Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Nausée

Auteur Sujet: Nausée  (Lu 1264 fois)

Hors ligne Erwan

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 066
Nausée
« le: 29 Septembre 2013 à 21:28:04 »
Voilà un court texte que j'ai écrit suite à une proposition qui m'a plu. Il s'agissait d'écrire un texte comprenant les mots suivants : Délice - Copeau - Chiffon - Journal - Vermillon - Auvent - Soupir - Noirâtre - Crachin - Ramure. C'est donc un petit texte qui j'espère vous distraira (ce qui serait déjà pas mal). Merci d'avance pour vos conseils, suggestions ou retours de toute sorte.  :)Bonne lecture !

(version corrigée)
Nausée.

En cette journée du cœur de l'été, les habitants du petit village de Puyloubier vaquaient à leurs vies matinales malgré le crachin opiniâtre qui ne les avait pas quitté depuis l'aube. Niché sur une colline, en plein cœur de la Provence méridionale, c'était un village aux ruelles étroites et escarpées, aux maisons de pierres blanches et aux toits en tuiles vermillons. À l'angle d'une ruelle pavée se trouvait l'entrée de l'atelier de Norbert, le menuisier du village. C'était une grande pièce rectangulaire, munie d'une grande porte en bois coulissante qui prenait toute la largeur du mur. Durant la journée, le menuisier la laissait grande ouverte. Des coups de marteaux résonnaient dans le fond de l'atelier, où Serge, l'apprenti de Norbert, s'employait à cet instant à fixer une fine planche de bois à l'arrière d'une armoire. Par ce temps gris l'ampoule centrale était allumée, mais cela ne valait pas la lumière du soleil pour travailler. Pour sa part, Norbert avait installé son établi juste devant l'entrée pour profiter de la lumière du jour. Il travaillait sur un pied de meuble, solidement fixé à l'établi. Penché depuis trop longtemps sur son ouvrage, son dos commença à protester, aussi il se redressa avec lenteur. Il se cambra, appuyant ses mains sur ses reins, puis poussa un long soupir. Il épousseta quelques copeaux accrochés sur le devant de sa chemise, puis se tourna vers son apprenti.
— Je sors faire un tour, finis le meuble et rentre manger. Ce sera assez pour ce matin, lui dit-il.
— D'acc, lui répondit Serge, relevant brièvement la tête.
Norbert se détourna et entreprit de descendre la rue jusqu'à la place du village. Le crachin qui se déposait sur son visage lui parut d'une fraîcheur revigorante. Il déboucha enfin sur la place du village. En face de lui, un vieux platane dont la ramure s'agitait sous le vent surplombait une fontaine couverte de mousse noirâtre. Le sol était en terre battue d'une teinte habituellement claire, mais aujourd'hui tant gorgée d'eau qu'elle en était grise comme le ciel. Norbert pressa le pas et traversa vite la petite place pour venir se réfugier sous l'auvent de l'unique bistro du village. Il pénétra dans la salle du bar, remplie de quelques rares habitués. Il salua la compagnie d'un geste. La patronne, Hélène, apparue souriante de l'arrière salle.
— Comment va, mon vieux Norbert ? Un temps pour les escargots, hein ?
— Tu peux le dire. Sers moi donc un café, ce temps m'endort et j'ai encore du travail, dit-il en s'asseyant à la première table, près du comptoir.
— Ce temps gris me mine le moral ! Sans parler des horreurs qu'on voit dans le journal. Tu l'as lu ?
— Non, pas eu le temps. Que c'est-il passé ? Encore les Allemands ? Son visage s'assombrit, trahissant l'inquiétude.
— Non, pire, pour ce que j'en pense... C'est deux gosses qui ont disparu. Les fils de la ferme du moulin, tu sais ? On ne les a pas retrouvé. La police les recherche, ils sont inquiets. Certains parlent d'une piste criminelle. Six et sept ans, quelle horreur !
— Pfff... Comme si les gens n'avaient pas assez de soucis comme cela... Chienne de vie ! Soupira t-il en secouant la tête.
— Tu n'as pas encore mangé, j'espère, reprit-elle. Elle se rapprocha, et lui parla à l'oreille, baissant le ton.
— J'ai de la viande, aujourd'hui. De la viande ! De la vraie, rouge et bonne. Avec toutes les restrictions de ces putains de bochs, on n'en oublierait presque les bonnes choses, lui lança t-elle avec un clin d’œil complice.
— Enfin une bonne nouvelle ! La boucherie a réussi à s'approvisionner ?
Elle approuva d'un hochement de tête, et fit volte face en direction de l'arrière salle.
— Je vais en cuisine t'en préparer un morceau avec des patates, lança t-elle à Norbert, dans son dos.
— La viande bien saignante, lui cria t-il alors qu'elle franchissait le rideau brun qui séparait les deux pièces.
