Je fructifie mes pensées névrotiques
Assis là, feuille blanche et hermétique.
Cette plume plantée pleinement dans la pierre,
Juge mon adoubement ou ma misère.
Plus je l'observe plus son visage est laid
Car ce reflet de mes démons internes,
Éduque mes peurs au large d'une baie
Je me noie dans ce liquide froid et terne.
Le temps s'écoule de mes veines, ces vautours rôdent
Il se fait tard et mon espoir s'érode,
Je me déleste de mon sale orgueil
Et peux désormais nager dans mon cercueil.
La route est longue ? Non, ce n'est pas une route
C'est Charybde dans Scylla, le mal dans le Mal.
Mais vous serez déjà à mi-joute,
Lorsque le doute se jettera dans le canal.
Les plus grands tourments créent les plus belles fleurs,
Et sur cette fine ligne d'équilibriste
on arrive naïvement à trouver sa piste
Un déclic, cette brèche est connue par cœur.
Un peu de musique, car je la vis
Elle m’insuffle la crainte mais terrasse mes peurs
Depuis ma bulle je décolle et souris
L'altitude me donne le vertige de l'erreur.
Éclat de lumière, je te fais honte
lorsque j'aperçois toute mes zones d'ombres,
Vient à mon oreille un soleil qui monte
Pour brûler une de ces pensées sombres.
Il me parvient un rythme lancinant,
Une rose. Non un bouquet. Non, un champs !
Les sonorités contagieuses de Marley
Encouragent finalement ma plume à parler.
Je perçois, j'entend, j'écoute, je vois, je regarde,
Tout se mélange dans mon prompt bonheur étranger.
Alcôve féerique je te veux je te garde,
Mais à la fin du refrain tu vas me lâcher.
L'égaré a réussi à fuir les remords
Les paralysés se meuvent dans un dernier effort.
Ma feuille s'emplit, mon stylo chante et mon corps danse
Et l'accueil béni du style me change dans une forte transe.