Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Rapport Textuel v2

Auteur Sujet: Rapport Textuel v2  (Lu 15884 fois)

Hors ligne Bricoman

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  • Batman, Superman, et pourquoi pas wham ?
Re : Rapport Textuel
« Réponse #15 le: 26 Septembre 2013 à 04:09:31 »
Viviane est de retour ! ça va péter ! :banane:

- PROOUUT ! (je vous l'avais dit... :-[)



Citer
Je savais tout à son sujet et elle à mon endroit.

Contrairement à Holden, je trouve la formule déséquilibrée. T'as mis 'sujet' et 'endroit' en balance, ça fait une antithèse cheloue. T'aurais pu faire un truc comme:

"J'éprouvais envers elle ce qu'elle concevait à mon endroit" (endroit/envers)

ou bien:

"Son verbe m'éclairait à son sujet" (sujet/verbe)

Citer
Sa volubile prétérition allégeait ma conscience des plus lourdes métaphores fleuries que je m'apprêtais à lui exposer en cas d'un refus poli, ou de la moindre litote dont elle était si friande.

Pour faire une prétérition, il aurait fallu qu'elle dise par exemple: "C'est pas un euphémisme !".

Ta phrase est bizarrement construite, si on enlevait le complément d'objet "des plus lourdes métaphores fleuries que je m'apprêtais à lui exposer", il resterait : "Sa volubile prétérition allégeait ma conscience de la moindre litote dont elle était si friande", ce qui est moyen au niveau du sens.

Citer
— Je connais un bon restaurant italien pas loin de chez moi.
— J'en connais un mauvais très près de chez moi, répond-elle du tac au tac.

Ça, c'est naze, mais c'est marrant. :D

Citer
J'avoue avoir perdu le fil de la conversation, furtive impression de ne pas être en phrase avec ma passagère.

L'effet nawak fonctionne bien. ;)

Citer
J'haussais un sourcil

Je haussai(s). Le h est ici aspiré, et non pas muet. Et plutôt passé simple, non ?

Citer
Conséquence d'Objet Direct : le dessert fut inexorablement subordonné au bon vouloir du temps qui avançait directement vers une fermeture imminente ; et sa séquestration circonstancielle devint définitive lorsque ma carte bleue s'introduisit dans la fente adéquate. Notre repas irait nourrir la poubelle, les restes impératifs d'une division incomplète entre un besoin sustentatoire assouvi et un désir atavique imparfait.

Alors là, je sais que t'as voulu mettre un max de jeux de mots, mais c'est lourd du coup.

"Vers une fermeture imminente", on se doute que c'est du restaurant,  mais dans ta phrase on dirait que c'est le temps lui-même qui va se fermer.

"sa séquestration", tu parles du dessert? Le style est un peu compliqué. Pour comprendre, j'ai dû me figurer une de tes chouquettes enfermée dans le frigo !  :mrgreen:

"D'une division incomplète", pour alléger j'aurais simplement dit "d'un compromis". 

J'aurais aussi élagué en virant les mots alambiqués du genre 'inexorablement, séquestration, sustentatoire (what?!), atavique', pour faire contraster uniquement les termes du glossaire de la grammaire.

Citer
À peine enivrés par les quelques gorgées de vin que nous avions avalées, je la raccompagnais

enivré s'accorde avec je, non ? Sinon faudrait expliciter : "À peine étions-nous enivrés...."

Citer
je lui proposais une stichomythie

Yeah! Je connaissais pas ce mot. :)

Citer
j'infusais le thé au rhème

Celui-là non plus. J'aurais mis rhème au pluriel.

Citer
Pendant en tout ce temps

Erreur de frappe.

Citer
J'écris dans le cartouche

C'est quoi 'un' cartouche ?

Citer
à grands renforts

à grand renfort, expression invariable.

Citer
comme disait mon grand-père à sa grammaire !

ça le fait grave ! ;D

Citer
Cherche mes attributs et pis tète,

Magnifique. ^^

Citer
Repus de sa morphologie et de notre participe passé, nous nous assoupîmes au lever du soleil sur un jour plus-que-parfait.

Ici comme dans le reste du texte, les termes du lexique sont intégrés avec plus ou moins de bonheur. "Repus de sa morphologie et de notre participe passé", pas terrible niveau sens, mais "Un jour plus-que-parfait", c'est top.

