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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Les fées d'Edinbourg

Auteur Sujet: Les fées d'Edinbourg  (Lu 2722 fois)

Hors ligne Mr. Tournesol

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Les fées d'Edinbourg
« le: 24 Juillet 2013 à 00:49:56 »
Une idée. Le monde est rond. Rond, plein, grand, à la fois illuminé et couvert d’ombre,
embrassé par le soleil et paisible comme une nuit d’été. Fait de feu puis de roche, de
poussière et de terre de son corps à l’écorce. Incrusté de joyaux assez uniques pour
valoir des montagnes et d’hommes assez avides pour s’en emparer. Au dehors de ce
monde, le vent courbe les arbres de la forêt. On entend le bruissement des feuilles
les unes contre les autres, le craquement des branches et on sent l’odeur verte et le
chant des sylvains. La vie grouille ici-bas. Au matin, peu après l’aurore, il n’est pas
rare d’entendre les gazouillis volatiles ou un battement d’ailes qui s’éloigne.
Quelques fois, c’est le brame d’un cerf au printemps qui perce l’environ. Le monde,
semble-t-il, est jeune et fort.

Et que font les hommes à cette heure ?
Ils dorment.

Lucile, elle, ne dort pas.

Qui est Lucile ?

Un vague mouvement au creux de la verdure. Une lueur d’or à peine perçue sur la
nervure d’une feuille ou d’un tronc. Une étoile filante plus proche et petite que
d’habitude. Un feu follet loin de tout marais et plus vif qu’un colibri, laissant
derrière-lui une trainée de poussière et des sourires béats. Lucile est de l’ère du
vivant ce qui se rapproche le plus d’une comète ; inattrapable et inarrêtable, aussi
insaisissable que la brise du matin ou le chant des oiseaux. Elle est ici comme une
note tangible d’innocence, d’espoir et de magie, déliée de toute la logique et la
maturité qu’il est possible d’avoir. Lucile est une fée. Un être de contes et de
légendes.
Lucile, il faut le dire, donne raison à beaucoup d’idées que l’on se fait sur son
genre. Premièrement, elle est petite ; peut-être mesure-t-elle dix centimètres les
bras levés. Ensuite, elle est blonde ; et ne me dites pas que vous l’imaginiez brune,
elle est fée. Lucile ressemble beaucoup à une jeune fille, mais elle est aussi très
vieille. Comprenez plus de cent ans. Au cœur de son visage vous trouverez un nez
en trompette, petit et mignon ; un peu plus bas, sa bouche, dotée de lèvres à
mi-chemin entre l’enfance et l’adolescence, et puis son menton, à peine relevé. Plus
haut, ses deux yeux bleus, mais pas loin d’être verts aussi, portent à merveille de
fins et courts sourcils d’un blond plus foncé, plus teinté d’ombre que ses cheveux.
Et ses cheveux… ses cheveux sont dans le vent. Un dernier détail, Lucile a les
pommettes hautes.

Cette nuit encore, Lucile traverse le village d’Edinbourg sous les étoiles. Par
Edinbourg en 1851, comprenez des rues étroites et sinueuses, couvertes de hautes
maisons en bois de chêne et en chaux blanche. Un fleuve, à l’est de la ville,
rencontre les premières habitations en se dispersant par de nombreux canaux pavés
et s’infiltre en son cœur avec la digne trajectoire d’un labyrinthe. A tous les coins de
rue, on entend le clapotis de l’eau, et il faut l’avouer, c’est très plaisant ; surtout au
mois d’Août, quand la chaleur est si forte que vos vêtements semblent se fondre à
votre peau.
Des lampadaires peints en noir et recourbés, éclairent faiblement la voie. Au centre
de la place, Lucile pourrait bien boire librement ; la rosée des feuilles matinale finit
par lasser ; aussi y fut-elle en quelques instants. Elle se posa, fit un creux de ses
mains pour recueillir un peu d’eau, et les porta à sa bouche. Le liquide était frais et
pur. C’était bien la première fois qu’elle goutait une telle chose depuis longtemps,
surtout en ville, là où les hommes si nombreux et sales. Elle en prit une autre
rasade, et encore une autre ; elle continua tant qu’elle avait soif. Après réflexion,
jamais une eau ne lui avait semblé aussi bonne. Quel goût ! Elle continua de porter
le liquide à ses lèvres et de boire, avec moins de retenue qu’une fée devrait en avoir.
Puis ce fut à ses lèvres rouges de venir au liquide. Affalée au bord du lit, elle but
goulument et sans interruption, si ce n’était pour prendre son souffle. On pouvait
aisément voir sa petite glotte monter et descendre au rythme des gorgées. Ses joues
ne désemplirent pas avant l’aurore.
Au tout petit matin, Lucile releva la tête, mais ni le ciel rose, ni les étoiles disparues
ne l’alertèrent. Elle se rabaissa pour boire encore au fleuve d’Edinbourg. De toute
façon, son ventre était trop gros pour qu’elle puisse voler maintenant. Et la
délicieuse eau se trouvait ici, pas dans la forêt.

