L’EVENEMENT
VIRTUELS
1
Il est des jours qui changent le monde. Il est des évènements qui échappent à tout
contrôle et dont les conséquences sont irréversibles comme le 28 Juin 1914 et l’assassinat
de l’archiduc François- Ferdinand qui déclencha une guerre préventive de l’Autriche- Hongrie
contre la Serbie accusée de l’attentat et qui par les jeux d’alliance, se mua en guerre
mondiale. Comme la naissance d’Albert Einstein le 14 Mars 1879 qui révolutionna la
physique ou la naissance de Sergei Ismanov, le 03 Mai 2023, inventeur du projecteur
virtuel…
…Nous somme un de ces jours….nous sommes le 03 Juillet 2076, à Paris.
Cérémonie d’ouverture des JO d’été. Dans l’immense stade construit pour l’occasion et bien
nommé « stade De Coubertin ». Le stade est plein à craquer, 200 000 places. 200 000
spectateurs venus voir un grand spectacle. Des spectateurs euphoriques venus du monde
entiers agitant fièrement les couleurs de leurs pays et attendant de voir défiler leur
délégation. La vitrine du savoir faire à la française, précédé de tant de louanges, qui interdit
de fait la moindre erreur.
Et pour ça, les gros moyens ont été déployés notamment en matière de sécurité.
L’armée est sur le coup. Des escouades de quatre militaires patrouillent aux abords du
stade, avec des « renifleurs » : des petits robots cylindriques, évoluant à 1m du sol, se
déplaçant de manière autonome à l’aide de capteurs et conçu pour détecter des armes
chimiques utilisés dans le bio terrorisme : le Sarin, le gaz VX etc.… Tous les abords du stade
sont analysés. Car la menace est bien réelle. Des menaces régulières ont été envoyées à
l’encontre de la France ciblant ce soir. Des menaces terroristes jugées plus ou moins
crédibles. Cependant, une a particulièrement retenue l’attention : un ultimatum émanant d’un
groupe russe bien connu, pour libérer des terroristes retenus en France. Ils y avaient trouvés
refuge après avoir perpétré des attentats dans leur pays en contestation de la présence
militaire russe sur certains théâtres de guerre. Le groupe est réputé agir avec des armes
chimiques et plus particulièrement des agents neurotoxiques. Incolores, inodores, les plus
puissants neutralisent le système nerveux en quelques minutes seulement. L’impact
sanitaire dans un stade serait dramatique : l’agent létal s’y répandrait comme une trainée de
poudre. L’ultimatum expirait ce soir. Il était de toute façon, d’emblé rejeté par le président
français nouvellement élu, Léandre Dubreuil, qui comptait plus sur la prévention et qui après
en avoir discuté avec ses spécialistes du terrorisme international, était arrivé à la conclusion
que les stocks du groupe ne devaient pas encore être reconstitués depuis leur dernière
tuerie à Moscou.
D’innombrables forces de police s’affèrent également à l’extérieur du stade à des
contrôles d’identités. Procédés purement dissuasifs puisque le système de vidéosurveillance
en place scan tous les visages et les compares en temps réel à une vaste base de données.
De fait, tous les visages cachés sont priés de se découvrir. Les spectateurs maquillés sont
aussi passés à la moulinette puisque le système utilise plusieurs caractéristiques du visage
comme la forme du nez, l’écart entre les yeux, la forme des oreilles etc.…
Pour rentrer dans le stade, les spectateurs doivent passés des portiques de sécurité
capables de détecter toutes armes cachées. Impossible de passer à travers.
Dans les airs, des hélicoptères avec capteurs infrarouge fendent la nuit pour détecter
d’éventuelles sources de chaleur non prévues.
L’espace aérien aux abords du stade est également fermé. Aucun survole autorisé à
2O km à la ronde sous peine de se faire rappeler à l’ordre par des avions rafales troisième
génération (et dernière probablement, les avions de chasses étant devenus désuets face
aux drones) mit en état d’alerte non loin de là.
Pour la sécurité à l’intérieur du stade, avant l’ouverture aux spectateurs, des chiens
renifleurs ont cherché inlassablement des colis suspects, en vain. Des Renifleurs sont
également présents pour les parties non accessible au public. Des caméras, encore et
encore, partout, sur drones, capables de compter le nombre de poux que vous avez dans la
tête. Et en civils, dans tout le stade, des paramilitaires. 5 000 rien que pour l’intérieur. Armés
jusqu’aux dents, bien qu’elles soient soigneusement dissimulés, ont pour ordre de signaler
tout comportement suspect. Une première que la sécurité à un niveau si élevé ne soit pas
assurer par l’armée mais les différentes restrictions de budgets ont eut raison des effectifs.