Citer
une telle logorrhée ne risque-t-elle pas de me refiler un chiasme du tonnerre ?

Là encore tu joues sur les sonorités, mais tu fais l'impasse sur le sens. :-¬?



Bon, une fois de plus, tu nous as pondu une oeuvre d'éternité.  _/-o_

Mais quelle verve ! Quelle inventivité ! Si le Lépine était un trophée littéraire, il te serait décerné à chacun de tes textes. :guillaume:

En attendant, divine Viviane, cet exploit scellera ton apothéose. Tu brilleras désormais dans le ciel de ce forum sous la forme de la constellation de la Stichomythie !

Et la nuit, les Mdéiens sortiront écrire au clair de ta lune.

Et si le temps se couvrait, alors : "Aux abris ! Il va prouter ! "    :D

« Modifié: 26 Septembre 2013 à 07:55:25 par Bricoman »
" THE SELECTION FOR THE JUSTICE LEAGUE ® :

[...]
WONDER WOMAN/ADMITTED
BRICOMAN/REFUSED "

... Marvel sa mère !

Hors ligne Vivi

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Re : Re : Rapport Textuel
« Réponse #16 le: 26 Septembre 2013 à 14:36:42 »
Je vais grouper certaines de tes remarques et y répondre :


Citer
Je savais tout à son sujet et elle à mon endroit.
Contrairement à Holden, je trouve la formule déséquilibrée. T'as mis 'sujet' et 'endroit' en balance, ça fait une antithèse cheloue. T'aurais pu faire un truc comme:
"J'éprouvais envers elle ce qu'elle concevait à mon endroit" (endroit/envers)
ou bien:
"Son verbe m'éclairait à son sujet" (sujet/verbe)

Citer
Sa volubile prétérition allégeait ma conscience des plus lourdes métaphores fleuries que je m'apprêtais à lui exposer en cas d'un refus poli, ou de la moindre litote dont elle était si friande.

Pour faire une prétérition, il aurait fallu qu'elle dise par exemple: "C'est pas un euphémisme !".

Ta phrase est bizarrement construite, si on enlevait le complément d'objet "des plus lourdes métaphores fleuries que je m'apprêtais à lui exposer", il resterait : "Sa volubile prétérition allégeait ma conscience de la moindre litote dont elle était si friande", ce qui est moyen au niveau du sens.

Citer
Repus de sa morphologie et de notre participe passé, nous nous assoupîmes au lever du soleil sur un jour plus-que-parfait.
Ici comme dans le reste du texte, les termes du lexique sont intégrés avec plus ou moins de bonheur. "Repus de sa morphologie et de notre participe passé", pas terrible niveau sens, mais "Un jour plus-que-parfait", c'est top.
1) Ces 3 phrases ont effectivement la même structure, à chaque fois, la 2° proposition est gramaticalement fausse si on vire ma première. Je me suis plus attaché à la forme et une certaine idée de "raccourci" (un peu à la manière d'un zeugma, mais ce n'était pas mon objectif). Cependant, tes remarques grammaticales sont correctes.
2) Concernant tes propositions, j'aime bien "J'éprouvais envers elle ce qu'elle concevait à mon endroit"
3) Non, le fait qu'elle dise "C'est pas un euphémisme !", n'est pas une prétérition (figure par laquelle on affirme passer sous silence quelque chose dont on parle néanmoins). Dans ce cas là, à aucun moment elle "affirme passer sous silence", si tu vois ce que je veux dire. D'autre part, cette partie s'applique au moment où ils sont dans la voiture, et non avant qu'il y monte (au moment du dialogue).




Citer
J'avoue avoir perdu le fil de la conversation, furtive impression de ne pas être en phrase avec ma passagère.
L'effet nawak fonctionne bien. ;)

Citer
comme disait mon grand-père à sa grammaire !
ça le fait grave ! ;D

Citer
une telle logorrhée ne risque-t-elle pas de me refiler un chiasme du tonnerre ?
Là encore tu joues sur les sonorités, mais tu fais l'impasse sur le sens. :-¬?
Tout ça, c'est le même panier. Si t'en accepte un, tu les acceptes tous :huhu:




Citer
Conséquence d'Objet Direct : le dessert fut inexorablement subordonné au bon vouloir du temps qui avançait directement vers une fermeture imminente ; et sa séquestration circonstancielle devint définitive lorsque ma carte bleue s'introduisit dans la fente adéquate. Notre repas irait nourrir la poubelle, les restes impératifs d'une division incomplète entre un besoin sustentatoire assouvi et un désir atavique imparfait.

