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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Débauches et perversions

Auteur Sujet: Débauches et perversions  (Lu 12173 fois)

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Débauches et perversions
« Réponse #45 le: 06 Septembre 2015 à 21:38:49 »
Bravo Deimos,
Tu nous as écrit là un très bon texte. Quelle audace ! J'ai beaucoup apprécié, on se sent presque à la place de Léa, comme tétanisés... N'hésite pas à accompagner tes nouvelles d'un petit texte d'introduction (en italiques) pour nous expliquer ton intention si ça te semble utile.
Certains membres posent même des questions à leurs lecteurs (pensez-vous que c'est assez ci... ou suffisamment ça... appréciez-vous telle ou telle chose... etc.)
C'est vivant, c'est une vision innovante de la nouvelle. Tu t'empares de notre lecture. Voilà pour ma part...

Hors ligne Deimos

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Re : Débauches et perversions
« Réponse #46 le: 09 Septembre 2015 à 13:39:17 »
Bonjour Alain !

Merci pour cet avis positif. Ça m'encourage et ça me réchauffe le cœur ! J'écrirai probablement des introductions pour mes prochains textes.
A bientôt.

Hors ligne Deimos

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Parasite
« Réponse #47 le: 23 Septembre 2015 à 16:04:44 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Parasite

En l'année 2034, l'humanité n'était plus qu'une coque vide. Son apparence avait beau ne pas avoir été altérée, elle était désormais possédée par une puissance supérieure. Ni par le divin, ni par le diable ; asservie, soumise, apprivoisée, rendue esclave par on ne sait quoi, honnie d'avoir été détrônée de son piédestal.
Cependant, les vices des hommes avaient péri en même temps que leur nature ; le mot crime avait disparu du vocabulaire quotidien.
Les gestes des uns devenaient soudainement plus raisonnables :
on disait "Bonjour" aux voisins, on ne jetait plus rien aux rues, on s'invitait à dîner, s'intéressait au destin de ses semblables. Les mensonges, les actes crapuleux et lâches, devenaient méconnus.
En quelques années, le défrichement des forêts comme la pollution des airs, océans et terres avaient cessé ; le pacifisme inédit des gens s'était manifesté par l'arrêt des guerres ; le régime alimentaire des nouveaux hommes était un végétarisme strict, l'élevage du bétail n'existait plus et les autres habitudes barbares du passé avaient sombré. Les inégalités et les injustices n'étaient plus que d'anciennes histoires, des légendes, des mythes qui ne pouvaient voir le jour dans ce paradis terrestre.

Enfin, le monde était parfait, sans défaut.