Et de surcroit, la majeure partie sont occupés sur maints théâtres de guerre avec entre
autres, leurs homologues Russe. - Les conflits mondiaux ne manquent pas en 2076. En
effet, la crise économique de 2008 à eut comme effet un repli des pays sur eux même et une
forte poussée du nationalisme. Des chefs d’état agressifs ont été élus à la tête de pays. En
2020, une crise énergétique s’est greffée à la première crise. Les réserves de pétroles ont
fortement diminuées suite à une demande toujours plus forte. Mais surtout, la recherche de
pétrole en antarctique put commencer cette année là, dans un climat très tendu, et mis à
jours des quantités de pétrole insignifiantes contrairement aux attentes générales. Le cours
du pétrole réagit instantanément en faisant flamber ses prix. Les effets se firent sentirent de
suite. Une ruée sans précédent vers les dernières gouttes, dans une cacophonie qui ne
tarda pas à se transformer en conflits armés. Les industries se remirent en marche, le
chômage baissait, de nouvelles richesses s’accumulaient. Et plus les guerres dureraient … -
20 000 hommes en tout pour que la soirée ce passe bien, 100 renifleurs, 500 caméras, 50
drones, 3 hélicoptères, tout ça reliés à un seul endroit, le poste de commandement.
Une salle immense où s’activent des opérateurs, des hauts gradés militaire, des
représentants des ministères de l’intérieur et de la défense et les cadres de la Loyale
Sécurity représentant les paramilitaires en civils. Au milieu de la pièce, une représentation du
stade en 3D avec l’emplacement en temps réel des divers acteurs du dispositif de sécurité.
La tension est palpable. Les officiers sont nerveux.
Une menace avérée, mais non identifiée. 200 000 spectateurs. 15 000 athlètes et
figurants.
Tout ce beau monde devant rien de moins que… 2 milliards de téléspectateurs. Soit
un peu plus de 1/5 de la population mondiale les yeux rivés sur le stade De Courbertin ! De
quoi donner le vertige.
Surtout que ce soir, il n’y a pas que des téléspectateurs. Il y a aussi des virtuelspectateurs,
appelés les « virtels ». Imaginez. Vous êtes tranquillement assis sur votre canapé, devant
votre télé. Et la technologie vous fait entrer dans la télé. Vous êtes immergé dans la scène.
Tout autour de vous, le film se joue. Vous voyez tout. Vous pouvez tout visiter. Vous êtes
dans une reconstitution de la réalité.
Procédé révolutionnaire mis au point par l’éminent scientifique : Sergei Ismanov.
Après des décennies de développement, il avait réussi à rendre l’immersion possible grâce
au projecteur virtuel. Le virtel est relié à un boitier, appelé contrôleur, qui collecte les
caractéristiques sensorielles de l’individu par un casque bourré de capteurs. Le boitier
renvois ensuite les informations à un récepteur ; une télévision ou les lunettes intégrées.
Informations reconstitués informatiquement dans la scène. L’individu devient langage
binaire. L’immersion est totale. L’homo- avatar est né.
Technologie toute ressente mais dont les démonstrations public ont fait sensation et ont
alimenté pendant des jours les presses du monde entier, entre technologie de la terreur et
fantasme ultime. Il n’en fallait pas plus pour que les ventes explosent littéralement juste
avant les JO. Si bien que l’unique fabricant (Ismatec dont le PDG n’est autre que Yvan
Ismanov, le frère de l’inventeur du projecteur virtuel) à bien failli ne pas pouvoir suivre la
cadence. ce soir donc, sur deux milliards de téléspectateurs, on estime à environ la moitié
les virtels. Ce qui augmente considérablement le nombre d’individus présent dans le stade
pensa Léonie.
Dans le poste de commandement, elle ne quitte pas des yeux l’hologramme du stade. Du
bout de sa main, elle le fait tourner, elle zoom dans les salles des machines, à la recherche
de la moindre anomalie. Elle voit ses hommes dans le stade sous forme de point verts. Si un
point se coupe, ça sonne. Si un point passe au rouge, ça sonne. Elle à passé l’année passé
à s’entrainer pour ça. Elle sait qu’elle n’a pas intérêt à se planter. Les hauts gradés
l’attendent au tournant.
Déjà qu’un privé assure la sécurité de civils a aussi grande ampleur, difficile à encaisser,
mais en plus, qu’une femme de 36 ans soit à leur tête…..
Pourtant, Léonie Stodd n’est pas une inconnue aux yeux de l’armée. Fille de Enzo
Stodd, militaire de carrière, décoré pour faits d’armes prit sa retraite au grade de Lieutenant.
Conscient des carences de l’armée, il crée la Loyale Sécurity. Ses services devinrent vite
appréciés des ministères. Il avait formé sont équipe avec uniquement des militaires à la
retraite, ce qui en faisait une équipe très efficace. Il impliqua sa fille au maximum dans ses
affaires dans le but de le remplacer après sa mort. Ce qui arriva il y à maintenant 5ans.
Léonie pris donc la tête de la Loyale Security et profita du vaste réseau déjà tissé.
Sa mère, se suicida quand elle avait 11 ans. C’est elle, gamine chétive, qui l’a trouva, les
veines ouvertes, sur le lit parental. Papa n’était pas là. Papa n ‘était jamais là. Prostrée elle
resta au pied du lit pendant une éternité, attendant que maman se réveil et dise : c’est rien
ma princesse, maman est là, c’est fini.