Alors là, je sais que t'as voulu mettre un max de jeux de mots, mais c'est lourd du coup.

1) "Vers une fermeture imminente", on se doute que c'est du restaurant,  mais dans ta phrase on dirait que c'est le temps lui-même qui va se fermer.

2) "sa séquestration", tu parles du dessert? Le style est un peu compliqué. Pour comprendre, j'ai dû me figurer une de tes chouquettes enfermée dans le frigo !  :mrgreen:

3) "D'une division incomplète", pour alléger j'aurais simplement dit "d'un compromis". 

3) J'aurais aussi élagué en virant les mots alambiqués du genre 'inexorablement, séquestration, sustentatoire (what?!), atavique', pour faire contraster uniquement les termes du glossaire de la grammaire.
1) c'est vrai, je vais arranger ça (en ralourdissant la phrase justement :guillaume: )
2) non, là même grammaticalement ça tient la route. A la rigueur, virer le "et" pour alléger ? ;D
3) humm, le terme mathématique a un lien avec l'addition qu'on demande habituellement ; et il y a des restes dans certaines division. Maintenant, si c'est trop lourd, je peux peut-être faire valser toute cette partie, mais il manquerait quelque chose en ce qui me concerne ; une sorte d'envolée lyrique (avec du plomb dans l'aile, certes :D), si tu veux :-¬?
4) Sustentatoire, c'est moi qui l'ai fait, j'le garde (néologisme foutraque maison :lecon: ).
En conclusion, je comprends ton indigestion, mais je ne vois pas comment changer tout ça pour l'instant. Je corrige juste le point 1) pour l'histoire de fermeture. Mais si j'envisage d'écrire une version 2 de ce texte, tes remarques seront prises en compte :huhu: .



Citer
j'infusais le thé au rhème
Celui-là non plus. J'aurais mis rhème au pluriel.
En fait, j'me suis posé la question à l'écriture. Vu qu'il n'y a qu'un rhème par phrase, j'ai préféré le laisser au singulier vu la thématique de mon texte :).



Citer
J'écris dans le cartouche
C'est quoi 'un' cartouche ?
rhôô : http://www.cnrtl.fr/definition/cartouche  :-¬? (t'as pas fait technologie des schémas à l'école :D ?) en image



Citer
Cherche mes attributs et pis tète,
Magnifique. ^^
Celui-là est co-écrit avec Holden5  :huhu:



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J'haussais un sourcil
Je haussai(s). Le h est ici aspiré, et non pas muet. Et plutôt passé simple, non ?

Citer
À peine enivrés par les quelques gorgées de vin que nous avions avalées, je la raccompagnais
enivré s'accorde avec je, non ? Sinon faudrait expliciter : "À peine étions-nous enivrés...."

Citer
Pendant en tout ce temps
Erreur de frappe.

Citer
à grands renforts
à grand renfort, expression invariable.
Exact, je corrige tout ça :)



Bon, une fois de plus, tu nous as pondu une oeuvre d'éternité.  _/-o_

Mais quelle verve ! Quelle inventivité ! Si le Lépine était un trophée littéraire, il te serait décerné à chacun de tes textes. :guillaume:

En attendant, divine Viviane, cet exploit scellera ton apothéose. Tu brilleras désormais dans le ciel de ce forum sous la forme de la constellation de la Stichomythie !
Merci à toi prout ton enthousiasme et ton anal-yse grammaticale  :)
Je n'ai pas encore décidé si je ferais une V2 intégrant les points de structure que tu as relevé, cependant, j'en prends bonne note pour mes prochains délires ;D
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Eveil

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Re : Rapport Textuel
« Réponse #17 le: 26 Septembre 2013 à 23:21:52 »
J'avoue être assez impressionné par la richesse du truc, il me faudrait dix lectures pour tout voir et comprendre, et puis quel rythme aussi dans le dialogue  !
La nouille et la verve, heureusement que t'as mis en gras lol, je suis complètement dépassé par tout ça. Bon après comme j'ai souvent pas bité grand chose à l'humour caché sous des tonnes de jeux de mots (j'me sens terriblement con quand je te lis :D), ba ça a pas eu tout l'effet que ça aurait du avoir, c'est ça quand on a une écriture élitiste, faut penser aux autres qu'ont pas un quad core dans le ciboulot :mrgreen:.

