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Auteur Sujet: L'Etranger (Albert Camus)  (Lu 34156 fois)

Hors ligne Gros Lo

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Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #15 le: 06 Mai 2012 à 22:47:35 »
Citation de: Mélo
Merci pour l'extrait pehache ! Qui l'a écrit ?

Je trouve le point de vue intéressant mais pas satisfaisant...

c'est l'effet Sartre :mrgreen:

Moi, Meursault je le trouve humain, ce que j'ai perçu du bouquin c'est que le début (le détachement de l'incipit blabla) est une sorte de pudeur systématisée, et surtout qu'un meurtrier c'est n'importe qui, c'est vous, ou moi, et je trouve le message non pas accablant mais formidablement humain. Bref.
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Elisa

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Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #16 le: 26 Juin 2014 à 15:18:01 »
Bonjour! :)
j'aimerai simplement savoir s'il y a une quête initiatique dans ce roman? et si cette quête parle de vérité?

Aahraz

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Re : Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #17 le: 26 Juin 2014 à 15:47:40 »
Bonjour! :)
j'aimerai simplement savoir s'il y a une quête initiatique dans ce roman? et si cette quête parle de vérité?
Bien sur que oui. Il semble évident que le champ lexical de la mort et le fait que le roman commence par "Maman est morte..." indique un besoin, pour le personnage, de cheminer petit à petit sur le parcours de l'insensibilité maladive. En effet, le passage du "meurtre" et les jugements incessants des hommes sur le narrateur qui n'a en fait comme base que son silence profond et sa reflexion interne, conduisent le lecteur à mener une quête de vérité avec lui : peut-on condamner l'absence de peine, de remords, la peur ? Il faut bien voir que Camus, tout au long du livre, dresse des indices qui rappellent le jugement dernier (le juge d'instruction, le directeur) comme les boss finals d'un RPG, d'une quête initiatique profonde sur l'absurde, les jugements de valeurs et la justesse des sentiments. De même, mersault n'a pas de prénom, et semble toujours porté sur l'ennui et sur l'inventaire de ses non-sentiments, de son non-ressenti, de son décalage à la morale de l'époque. D'ailleurs, il est représentatif de l’homme absurde peint dans Le Mythe de Sisyphe, l’absurde naissant "de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde."
Ce qui amène la problématique réelle du livre : est-ce que la vérité est la même pour tous, à partir d'un même Pokedex?
C'est en cela, au fond, que l'on peut rapprocher Mersault de Sacha, et donc L'étranger de Pokemon.

Si tu mets ça comme plan à ton devoir et que tu développes un peu plus, je pense que tu peux avoir un 20. Facile.
« Modifié: 26 Juin 2014 à 15:51:31 par Aahraz »

Hors ligne Elisa

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Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #18 le: 26 Juin 2014 à 16:17:15 »
Merci pour ta réponse :), si j'ai bien compris comme tu le dis Meursault a une quête initiatique profonde sur l'absurde qui n'aboutit qu'à sa mort? c'est à dire que sa quête échoue, que sa recherche de compréhension du sens de tout ce qui l'entoure, et de ce qu'il est, aboutit à rien d'autre que sa mort.

Hors ligne Meilhac

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Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #19 le: 26 Juin 2014 à 16:54:17 »
Tu as une dissert' à faire, Elisa ?  ;)
si oui donne nous le sujet exact, on pourra peut-être t'aider.
et si non, ne te prends peut-être pas exagérément la tête à chercher à tout prix des "réponses", laisse toi bercer par la langue un peu sèche, un peu décantée, et émouvante, de ce très très beau bouquin.
C'est justement, entre autres, parce qu'il ne donne pas beaucoup de réponses que camus nous émeut, nous fait toucher du doigt l'absurdité (sans nous l'"expliquer", juste en nous la faisant sentir) de la vie, de la condition humaine, de la morale, etc.
dire que le personnage de meursault mène une quête initiative profonde, ça me semble pas très facile à défendre, comme thèse. il ne mène rien de particulier, il ne cherche rien de particulier, il essaye juste d'être un peu sincère, il ne fait pas semblant d'éprouver des trucs qu'il n'éprouve pas.
fais comme lui :--) ! à mon humble avis, ne cherche pas à tout prix de grandes réponses à ce que seraient de grandes questions. lis le livre tranquillou, laisse toi bercer, laisse toi émouvoir par le côté très sincère et un peu autiste du héros, et tu devrais kiffer.  :)
« Modifié: 26 Juin 2014 à 17:29:01 par Meilhac »