Maman était là oui, mais inerte. Malgré les larmes le long des joues pourpres et des
spasmes étouffés de la fillette, elle était inexorablement inerte.
Elle en sorti complètement bousillée. Naviguant elle, princesse déchue, à la dérive dans les
courants dangereux de la vie. Elle avait entendu une phrase un jour qu’elle avait adoré et qui
semblait écrite pour elle. Elle se souvenait même de son auteur : Sénèque : « lorsqu’on ne
sait pas vers quel port on navigue, aucun vent n’est le bon ».
Elle avait quand même fini par le trouver le bon, sa bouée de sauvetage, son îlot sur lequel
se reposer : Quentin.
Avec lui, elle se sent bien et rentre confiante ses griffes. Il l’aime sincèrement, il l’a
comprend. Elle à une confiance aveugle en lui.
Pour les autres, Léonie c’est un mur infranchissable. Un mur avec des lames acérées.
2
Voilà une bonne soirée en perspective se dit Quentin.
Seul dans l’appartement, il a quartier libre. Il avait juste défense de venir au stade ce soir.
- Viens pas. C’est tout ! » lui avait lancée Léonie face a ses demandes insistantes.
Le silence de l’appartement emplit ses oreilles. Trop de silence. Surtout pour un mélomane
comme lui. Il alla dans le salon, et comme semblant s’adresser à la pièce :
- Samuel BARBER, Agnus Dei !
Instantanément, les voix du choeur se firent entendre, venant de toute part, noyant Quentin
de sons sublimes. Il adore ses moments où le temps semble suspendu, les secondes
s’égrainant comme les gouttes d’eau d’un robinet mal fermé.
Il ferma les yeux comme pour s’immerger totalement et sentit les vibrations de son corps en
réponse à cette sublime. Voilà ce pour quoi il vit. Voilà ce pour quoi chacun devrait vivre
pensa t-il ! Pour ce genre de moment.
Il sentit des frissons courir sur son bras, puis sur l’autre. Il ne pense plus à rien. Il occulte tout
son environnement. Une larme se forme au creux de son oeil. Ses yeux s’emplissent
d’humidité. En baissant ses paupières, la goutte se détache et tombe lentement le long de sa
joue.
Ce qui fait la beauté de ce genre de moments c’est qu’ils sont éphémères. A la fin du
morceau, il ré-ouvre les yeux, attendant immobile dans le silence, que son cerveau se
remette à penser.
Aucun son.
Juste l’impacte de sa larme finissant sa chute à ses pieds, contre son parquet.
Il regarda sa montre. 20h00.
Il avait passé l’après midi à configurer le projecteur virtuel qu’il venait de s’acheter. Il ne lui
reste plus qu’a enregistrer son corps pour que la machine puisse le retranscrire dans une
scène. En effet, techniquement, nul besoin d’un corps pour accompagner l’individu dans une
réalité reconstituée vu qu’il s’agit que de données informatiques. Mais son concepteur à
penser qu’il serait trop déstabilisant et pas assez immersif de n’être que volute, se déplaçant
sans toucher le sol, sans jambes, sans bras, sans rien du tout. De même, l’individu ne peux
pas prendre comme avatar, un autre corps que le sien. Les dérives seraient trop
importantes. Quentin est donc condamné à garder son apparence pour ses immersions. Il
prit le tourniquet, une sorte de balance ronde en suspension à 5 cm du sol sur laquelle
monter pour se faire filmer à 360°, a l’aide d’une caméra situé sur le contrôleur.
Il alluma la télé, puis le contrôleur.
- Bonjour Quentin lui adressa une voie féminine venant de la télé.
- Voulez vous continuer l’installation de votre projecteur virtuel ?
- Oui
- Recherche étape en cours.
Après un cours instant, la machine repéra le niveau d’installation déjà commencé.
- Veuillez prendre place sur le tourniquet.
Il s’exécuta. Il dût lutter pour trouver son équilibre par ce manque de stabilité.
- Informations en cours de traitement. Merci de ne pas bouger.
Le contrôleur le mesura et le pesa.
- Attention ! le tourniquet va tourner. Cette opération peut prendre 1 minute. Ne
descendez pas !
Il se mit effectivement à tourner sur lui même de manière à ce que la caméra du contrôleur le
film sous toutes les coutures. Il vit progressivement son corps apparaître à l’écran. Au bout
d’une petite minute, le tourniquet stoppa.
- Opération terminée ! Êtes-vous satisfait de votre avatar ?
Même s’il se serait aimé plus musclé, il dût reconnaître que l’image lui correspondait.
- Oui
- Enregistrement en cours, veuillez patienter.
A la fin de l’opération, la machine continua la procédure.
- Veuillez vous équiper de votre casque sensoriel pour synchronisation.