Bref, moi ça m'emballe pas plus que ça, après c'est vraiment par goût personnel hein, mais je reconnais ta toute puissance en matière de...comment.....ça s'appelle comment ce que tu fais......mmm.....ouai c'est ça holden, un genre de porno.....avec les mots.  :D


A quand un texte de Viv qui parle avec ses sentiments, sans artifices ? ::)


(fioup :ninja:)

Hors ligne Vivi

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Re : Re : Rapport Textuel
« Réponse #18 le: 27 Septembre 2013 à 01:31:55 »
A quand un texte de Viv qui parle avec ses sentiments, sans artifices ? ::)
sans artifesses, tu veux dire !?  :D

Merci d'être viendu, et repasse bosser tout ça entre deux abécédaires ;)
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne Miromensil

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Re : Rapport Textuel
« Réponse #19 le: 27 Octobre 2013 à 19:59:08 »
Héhé, c'est le premier texte (ou un des premiers) que j'avais lu en arrivant sur ce forum.

Et je maintiens. Il est dément  ;D

Hors ligne Vivi

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Re : Rapport Textuel
« Réponse #20 le: 28 Octobre 2013 à 00:28:05 »
Mici :)

Promis, je ferais la v2 après le nano :huhu:
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne Vivi

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Rapport Textuel v2
« Réponse #21 le: 08 Mars 2014 à 08:03:58 »
Ci-dessous la v2 revue et augmentée. Grand merci à holden5 et mon Brico d'amour pour leur remarques et propositions.
Bonne (re)lecture :P




Rapport Textuel v2



Tout avait commencé par une simple proposition liminaire à la fin d'une journée de travail harassante :
— Peut-être pourrais-je te raccompagner ?
Et elle de répondre avec un sourire en coin :
— Quel euphémisme !
Sa volubile réticence allégeait ma conscience des plus lourdes métaphores fleuries que je m'apprêtais à lui exposer en cas d'un refus poli — ou de la moindre litote dont elle était si friande. Elle n'ignorait pas cependant l'hypothétique dénouement qui se tramait dans mes circonvolutions conjugales. C'était le point déterminant pour l'accomplissement de notre anagogie.
— Je connais un bon restaurant italien pas loin de chez moi.
— J'en connais un mauvais très près de chez moi, répond-elle du tac au tac.
— T'as pas faim ? rétorqué-je surpris.
— Si, très.
J'avoue avoir perdu le fil de la conversation, furtive impression de ne pas être en phrase avec ma passagère. Je haussai un sourcil, puis les épaules. Tout en m'interrogeant sur la dichotomie de ces propos disloqués, je me stationnais dans un espace libre.

Les hors-d'œuvres furent excellents, mais les digressions redondantes débitées par ma verve inépuisable refroidirent mes nouilles rapidement. Ma conquête buvait mes paroles, victime consentante de mon élocution prolixtérique. L'onctueuse sauce blanche de sa pizza aux moules s'était figée sous la tempête de mon verbe enflammé.
Conséquence d'Objet Direct : le dessert fut subordonné au bon vouloir du temps qui s'avançait inexorablement vers une fermeture imminente du restaurant. Corollaire de notre désir atavique imparfait, l'inutilité circonstancielle de nos restes devint définitive lorsque ma carte bleue s'introduisit dans la fente adéquate, augmentant simultanément mon passif bancaire. Afin de redresser la barre, je me promets de faire mon prochain versement en liquide.