*

Notes du docteur Yvan Volskotchi, 2021

Il y a peu, au sein de la NASA, des exobiologistes ont signalé, secrètement, la présence d'organismes extrêmophiles martiens, emprisonnés dans des échantillons de glace.
Cette stupéfiante et exceptionnelle découverte, qui résolvait l'énigme de la vie extraterrestre, a été étudiée dans le détail. J'ai dirigé l'équipe de chercheurs chargée d'inspecter ces fossiles vivants, et nos résultats sont suffisamment inquiétants pour inciter les pays à déclencher l'état d'urgence.
En premier lieu, le fait que des formes de vie aient survécu aussi longtemps dans des conditions aussi rudes témoigne d'une robustesse absolument incroyable, qui ne peut être comparée à aucune espèce vivante terrestre connue. En effet, on estime que ce parasite a été enfermé dans la glace depuis la disparition de l'eau liquide vers Mars, soit, en unité l'année, il y a un ou deux milliards. L'arrêt progressif de sa prolifération, apparemment explosive à son époque, ne semble pas être dû à des facteurs externes, tel que la privation de l'eau liquide, auquel il n'est pas inféodé [...] Ce serait plutôt l'extinction des espèces qu'il côtoyait, ce parasite étant complètement dépendant de la biomasse disponible.
Cette dernière hypothèse est illustrée lorsqu'on remarque que le parasite se diversfie sous la forme de fonctionnements biologiques et d'apparences très différents : il s'introduit littéralement "dans" les espèces, et se les approprie. [...]
Lorsqu'on le met en contact avec un organisme étranger, on peut observer au microscope son activation fulgurant : presque immédiatement, il se met à produire des "spores" globuleux et les administre à l'intérieur du corps de l'organisme étranger, qu'importe dans quelles mesures ce dernier est différent d'un point de vue chimique. Lorsqu'il a été contaminé, toutes les particularités de l'espèce sont alors acquises, et le nouveau parasite se met en quête de congénères non contaminés. Les mêmes observations peuvent être faites si l'on place des rats, ou n'importe quelle espèce vivante, y compris l'homme. La méthode de contamination fait penser à celle des champignons terrestres [...] L'organisation prononcée du parasite fait notamment conjecturer qu'il s'agit d'une conscience collective très évoluée. [...]
Les astronautes partis sur mars n'ont pas fait l'objet d'un contrôle strict [...] Les bactéries emportées lors du voyage pourraient être touchées. Peut-être qu'en ce moment même, le parasite est entrain de se développer au sein des populations. Nous n'aurions alors aucun moyen de détecter sa présence, car les méthodes de fonctionnement des cellules saines et celles infectées sont identiques.
En à peine dix ans, l'humanité serait entièrement contrôlée par le parasite. Seuls quelques immunisés, infime fraction de la population, pourraient constituer une protection relative contre les agissements du parasite.

*

Au procès Pignon, organisé en Espagne, on accusait un homme quelconque de calomnies et d'injures contre les forces de l'ordre. La singularité de ce procès est que cette banalité avait fait réunir toute une assemblée de haut placés.
Le pauvre homme fut alors transféré dans un pays où la peine de mort n'était pas abolie.

Ce que l'on pouvait percevoir, ou plutôt sentir, c'est qu'une odeur de moisi régnait dans la salle d'audience.


Hors ligne Deimos

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Je suis le diable
« Réponse #48 le: 01 Octobre 2015 à 20:33:50 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Je suis le diable

Je suis le diable, le diable ; oui, le diable ! Je suis très grand, très fort ; nul ne peut m'égaler. Je peux soulever des montagnes et atteindre les nuages. J'ai des cornes, oui, des cornes, sur ma tête, pointues, aiguisées, longues ; j'ai des griffes, oui, des griffes, affûtées, ensanglantées, prêtes à excorier. Ma peau est plus noire encore que les feux de la géhenne, et elle résiste à elles sans pâmer.
C'est moi le diable, je suis le diable ; je suis celui qui torture les âmes et réalise les mauvais souhaits ; je suis le maître des enfers, le plus vil des êtres, l'envoûteur dépravé, le juge injuste, le violeur de vierges, le grand persécuteur ; le rusé, le malin, le fourbe, le menteur, le Redouté.
Regardez-moi, si vous l'osez ! Vous tomberiez certainement, en pâmoison ; nul ne peut imaginer ma laideur, nul ne peut se figurer mon visage déformé ; je suis effrayant, croyez-moi.
Je prends plaisir à semer les désastres ; je suis le chaos, la famine, le malheur ; c'est moi qui engendre les guerres, tue les nourrissons et provoque la démence ; c'est encore moi qui ai inventé la dévoration, la prédation, la domination.
Vous êtes fruits de ma création. J'ai créé le monde pour le détruire, car je suis capricieux. Je suis le diable, votre créateur, celui qui vous a donné vos plaisirs pour les anéantir. Vous n'êtes que des pantins qui servent d'amusement provisoire. A l'image de son créateur, le monde est maléfique, perverti ; voilà l'origine de tous vos malheurs !
Je suis le diable, votre créateur.

