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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'employé polyvalent

Auteur Sujet: L'employé polyvalent  (Lu 14653 fois)

Hors ligne holden5

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L'employé polyvalent
« le: 22 Août 2013 à 16:51:17 »




Au matin de mon tout premier jour à la Kristal Klear Company, je trouvai sur mon bureau une liste de mes tâches pour la matinée :

—   Calculer le taux superfétatoire à progression z sur la base des indexations nulles
—   Faire la proposition au T.G.S.I.
—   Constituer maquette ornithocondrique


Je lus et relus cette étrange liste avec perplexité. L’annonce pour le poste d’ « employé polyvalent » m’avait certes préparé à toutes sortes de menues corvées, mais j’étais loin de m’attendre à des missions de ce genre. Qu’est-ce que tout cela voulait bien dire ? J’étais d’autant plus contrarié que mon patron devait se présenter en fin de matinée dans mon bureau pour vérifier l'état d'avancement du travail.
     J’ingurgitai un tranquillisant et lus à nouveau l’intitulé du premier objectif : « Calculer le taux superfétatoire à progression z sur la base des indexations nulles. » Cela ressemblait à quelque chose que pouvait faire un comptable. La grosse calculatrice posée sur mon bureau allait sans doute m'être de quelque utilité.
    Considérant l’objet avec plus d’attention, je ne fus pas peu surpris de n’y trouver que des touches parfaitement  hiéroglyphiques : en dehors des signes de division, addition, et multiplication, un être normalement constitué n’aurait pu reconnaître le moindre symbole mathématique sur l’appareil. J’écarquillai grand les yeux devant ce qui ressemblait à un mélange d’idéogrammes égyptiens et de lettres alphabétiques de l’ère araméenne.
    Il me fallait demander de l’aide à un collègue. Appeler le comptable, peut-être ?
    Une fiche contact était à ma disposition, où je cherchai en vain l’intitulé « comptable » :

—   Agent d’interception affable des éléments extérieurs…………..55 24 32
—   Technicien de frictionnage intensif des surfaces horizontales et verticales………55 24 33
—   Préposé à l’intimidation et à l’expulsion des perturbateurs………… 55 24 34
—   Responsable du calcul dépensier et bénéficiant………..55 24 35
—   Sommité respectable à fonction directrice………………55 24 36

