cogito, ergo sum???
PENSEE
Cogito, ergo sum
Descartes a pensé juste, à juste titre.
La pensée pensante est invisible et imprévisible.
La pensée est un pur esprit.
Ma pensée donne naissance à une idée qui me passe par la tête.
Personne ne la voit.
Personne ne soupçonne que je pense.
A moins d’avoir l’air pensif.
Encore moins, personne ne devine ce que je pense, et ce à quoi je pense.
Je peux entretenir une pensée vaine, voire une pensée futile, une pensée folle, personne ne s’en offusque tant que je la retiens prisonnière dans ma pensée.
Or une pensée est normalement pensée pour être révélée.
Une pensée étouffée n’a aucune chance de survie.
Aucune pensée ne souffre l’enfermement.
Toute pensée aspire à la liberté d’expression.
Voilà donc mon être pensant qui traduit haut et fort sa pensée.
« Exprime ta pensée, précise ta pensée », me dit-on.
C’est alors, et alors seulement, qu’on pourra me dire : « ta pensée est erronée, ta pensée est idiote, ta pensée ne vaut rien. »
Ou, au contraire : « ta pensée est juste, ta pensée est géniale. »
Ou, plus simplement : « ta pensée est bonne, tu as eu une bonne pensée » ; autrement dit, « en voilà une bonne idée. »
Et même, mon alter ego me dit : « je fais mienne ta pensée. »
Dans ce cas extrême, ma pensée est partagée avec une autre pensée, ce qui me satisfait grandement. Mon idée rejoint l’idée de l’autre dans laquelle deux pensées se rejoignent et se reconnaissent. Il y a symbiose de pensées.
La pensée est donc créatrice de mots, d’idées qui se traduisent en lettres, en mots, en phrases, en paragraphes, en chapitres, en livres, en tomes, en mémoires, en encyclopédies.
Qu’ont-ils donc fait tous les philosophes, de Socrate à Onfray, en passant par (… mettez là votre philosophe préféré) tous les Prophètes, les poètes, les écrivains, les mystiques, sinon de traduire en paroles l’éminence de leurs pensées ?
Ils ont pensé, donc ils sont.
Ils ont pensé l’homme, et l’homme est devenu roseau pensant.
Ainsi, la pensée des pensants s’est révélée pensée créatrice de l’être humain.
Si donc je pense, je pense que je suis.
Et pour être, je dois penser.
La pensée, est-elle si puissante qu’elle soit capable de me faire réellement exister ?
Exister, n’est-ce pas penser l’existence, précisément ?
La pensée est si opérante qu’elle façonne l’être humain, sculpte son savoir, affine ses idées, crée sa personnalité.
Une pensée est créatrice de l’œuvre de l’homme, créatrice de l’homme.
Car l’action nait dans la pensée.
La pensée est préexistante à toute action.
Le peintre pense les couleurs devenant tableau.
Le musicien pense les notes devenant symphonie.
Le sculpteur pense la pierre devenant statue.
L’architecte pense les plans devenant maison.
Le poète pense les mots devenant poésie.
Le maître queux pense les légumes devenant régal pour le gourmet.
Le vigneron pense la grappe devenant vin gouleyant.
La pensée crée l’artiste.
Ses mains réalisent sa pensée.
Ainsi, toute œuvre est enfantée par la pensée.
Mais,
La pensée peut aussi devenir folle.
La pensée peut aussi aller de travers.
Il suffit qu’émerge une pensée stupide dans l’esprit.
Et tout se détraque.
Une pensée agressive.
Une pensée sournoise.
Une pensée arbitraire.
Une pensée intransigeante.
Une pensée oppressante.
Une pensée totalitaire.
Une pensée jalouse.
Une pensée envieuse.
Une pensée liberticide.
Une pensée étroite.
Une pensée trompeuse.
Une pensée dogmatique.
Une pensée morbide.
Une pensée violente.
Et la pire de toutes : une pensée unique.
Celle des penseurs qui pensent devoir redresser l’homme qui ne pense pas « bien ».
Celle des penseurs qui pensent à ma place et m’interdisent de penser par moi-même.
Celle des penseurs qui m’objectent : « tu ne penses pas (comme nous), donc tu n’es rien !
Ce ne sont plus des mots que la pensée crée, si non des actes de destruction, de désolation et de mort. Mais…laissons là les penseurs morbides.
J’aime exister par la pensée réflexive.
Exister par la pensée, fait de moi un être libre.
Libre de penser librement :
Le Beau
Le Bien
Le Bonheur
La Vie
L’Humanité
La Solidarité
La Paix
La Concorde.
La Liberté
L’Egalité
La Fraternité.
Pour moi, la pensée est sans limites.
Impossible de ne penser à rien.
Finalement, en pensant,
Je fais comme « Le Penseur »,
Pensé et créé par Rodin.
Je pense, donc je suis.