Aahraz

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Re : Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #20 le: 26 Juin 2014 à 16:59:05 »
Merci pour ta réponse :), si j'ai bien compris comme tu le dis Meursault a une quête initiatique profonde sur l'absurde qui n'aboutit qu'à sa mort? c'est à dire que sa quête échoue, que sa recherche de compréhension du sens de tout ce qui l'entoure, et de ce qu'il est, aboutit à rien d'autre que sa mort.
Nan en fait je suis parti un peu au 72ème degré parce que ta question faisait vachement "hey, on m'a posé un truc pour un devoir, vous pouvez y répondre?" xD


En gros, et j'ai jamais été plus loin que la seconde donc va falloir creuser un peu sans moi pour ton devoir (d'autant plus que ça fait perpet' que je l'ai pas lu), c'est surtout une quête initiatique sur le sens de la vie, une fois sa mère morte (donc livré à lui-même, et il ne ressent pas une terrible peine à la mort de sa mère je crois, il ne pleure pas, et c'est remarqué au tribunal où on l'accuse de meurtre plus tard), il ira en quête de sensations, de sentiments, pour donner un sens à sa vie devenu morose (dont il ne se plaint pourtant jamais) Malgré tout, il y plongera socialement, puisque les évènements qu'il subit (le soleil, le couteau tendu, la peur avec son ami qui le poussent à tirer) le font condamner à mort. En un sens, tu peux partir sur l'écoeurement ressenti à voir un homme subir autant sa vie, sans jamais chercher à la chevaucher. Pour moi, c'est une sorte de thèse sur le rapport à tes décisions, tes actes, et les jugements des pairs qui ne cesseront d'interpréter les faces que Mersault leur montre (et qu'on sait fausse, puisqu'on ressent ce qu'il ressent).

La quête fini à la mort, et pas n'importe laquelle : il me semble que le bouquin finit sur l'espoir de voir une foule haineuse assister à son execution, et sur "j'ai vécu de la seule manière qu'il m'était possible." C'est un cheminement subi plus qu'une quête de la fatalité, de l'absurde dans les comportements, qui mène à des situations ubuesques et des non-sens stupéfiants.

Je dis surement d'énormes conneries, et m'est d'avis que tu as d'autres ficelles pour tirer toi-même un truc de tes questions ;)
Et si t'as pas lu le bouquin, fais-le, il est excellent et assez cool à lire.
« Modifié: 26 Juin 2014 à 17:02:11 par Aahraz »

Hors ligne Elisa

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Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #21 le: 26 Juin 2014 à 19:46:43 »
J'ai lu le bouquin bien sûr ;) et je n'ai pas de dissert à faire dessus, pour le moment en tout cas. C'est pour un oral de français où ma prof à mit l'étranger dans une même séquence que le rouge et le noir. Et je cherchais à comprendre le rapport entre les deux, car il y en a apparemment un: la quête initiatique... :) voilà. Et merci de vos réponses :)

Hors ligne Rémi

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Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #22 le: 26 Juin 2014 à 22:05:29 »
Dans les différentes réponses, un élément ne me semble pas beaucoup mis en avant : l'écriture est magnifique.
Par exemple la première phrase du roman. Ok, Camus introduit d'entrée le thème "Meursault", mais le choix des mots, le rythme, c'est terrible, du grand art non ? Quel choc pour démarrer ! Ensuite, les ambiances (dans la pièce où il se recueille devant sa mère défunte... la chaleur sur la plage...) !

