Le Pentacle étant l'occasion de lire les textes qu'on a manqués, je m'attèle à celui-ci !
Comme c'est un vieux texte, je sais pas si tu comptes le re-travailler, alors j'ai juste relevé les trucs qui m'ont vraiment frappée, hein. J'ai pas trop fait dans le détail pour ce commentaire.
Dans l'ensemble, le texte s'améliore au fur et à mesure.
L'idée est pas mal, même si je reste dans l'interprétation que
le narrateur est un type qui devient fou et kidnappe une prostituée, l'autre interprétation est assez nette, enfin on comprend, je trouve.
Par contre, les deux premiers envois sont vraiment indigestes

A partir de l'apparition de Pauline, ça va ; mais avant ça, il y a une profusion d'adjectifs, les idées se répètent et je trouve que c'est pas très dynamique pour un début, j'ai dû me forcer à continuer de lire
Ensuite, ça va mieux

Le style est plus "net", moins embourbé de métaphores. Du coup ça fait bien ressortir les jolies et nombreuses trouvailles stylistiques (alors que dans les deux premiers envois elles sont un peu noyées dans le texte, c'est dommage). Le chapitre 5 est même très entraînant, je trouve

Voilà pour la forme, si on peut dire. Pour le fond, je trouve l'idée sympa, on la voit venir progressivement donc c'est pas mal, c'est assez bien amené (sauf dans les deux premiers chapitres qui sont trop fouillis : on ne comprend pas grand chose et on ne cherche pas spécialement à comprendre du coup).
La seconde personnalité, celle d'Anubis, gagne du terrain tout au long de l'histoire, c'est pour ça que je raconte de moins en moins au "je".
Ça c'est une bonne idée !

Par contre je trouve que ça pourrait être mieux amené, parce que là, le lecteur ne le sent pas. Parce que dans la narration du début, où l'alternance je/il est très nette, il n'y a pas vraiment d'opposition entre les paragraphes à la première personne et ceux à la deuxième. Du coup on ne sent pas vraiment les deux personnalités, donc le jeu sur le narrateur ne fait pas trop sens. Si tu voulais reprendre le texte, je pense que tu pourrais davantage insister sur cet aspect-là, et ça donnerait aux deux premiers envois leur raison d'être (opposer les deux narrateurs en quelque sorte).
Par contre, j'ai trouvé que Pauline n'était pas très crédible à partir du moment où il l'enlève. Elle est un peu dans l'optique "bah, il a payé, il peut faire ce qu'il veut", alors qu'à son apparition elle avait au contraire l'air d'avoir du caractère. Là elle est bien trop passive. Et puis bon, je veux bien qu'il ait payé pour 4 fois (d'ailleurs ça m'a étonnée qu'il puisse payer autant avec des
pièces, mais bon, je ne connais pas ce genre de tarifs après tout xD) ; mais en la gardant avec lui il l'empêche de travailler et la prive de l'argent des autres clients. Du coup je trouve qu'elle prend ça un peu à la légère, style : "oh tiens, je me fais enlever par un pervers illuminé qui m'emmène dans de drôles d'endroits louches, je suis contaminée par une infection étrange et fulgurante, et je ne peux pas travailler. Tiens, je prendrais bien un chocolat chaud..." Mais voilà, sinon lors de son apparition, là elle est bien campée, et Mel aussi, pour le peu qu'on la voit.
Donc voilà, en gros, j'ai trouvé l'idée bien, la progression bien amenée, je l'ai lu comme un lent glissement dans la folie. Par contre, le texte reste à mes yeux à lisser : les deux premiers paragraphes sont trop indigestes, et je pense que tu pourrais améliorer le jeu sur les personnalités et le personnage de Pauline.
Les feuilles rousses animaient les sous-bois d’instincts fauves
...
et sourd aux rousses froissures automnales
Le texte est tellement plein de vocabulaire que la répétition de "rousses", même à un paragraphe d'intervalle, m'a sauté aux yeux...
e me perdais à regarder la danse rouge qui animait l’âtre de lueurs folles, j’imaginais les démons qui pressaient mon cœur comme on presse un agrume, un citron acide et desséché, et ma torpeur s’assoupissait, ma tête flanchait
C'est joli, ça
Quand il tourna le dos à la forêt et sa vie qui sourd
ça doit être moi mais j'ai pas compris le passage en gras
Le sommeil enracina ma résolution. Le lendemain, elle s’était fait une place de choix entre les parois de mon crâne douloureux.
J'aime bien l'image

J’allais trouver une femme qui m’accompagnerait dans la forêt. Elle cracherait un venin fumant qui ferait grésiller l’humus ; couperait les doigts sylvestres cupides de souvenirs, ces doigts-branches qui écorchaient ma mémoire et retenaient mes impressions.
Euuuh. C'est un bon exemple des passages qui sont un peu "trop". Trop d'adjectifs, trop de métaphores, trop de sens caché pour si peu de mots. A mon humble avis, hein.
« Je t’aimais… où es-tu, je t’aimais », murmurait-il sans comprendre, et des larmes mouillaient ses cernes et roulaient sur ses joues sales.
C'est normal que j'aie pensé à la chanson de Il était une fois ?

Lorsque je passai aux abords du cimetière, je cherchai le chien
Ben il vient pas de dire qu'il pensait que le chien ne reparaîtrait plus ?
Je la chérirais, lui offrirais mille ouvrages et ma bibliothèque, le manoir et ma chambre, nous œuvrerions sur le parchemin et sur la couche.
Ça commence à devenir assez répétitif

« Muse, je viens te chercher, Muse nous partons en ma demeure et tu m’insuffleras ton verbe cajoleur, je cesserai d’expirer, Muse j’ai hâte de partager mes rêves de chiens », tel était le discours qui rebondissait contre les os de son crâne, au rythme de ses pas.
C'est un brin répétitif, là aussi.
Qu’est-ce que tu viens encore chercher ? Reprends tes diaboliques plaques noires et va-t-en !
Etant donné que Pauline a une façon de parler assez orale (...logique, me direz-vous

), je trouve que le "diaboliques" ne fait pas naturel du tout.
Pauline s’était laissé emporter par la vague depuis longtemps.
C'est pas "laissée" ?
Un mois et demi devaient être passés depuis sa dernière promenade sous les arbres.
J'ai pas compris : il l'a kidnappée pendant un mois et demi ?
sous les étoiles, sous celles avaient connu Pharaon
y a pas un bug dans la phrase ?
Tu n’es pas Inpou ! hurla-t-il. Tu n’es pas même Anubis le renommé !
Shol'va !
(pardon, pardon, j'ai pas pu m'en empêcher...)