Hors ligne Kanimp

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Re : Débauches et perversions
« Réponse #49 le: 02 Octobre 2015 à 09:57:58 »
Adieu, ma chérie

Citer
Edward Jackson sortit un cliché d'un compartiment, l'un des rares effets personnels qu'il détenait ; seul habitant depuis six mois, il virevoltait à travers l'espace, fendant le vide spatial à une vitesse suffisante pour accomplir une bonne dizaine de tours complets autour de la terre.
Phrase longue et je doute qu’elle veuille dire ce que tu veux.
Notions de vitesse suffisante et vide spatial = vitesse énorme.
Notions de durée (six mois) et réalisation (dix tours autour de la Terre) = vitesse lente.


Citer
Mise en famille d'accueil, sa mère avait décédé il y a peu suite à un tragique accident de voiture.
était décédée ou décédait.



Citer
Il espérait depuis un long moment rentrer pour réconforter et serrer dans ses bras son enfant.
Manque de fluidité (lier les actions d’une manière logique & dynamique):
Il espérait depuis un long moment rentrer, serrer son enfant dans ses bras pour le réconforter.

Citer
Le voyage écourté devait prendre fin d'ici une semaine. Son impatience s'accroissait de jour en jour.
Je mettrais ces phrases avant la précédente. Car en l’absence de raison pour l’interruption de la mission, le fait qu’il veuille rentrer en devient la cause.


Citer
Accroché au siège de bord, il fixait paisiblement la dernière chose qui comptait pour lui,
J’ai l’impression qu’il regarde la photo de sa femme (dont la seule chose qu’il lui reste d’elle est la photo) et pas la photo de sa fille.
Citer
s'imaginant quels surprises il lui réserveraient. Devait-il lui offrir un cadeau venant de l'espace à son retour ?
C’est étrange de rapporter quelque chose venant du vide spatial.
Citer
Quel discours préparé pour lui annoncer que maman est désormais au paradis ? Ou bien, si il lui apportait le..
Comme sa fille se trouve dans une famille d’accueil, elle doit savoir que sa mère est morte.



Citer
Il fila la photo dans une poche de sa combinaison et enclencha la procédure de sécurité ; tout en sueur, essoufflé non pas par l'effort, il s'accrocha à l'aide de ceintures élastiques spécialement formulées pour ce genre de situation fortuite.
En face de lui se trouvait un hublot qui lui donnait parfois de magnifiques spectacles ; cependant, aujourd'hui, il savait qu'il en sera secoué.
Quelques instants après l'appel, il ressentit les premiers tremblements, qui chaviraient le navire. Ces tremblements se changèrent progressivement, peu à peu, en énormes soubresauts, faisant voler de haut en bas et dans toutes les directions promptement tout objet décroché, dégrafant ceux qui étaient agrafés, tout étant en mouvement dans une sorte de ballet spatial désastreux et chaotique. La pointe d'un ciseau atteignit la jambe d'Edward, d'autres le suivirent et écorchèrent, frappèrent, maltraitèrent le pauvre astronaute. Ses hurlements de douleur étaient camouflés sous un désordre affreusement bruyant. De l'extérieur, la station Hubbles ressemblait au fur et à mesure à une vieille pirogue de l'espace, dépiauté et déchiqueté, ses éléments se dispersant et rejoignant peu à peu la cohorte meurtrière.
A travers le hublot, Edward parvint à apercevoir très nettement l'arrivée imminente d'un immense objet, assez pour masquer en partie le soleil. Certainement la dernière rafale.
Je n’y ai pas cru. A cause des débris qui forcent le vaisseau spatial à se comporter comme un bateau.
Contenu du risque important d’objet volant à travers l’habitacle. Cette problématique est gérée même si le navire réalise des mouvements hiératiques. Ce point cumulé aux bruits qui masquent les cris de l’astronaute. M’indiquent qu’il y a eu une explosion à bord. Ce que confirme la phrase suivante qui décrit la station depuis la Terre.
La dernière phrase où il regarde par le hublot n’est pas réaliste du tout.

Petit point qui me chipote.
Citer
« Houston ! Houston ! Vous me recevez ? »
Ne serait-ce pas “Hubbles ! Hubbles ! Vous me recevez ?”.

Citer
Il fila la photo dans une poche de sa combinaison…
Le verbe « (re)filer » est pour moi synonyme de « donner » et pas de « mettre ».