Estimant que « responsable du calcul » devait correspondre peu ou prou à mon concept de comptable, je m’emparai du combiné de téléphone et composai le numéro correspondant.
    Après deux ou trois sonneries, un vague grognement interrogatif se fit entendre à l’autre bout du fil. Il pouvait d’agir d’une forme minimale de salutation ou d’une interrogation très elliptique. Je me lançai :
— Bonjour, pourriez-vous vous m’expliquer comment calculer le taux superfétatoire à progression z sur la base des indexations nulles ? osai-je.
    Après un silence inconfortable, mon interlocuteur inspira longuement comme si ma question ne pouvait pas être plus ennuyeuse, puis retomba dans le silence. 
— Allo ? fis-je timidement pour vérifier qu’on n’avait pas été coupé.
— Oui, oui, je vous ai entendu ! gronda enfin une voix masculine au bout du fil. Mais le taux superfétatoire, comme vous le savez,  c’est une variable. On ne peut pas le calculer sans l’indice de progression z…A moins de faire le calcul sur la base des indexations nulles.
— Mais je dois faire le calcul sur la base des indexations nulles ! m’écriai-je, un peu échauffé, et sans comprendre un traitre mot à ce que je disais moi-même.
— Ah, vous m’aviez dit « nulles » ? J’avais compris « non-nulles ». Faites attention à bien articuler quand vous abordez ce genre de sujet.
    Je m’excusai platement pour ne pas faire d’histoire. Mon sympathique interlocuteur reprit de sa voix traînante et ennuyée :
— C’est pourtant évident : il vous suffit de taper le code Gix du jour et de le multiplier par le code P.T.A. mensuel.
— Sur la calculatrice ?
— Non, sur l’encodeur de progression MAD.
— Est-ce que ça ressemble à une grosse calculatrice ?
 C’était la question de trop. L’homme grommela qu’il n’avait pas de temps à perdre avec des plaisanteries et raccrocha. J’allais devoir me débrouiller sans son aide. 
     Voyant l’heure tourner et comprenant que je ne pouvais pas m’improviser mathématicien, je tapai une touche au hasard sur ce qui était soit un encodeur MAD, soit la calculette d’un écolier extraterrestre, et multipliai la première donnée par une autre, choisie au petit bonheur. Un étonnant résultat s’afficha sur le petit écran monochrome : non pas un chiffre, mais le mot « DERISOIRE ». J’eusse préféré voir s’afficher un nombre compliqué, mais c’était déjà quelque chose que je pouvais prendre en note pour la visite de mon patron.
    Je m’emparai d’une feuille de papier vierge et du seul stylo qu’on avait mis à ma disposition et m’apprêtai à griffonner ce résultat aléatoire pour créer une apparence de travail en temps voulu. Ma surprise fut grande lorsque je constatai que mon stylo ne présentait pas de mine, ses deux extrémités s’achevant par un petit morceau de gomme. Commençant à m’impatienter, je marmonnai quelques jurons dans ma barbe et sortis pour emprunter un stylo digne de ce nom au collègue qui travaillait dans la pièce voisine. 
    Sans relever la tête de son encodeur MAD, l’homme répondit à ma demande par un « ahah » ironique, comme si la présence d’un stylo en ces lieux était la chose la plus inconcevable qui fût. Comprenant que je n’étais pas venu pour plaisanter, il finit par m’adresser une grimace de surprise, et sa gorge s’anima d’un gloussement de dédain :
— C’est la meilleur de l’année, celle-là. Seriez-vous donc stupide ? On n’écrit pas ici, on gomme !
    Pour illustrer son propos, il me présenta une double gomme semblable à celle qu’on m’avait attribuée. 
— Je vois, fis-je sans rien voir du tout. Pendant que je suis là, sauriez-vous par hasard comment calculer le taux superfétatoire à progression z ?
— Bien sûr que non, vous voyez bien que je m’occupe de la progression x, répondit sèchement mon aimable collègue en replongeant dans ses calculs martiens. 
    Il n’y avait plus rien à tirer de lui.
    De retour à mon bureau, je pris conscience de la présence d’une feuille sur laquelle avait été écrit au crayon à papier un ensemble d’adjectifs qualificatifs : « Inquiétante », « Considérable », « Pas bien méchante », « Minimale », « Liliputienne », « Dérisoire », « Satisfaisante » etc.
     Retrouvant le mot « dérisoire » dans le listing, je présumais qu’il s’agissait peut-être, pour l’employé polyvalent que j’étais, d’effacer tous les termes qui ne correspondaient pas au résultat du calcul sur le MAD. Puisque j’avais décidé de m’en tenir à mon premier résultat, je m’appliquai à gommer les autres propositions, faisant voltiger des copeaux de gomme sur toute la surface de mon bureau.