Quand l’ombre d’une main se dessina au-dessus d’elle, Lucile ne s’enfuit pas.


Les fées ne rêvent pas.
Il ne s’agit ni d’une interdiction ni d’un tabou, mais d’une impossibilité physique.
De toutes les explications données à ce phénomène, aucune ne surpasse la fable ou le
racontar. Il se dit que, vivant par les souhaits et les songes, elles n’ont aucun intérêt
aux chimères de la nuit ; que toute chose en entrainant une autre, leur nature
exceptionnelle les priverait du commun des mortels. On invoque des mythes anciens
et déformés, certains tissés de mensonges jusqu’à la moelle. Est-ce un mauvais sort ?
Une conséquence de leur physiologie ? Sont-elles même vivantes ? Des esprits ? Des
déesses ? Le mystère reste entier ; les fées restent des fées. Et par un tour de la
poussière dorée, on n’en saura pas plus.

Zoli-Vian Solpen, 1487. Les créatures.


~

« Ouvre les yeux ma petite. Je ne voudrais pas que tu sois morte... »

La voix s’était élevée aux premiers instants du réveil, comme un écho de montagne.
Forte, brute, et gutturale, elle avait coupé court à la buée nocturne. Lucile ne
pouvait plus dormir. Elle ouvrit ses yeux à contrecœur, petit à petit. Mais ça ne
changeait pas grand-chose, il faisait nuit. Elle se trouvait dans une pièce étroite. Ou
plutôt encombrée. Jonchée de caisses et d’objets poussiéreux. De quoi se
souvenait-elle ? De pas grand-chose. Où était-elle ? Une maison. Au sous-sol ? A
l’étage ? Dur à savoir. De maigres rayons du jour filtraient à travers les volets, à
peine assez pour distinguer quelques formes. Elle balaya les lieux du regard, et vit
une chose apparaitre lentement devant elle.
D’abord, une masse floue. Puis un corps à la démarche menaçante. Quelque chose
de grand. Très grand. Un colosse ? Il se mouvait brusquement. Que voulait-il ? Il se
trouvait de plus en plus proche. Très proche. Trop proche !
Elle recula vivement mais il était trop tard. Il apparut.
C’était un grand vieillard un peu courbé, qui prenait appui sur une canne. Bouffé par
une barbe grisonnante, d’un aspect de limaille de fer, et aux yeux bleus bordés de
profondes rides. D’une main, il mit le feu à une lanterne. Lucile fut d’abord rassurée
de voir un vieil homme, elle qui s’imaginait un monstre. Mais lentement, ses traits
changèrent… Ses lèvres molles et silencieuses se durcirent en un sourire inquiétant.
Son regard prit un éclat de glace. Ses rides grincèrent comme du métal en
accompagnant son sourire. Les ombres grossirent et s’épaissirent tout autour d’eux.
Bientôt, la lanterne n’éclairerait plus rien. Quelle flamme ridicule ! On entendit le
bruit du bâton qui tombait avec fracas sur le sol et tout à coup, l’homme étrange se
trouvait au plus près de Lucile. Elle sursauta.
« Tu me pardonneras le remue-ménage, je n’ai pas eu d’invités depuis des lustres... »,
Dit-il en tirant une chaise pour s’y asseoir.
Lucile distinguait maintenant de fins et longs barreaux gris dans sa vision. Le sol était
froid, et tandis qu’elle se levait, le monde balançait avec elle en grinçant. Une cage.
« Pourquoi ? » L’homme parut s’amuser de la question.
« Pourquoi quoi ? Pourquoi… Ah ! « Pourquoi ». Oh… il y a beaucoup de raisons à
ceci, fée. Beaucoup d’émotions dominent les hommes ! L’envie, la jalousie, le désir.
La colère, la rancœur… Mais dans mon cas, il ne s’agit que de curiosité. Rien d’autre ! »
Il fit demi-tour, et se tint dans un rideau de lumière déchiré. Devenu maître d’un
grand cirque, il s’écria en levant les bras :
« Te voici dans mon antre, Lucile ! Bienvenue ! »
Plusieurs flashs éclatèrent et Lucile ne vit plus que des taches de couleurs.
Une musique se mit en route. Un air grandiloquent d’accordéons, d’orgue, de flûtes
et de violons.  Les pas frénétiques de l’inconnu résonnaient et s’enchainaient sans
cesse. Dansait-il ? Ou bien faisait-il des claquettes ? La pauvre fée était abasourdie
par les évènements. Que signifiait tout cela ?
« Allons Lucile, allons. Regarde ! Ouvre les yeux, enfin ! N’est-ce pas splendide ? »