Citer
il s'accrocha à l'aide de ceintures élastiques spécialement formulées pour ce genre de situation fortuite
Formuler fait référence à une manière d’expression. Les ceintures sont fabriquées ou conçues à cet effet.

Le titre divulgue la fin. L’histoire se laisse lire et survole tout l’action et comme le sujet est commun. Le texte ne m’a pas marqué du tout.

maltraitèrent le pauvre astronaute (cosmonaute, par définition l'astronaute est celui qui va sur un astre, ce qui n'est pas le cas ici).
L’utilisation du terme astronaute est correcte. Il fait référence aux USA.
« Modifié: 02 Octobre 2015 à 10:09:35 par Kanimp »

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Hors ligne Deimos

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Re : Débauches et perversions
« Réponse #50 le: 09 Octobre 2015 à 21:30:00 »
Merci Kanimp de critiquer dans le détail Adieu, ma chérie. Pour tout dire, on m'a déjà critiqué sur ce texte, et même si un doublon n'est pas forcément superflu, je t'avoue que tes remarques sont assez répétitives (tu répètes ce que d'autres ont déjà dit) !
(J'apprécierais une critique sur mes récits les plus récents.)

Merci beaucoup : ta critique est toujours considérée !






Hors ligne Asriel

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Re : Débauches et perversions
« Réponse #51 le: 09 Octobre 2015 à 22:01:57 »
Salut !!
J'ai bien aimé quarante ans et toujours puceau. C'est tellement la méchanceté gratuite, j'adooore. Au plaisir de continuer à te lire.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Débauches et perversions
« Réponse #52 le: 09 Octobre 2015 à 22:46:56 »
Bon, alors je m'y colle !!
Le diable, le vrai... C'est agréable à lire, mais encore une fois, difficile de comprendre où tu veux en venir si on ne te connaît pas. Je pense que tu veux nous poser une sorte de miroir qui, au cours de notre lecture, nous renvoie à nous-même, comme pour nous faire changer d'attitude, comme une prise de conscience.
Je crois que ça fait partie d'une démarche, et qu'il faut encore un peu de temps avant d'obtenir ce que tu veux, c'est le travail d'écriture.
Tu peux sûrement mettre en route plusieurs projets, en même temps que Débauches et perversions, et ainsi sur plusieurs terrains à la fois, tu pourras échanger entre les différentes expériences, et t'offrir un moyen de plus de trouver de nouveaux lecteurs ?
Tu aimes ce que tu fais, il faut que tu lui donnes de nouvelles raisons d'exister !
Voilà, c'est agréable ; mais difficile pour l'instant, même face au diable, aussi terrifiant soit-il, d'en dire plus que ce qui a déjà été dit. Disons que tu as une signature, que c'est une excellente chose, mais que tu aurais sûrement d'autres moyens de nous surprendre, de nous intéresser...

Hors ligne Deimos

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Re : Débauches et perversions
« Réponse #53 le: 19 Octobre 2015 à 01:23:07 »
Merci Asriel pour ce petit commentaire agréable ! (Je mets effectivement toujours beaucoup d'amour dans mes écrits, sortis parfois de mon café un matin.)

Citer
Tu peux sûrement mettre en route plusieurs projets, en même temps que Débauches et perversions, et ainsi sur plusieurs terrains à la fois, tu pourras échanger entre les différentes expériences, et t'offrir un moyen de plus de trouver de nouveaux lecteurs ?
En fait, cette idée avait déjà germé dans mon esprit, et s'appelait Songes et cauchemars, recueil censé contenir des nouvelles macabres... Ça ne s'est cependant bizarrement jamais concrétisé ! Par manque d'envie, de temps ou d'inspiration ? Ou les trois à la fois ? Dans tous les cas, je n'ai pas fait l'effort de le développer... Mais ça viendra, promis !