Il enfila son casque, une sorte de couvre chef avec des capteurs, incluant aussi des lunettes
interactives, diffusants les même informations que la télévision.
- Début de la synchronisation, ne retirez pas votre casque.
- Cette opération peut prendre quelques minutes.
- Enregistrement de votre empreinte cérébrale.
Cette étape lui fit l’impression qu’on entrait dans son esprit, qu’on s’infiltrait dans les
moindres recoins de sa conscience.
- Si tu divulgues mes petits secrets, tu auras affaire à moi !
- Merci de ne pas parler pendant l’enregistrement de votre empreinte cérébrale,
Quentin.
Puis, quelques minutes plus tard,
- Enregistrement terminé. Souhaitez-vous lier cette empreinte à cet avatar ?
Il vit dans ses lunettes, tournoyer l’image de son corps.
- Oui
- Avatar terminé. Installation réussi.
- Souhaitez-vous mettre un programme ou quitter ?
- Quelle heure est- il ?
- 20h30.
- Cérémonie d’ouverture des J.O.
- Demande enregistrée. Avant votre première immersion, nous allons voir ensemble
les consignes de sécurité. Dite oui pour continuer ou non pour quitter.
- Oui
- Pour regarder un programme, il faut être en position assis. Durant l’expérience, vous
n’aurez plus le contrôle de votre corps. Il est important de vous mettre en sécurité
avant le début du programme. Validez-vous cette clause ?
- Oui
- Pendant votre immersion, votre casque ne doit pas être retiré. Le casque prépare
votre cerveau au retour à la réalité. Sans cela, vous vous exposez à des lésions
cérébrales irréversibles. Un message sonore et visuel à l’ intention d’une tierce
personne apparaitra sur la télévision. Il est conseillé de prévenir oralement les
personnes susceptibles de se trouver auprès de vous. Validez-vous cette clause ?
Avec un peu d’appréhension dans sa voie, Quentin répondit :
- Oui
- Pendant votre immersion, vous aurez le loisir de vous déplacer librement dans
l’espace dédié. Vous ne serez ni visible des acteurs, ni des autres utilisateurs du
projecteur virtuel. Validez-vous cette clause ?
- Oui
- Un retour automatique à la réalité est prévu à la fin du programme. Cependant, si
vous souhaitez mettre un terme à votre immersion, vous devrez vous rendre dans la
salle des retours, en suivants les indicateurs visuels représentant le logo d’Ismatec
que voici. Il vous faudra une fois à l’intérieure appuyer sur le glyphe représentant le
logo. Votre retour à la réalité se fera progressivement et sans danger. Validez-vous
cette clause ?
- Oui
Le logo d’Ismatec, vert sur fond gris, facilement reconnaissable, un I majuscule,
superposé d’un S ressemblant à un serpent se lovant autour d’une proie, surplombant un
V, accueillant en son sein les deux premières lettres, le tout prisonnier d’un O, est de
toute façon placardé sur tous les écrans publicitaires de la ville. Difficile de ne pas l’avoir
vu.
- Votre programme va maintenant être chargé. Voulez vous le charger maintenant ?
- Non
Quentin enleva son casque, puis par acquis de conscience, alla fermer la porte de
l’appartement à clé. Il vérifia dans toutes les pièces qu’il est seul. Comme si quelqu’un
pouvait se trouver là sans que je le sache, pensa t-il. Puis il retourna dans son canapé,
mis son casque, puis s’adressant à l’assistante vocale :
- Chargez programme.
3
Bureau Ovale, Maison Blanche, Washington.
Peter DONAHUT, 52ème président des Etas- Unis d’Amérique, à préféré enfreindre le
protocole en envoyant à sa place à l’ouverte des J.O. a Paris, un double. Trop de risques.
Les menaces terroristes sont trop crédibles se dit-il.
D’ailleurs, je ne doit pas être le seul à ne pas avoir fait le déplacement, pensa t-il.
Le seul dont il pu être sûr qu’il se trouvait physiquement dans le stade était le président
français, Léandre Dubreuil. Pays hôte oblige.
Un verre de Bourbon à la main, il est assis sur le canapé au milieu de la pièce. En face de
lui, la vice présidente, Helen Collins. Entre eux deux, sur une petite table basse, un
contrôleur relié à deux casques. Ils sont seuls dans la pièce. Devant la porte, deux gardes du
corps s’assurent que personne n’entre dans la le Bureau Ovale.
- Une Heure Helen. On se déconnecte dans 1h. Il faut finir le discourt pour demain.
- Si ça ne tenait qu’a moi, je ne me connecterais pas. On à pas le temps !
- Ça va nous faire du bien de décrocher un peu. Allez, détends-toi. Je te regarde pas
mettre ton casque si tu veux.
Il esquissait un rictus sincère à ses mots. De bonne grâce, elle le lui rendit.
- Ok. A toute à l’heure.
Le président mit le premier son casque. Il se connecta avant Helen. Elle vit son corps
s’affaisser légèrement comme pour indiquer que l’immersion avait commencée.
Un peu à contre coeur, elle le suivit.