Lucile ouvrit les yeux. Elle le vit danser comme un fou avec son ombre. Il partait
d’un rire d’ogre jovial. Un pas, deux pas, trois pas. Il tournait sur lui-même, puis
demi-tour. Et à nouveau, en sautillant. Chaque mouvement attirait la fée un peu
plus loin de la réalité. Il y avait tant de vie en cet homme, tant de rêves ! Bientôt,
la pièce entière vibrait avec lui. Elle se dit qu’il était étonnant qu’aucun objet ne
l’eut suivi, et aussitôt des pots de verre prirent la cadence avec les tableaux et la
table sur ses quatre pattes.
C’était un chef d’Orchestre. Un passionné. Il donnait la cadence avec sa canne et
ses grands gestes frénétiques. Il se mit à défiler avec sa suite, et les lumières
éclatèrent à nouveau. Des arcs-en-ciel de couleurs jaillirent de toutes parts,
hypnotisant les yeux de Lucile. La salle entière devint un ciel de nuit incandescent,
des feux d’artifices et des images fleurissaient de toute part. Il n’existait plus de
elle, de lui, de ça. Lucile faisait partie du mouvement, de la vibration. Du tout.
Lucile ?
... Qui est Lucile ?

Quand le calme tremblant sortit enfin de son terrier, Jean Einesberg en eut fini
d'elle.
« Modifié: 04 Octobre 2013 à 21:25:05 par Mr. Tournesol »

World End Girlfriend

  • Invité
Re : Les fées d'Edinbourg
« Réponse #1 le: 24 Juillet 2013 à 12:29:58 »
C'est vraiment bien écrit.
Le style est poétique et riche sans être lourd, faut que tu me file ta recette  :P

Hors ligne Stelmaria

  • Calligraphe
  • Messages: 103
  • Every great dream begins with a dreamer.
Re : Les fées d'Edinbourg
« Réponse #2 le: 24 Juillet 2013 à 14:13:47 »
Salut !

Citer
le brame d’un cerf au printemps
Le brame du cerf s'entend plutôt entre mi-septembre et mi-octobre, donc à l'automne ^ ^

Citer
Edinbourg
Si tu parles de la capitale écossaise, c'est Édimbourg. Mais je suis pas sûre que ce soit bien de cette ville dont il est question  :\?

Alors j'aime beaucoup ! C'est très poétique, fluide, on se laisse bercer sans problème par tes mots bien choisis et ton histoire. Le premier paragraphe de la description de Lucile est celui que j'ai préféré. C'est super  ^^
Si vous voulez être heureux, soyez-le. ~ Tolstoï

Anyway the wind blows...

Hors ligne HB

  • Prophète
  • Messages: 656
Re : Les fées d'Edinbourg
« Réponse #3 le: 24 Juillet 2013 à 16:13:51 »
Salut !
J'aime aussi, même si au contraire de World End Girlfriend je trouve que c'est un tout petit peu trop, parfois (subjectif).
J'aurais enlevé ça, par exemple, qui gâche le joli portrait en quelques coups de pinceau que tu viens nous offrir : Et ses cheveux… ses cheveux sont dans le vent. Dernier détail : Lucile a les pommettes hautes.
(T'as mis deux LL à Lucile  :\? juste après.)
Dernier truc : Est-ce que (se) fondre à quelque chose (liquéfier qqch à la chaleur) n'est pas différent de se fondre dans/avec (mélanger), pour le sens ? Les vêtements se fondent-ils à la peau ?... Oui, si, sans doute, après relecture, ça doit être correct...
On attend de connaître le proprio de la main. :)




Hors ligne koutoumi

  • Calliopéen
  • Messages: 439
Re : Les fées d'Edinbourg
« Réponse #4 le: 25 Juillet 2013 à 01:03:14 »
On remarque une préciosité dans l'écriture digne des plus grands .
On a l'impression que chaque mot, chaque ponctuation, chaque phrase a été travaillé et retravaillé, agencé avec soin et minutie. C'est poétique, beau, fantasmagorique.
J'ai l'impression de lire du David Zindell (le cycle d'Ea), du Jacques Abeille (les jardins Statuaires)

Tu arrives à un tel degrés de perfection littéraire que je lis ton texte pour le plaisir des mots et non pour l'histoire.   