Citer
Voilà, c'est agréable ; mais difficile pour l'instant, même face au diable, aussi terrifiant soit-il, d'en dire plus que ce qui a déjà été dit. Disons que tu as une signature, que c'est une excellente chose, mais que tu aurais sûrement d'autres moyens de nous surprendre, de nous intéresser...
Merci pour cette conclusion plutôt positive. Mes prochains textes seront assurément mieux travaillés.

See you.


Hors ligne Alan Tréard

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Re : Débauches et perversions
« Réponse #54 le: 19 Octobre 2015 à 10:32:19 »
Non, pardonne-moi cher Deimos, si je me suis mal fait comprendre. Je sais le temps qu'il te faut pour écrire ces nouvelles, et je suis suffisamment expérimenté pour voir à quel point tes publications sont travaillées.
Encore désolé si je ne suis pas clair.
Je suis en fait dans une situation où il m'est difficile de t'apporter un commentaire constructif et ouvert, dans le sens où j'en sais encore peu sur ton intention. Les nouvelles que tu as écrites jusqu'à maintenant sont en fait très codifiées, et ce sont ces mêmes configurations qui sont difficiles à comprendre. C'est la raison pour laquelle je te fais part de mes doutes plutôt que de garder le silence, j'aimerais aussi comprendre ce qui t'inspire le plus, et c'est en ayant le temps d'en connaître plus sur toi que je pourrai apporter de nouveaux éléments.
Et si tu nous en disais plus sur ce qui t'amène ici ? sur ce qui te pousse à publier tes textes ? Nous pourrions plus facilement réagir sur les textes !
Autrement dit, faire un commentaire constructif à chacun de tes textes me paraît difficile, c'est la raison pour laquelle certains textes restent sans commentaire.

Hors ligne Deimos

  • Tabellion
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Amour insectivore
« Réponse #55 le: 11 Mars 2017 à 10:15:49 »
J'ai un peu de retard, désolé.

Amour insectivore

Phalène, un diplômé d'entomologie, se trouva malgré lui fou amoureux de Mactan, une jeune femme qui se passionnait, comme lui, pour les bestioles, les petits êtres à pattes, les grandes choses ailées, les vermissaux fourmillant, les sphères annelées et cuirassées, le néant des yeux noirs minuscules ; leur ressemblance consistait à adorer ce que l'esprit commun répugne.
Tandis que les autres enfants cognaient des ballons et écrasait des bêtes, Phalène collectait des frelons et élevait des bébêtes. Ces habitants d'un monde presque invisible pour la perception humaine, le fascinaient. Parfois il voulait en faire partie. Il s'accoutrait alors d'un déguisement et jouait à se prendre pour l'animal qu'il représentait. Il bourdonnait comme un abeille ou imitait le vol gracieux d'un papillon, mais son mimétisme était infaillible quand il s'agissait d'incarner l'acerbité de l'araignée. Plus âgé, Phalène avait conservé son entichement.
Ainsi Mactan, au nom, par destinée ou hasard, rappelant Latrodectus mactans, la Veuve noire, était l'âme soeur idéale. Elle était radieuse, intelligente, et surtout adorait les petits animaux qu'il idolâtrait.
C'était durant leurs nuits que Mactan révélait toute sa passion extrême, son fétichisme pour les insectes. Elle avait des fantasmes charnels très extravagants portant sur l'univers mandibulaire, qui auraient normalement terrifié n'importe quel partenaire. Néanmoins, Phalène était charmé par ces folies, et son amour grandissait chaque jour.  Tellement qu'il avait décidé de lui demander en mariage.
Les épousailles furent joyeuses, et avaient pour thème drôle le domaine des bestioles. Le banquet était plein de criquets et de scorpions en tous genres, comestibles mais servant mieux comme décorations, et il était amusant d'apprécier les parures à antennes de certains convives audacieux.
Mactan avait promis une nuit de noces inoubliable et "arachnidique", pouvant satisfaire son plus grand fantasme sexuel.
Seulement, Phalène n'y survécut pas. Il fut simplement tué et mangé par son épouse. En effet, chez les araignées, il est usuel que la femelle dévore le mâle après l'accouplement.



 


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