     Quand j’en eus terminé avec ce gommage intensif, je relus attentivement l’intitulé de la deuxième tâche : « Faire la proposition au T.G.S.I. » Cette mission soulevait deux questions majeures : quelle genre de proposition étais-je censé faire ? Et qui pouvait bien être ce maudit T.G.S.I. ? A nouveau, j’allais avoir besoin de renseignements. L’ « agent d’interception affable des éléments extérieurs » saurait peut-être m’informer sur ce sujet. Je composai le 55 24 32.
    Après deux sonneries, je fus mis en attente et dus subir un message publicitaire de la Compagnie, accompagné d’une étrange musique expérimentale mêlant percussions industrielles et contrebasse mélancolique : « Kristal Klear offre à vos placements une envergure sinusoïdale de croissance incomparable dans un contexte d’obsolescence fixe. Calculés sur la base des progressions x, y, et z par nos meilleurs éléments, les taux superfétatoires garantis par Kristal Klear gonfleront vos portefeuilles d’inaction de façon spectaculaire et ornithocondrique. Notre équipe saura vous accueillir chaleureusement et vous renseigner avec la plus grande patien-
    Le message publicitaire fut brutalement interrompu par un nouveau grognement interrogatif, féminin cette fois-ci. Je décidai d’interpréter ce grognement comme une invitation chaleureuse à formuler ma requête :
— Bonjour madame. Je suis employé polyvalent au 47ème étage. Je me permets de vous déranger car je rencontre une légère difficulté dans la réalisation de mon planning. Auriez-vous l’amabilité de m’indiquer la signification du sigle T.G.S.I. et la localisation éventuelle de cette…personne dans le bâtiment.
— Rappelez demain, fit mon interlocutrice d’un ton impatient. Je remplace Mme Troublé, c’est elle qui sait ce genre de chose.
— Vous n’avez aucun moyen de me renseigner ? insistai-je d’une voix presque suppliante. Je suis censé faire ce travail aujourd’hui et mon patron devrait passer me voir dans moins d’une heure…
—Mais enfin, monsieur, ce n’est pas le courrier du cœur ici, je ne suis pas là pour écouter les misères des uns et des autres. Vous auriez dû vous renseigner auprès de votre chef ce matin.
     Remerciant mon informatrice pour son amabilité, je raccrochai. Il n’y avait plus qu’à aller circuler dans les couloirs de l’étage dans l’espoir de trouver le T.G.S.I.
    Après quelques minutes de déambulation infructueuse, je trouvai enfin une porte sur laquelle le mystérieux sigle était inscrit.
    Je frappai, n’obtins pas de réponse, frappai à nouveau puis, impatient, poussai la hardiesse jusqu’à ouvrir la porte.
    A l’intérieur, un employé à grosses lunettes, portant une chemise blanche dont les manches étaient relevées jusqu’aux coudes, était occupé à jeter des blocs de paperasse dans ce qui ressemblait à une sorte de poêle ardent élaboré : le papier traversait d’abord un système de découpage et, une fois en lambeaux, se consumait dans le foyer. Une épaisse fumée grise emplissait la sale, rendant l’air âcre, irrespirable. Le poêle-déchiqueteur faisait un bruit métallique tonitruant à chaque fois que l’homme jetait un dossier dans sa gueule, si bien que mon entrée et mes premiers appels passèrent totalement inaperçus. Quand il me vit enfin, l’employé s’époumona :
— Qu’est-ce que vous voulez ?
— Je suis ici pour faire la proposition, gueulai-je, presqu’étourdi par l’absurdité de la situation.   
— La quoi ?
— La PRO-PO-SI-TION !
— D’accord. Alors : Blanc, bleu, orange, ou triangle ?
— Comment ?
— J’ai dit : BLANC, BLEU, ORANGE, ou TRI-ANGLE?
 Dans quel cauchemar avais-je encore atterri ? Etait-ce là une sorte de jeu de « chassez l’intrus » ? Ne pouvant pas imaginer autre chose, je finis naturellement par répondre « triangle ». L’employé roula des yeux comme si c’était la réponse la plus stupide que l’on pouvait lui faire.
— « Bleu » était bien meilleur, mais tant pis, commenta-t-il, résigné, avant de se remettre à son étrange processus de destruction.
    J’en avais semble-t-il fini avec le T.G.S.I., l’homme ne prêtant plus aucune attention à ma présence. Eberlué, je sortis de cette chaufferie infernale et partis me réfugier dans le silence de mon bureau. M’affalant sur mon siège, je fus saisi d’un instant de panique en considérant que cet univers tordu ferait désormais parti de mon quotidien. Je respirai un grand coup pour me redonner courage, mais retombai dans un océan de perplexité en relisant la troisième tâche du jour : « Constituer maquette ornithocondrique ».
    Il n’était plus question à cet instant d’appeler qui que ce soit pour demander un renseignement : j’avais vu ce que cela m’avait rapporté jusqu’ici. Plus question non plus de faire un carton plein, après l’échec de mes deux premiers travaux. Alors autant me faire plaisir : décidant que le terme « ornithocondrique » devait avoir quelque rapport avec nos amis les oiseaux, je me saisis d’une feuille de papier vierge et fabriquai une de ces petites figurines en papier à l’effigie d’une bête ailée. Cela suffirait. Monsieur Sedlex n’avait qu’à venir se payer ma tête et me limoger s’il le souhaitait, je n’étais décidément pas fait pour le job. 
     Sedlex m’avait dit qu’il passerait vers onze heures : plus que dix petites minutes à tuer.
    J’étais en train de me dégourdir les jambes devant la fenêtre donnant sur un mur gris fissuré quand j’entendis murmurer derrière moi : « Regardez, c’est le type qui voulait un stylo ! » Je me retournai brusquement. Trois hommes hilares, dont l’un était le collègue du bureau voisin, m’épiaient par l’entrebâillement de la porte. Tous se mirent à ricaner bêtement, et l’un d’eux suggéra en s’esclaffant : « On devrait l’appeler Monsieur Stylo, ça lui irait bien ! » Les rires reprirent de plus belles. « Au revoir, Monsieur Stylo ! » gueulèrent-t-ils tous en chœur en avant de déguerpir en claquant la porte.
    Abasourdi, j’allai me rasseoir et me massai longuement le crâne, soudain assailli par une grosse migraine. 
    Lorsque l’horloge au-dessus de la porte marqua enfin l’heure fatidique, Sedlex entra sans frapper, avec un de ces airs à la fois très pressé et très serein : je n’étais qu’une étape ennuyeuse dans son planning. Il contourna mon bureau et regarda par dessus mon épaule.
— Je viens vérifier vos données comme prévu, m’informa-t-il d’une voix atone, en contemplant le fruit impressionnant de mon travail : une cocotte en papier boiteuse et une feuille pleine de copeaux de gommes où n’apparaissait plus que le mot « Dérisoire ».
     Confus, je secouai la tête en signe d’excuses, m’attendant à recevoir la rossée du siècle.
    Je me trompais : pendant ses deux longues minutes d’inspection, Sedlex ne fit aucun commentaire, pas même la moindre moue suggestive. Impossible de deviner ce qu’il pouvait bien penser de ce désastre.
    Quand il finit par ouvrir la bouche, mon cœur se mit à battre, croyant que la spectaculaire engueulade allait commencer. 
— Vous avez fait la proposition au T.G.S.I. ? demanda-t-il simplement, avec une glaçante neutralité.
— Oui, je l’ai fait.
   Sedlex enfonça un regard suspicieux dans le mien, mais n’en demanda pas plus.
—Bien, je vais donc vous apporter votre nouvelle liste pour l’après-midi.
Ce disant, il tira un post-it de sa poche et le consulta avec gravité. Le jetant en boulette dans ma corbeille à papier, il se retira enfin. Par curiosité, je me précipitai sur le post-it et le dépliai. C’était une liste de tâches, dont la dernière était : « vérifier l’effort productif de l’employé polyvalent n°7683G  et lui demander s’il a fait la proposition au T.G.S.I. »