4
Quentin se cala bien confortablement, s’attendant à être projeté violement dans un autre
monde. A la place, il vit une barre de progression à travers ses lunettes, avec en arrière plan,
l’intérieur du stade De Coubertin de plus en plus nette. Puis, la barre arrivée à 100% s’effaça
pour laisser place au stade entier.
- Chargement réussit. Bonne visite Quentin !
Il se retrouva au milieu du stade, purement interloqué. Il tourna sur lui même pour
contempler cette foule pour qui il est invisible. Il entendit les acclamations des spectateurs,
comme s’il y était réellement. Il leva sa main devant ses yeux, fit bouger quelques doigts
comme s’il découvrait un nouveau corps. D’ailleurs, en quelques sorte, ce fût le cas.
Comment cela est-ce possible ? Il voyait même la cicatrice qu’il avait sur l’avant bras, vestige
d’une mauvaise chute qu’il avait fait étant plus jeune.
Il s’aventura à faire un pas. Puis un autre. Il sentait que son déplacement n’avait rien de
mécanique. Il se mouvait avec une extrême légèreté. Comme s’il n’y avait pas de gravité. Et
pourtant, il restait au sol. Il resta encore là un moment à contempler.
Son regard se posa sur un logo d’Ismatec, avec en dessous, une flèche indiquant la gauche.
Il fût prit d’une irrésistible envie de tester tout de suite le retour à la réalité, comme pour
s’assurer qu’il n’y à pas de danger. Il se mit donc à suivre les flèches qui lui firent aller à
l’extrême Nord-est du stade. La salle de retour était là. Il rentra à l’intérieur et vit le glyphe
sur le mur opposé. Le symbole sur fond gris était phosphorescent et sa lumière vacillait
comme si un coeur battait à l’intérieur. Il voulu appuyer dessus mais se dit qu’il en avait
assez vu. Il était en sécurité. Enjoy !
Il ressortit de la pièce et fila directement se mélanger aux athlètes qui défilaient. Il s’immisça
dans leur groupe avec l’étrange sensation de ne pas être vu. C’était la délégation
britannique. Il reconnu Jordan Cole en porte drapeau, le célèbre judoka de 25 ans que
personne n’avait encore réussi à mettre à terre. Il le rejoint en tête de file puis se mit à
tourner autour, en sautant, en lui faisant des grimasses en quête du moindre signe qu’il
serait découvert, mais rien. Pas même un clignement des yeux. Stupéfiant.
Il se demanda jusqu’où il avait la liberté d’aller. Il commença à courir direction de l’entrée des
sportifs. Il arriva dans un long couloir froid au bout duquel, deux directions s’offraient à lui. A
gauche, le coin des athlètes prévoyant vestiaires, salle de relaxation, salle de massages. A
droite, l’accès aux tribunes par escaliers et à côté une porte de sortie de secours menant
directement à l’extérieure, calée en position ouverte pour permettre aux renifleurs de
naviguer aussi bien à l’intérieur que dehors. Il entreprit de sortir pas là. Il passa la porte,
grimpa quelque petite marches, puis se retrouva au pied de l’immense stade. Il dût marcher
une centaine de mètre pour avoir assez de recul pour contempler le stade dans son
ensemble. Il vit des militaires par groupes de quatre, patrouiller, des contrôles de police, des
drapeaux de toutes les nations présentes flotter dans l’air sec, le drapeau olympique. Il
oublierait presque qu’il est à ce moment, physiquement chez lui. Il continue d’avancer, le
plus loin possible du stade. A 150m environ d’où il était sortit, il vit une grosse masse floue
s’étendre à sa droite et gauche indéfiniment. Il s’en approcha lentement pour la scruter. Elle
ne bougeait pas, n’émettait aucun son. Il approcha sa main pour apprécier la consistance.
Un mur. Tout ce flou autour de lui était un mur. Voilà ce qui délimitait son aire de
mouvement. La fin du (petit) monde (virtuel). La fin du programme. Dommage se dit-il.
Il retourna sur ces pas à l’intérieur du stade. Le spectacle avait continué sans lui.
5
Derrière Léonie, les militaires prennent contact avec leurs escouades en attente des
R.A.S, signe que tout se passe bien. Le ministre de la défense, Pierre Dye, est lui planté
devant l’immense baie vitrée qui surplombe le stade, à regarder cette foule immense, une
main dans la poche, l’autre maltraitant frénétiquement une boule anti stress. En voyant la
noria ininterrompue des hélicoptères au loin, il se dit qu’il aimerait avoir la capacité de
s’envoler, de partir loin d’ici et de cette agitation.
Une alerte provenant du stade en 3D le sorti de sa rêverie.
_ « Un renifleur manque à l’appel ». La voie de Léonie cingla dans l’atmosphère pesante de
la pièce.
_ Entrée 3ème Sud, le E3S lança, t- elle à l’attention du Général Perrin, en charge des
escouades à l’extérieure du stade.
_ Opérateur, allumer sa caméra.