À peine enivrés par les quelques gorgées de vin que nous avions avalées, nous rentrâmes à pied. Par chance, nul prédicat ne vint nous soûler de ses allégations avinées. Je la serrais par la taille à titre indicatif. Une demi-heure plus tard, nous étions localisés dans mon appartement. Nous nous effeuillâmes de nos pelures hivernales dans la perspective de comparer nos morphologies respectives…
Évitant de m'embarquer dans une dissertation qui n'aurait ni queue ni tête, je lui proposais une stichomythie. Dithyrambique, elle entama le prologue pendant que j'infusais le thé au rhème :
ELLE – Désirerais-tu que je te conte un vieux mythe ?
MOI – Loin de moi l'idée de t'en imposer la suite.
ELLE – Tu omets ce billet glissé dans ma culotte !
MOI – Ironie de la vie, je n'ai plus de compote.
ELLE – Ne change pas de sujet ! Ta métaphore est nulle.
MOI – Mais elle est proverbiale. Autant que ma virgule.
ELLE – Mon point d'exclamation n'admet plus de copules !
MOI – Notre ponctuation est-elle ridicule ?
ELLE – Cela ne rime à rien ! Il est tard, je m'éclipse.
MOI – Je dirais qu'il est tôt ! Offrez-moi vos ellipses.
ELLE – Pour en arriver là, je veux une assonance.
MOI – Et pendant tant de temps, l'an transcendant s'avance.
ELLE – Mouais, pas terrible. Et une antanaclase ?
MOI – J'écris dans le cartouche : j'te mets une cartouche.
ELLE – Quelle vulgarité !! Va-t-en prendre une douche !
MOI – Ça me convient chérie. Tu me frottes le dos ?
ELLE – C'est une conclusion qui mérite un râteau !

Conjuguant nos efforts dans un futur immédiat, nous marinâmes dans un bain moussant. Puis l'impératif pressant, nous révisâmes nos accords féminins et pluriels à grand renfort d'onomatopées adverbiales et d'interjections adjectivées. Entre positions antérieures et concessions postérieures, nulles conditions négatives ne s'imposèrent à notre objectif de coordination. Sens dessus dessous, nos corps en chiasme formaient l'antithèse de ces insipides amours parallèles prônées par la morale ecclésiastique.
Matez ma trique et évaluez mon vocabulaire, comme disait mon grand-père à sa grammaire ! Cherche mes attributs et pis tète, lui aurait-elle inéluctablement répondu.
À l'envers et allant droit, nous composâmes une véritable allégorie du kâmasûtra ; je me perdis dans son anaphore après qu'elle se fut activée sur mon hyperbole. Ah, ma sémantique interjection subjective révéla mon insubordination transitoire, funeste corrélation entre ma petite mort systématique et son incomplétude traditionnelle. J'ai dû m'abaisser à un long exposé lexico-linguistique afin d'assouvir sa soif de lexème. Oh, que je lemme !

Repus de notre participe passé, nous nous assoupîmes à l'aube naissante d'un jour plus-que-parfait. Alors que je tombe dans les bras de morphème, une légère interrogation subsiste : toujours coucher avec de telles figures de style ne risque-t-il pas de me refiler une logorrhée d'enfer ?


___________________
EDIT 1 : Corrections des erreurs relevées pas MillaNox.
EDIT 2 : Suppression de la répétition du mot "liminaires " (après "Hors-d'oeuvres")
« Modifié: 10 Avril 2014 à 15:57:52 par Viviane »
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne Babataher

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Re : Rapport Textuel v2
« Réponse #22 le: 08 Mars 2014 à 09:21:53 »
Bonjour Viviane,
J'ai bien adoré ton texte et j'ai appris des mots nouveaux.
quelques remarques:
Citer
Je savais tout à son sujet et elle à mon endroit. Ce point était déterminant pour l'accomplissement de notre anagogie. Sa volubile prétérition allégeait ma conscience des plus lourdes métaphores fleuries que je m'apprêtais à lui exposer en cas d'un refus poli, ou de la moindre litote dont elle était si friande.
Sublime  :coeur:
Citer
T'as pas faim ? rétorqué-je surpris.
T'as pas faim ? Rétorqué-je surpris.
Citer
élocution prolixtérique
prolixe ou bien une torsion voulue!
Citer
, nous marinâmes dans un bain
mariner dans ce contexte est transitif ou intransitif?
Citer
du soleil sur un jour plus-que-parfait.
J'aurais écrit après une nuit presque parfaite.
Comme je n'ai pas lu les autres commentaires je ne sais pas si ces remarques servent à quelques chose. En tous cas j'ai pris du plaisir à lire un texte bien écrit.

Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne Vivi

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Re : Re : Rapport Textuel v2
« Réponse #23 le: 08 Mars 2014 à 09:32:52 »
Bonjour Viviane,
J'ai bien adoré ton texte et j'ai appris des mots nouveaux.
Merci :)


Citer
T'as pas faim ? rétorqué-je surpris.
T'as pas faim ? Rétorqué-je surpris.
Non. Les incises de dialogue sont toujours en minuscule même derrière une pontuation finale :huhu:


Citer
élocution prolixtérique
prolixe ou bien une torsion voulue!
C'est un mot-valise maison  :lecon:


Citer
, nous marinâmes dans un bain
mariner dans ce contexte est transitif ou intransitif?
Pour moi c'est correct et compréhensible, donc je vois pas qu'est-ce que ça change quoi cette question :\?
En quoi ça pourrait générer un faute de langage ou un incompréhension ? :-\ Tu peux m'expliquer ?


Citer
du soleil sur un jour plus-que-parfait.
J'aurais écrit après une nuit presque parfaite.
Comme je n'ai pas lu les autres commentaires je ne sais pas si ces remarques servent à quelques chose. En tous cas j'ai pris du plaisir à lire un texte bien écrit.
Les autres com' concernent la v1, donc pas de soucis pour toutes les remarques concernant cette v2. Je garde "plus-que-parfait" pour le jeu de mot avec les temps. Et en quoi elle te paraît presque parfaite cette nuit ? :mrgreen: :D ;)

Merci pour ta lecture et ton com'
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
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Re : Rapport Textuel v2
« Réponse #24 le: 08 Mars 2014 à 09:53:32 »
Je pense qu'on ne peut pas juger la qualité du jour qui se lève, mais pour la nuit, bien qu'elle soit du passé simple, on peut juger de son mode d'emploi!
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Camille Acristem

  • Invité
Re : Rapport Textuel v2
« Réponse #25 le: 26 Mars 2014 à 15:05:37 »
Hello,

Chose promise chose duse.

Paradoxalement, et alors même qu'il convient souvent de conseiller aux gens de faire le tri ou le choix, je trouve que tu n'as pas été assez loin, et n'as pas été assez directe. Le jeu devient excellent quand on comprend qu'il y a jeu et vraiment l'introduction fait figure de paratexte maladroit, je déteste les paratextes en général en ce qu'ils éviscèrent la fiction ou la fictionnalisation du réel proposé. C'est dommage parce que du coup, la présentation des règles traînant en longueur, on peut démissionner bien vite du jeu. L'espièglerie du ton, assez sympa en un certain sens et en tant qu'elle même et aurait justement pu servir de support à la patience ou - mieux encore - de premier motif esthétique dans ton récit. Je sais qu'il n'est pas courant de trouver dans de telles superficies littérantes des textes à motifs littéraires multiples, mais ça peut tout de même faire chouette, voire même être une des clefs d'un récit riche. Mais c'est trop confus, pas assez cadré - le cadre peut-être nébuleux et confus, mais là il n'y en a juste pas - et surtout, si c'est un passage de mise en attente, il manque de respiration ou de capacité à l'occupation. Soit il le faut aéré pour dire qu'il n'est rien, soit il le faut drôle, triste, peu importe le procédé que tu choisis, mais il faut capter l'attention. C'est la fameuse phrase choc qu'on conseille au lycéen dans leurs dissert'.

La partie stichomythique est rigolote mais un peu vaine, il ne semble pas se passer grand chose au-delà de la saturation rhétorique et même si on voit bien que tu t'es soit documenté, soit rendu maître en la matière, elle montre surtout que tu t'es arrêté au jeu de langage et que tu n'as pas été jusqu'à ce de quoi est le jeu : analogie, substitution, ironie ; ni des cas particuliers de parataxe qu'ils représentent et les objets qu'ils ont pu servir et des blocages qu'ils ont permis de dépasser. Les objets et les formes sont toujours des symboles, les étapes d'une limite esthétique qu'il a fallu desceller, briser. Mais pousser un tel jeu en un tel degré de virtuosité n'est d'abord pas donné à tous d'une part et surtout aurait motivé bien plus d'énergie, de temps et d'engagement. Garder la légèreté très appréciable du ton actuel tout en prolongeant la puissance des remarques ludiques, cette démarche presque encyclopédique, est difficile et aurait exigé encore plus  de temps et d'énergie. Bref : l'idée est super sympa mais bâclée.