Un peu plus tard, alors que Norbert regardait d'un œil morne la pluie tomber, Hélène revint avec une assiette copieuse qu'elle lui posa sur la table. La remerciant chaleureusement, il huma ce fumet de viande et apprécia ce plaisir devenu rare. Il en découpa un bout, merveilleusement tendre, et le porta à sa bouche avec délectation. Les sucs délicieux renfermaient milles saveurs, une vraie petite fête des sens. Hélène était vraiment bonne cuisinière, la viande était fondante à tel point qu'on aurait dit une crème. Hélène le regardait avec amusement depuis le comptoir. Chacun savait ce que c'était, avec les restrictions on finissait par vivre des grands moments d'extase en retrouvant des saveurs oubliées. Il finit son plat aussi lentement que possible sans toutefois que cela n'ait le temps de refroidir. Il dégusta les derniers morceaux comme s'il découvrait les plaisirs de la table pour la première fois. Ce fut avec regret qu'il termina de saucer son assiette avec son pain. Enfin, rassasié, il se leva.
— Allez ! C'était un vrai délice, mais la boutique ne tourne pas toute seule, hein, dit-il à l'adresse d'Hélène qui essuyait des verres derrière le comptoir.
Tout à coup des cris retentirent dans la rue. Entrant comme une furie, Damien, le fils aîné d'Hélène, s'arrêta sur le seuil, peinant à reprendre son souffle.
— La police est là ! Ils sont à la boucherie ! Ils viennent arrêter quelqu'un ! Venez voir ! Dit-il entre deux inspirations sifflantes.
Hélène et Norbert se regardèrent, puis emboîtèrent le pas au jeune garçon, suivi par les autres clients. Ils marchèrent d'un bon pas jusqu'à l'angle de la rue qui menait à la boucherie. D'ici ils pouvaient voir qu'en effet le garçon avait dit vrai : un véhicule de la police était garé dans la rue, devant l'échoppe du boucher. Un petit amas de badauds était amassé autour de la scène. Chacun murmurait quelques paroles à son voisin, la mine sombre. Norbert, plus grand que la moyenne, les dépassait d'une bonne tête. Il vit donc sans difficulté la porte de la boutique et le policier planté devant. Quelques instants plus tard, un deuxième policier sorti et s'adressa aux passants attroupés.
— Messieurs dames, nous sommes à la recherche du garçon de boucher se faisant appeler Jérôme, qui est suspecté du meurtre de deux enfants. Si vous l'apercevez, ou si vous pensez savoir où il se trouve, veuillez vous faire connaître au plus vite à la police, clama t-il d'une voie forte.
Personne ne répondit, l'assistance était silencieuse, choquée. Norbert se rappelait de Jérôme, un gars efflanqué, auquel il était difficile de donner un âge. Il était arrivé il y a peu de temps au village. Deux mois, peut-être trois... Marius, le patron de la boucherie sorti à son tour à l'extérieur. Il était blême. Il resta quelques secondes les bras ballants, le regard perdu. Puis il aperçu Hélène qui lui faisait signe. D'un geste discret de la main il les enjoignit d'approcher. Toujours silencieux, il salua le menuisier d'un signe de tête. Hélène s'approcha, Norbert sur ses talons.
— Qu'est ce qu'il s'est passé ? Encore un coup dur ! Dit-elle avec compassion.
Marius était un homme petit, bedonnant, le visage rougeaud, avec une barbe bien taillée en forme de U qui remontait jusqu'aux pattes broussailleuses de ses cheveux bruns. Il paraissait fort agité, et mit un certain temps à répondre.
— C'est effroyable, chevrota t-il. Je ne peux pas vous le décrire... Venez voir !
Il s'approcha du policier qui gardait l'entrée et ils eurent une courte discussion à voix basse que Norbert n'entendit pas.
— D'accord, mais ne touchez à rien sur la scène du crime ! Répondit le policier en les regardant.
Cela mis Norbert très mal à l'aise. Il sentit Hélène se raidir, elle aussi.
— La scène du crime ? De quoi parle t-il ?
— Il parle de ça, répondit Marius d'une voix sourde en rentrant dans la boutique. Il leur fit signe d'approcher.
— Je vous préviens, vous allez peut-être le regretter... C'est au delà de l'imaginable... Hélène et Norbert restèrent silencieux, Marius s'écarta alors pour les laisser entrer dans l'arrière boutique. Au fond de la petite pièce, sous la fenêtre, juste après le plan de travail en bois, se trouvait une grande bassine en acier. Dans cette bassine, Norbert n'en cru pas ses yeux, deux petits corps ensanglantés étaient superposés, dans une pose incongrue. Ces corps étaient non seulement humains, mais celui du dessous était en grande partie...découpé ! Ne pouvant détacher son regard de cette scène irréelle, ayant l'impression de vivre dans un rêve, ou plutôt un cauchemar, Norbert resta figé d'horreur. À côté de lui, Hélène se raidit, elle aussi. Ce fut elle qui le sortit de sa torpeur en poussant un cri étranglé. Norbert sursauta et détourna enfin le regard du charnier. Hélène le regardait, les yeux fous.
— La viande ! La viande ! Hurla t-elle en agrippant son bras jusqu'à lui en faire mal.
— Eh bien quoi la viande ?
Et soudain, il comprit... La viande !
« Modifié: 01 Octobre 2013 à 15:54:59 par Erwan »