_ Oui Général.
Franck s’exécuta. Il manipula manuellement des fichiers sur un écran de contrôle.
_ Rien Général.
_ Réessayez !
Il sentit l’anxiété monter en lui.
_ Toujours rien Général. Le Renifleur ne répond plus.
_ 3/ SIERRA on à perdu un Renifleur. Allez voir ce qui se passe.
_ Compris.
Matt, à la tête du groupe de l’escouade, vérifia la dernière position connu du Renifleur que
Le poste de commandement venait de lui envoyer.
_ C’est pas loin on y va, dit-il à l’encontre de son équipe.
Ils traversèrent la foule dense de spectateurs en direction de l’entrée. A une dizaine de
mètres avant l’accès dans le stade, ils bifurquèrent à gauche. Ils descendirent quelques
marches pour s’engouffrer.
L’escouade ne parlait pas, suivant sur ses gardes, Matt qui sentais qu’ils seraient bientôt
fixés.
Ils continuèrent une dizaine de mètres sur une allée bétonnée de 1m de large.
_ Au bout, à droite.
En formation serrée, l’équipe avança.
Matt vit le premier le robot manquant, puis en serrant nerveusement la crosse de son fusil :
_ Général, on l’a trouvé. Il s’est fait pulvérisé
.
6
A quelques milliers de kilomètres de là, au Groenland.
Le Noyau est là, bourdonnant sans interruption comme pour signifier de na pas s’approcher.
Dans la pièce presque vide, il trône comme un roi. Et en guise de valets, quatre colonnes
d’eau qui a ses pieds assurent son refroidissement. Un système dont la technologie est
jalousement gardé.
L’accès y est très restreint. Quelques ingénieurs triés sur le volet et bien sûr, son
concepteur, Sergei Ismanov. Car voilà dans cette pièce, ni plus, ni moins que le cerveau de
10
son invention, le projecteur virtuel. Si ce Noyau permet au virtel d’être plongé dans une
réalité reconstituée, il permet aussi et surtout d’en revenir….
Les deux opérateurs dans la salle des machines, s’assurent que tout les indicateurs de santé
du Noyaux sont au vert.
200 000 000.
_ T’inquiètes pas, avec tout ce merdier, on sera prévenu avant la panne s’il y en à une !
_ On à un boulot à faire, on le fait, c’est tout.
239 564 211.
Ce calant bien confortablement au fond de son fauteuil,
_ Anton, vient la Russie défile. Tu vas voir, on va tout rafler cette année.
_ Regarde plutôt le compteur !
498 788 475.
_ C’est étudié pour, t’inquiètes pas.
_ Peut être, mais ça monte hyper vite. A croire que tout le monde se connecte en même
temps. J’vais me faire un café, t’en veux un ?
_ Oui, 2 sucres !
A son retour, Anton, n’en croit pas ses yeux.
_ Regarde Alex, plus de 800 000 000. Le milliard est pas loin.
_C’est fait exprès Anton. Pourquoi à ton avis les boitiers virtuels sont sortis juste avant les
JO ?
876 509 433.
_ Tu entends une alarme ? Non ? bah viens t’asseoir et profite du spectacle !
Dans la salle du Noyau, le bourdonnement s’est fait un peu plus soutenu. Puis, un bruit de
fonds quasi imperceptible se fait entendre. Un sifflement aigu, strident, vient concurrencer le
bourdonnement.
1 087 456 395.
Las de ses fonctions, le 1er valet tire sa révérence….
7
Léonie sentit son coeur battre la chamade dans sa poitrine. Elle comprenait ce que
cela pouvait signifier. Ca y est, nous y voilà se dit-elle.
Le Général Perrin lui, serrait les dents, accentuant le caractère angulaire de son visage. Du
haut de ses 2,12, il impressionnait toujours et forçait le respect. Puis d’un ton sec et
autoritaire :
- Comment ça le Renifleur s’est fait pulvérisé ?
- Affirmatif Général. Il à été mis hors service délibérément.
Pierre Dye arriva sur les talons de Perrin, comprenant en sentant la tension, que quelque
chose se passait.
- Perrin, qu’est ce qu’il ce passe ?
- On est en train de vérifier Monsieur le Ministre.
- Ben dépêchez vous de savoir Perrin. Et réglez moi ça !
Pierre Dye s’isola dans un coin de la pièce et commença à composer le numéro du
Président pour l’informer de la situation et pour lui dire qu’il faudrait certainement l’extraire.
- Bordel Pierre ! dites moi exactement ce qu’il en est et nous verrons après !
- Bien Monsieur le Président.
Il coupa la communication. Il avait plus que jamais besoin de prendre le large. Des gouttes
de sueurs commençaient à ce former sur son front.
Il retourna au centre de la pièce où ce tenait tout le monde en espérant avoir plus
d’informations.
Le Général venait de demander à l’opérateur de trouver le drone le plus proche.
- Entrée Sud justement Général.
- Bien ! montrez-moi les 10 dernières minutes.