Mais comme tu as écrit ça sur le ton de l'anecdote, ça passe bien pour ce que c'est : une anecdote de littérarité. Ça aurait juste pu être dix-mille fois mieux, quoi. C'est tout. Et c'est uniquement de ce point de vue là que là c'est dommage, paresseux et médiocre comparé à ce que tu pourrais faire. La question est toujours de se demander si l'on a fait tout ce que l'on aurait pu, ou même de savoir si l'on veut faire au possible mieux ou au plus satisfaisant. C'est la question du choix de rigueur et de raison qui nous pousse à écrire.

Hors ligne Vivi

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Re : Rapport Textuel v2
« Réponse #26 le: 26 Mars 2014 à 16:01:34 »
Merci pour ton commentaire.

Je suis d'accord que ça pourrait être mieux (on peut toujours faire mieux ;) ).

Pour le paratexte, j'avoue ne pas trop comprendre de quoi tu parles exactement. Pour moi, le texte est un tout. Pour les perfectionnement sur la "teinte globale" ( drôle, triste...) et le côté "trop confus, pas assez cadré - manque de respiration", je suis d'accord. J'ai encore tendance à rester trop près de mes mots et ne pas sacrifier certains passages à une vue d'ensemble plus cohérente. Bilan : c'est sympa, rigolo, mais ça manque de maturité et de cohérence (un projet "plus vaste"). Pehache me fait les mêmes remarques sur mes poèmes. Va falloir que je trouve un moyen de passer le cran au-dessus (ou que je le veuille  :mrgreen: :-¬?).

Concernant le dialogue stichomythique, c'est le premier que je fait dans ce genre, donc pour la perfection... J'avoue ne pas connaître en détail tout ce que tu énumères ( analogie, substitution, ironie ; ni des cas particuliers de parataxe qu'ils représentent et les objets qu'ils ont pu servir et des blocages qu'ils ont permis de dépasser.). Si tu as des exemples concrets à me proposer, ce serait sympa, car je vais avoir du mal à bien trouver la cible parfaite :) .


Pour l'instant, le texte me convient en l'état dans le sens où je suis "à mon max / vitesse de croisière" (1° jet + 1 correction seulement). Je suis donc parfaitement conscient de ne pas être au taquet par rapport au reste du monde (et même moi, je devrais pourvoir upgrader en me sortant les doigts du cul). La question est de savoir comment faire. Pour l'instant, j'ai pas d'idée. Si tu as des exemples de texte correspondant à ce que tu penses être au niveau de ce fameux "Ça aurait juste pu être dix-mille fois mieux, quoi." qui me fait baver d'envie, merci de me les indiquer. Tu peux aussi faire un exemple me corrigeant/réécrivant une partie (2-3 phrases + 1 com') afin que je saisisse l'idée. J'aimerais bien apprendre à pêcher dans ton étang :mrgreen:

Merci pour ton com' et j'espère des nouveaux conseils :jubile:
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne Loïc

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Re : Rapport Textuel v2
« Réponse #27 le: 30 Mars 2014 à 23:56:48 »
Je crois que je ne suis pas fait pour tes textes.
Comme pour l'autre que j'ai commenté de toi, je reconnais l'efficacité et la fluidité de l'écriture - d'ailleurs, j'aime beaucoup le dialogue qui me fait penser à l'absurde de Reflet d'Acide (ou de Ionesco). Mais justement, j'accroche moins à la façon dont il est transcrit dans le reste du texte, trop ciblé justement sur le textuel (j'ai bien compris que c'était l'objectif, hein).
Lecture agréable néanmoins.
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Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Re : Re : Rapport Textuel v2
« Réponse #28 le: 31 Mars 2014 à 05:39:55 »
Je crois que je ne suis pas fait pour tes textes.
T'as déjà du mal avec mon humour... là, on est complet :mrgreen: :D

Merci pour ta lecture et ton com' (je vais me renseigner sur Reflet d'Acide ;))
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Hors ligne Bricoman

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Re : Rapport Textuel v2
« Réponse #29 le: 31 Mars 2014 à 08:50:39 »
Reflet d'acide, c'est génial. Si tu veux des renseignements, le grand spécialiste c'est Sennar.  ;)

FLOOD/OFF

Et ta V2 est bien mieux, en effet.
« Modifié: 31 Mars 2014 à 08:52:15 par Bricoman »
" THE SELECTION FOR THE JUSTICE LEAGUE ® :

[...]
WONDER WOMAN/ADMITTED
BRICOMAN/REFUSED "

... Marvel sa mère !

 


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