« Modifié: 27 Octobre 2014 à 20:34:35 par holden5 »

Hors ligne Vivi

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Re : L'employé polyvalent
« Réponse #1 le: 22 Août 2013 à 17:05:32 »
L'absurde total est rondement mené, avec un vocabulaire très élaboré et des tournures bien ciselées. C'est excellent. Merci pour ce texte. :)

Par compte, j'ai pas trop capté la fin, et ça m'a un peu déçu. Autant, j'y vois à peu près une sorte de critique de la société ou des boulots inutiles ; autant je ne comprends pas le comportement du personnage. Il n'y a pas grand chose dans le texte qui le pousserait à continuer une telle activité "débile" où lui même est réfractaire (il veux partir à un moment). Bref, cette fin me semble pas trop cohérente avec le personnage tel qu'il est décrit dans ses pensées. A voir ce que vont en penser les autres... ^^
« Modifié: 22 Août 2013 à 17:18:33 par Viviane »
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne holden5

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Re : L'employé polyvalent
« Réponse #2 le: 22 Août 2013 à 17:22:56 »
Merci Viviane pour ton commentaire! Je vais réfléchir à ta remarque concernant la fin. Je ne voulais pas suggérer que le narrateur était très enthousiaste à l'égard de son boulot, mais qu'il s'y accrochait à cause de la considération sociale qu'il pouvait en retirer. Mais merci d'avoir attiré mon attention là-dessus!

Hors ligne Vivi

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Re : Re : L'employé polyvalent
« Réponse #3 le: 22 Août 2013 à 17:27:18 »
Dans ce cas là, ce n'est pas dans le cadre que tu as décris que ça risque de se produire ;)
Il faudrait peut-être rajouter des remarques/considérations par rapport à l'entourage du personnage principal en dehors du boulot, de façon à ce qu'on comprenne qu'effectivement il préfère faire un truc abscons plutôt que d'être au chômage et être la risée de son entourage (ou se sentir inutile/dévalorisé).

