Voilà un texte assez singulier, car je l'ai écrit avec une amie. J'ai écrit les phrases en noir et elle celles en bleu. Nous écrivions chacune une phrase à tout de rôle. Nous n'avions pas du tout discuté de ce dont nous allions parler, et nous ne nous sommes pas du tout posé de questions pendant l'écriture, de façon à ce que nous ne sachions pas ce à quoi l'autre pensait et que nous ne soyons pas influencées. Bonne lecture

La jeune fille regardait les étoiles.
Parmi ces points lumineux, lointains et froids, l’un d’eux attira son regard comme une jeune femme est attirée par l’amour. Non pas qu’elle ait été plus brillante ou plus éclatante que les autres, mais elle l’intriguait, la bouleversait, sans qu’elle ait su dire pourquoi.
Elle se releva doucement et marcha jusqu’au bout de l’immeuble, la main tendue dans l’espoir de l’attraper. Ses doigts restèrent un long moment en suspens, comme si elle attendait quelque chose, sans savoir de quoi il s’agissait.
Et puis enfin, elle fit un pas dans le vide. Puis un deuxième. Et sombra complètement.
Ses cheveux claquaient contre son visage, lacéraient ses lèvres dans la chute, mais ses yeux restaient fixés sur le plafond céleste. Puis, plus rien.
Ah, si peut-être. Qu’était-ce que cette impression de douceur contre sa joue, alors qu’elle tombait ? Le souffle du vent caressait son visage, avec une délicatesse et une attention que personne n’avait jamais eu pour elle.
Et là, dans son cou ? Cette douceur, ce chatouillis… une plume ? Se battant contre la pression de sa vitesse de plus en plus impressionnante, elle parvint à tourner la tête, pour apercevoir une longue et gracieuse aile blanche.
Enfin, il n’y en avait pas qu’une, mais des dizaines. Des dizaines d’ailes mouvantes, qu’elle sentait désormais battre sur la peau de ses jambes, contre les habits de son dos. Alors, elle s’aperçut que la sensation de chute avait disparu, pour laisser place à un sentiment de légèreté qui l’entrainait, au rythme des battements d’ailes, des battements de son cœur.
Le bord de l’immeuble dont elle s’était jetée se rapprochait, et elle finit par toucher du pied le béton lisse du bâtiment. Lorsqu’elle se retourna après avoir posé les deux pieds sur le toit, toutes les ailes avaient disparu.
Le même vent soufflait sur son visage, les mêmes étoiles brillaient au-dessus de sa tête. Que venait-il de se passer ?