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 798
    • au bord du littéral
Re : Nausée
« Réponse #1 le: 30 Septembre 2013 à 21:36:18 »
Salut Erwan et bienvenue sur le forum !

Je vois que tu n'as pas encore eu de commentaire, je me lance donc ;)


Citer
En cette journée nuageuse, en plein cœur de l'été
j'aurais peut-être dit "au plein cœur de l'été", ça éviterait la répétition de "en" et la virgule qui faussent un peu le rythme je trouve

Citer
vaquaient à leurs vies matinales
c'est étrange "vies matinales", comme si on avait une vie différente au matin, à midi ou au soir. Mais ça marche quand même plutôt bien

Citer
malgré le crachin opiniâtre qui ne les quittaient pas depuis l'aube.
je trouve cette partie de trop, tu as déjà parlé de la météo et cette précision n'apporte rien de plus. En plus enlever ce bout allégerait la phrase d'accroche, ce qui est plutôt conseillé. Certes tu perds crachin mais tu peux le replacer au début, à la place de nuageuse.

Citer
Niché contre une colline
"contre" ne me parait pas approprié, on est plutôt niché "entre" ou alors "sur"

Citer
'était un village aux ruelles étroites et escarpées, aux maisons de pierres blanches et aux toits d'ardoises noires ou de tuiles vermillons
attention à la multiplication des adjectifs, surtout d'un même type (couleur).

Citer
À l'angle d'une ruelle pavée, à mi hauteur de la colline
mi-hauteur je crois
Le village s'étend sur toute la colline ?! Je pense que ce n'est pas utile de préciser l'altitude^^

Citer
C'était une grande pièce rectangulaire, munie d'une grande porte en bois coulissante qui prenait toute la largeur de la salle.
la largeur du mur ?
En fait si tu dis "de la salle" on se place du point de vue intérieur alors que pour l'instant j'ai l'impression qu'on y est pas encore entrés, dans l'atelier

Citer
Des coups de marteaux résonnaient dans le fond de l'atelier, où Serge, l'apprenti de Norbert, s'employait à fixer une fine planche de bois à l'arrière d'une armoire en construction.
attention à l'utilisation de l'imparfait, qui est un temps de l'habitude. Serge ne fait pas QUE fixer des planches de bois j'imagine. Pour marquer une différenciation tu pourrais dire "s'employait aujourd'hui". Tu vois ce que je veux dire ?