Fin de la consultation :D
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne holden5

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Re : L'employé polyvalent
« Réponse #4 le: 22 Août 2013 à 17:30:31 »
Merci docteur! Je vous dois combien?  :D
C'est une bonne idée, je pense que ça pourrait rendre le propos un peu plus claire.
A+

Hors ligne Aquarelle

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Re : L'employé polyvalent
« Réponse #5 le: 22 Août 2013 à 20:10:32 »
Salut !

Citer
—   Agent d’interception affable des éléments extérieurs…………..55 24 32
—   Technicien de frictionnage intensif des surfaces horizontales et verticales………55 24 33
—   Préposé à l’intimidation et à l’expulsion des perturbateurs………… 55 24 34
—   Responsable du calcul dépensier et bénéficiant………..55 24 35
—   Sommité respectable à fonction directrice………………55 24 36
J'aime beaucoup :), surtout les deux premiers.

Citer
« Au revoir, Monsieur Stylo ! » gueulèrent tirent tous en chœur en avant de déguerpir en claquant la porte.
Il y a un petit bug.
Je suppose que c'est "gueulèrent-ils" et ensuite il y a un "en" en trop ("en avant de déguerpir").

Citer
Je me trompais : pendant ses deux longues minutes d’inspection, Sedlex ne fit aucun commentaire, pas même la moindre mou suggestive.
moue

Citer
Parce que cela fait trois ans l’on m’adresse des mous admiratives quand j’évoque le nom prestigieux de mon entreprise à mes connaissances,
des moues

Ton texte m'a bien fait rire, j'ai beaucoup aimé. Je vois que la fin a été modifiée et dans la version actuelle, ça ne me choque pas que le narrateur choisisse de garder cet emploi, par contre l'explication me paraît un chouilla rapide, mais je chipote sans doute. Je suis peut-être influencée par votre discussion précédente : du coup je la vois un peu comme la clé de lecture qui arrive avec ses sabots (pas si gros que ça, les sabots, mais...).
Enfin en tout cas j'ai visualisé la scène de l'inspection de la cocotte en papier et ça m'a plu ! :)

Hors ligne voile59

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Re : L'employé polyvalent
« Réponse #6 le: 22 Août 2013 à 21:12:21 »
Bonsoir

Texte absurde mais avec une logique (à laquelle on ne comprend rien d'accord) mais j'adore.
Merci pour ce moment de plaisir.
Avant de juger l'indien, Chausse ses mocassins

Hors ligne holden5

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Re : L'employé polyvalent
« Réponse #7 le: 22 Août 2013 à 22:22:05 »
@Aquarelle:
merci de ta lecture et de ton com'. Je suis content que ça t'aies plu, j'ai longtemps hésité à poster cette bizarrerie. :-) Je corrige tout ça au plus vite.

@Voile
Merci beaucoup! Content que tu aies apprécié!

Hors ligne Aléa

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Re : L'employé polyvalent
« Réponse #8 le: 22 Août 2013 à 22:33:33 »
Citer
—   Bien, je vais donc vous apporter votre nouvelle liste pour l’après-midi.
Ce disant, il tira un post-it de sa poche et le consulta avec gravité. La jetant en boulette dans ma corbeille en papier, il se retira enfin.
hm, je chipote, mais est-ce que tu pourrais faire une precision comme quoi il donne la liste pour l'aprem? Simple remarque hein mais j'ai cru un instant qu'il lui avait jeté dans la corbeille, enfin avec un peu d'attention y'a pas de souci, je pense, mais c'est le seul truc qui m'a sorti de ma lecture de tout le texte alors je trouvais ca dommage pour la fin...
Citer
des mous admiratives
moues