Est-ce que Sartre considèrait Meursault comme un Salaud (spectateur de son destin) ou comme un Lâche (pétri de mauvaise foi) ou ni l'un ni l'autre ?
La liberté, les autres... Bien sûr que les thématiques sont partagées avec Sartre ici. Mais là où l'un dit "l'enfer c'est les autres", il me semble que l'autre répond : "regardez et faites-vous votre idée" !

La quête initiatique (comme tu l'appelles Elisa) est pour le lecteur dans L'étranger ! C'est aussi cela qui fait tout l'art de Camus. Si le lecteur ne part pas en quête d'ailleurs, il risque de s'ennuyer (peu de péripéties Cf. msges précédents  ;) ).

Rémi
« Modifié: 26 Juin 2014 à 22:08:36 par RémiDeLille »
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #23 le: 27 Juin 2014 à 13:30:45 »
Et je cherchais à comprendre le rapport entre les deux, car il y en a apparemment un: la quête initiatique... :) voilà.
mmh ça m'étonne un peu. je serais curieux de savoir en quoi la quête initiatique est un thème de l'étranger. a priori je ne vois pas trop en quoi il y a une quête de quoi que ce soit dans l'étranger. pas chez le héros en tout cas il me semble. 8)
(et Rémi a l'air plutôt d'accord avec moi d'ailleurs ; si vraiment on veut à tout prix mettre de la "quête initiatique" dans l'étranger, il faut aller voir du côté du lecteur ; mais bon à ce moment là n'importe quel bon livre, au sens où il apporte des réponses et/ou aide à vivre, contribue à ce que serait une "quête initiatique" du lecteur).
("quête initiatique" d'ailleurs, c'est quand même une expression assez reulou :--). quêter, chercher... en littérature comme ailleurs, c'est pas forcément quand on "quête" ou quand on "cherche" qu'on trouve, il me semble ; plutôt quand on s'abandonne, entre autres (cf. nietzsche, "depuis que je suis fatigué de chercher, j'ai appris à trouver" (gai savoir)).
 8)
« Modifié: 27 Juin 2014 à 13:37:17 par Meilhac »

Hors ligne Elisa

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Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #24 le: 27 Juin 2014 à 14:42:47 »
Je viens de relire la dernière partie du livre, et ne n'y trouve pas de quête véritable, non, si ce n'est que Meursault tente d'être lui même, c'est à dire de dire la vérité, car il n'a conscience que d'elle je trouve. Il tente d'être seulement lui, mais ça l'empêche de finir sa vie "normalement"... non? et peut-être que le rapport avec Julien Sorel dans le rouge et le noir c'est que les deux sont condamnés à mort, mais que l'un a réussit son ascension sociale (julien sorel) et meursault non.. enfin bon pour moi ce sera cela car marre de chercher et oui peut être qu'il falle arrêter de chercher pour trouver ;)

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #25 le: 27 Juin 2014 à 14:55:29 »
arrêter de chercher pour trouver ;)
et puis même, y a pas grand chose à trouver je pense, à part le plaisir de la langue.
et pour ça dans l'étranger y a de quoi faire, très beau livre  :)

Hors ligne Elisa

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Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #26 le: 27 Juin 2014 à 21:19:26 »
Oui j'ai aimer ce livre pour ses mots, et son histoire étrange :) en tout cas merci à tous pour vos réponses qui ont permis de m'aiguiller !:)

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Re : Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #27 le: 17 Août 2014 à 14:57:19 »
moi j'avais pas vraiment aimé...
j'ai eu la même réaction que Milora en lisant ce bouquin
peut-être que je devrais retenter, sait-on jamais...
ben du coup je l'ai relu cet été et cette fois-ci j'ai beaucoup plus réussi à rentrer dedans. Je crois que par rapport à la première fois, j'ai plus fait attention au style et que du coup j'y ai plus vu d'intérêt. Y a des passages que j'ai trouvé assez touchants, au début et surtout à la fin avec la narration du procès où le titre prend pleinement son sens.
C'est pas devenu un coup de coeur pour autant mais ça m'a au moins permis de me réconcilier avec Camus donc je vais pouvoir aller regarder ses autres oeuvres avec moins d'a priori négatifs.

