J'hésite à l'offrir à l'homme en question ...
Tu t'inquiètes pour rien, l'effet est garanti :
Tes vers enflammeront le coeur de ton yéti !
Si ton mètre varie, ce n'est pas qu'il hésite,
C'est qu'il prend sa mesure à ton sein qui palpite !
Éros guide ta plume et s'accommode mal
D'une effusion réglée en duodécimal ;
Pour ce dieu aveugle, la métrique inutile
Ne ferait que gêner son rythme pulsatile !
Cependant, un endroit du poème m'ennuya,
Dont le tour précieux, comme l'a dit Ernya,
Jure avec tout le reste ; Ernya point ne se trompe :
Ton génie brille assez sans l'éclat de la pompe.
"Cette âme tourmentée"[/i], ainsi qu'un gros diamant
Coincé dans sa gangue, contraste méchamment
Avec le texte autour, dont le parler vulgaire,
Par la sobriété de son vocabulaire,
A la consistance du diamant, sans le fard.
De plus, contrairement à l'avis de Sennar,
L'ensemble du distique est, je crois, perfectible ;
J'adoucierais l'idée qu'un corps soit une cible :
"Cette âme mortifiée d'avoir subi la cour
De ceux pour qui le corps est butin de l'amour".Et à peine ai-je écrit cette simple formule,
Qu'aussitôt dans ma tête, une autre la bouscule :
"D'amants qui pour mon corps ont flatté mon amour ;
D'hommes qui sur mon corps ont flétri mon amour ".Avec l'habitude, tu vois Thérébentine,
La versification se révèle enfantine.
Mais voilà qu'à nouveau m'a pris la tentation
De versifier tout haut avec ostentation !
Mes belles suggestions sont si académiques,
Qu'on les croirait faites pour nourrir mes critiques !
Ma petite Théré, il faut vraiment, vraiment,
Que tu gardes toujours un ton simple et aimant.

JE ME LA PETE/OFF