Sinon j'ai aimé ce texte, la vision totalement aliénée sur le travail en entreprise, la vision reciproque société/narrateur sur l'inutilité et compréhension (dit avec superfétatoire en plus x) )
Enfin bref chouette et etrange lecture  ^^
Je trouve peut etre juste dommage les moqueries des employés, et la fin, en fait ca fait de cette entreprise l'exeption absurde dans un vrai monde, sans le préciser, je pense que le texte gagnerait en construction (et les idées que tu veux faire passer derriere se préciserait) et le perso en cohérence, si il voulait y rester simplement parce que c'est une entreprise prestigieuse et avec une sureté de l'emploi, et qu'il passait sur les étrangeté simplement pour cela, parce que l'argument social, bon il peut etre valable, mais dans ce cas il manque une vrai réaction quand les autres employés se moquent de lui, enfin je pense que les deux ne sont pas compatibles

Voilà c'est tout je pense, au plaisir!  ^^
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Hors ligne holden5

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Re : L'employé polyvalent
« Réponse #9 le: 23 Août 2013 à 10:41:29 »
Merci beaucoup Ben G pour ce commentaire. Ta remarque sur le rapport avec les autres employés est intéressante. Si je te suis bien, le narrateur ne pourrait pas supporter l'exclusion dans l'entreprise et garder son boulot pour se sentir intégré dans la société au sens large... Ca demande réflexion effectivement!  Je crois que je voulais surtout mettre en scène le genre d'isolement total que auquel on redoute tous d'être confronté.
A+

Hors ligne OliveDuWeb

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Re : Re : L'employé polyvalent
« Réponse #10 le: 23 Août 2013 à 10:55:48 »
Je crois que je voulais surtout mettre en scène le genre d'isolement total que auquel on redoute tous d'être confronté.
On peut très bien se sentir isolé tout en étant très entouré.

J'ai bien aimé le côté absurde, paroxysme de ce que pourrait devenir notre société.
Je n'ai pas été perturbé par le fait que le narrateur souhaite ardemment rester dans cette entreprise, je trouve que ses raisons sont suffisamment claires. On ne fait pas toujours ce qu'on veut, dans la vie !

Merci pour ce texte rafraîchissant.
"Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse" (Coco Chanel)

Hors ligne Sophonax

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Re : L'employé polyvalent
« Réponse #11 le: 24 Août 2013 à 14:11:27 »
Je trouve ça excellent  :)

Tu connais la websérie Les Opérateurs? Ton texte m'y fait vraiment penser.

Hors ligne holden5

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Re : L'employé polyvalent
« Réponse #12 le: 24 Août 2013 à 15:02:07 »
@Oliveduweb:
Merci, je suis très content que ça t'aie plus. C'est drôle, je ne pensais pas qu'on pourrait trouver ce texte "rafraîchissant", je craignais qu'il ait l'air un peu trop désespéré :-)

@Sophonax
Merci beaucoup de ta lecture. Je ne connais pas du tout cette série, mais effectivement, la présentation wiki est drôlement ressemblante!

Hors ligne Thérébentine

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : L'employé polyvalent
« Réponse #13 le: 24 Août 2013 à 15:08:54 »
J'ai beaucoup aimé ton texte, qui reflète bien, on l'a déjà dit plus haut, le monde de l'entreprise, les tâches répétitives sans intérêt que l'on fait par habitude, enfin l'administration pure et dure.
Le titre est très bien choisi aussi et ça le fait penser à tous ces métiers dont le nom a été modifié afin de donner l'illusion a l'employé qu'il a eu une sorte de promotion :  technicien de surface, hôtesse de caisse, adjoint administratif...
Le côté aussi : je garde un emploi qui ne m'épanouit pas et auquel je ne comprends rien pour avoir une certaine reconnaissance sociale/l'approbation de l'entourage.
L'absurde est magnifiquement traité.
Le seul truc qui m'a un tout petit peu gênée c'est " la moue admirative"... Je ne sais pas si c'est le terme qui convient. Pour moi moue et admiratif ne peuvent aller ensemble.

Voilà, en tout cas bravo pour ce texte!
"Faites des bêtises, mais faites les avec enthousiasme" Colette

Hors ligne holden5

  • Prophète
  • Messages: 753
Re : L'employé polyvalent
« Réponse #14 le: 24 Août 2013 à 15:22:10 »
@Thérébentine
Merci beaucoup pour ta critique! Content que ça t'aies parlé. Tu as raison pour le terme de "moue", je viens de vérifier la signification!  Je vais voir ce que je trouve de mieux.
A+

 

 


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