Les images apparurent par holographie. Au bout de quelques instants, le Renifleur apparut à
l’écran, longeant le stade, évoluant lentement dans les airs.
L’escouade 3/ SIERRA passait également à ce moment, en formation de losange, regardant
de tous côté. Après quelques mètres, ils sortirent du champ de vision du drone.
Celui ci continua son balayage visuel, se déplaça entre les entrées Sud et Est, puis revint
vers le Sud. Le Renifleur n’était plus là.
- Merde ! lança le Général. On l’a loupé !
Pierre se remit machinalement à jouer avec sa boule anti- stress. Cette fois, les gouttes de
sueurs perlaient sur son front.
- Peut être pas dit Léonie. Regarder l’escalier de service.
Tout leur regard se portait sur l’escalier dans lequel avait été trouvé le Renifleur.
- C’est qui ça ? lâcha le Général.
- Ça Général, c’est visiblement des jeunes qui ont joué avec votre joujou ! lui répondit
Léonie sur un ton un peu moqueur.
Ils virent tous une bande de 3 jeunes, sortant de l’escalier en sautant partout comme des
puces. Un avait à la main un morceau de métal qu’il exhibait comme un trophée.
Certainement un bout de Renifleur.
- Ok, dit Perrin. Retrouvez-moi ces branleurs ! On va leur passer l’envie de jouer !
Et non pensa Léonie. C’était pas ça en fin de compte.
Elle se détendit un peu. Tout le monde se détendit après qu’eut été écarté le pire des
scénarios, tandis que le ministre de la défense rendit compte au Président.
8
- Système de refroidissement endommagé.
Dans la salle des machines, l’avertissement mit Anton et Alex dans un état de torpeur sans
précédent. Anton s’entait l’engourdissement l’envahir. Sa main lui faisait un mal de chien. Il
ne pouvait plus bouger les doigts. Ses jambes flageolaient. Il n’arrivait même plus à penser.
Son esprit était focalisé sur la voie artificielle lançant son information. Après quelques
secondes de passage à vide qui lui paru une éternité, il s’aperçu qu’Alex courait à droite à
gauche, manipulant des boutons ou des vannes.
- La température du noyau est trop élevé cria t-il à Anton à travers les alarmes. Il faut
faire sortir les virtels.
Anton fit un effort surhumain pour décoller sa jambe du sol. Il avait l’impression de peser 200
kg. Il arriva malgré tout à la commande pour commencer le processus de retour à la réalité
de tout les virtels. Il ne savait pas ce qu’il se passerait si le noyau lâchait avec des immergés
non revenus et n’avait franchement pas envi de le savoir.
Il pressa frénétiquement le bouton.
- Commande non reconnue. Commande non reconnue.
Alex se retourna vers son collègue l’air paniqué.
- Qu’est ce que tu fous Anton ?
- Ça veux pas marcher !
Il appuya une fois, dix fois, vingt fois toujours aussi nerveusement.
- Commande non reconnue. Commande non reconnue. Commande non reconnue.
Commande non reconnue. Commande non reconnue. Commande non reconnue.
Commande non reconnue. Commande non reconnue. Commande non reconnue.
Commande non reconnue.
- Mais c’est pas possible ! qu’est ce qu’il se passe ?
Dans la salle du trône, les quatre colonnes d’eau lâchèrent unes par unes.
Puis le bourdonnement s’estompa progressivement jusqu'à laisser place au silence le plus
total.
- Noyau endommagé. Noyau endommagé.
Pendant que l’invective tournait en boucle dans le complexe, Anton lança la chaine d’alerte
en appelant le Directeur, sans avoir put faire fonctionner le système de déconnection
d’urgence
9
La fête bâtait son plein dans le stade. Quentin ne tenait pas en place. Il défila avec
chacune des délégations, accompagnant chaque tête de file. il avait essayé d’aller voir les
athlètes en préparations dans leur espace dédié, mais l’accès y était interdit. Quelques
endroits « sensibles » étaient hors de portées des virtels. Les feux d’artifices coloraient le
ciel et l’illuminaient comme s’il faisait jour. Il alla s’allonger pour les regarder en plein milieu
du stade, sur le dos, les mains derrière la tête.
C’est alors qu’il entendit une grosse explosion. Il se releva brutalement pour en voir l’origine.
Rien. Rien n’avait bougé. Pas de dégâts, pas de mouvement de panique. Les spectateurs
avaient l’air de n’avoir rien entendu. Avait-il rêvé ? Peut être un effet de l’expérience se dit-il !
il était pour autant loin d’être rassuré.
Une seconde explosion retentit. Et pourtant, le spectacle continuait de se dérouler comme si
de rien n’était. Il sentit la panique monter en lui. Il chercha du regard un logo Ismatec pour
stopper l’immersion. Il chercha. Rien.
Au milieu du stade, il tourna sur lui même. Ce qu’il vit le terrifia.