Et comme Lo et Vera, je trouve que l'absurde passe quand même largement au second plan. Je connais mal Camus, c'est vrai, mais j'ai l'impression que parler d'absurde ici, ça demande de nuancer pas mal ou d'expliquer vraiment où est l'absurde (encore une fois, je trouve que c'est une catégorie un peu facile qu'on applique trop systématiquement à certains auteurs du XXe).

Si jamais quelquu'n connait le lien ou le titre d'un article qui compare les récits français mettant en scène un condamné à mort (genre Hugo, Stendhal), je suis preneuse, ça doit être intéressant à lire !
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #28 le: 18 Août 2014 à 02:58:34 »
Tiens, je n'avais pas répondu à ce fil de discu.

Et je dois avouer que cela m'arrive rarement quand le livre est de qualité - posez ici Twilight, le Da Vinci Code et Eragon s'il vous plaît, non, mieux, foutez-les à la poubelle - mais là, je n'ai pas du tout accroché. Cela ne m'est arrivé que peu de fois, notamment avec Le Vieil Homme et la Mer d'Hemigway et La Peste, lui aussi de l'ami Camus.

Je reconnais une qualité indéniable au style littéraire et à la construction de l'intrigue, mais vraiment, je ne peux pas. Non seulement je ne rentre pas dedans, mais en plus, je ne peux pas encadrer Meursault, son vide intérieur, sa psychopathie permanente (au sens clinique du terme : le personnage n'éprouve ni empathie, ni émotions) et son crime.

Je devrais peut-être le relire mais il me semble hélas que j'avais déjà tenté l'aventure et qu'elle s'était soldée par un échec : contrairement à Ernya, je ne m'étais pas réconciliée avec ce texte.
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

Roi Loth, Kaamelott, Livre V

Hors ligne extasy

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Re : L'Etranger (Albert Camus)
« Réponse #29 le: 05 Juillet 2016 à 01:27:06 »
Je l'avais lu au lycée, j'avais rien compris. Je l'ai relu il y a un peu plus d'un an je crois, et j'ai adoré. Et là je suis en train d'en relire quelques bouts, et je ne sais plus. Je trouve le style très pur par moments, et c'est peut-être ça qui me perturbe parce que ça contraste quand même vachement avec la personnalité du personnage, non ? Du coup en gros ça me met très mal à l'aise. Je ne peux pas dire que j'aime ou que j'adore dans le sens "c'est beau", mais oui j'aime beaucoup dans le sens "c'est nauséabond". C'est désespérant cette apathie du personnage, ça me renvoie à la mienne (bon, liée à d'autres domaines que la mort mais n'empêche) et ça fait mal de lire ces choses  dites avec des mots si épurés (je me suis arrêté à la fin de la première partie), on dirait que l'être humain est une maison abandonnée. Donc de ce début de troisième lecture je suis sur l'impression que la vie est absurde et méprisable, d'une tristesse et d'un vide dégueulasses. Il y a de la honte et de la colère aussi. En gros je pense que c'est des choses qu'il faut lire mais que ce n'est pas facile et que je ne dois pas espérer en tirer du plaisir. Comme un membre qui commence à lâcher et qu'il va falloir amputer en gros, c'est pas agréable mais il faut passer par là, tu ne vas pas en "gagner" quelque chose, tu ne vas pas apprendre quelque chose qui te servira ou quoi, juste qu'il faudrait le faire et puis voilà.

Bref, c'étaient mes impressions, bien qu'un peu exagérées cela dit, dans le sens où je les ressens pas avec cette intensité mais que c'est ce qui perce derrière le brouillard.

 


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