Citer
Le fond de la salle était sombre, car le soleil ne perçait pas aujourd'hui.
tu peux supprimer la virgule
Ah, voilà "aujourd'hui'. Eh bien tu peux juste déplacer le mot dans ce cas !

Citer
L'ampoule centrale était éclairée
une ampoule est allumée, une salle éclairée

Citer
Pour sa part
je ne comprends pas s'il s'agit de Norbert ou Serge

Citer
Penché depuis trop longtemps sur son ouvrage, son dos commençait à protester, aussi il se redressa avec lenteur. Il cambra le dos
deux fois dos

Citer
_ Je sors faire un tour, finis le meuble et rentre manger. Ce sera assez pour ce matin, lui dit-il.
A défaut de tiret cadratin (—), utilise plutôt les tirets du 6 (-) que les tirets du 8 (_) pour les dialogues.

Citer
{je trouve le temps long}
c'est une pensée ? Dans ce cas il vaudrait mieux utiliser des italiques. Sinon je trouve cette pensée fort peu en accord avec la phrase précédente, qui parlait plutôt d'un regain de vigueur.

Citer
Un léger vent froid pénétra sous ses vêtements et rabattit la bruine dans ses yeux.
choisis froid ou léger mais pas les deux, ça me semble trop lourd. Et "rabattit" excessif pour de la simple bruine. "lui colla la bruine au visage" ?

Citer
Au centre de la place, un majestueux platane dont la ramure s'agitait sous le vent surplombait une fontaine couverte de mousse noirâtre.
tu peux te passer de majestueux je pense. L'idée passe assez bien avec "surplombait"

Citer
La patronne, Hélène, s'extirpa du rideau de l'arrière salle.
s'extirpa c'est un peu exagéré, tu imagines la scène ? On dirait qu'elle se débat avec le rideau lol. Plutôt "apparut de derrière le rideau" ? Même si ça ne me semble pas beaucoup mieux.

Citer
Un temps pour les escargots, hein ? L'interpella t-elle en souriant.
pas de majuscule à "l'interpella", pareil pour d'autres occurrences. Sinon en fait je trouve pas le verbe de parole utile, on sait que c'est elle qui lui parle vu que tu viens de dire qu'elle arrivait. Tu peux dire qu'elle arrive en souriant d'ailleurs ou en s'apprêtant à parler.

Citer
Sers moi un café
il pourrait dire "je prendrais bien un café" non ? Cet impératif me parait un peu grossier mais je ne connais pas encore bien le personnage.

Citer
_ Ce temps gris me mine le moral ! Sans parler des horreurs qu'on lit dans le journal. Tu l'as lu ?
lit et lu, même à l'oral c'est un peu trop. "qu'on voit dans le journal" ça me parait être bien

Citer
_ Non, pas eu le temps. Que c'est-il passé ? Encore les Allemands ? L'interrogea t-il, inquiet.
on voit bien qu'il l'interroge, pas la peine de le redire ;) Pour faire passer l'idée de l'inquiétude tu peux mettre une phrase entre deux  répliques du genre "Comme chaque fois qu'il évoquait le sujet, il y avait de l'inquiétude dans sa voix."

Citer
C'est deux gosses qui ont disparus.
u

Citer
Certains parlent d'enlèvement criminel, d'autres de règlement de compte.
ça fait plus expression d'aujourd'hui que de l'époque (1e guerre mondiale ?)