Les sportifs et les spectateurs étaient en train de disparaître. Ils s’effaçaient
progressivement laissant les pistes et les tribunes vides. Bientôt, il était seul. La panique le fit
courir comme il n’avait jamais couru. Il se dirigea vers la salle de retour qu’il avait visité un
peu plus tôt. La salle était toujours là. Il pénétra à l’intérieur la main tendue en avant pour
actionné le glyphe sur le mur d’en face. Mais sa main n’actionna rien du tout. Le mur était là
lui.
Mais pas le glyphe.
10
Sur sa ligne sécurisé, Pierre Dye reçu un appel. Son expression suffit à faire
comprendre à Léonie que quelque chose clochait. Du coin de l’oeil, elle guettait le moindre
indice qui pourrait la renseigner sur ce qu’il se passait. A la fin de la communication, Pierre
était blanc. Ses mains tremblaient. Il demanda fébrilement l’attention de personnes
présentes dans la pièce. Mais les conversations étaient trop animées pour que quelqu’un
entende.
- S’il vous plait. Écoutez-moi.
Personne ne semblait lui prêter la moindre attention. Léonie compris qu’il se passait quelque
chose de grave. Elle porta ses doigts à sa bouche et siffla aussi fort quelle put. Tout le
monde arrêta net ce qu’il était en train de faire, se retournant vers elle avec des airs
accusateurs. Le silence régnait maintenant dans la pièce.
- S’il vous plait, écoutez moi se lança Pierre.
Tout le monde se tourna vers lui l’air grave.
- Il y à un problème avec le projecteur virtuel. Il semble qu’il n’est pas tenu. J’ai pas
encore les détails.
Le Général Perrin, visiblement irrité par cet interruption futile lui lança :
- On à la sécurité des personnes présentent dans le stade à assurer M. le Ministre. En
quoi cela nous concerne ? Qu’ils fassent revenir tout le monde et qu’ils règlent leur
problème !
- Justement continua Pierre toujours aussi pâle. Il semble qu’ils ne pas puissent
revenir.
En entendant ce qu’il venait de dire, Pierre prit conscience de la gravité du problème. Tout le
monde prit conscience de la gravité du problème. Ils restèrent tous sur place, muets, comme
attendant de se réveiller.
- Quentin ! se souvint Léonie. Merde, Quentin !
Elle quitta la pièce précipitamment, morte de trouille. Elle descendit les escaliers 4 à 4. Elle
manqua même de trébucher une fois mais se retint à la rambarde. Elle sentit un vent glacial
lui parcourir le corps. Elle arriva devant le stade. Elle entendit derrière elle les feux d’artifice
propulser leurs charges colorées, sous les encouragements des spectateurs.
Elle se dirigea en courant vers le parking. Elle chercha des yeux sa voiture. Une berline
blanche avec Loyale Security écrit sur les ailes. La panique lui fit oublier où elle était garée.
Elle parcouru les allées précipitamment. En vain. « Merde, merde et merde » s’énerva-t-elle !
Elle regarda autour d’elle lorsqu’elle la vit enfin. Elle sauta dessus, pressa son pouce sur la
poignée de la portière pour l’ouvrir. Une fois à l’intérieure, elle hurla : A la maison ! vite !
Le véhicule démarra de lui même et se dirigea vers l’appartement qu’elle partageait avec
Quentin. Au fur et à mesure qu’elle s’en rapprochait, sa peur grandit. Elle pleurait presque
nerveusement. Le trajet lui sembla interminable. Les avenues de la capitale paraissaient se
rallonger au fur et à mesure qu’elle les remontait. L’enfer ! Son téléphone sonna. Pierre Dye.
Elle raccrocha. Elle ne pourrait rien faire tant qu’elle ne verrait pas Quentin. Elle était
obnubilée.
La voiture arriva enfin à destination. Au pied de l’immeuble, le véhicule s’éleva dans les airs
à la verticale, conduisant sa passagère jusqu’au 3ème étages. La voiture s’immobilisa à
l’entrée d’un SAS qui la conduit dans son appartement. Elle en sorti comme si il y avait le feu
à l’intérieur. Elle arriva directement dans le salon. Quentin est là, sur le canapé. Le casque
sensoriel sur sa tête. Elle se dirigea précipitamment sur lui et lui secoua les bras.
- Quentin ! Quentin !
Aucune réponse, aucun mouvement. Elle commença à prendre le casque pour le retirer mais
eut la présence d’esprit de se raviser. Elle n’avait aucune idée de ce qui en découlerait et ne
voulait pas le savoir.
Elle pleurait maintenant à chaudes larmes.
Elle vérifia sa respiration qui soulevait sa poitrine. Elle constata qu’il était encore vivant.
- Quentin s’il te plait.
Elle le secouait frénétiquement, mais rien.
Comme lui, plus d’un milliard de personnes se retrouvèrent piégés. Parmi eux, des
chefs d’états, des chefs d’entreprises puissants, des banquiers. Ce soir devait être le soir
d’un événement. Mais on se rappellerait de lui comme le soir de l’Evènement.
LES NAUFRAGES
…10 ans après