
A 28 ans, Ellie n'avait toujours pas d'attaches sentimentales, seulement son travail de journaliste. Maintenant elle travaillait pour M. Tinmai, un homme d'un âge déjà bien avancé, bedonnant et grisonnant. Il avait toujours l'air aigris et lassé. Sûrement, quand on l'écoutait, parce qu'il savait tout sur tout et ne pouvait jamais avoir tort. L'égoïsme du quinquagénaire exaspérait et amusait Ellie, c'est dans ces moments là que Michael lui manquait, sa sympathie et son manque d'autorité ; tout le contraire de son nouveau patron à qui elle n'avait jamais parlé en dehors de son entretien. Ils se contentaient de communiquer par articles et écrans interposés. Bons nombres de mails, sans aucune chaleur, étaient échangés entre eux, et cela simplement lorsque M. Tinmai avait un reproche à faire, qui, soit dit en passant était d'une énorme inutilité, mais son machisme envers les femmes se devait d'être mis en avant d'une façon ou d'une autre. Ellie en avait fait des sacrifices pour cette nouvelle vie, elle avait dû renoncer à une partie de sa liberté, elle se devait d'être sérieuse si elle voulait continuer son ascension et concrétiser certains de ses rêves qu'elle gardait pour elle. Mais demain elle partirait, pendant un mois, laissant M. Tinmai s'en prendre à quelqu'un d'autre, pour son plus grand plaisir.
Des spirales qui s'entrechoquent, une atmosphère bercée de noir et de blanc, mélangeant pureté et mystère surplombant une multitude de matières plus différentes les unes que les autres. Certaines colorées, d'autres plus sombres, ou encore douces. Ellie était entrain de finir sa valise, sans prise de tête. Elle savait qu'elle avait tout ce dont elle aurait besoin, le plus important était là ; son cahier.
Cette jeune femme imprévisible avait longuement hésité sur la destination de ses vacances. A présent, elle avait les moyens de se payer une destination de rêve – comme s'exposer sous le soleil des Maldives, ou crapahuter dans les Fjords en Islande – mais non, elle avait tout bonnement choisit la Russie. Ce pays qu'un jour elle avait promit d'aller voir. Elle ne savait plus pourquoi, ni avec qui elle aurait dû s'y rendre, mais elle le faisait aujourd'hui, seule.