Citer
Six et sept ans
les parents ont pas chômé haha

Citer
C'est la vie ! Soupira t-il en secouant la tête.
lol la réaction
Je ne trouve pas ça crédible. Il est inquiet pour la guerre mais deux gosses qui ont disparu, il trouve que "c'est la vie". Il pourrait dire "J'espère qu'on va vite les retrouver" ou "Tu me tiendras au courant de cette affaire". Parce que c'est pas genre ils sont morts et l'histoire est finie, on sait pas encore ce qui leur est arrivé.

Citer
Tu n'as pas encore mangé, j'espère, reprit-elle. Elle se rapprocha, et lui parla à l'oreille, baissant le ton.
elle est pas censée être en train de lui préparer un café ? Peut-être en le servant elle peut lui glisser son secret à l'oreille ?

Citer
on n'en oublierait presque les bonnes choses
au contraire je trouve, on n'oublie pas du tout et on est en manque x)

Citer
_ Je vais en cuisine t'en préparer un morceau avec des patates, lança t-elle à Norbert, dans son dos.

1) c'est pas très discret (alors qu'elle lui a dit sous forme de confidence)
2) en entrant dans le bistro il voulait un café parce qu'il avait encore beaucoup de taf xD

Citer
Hélène revint portant une assiette
avec plutôt que portant

Citer
qui le firent presque gémir de plaisir
euh restons mesurés, non ?

Citer
Il finit son plat aussi lentement que possible sans toutefois que cela n'ai le temps de refroidir
n'ait

Citer
Il dégusta comme s'il découvrait les plaisirs de la table pour la première fois.
bizarre de mettre ça maintenant alors qu'il a fini le plat. Ou alors "il dégusta les derniers morceaux comme s'il..." ?

Citer
mais la boutique ne tourne pas toute seul
seule
Il ne compte pas payer son plat ?! xD

Citer
suivit par les autres clients
suivi

Citer
_ Messieurs dames, nous sommes à la recherche du garçon de boucher se faisant appeler Jérôme, qui est suspecté du meurtre de deux enfants.
j'ai une idée sur l'origine de la viande tout juste ingurgitée par ton personnage...

Citer
Norbert se rappelait de Jérôme, un grand gars efflanqué
grand et efflanqué c'est quand même proche, fais un choix !

Citer
Marius, le patron de la boucherie déboucha à son tour à l'extérieur.
boucherie, déboucha... c'est un peu lourd. "sorti à son tour de la boutique" ?

Citer
Il était blême, on aurait pu croire qu'il avait vu la mort.
moui... "comme s'il avait vu la mort", même si c'est du déjà lu je pense que ça passe mieux.

Citer
Il s'approcha, silencieux, et salua Norbert d'un signe de tête.
je croyais qu'il y avait foule, mais là on dirait qu'ils ne sont plus que tous les trois. Est-ce qu'il n'y pas un brouhaha ? Où sont les policiers ?

Citer
_ Qu'est ce qu'il s'est passé ? Ça n'a pas l'air d'aller, mon pauvre vieux ! Dit-elle avec compassion.
euh là elle remue quand même le couteau dans la plaie. Elle a entendu de quoi était suspecté le fils du type quand même, je trouve qu'elle a une façon pas crédible d'entamer la conversation.

Citer
_ C'est effroyable, chevrota t-il. Je ne peux pas vous dire... Venez voir !
Il les emmena dans la petite échoppe, le policier s'écarta pour les laisser passer.
le boucher aurait plutôt fait un signe de tête pour qu'Hélène et Norbert viennent à lui, plutôt que de faire l'aller retour sous le regard des badauds et tout ça pour leur dire de venir dans sa boutique.

Citer
_ Ne touchez à rien sur la scène du crime ! Lâcha t-il à leur passage.
non pas "lâcha", on dirait qu'il le fait à contre cœur. Plutôt quelque chose comme "précisa-t-il" ? Je trouve ça très étrange que le boucher puisse comme ça faire entrer n'importe qui avec la bénédiction des policiers. Je m'étonne encore plus qu'il ait le courage de réentrer dans la pièce. Il pourrait indiquer à Hélène et Norbert le chemin, échanger un peu avec le policier pour lui expliquer qu'il avait besoin de montrer à ses amis, je ne sais pas. Sinon ce n'est vraiment pas crédible.
 
Citer
_ La scène du crime ? De quoi parle t-il ? S'étonna t-il.
il y a des points d'interrogation, ça suffit pour marquer l'étonnement ;)

Citer
Il s'écarta pour les laisser passer.
tu dis la même chose du policier plus haut, ça fait redondant

Il pourrait les prévenir quand même que ça risque de les retourner ce qu'ils vont voir

Beurk le contenu de la bassine

Citer
Ne pouvant détacher son regard de cette scène irréelle, ayant l'impression de vivre un rêve, ou plutôt un cauchemar, Norbert ne bougeait pas.
"ne bougeait pas" je trouve ça bizarre, c'est comme si ça ne l'émouvait pas alors que si. Plutôt te contenter de "Norbert ne pouvait détacher... cauchemar."

 
Citer
Ce fut elle qui le sortit de sa torpeur en poussant un cri strident.
hm ok pour le cri à retardement mais strident je sais pas. Peut-être étranglé.

Citer
Norbert sursauta et détourna enfin le regard du charnier, hébété.
Plutôt : Norbert détourna enfin le regard du charnier. Hélène le regardait, les yeux fous.

Comme ça ça fait la transition avec la suite. A mon avis faudrait qu'Hélène soit un peu moins hystérique, ça fait trop cliché sinon.

Citer
_ Eh bien quoi la viande ? Demanda t-il, interdit.
il n'a pas l'air plus affolé que ça, pourtant Hélène est assez énervée. Du coup en fait si tu supprimes "demanda-t-il, interdit" ça aura déjà plus d'impact. Et la phrase suivante : "C'est comme si son esprit était embrumé." tu pourrais la supprimer aussi. Comme ça, la chute tombera bien je pense.



Voilà voilà... Désolée j'ai un peu repéré la chute avant la fin mais ce n'est pas trop grave. Comme tu le remarques, j'ai une aversion pour les adjectifs quand ils sont plus de deux et pour les verbes de dialogues pas nécessairement utiles :mrgreen: Bon sinon je trouve que tu t'en sors pas mal, au niveau du rythme, de l'alternance description - dialogues, de l'histoire aussi. Par contre je pense que tu pourrais travailler sur la crédibilité (du contexte, des personnages, de leur dialogue) et aussi rendre le texte plus léger, en étant sans pitié et en supprimant tout ce qui n'est pas essentiel. Ça permettrait d'insuffler un peu plus de dynamique je pense. N'hésite pas non plus à mettre un peu de vie avec des sons et des odeurs, ça aide à crédibiliser un texte. Essaye de te projeter un maximum, de vivre la scène. Pas dans l'idée de la retranscrire avec le plus de détails possible mais dans l'idée de comprendre quelle atmosphère tu veux faire passer, quelle ambiance tu veux créer.

N'hésite pas à me demander des précisions si quelque chose n'est pas clair.

A bientôt,

Z

Hors ligne Erwan

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 066
Re : Nausée
« Réponse #2 le: 01 Octobre 2013 à 13:23:24 »
Merci pour ce commentaire si détaillé ! Je vais voir tout ça quand j'aurais cinq minutes... J'ai déjà enlevé la dernière aparté qui restait, le fameux "je trouve le temps long". Je note toujours au fur et à mesure ce que je ressens quand j'écris, ce sont de bonnes indications pour la relecture... Bien sûr, d'habitude je les retire avant de publier le texte :-[
Pour ce qui est d'alléger le texte en ne retenant que l'essentiel, j'avais déjà un peu élagué, mais peut-être pas assez, en effet. Je vais voir ça. La prochaine fois, je m'y prendrais autrement pour écrire mon texte, en essayant de poser le scénario préalablement en quelques lignes, ça m'aidera je pense de ne pas me perdre en détails superflus et d'éviter les longueurs inutiles. Au niveau de la crédibilité, c'est tout relatif, mais c'est vrai que le héros est peut-être un peu trop stoïque, surtout comparé aux autres. Voilà, affaire à suivre, et encore merci !

 


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