Encore bravo et merci.
Choking On The Truth

Hors ligne Timiddo

  • Tabellion
  • Messages: 45
  • Je suis un petit chaton dans l'âme *miu* -^.^-
    • Paroles en folie
Re : Les fées d'Edinbourg
« Réponse #5 le: 25 Juillet 2013 à 18:18:06 »
     Wouaww ! Je suis soufflée, c'est magnifique, c'est magique, c'est poétique. J'adore ta manière d'écrire (même si tu écrivais une histoire peu intéressante, on ne pourrait détacher nos yeux de ton texte, c'est tellement joli). J'aimerais bien encore entre parler de la petite Lucile, savoir ce qui va se passer, il y a-t-il une suite à cette histoire ?

     Mais je suis d'accord avec HB, je trouve que "Dernier détail : Lucile a les pommettes hautes." est en trop (ou alors peut-être le placer un peu plus haut dans sa description ?). Et cette expression "Comprenez ..." en deux fois et aussi proches me fait un peu bizarre.

        Sinon ce texte est magnifique :D
()()
( '.' )
(")_(")   ...    Faîtes attention à la bête féroce qui se cache en vous !

En essayant continuellement on finit par réussir. Donc : plus ça rate, plus on a de chances que ça marche.
Devise Shadok

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
  • Messages: 389
Re : Les fées d'Edinbourg
« Réponse #6 le: 25 Juillet 2013 à 19:46:16 »
salut,
C'est écrit avec une délicatesse infinie. Forcément quand il s'agit de fées.
Merci pour ce texte admirable.
Au plaisir.
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

jake07

  • Invité
Re : Les fées d'Edinbourg
« Réponse #7 le: 25 Juillet 2013 à 22:25:27 »
Bravo pour le style et les descriptions, ça sonne juste, pas lourd ni forcé, très fluide, chapeau bas.
Juste une petite remarque :

Citer
A tous les coins de rue, on entend le clapotis de l’eau, et il faut l’avouer : c’est très plaisant, surtout au mois d’Août, quand
la chaleur est si forte que vos vêtements semblent se fondre à votre peau.

J'aurais mis un point après plaisant, simplement.

Je suppose que c'est le début d'une histoire, si c'est le cas je lirai la suite avec curiosité. Au début je voulais m'arrêter de lire parce que c'est pas un thème qui me botte, mais c'était bien écrit alors j'ai continué. Je pense même que ça peut me plaire si tu arrives à faire ressortir l'ambiance d'un lieu donné à une époque donnée, comme tu as pu commencer ici. On ne subit pas les événements, ni les descriptions, c'est chouette !

Hors ligne Antoine Jihel

  • Tabellion
  • Messages: 50
Re : Les fées d'Edinbourg
« Réponse #8 le: 27 Juillet 2013 à 12:31:11 »
Citer
aussi insaisissable que la brise du matin ou le chant des oiseaux de l’aurore


La répétition des "D" me semble un peu alourdir ce passage qui doit être tout sauf lourd. Peut "à l'aurore" allègerait un peu.

Citer
déliée de toute la logique et la maturité qu’il est possible d’avoir

Comme précédemment, je pense que ce serait plus aérien sans les articles : déliée de toute logique et maturité qu’il est possible d’avoir.

Le passage sur la description du visage de Lucile me gêne parce que ça me fait penser à un professeur indiquant les différentes zones de son visage, avec une baguette, sur une diapo projetée devant une assemblée... Je sais pas si tu vois ce que je veux dire. Ca commence avec le "premièrement" (qui n'a pas de deuxièmement) qui m'a fait tiquer, puis la description quasi topographique.

Citer
Et ses cheveux… ses cheveux sont dans le vent

J'aime cette phrase.  :coeur:
Mais je la trouve mal placée, avec les cheveux de la phrase précédente, ça commence à faire beaucoup de cheveux.
Petite chose gênante, aussi, c'est que le "Et ses cheveux..." donne l'impression qu'on en a pas encore parlé alors qu'on sait déjà qu'ils sont blonds.
Je suis d'accord avec les autres, les pommettes sont de trop à la fin.

Citer
Un fleuve, à l’est de la ville, rencontre les premières habitations en se dispersant par de
nombreux canaux pavés et s’infiltre en son cœur avec la digne trajectoire d’un labyrinthe
J'ai dû la relire trois fois avant de comprendre, mais je suis peut être simplement mal réveillé.  :D

Citer
si ce n’était pour prendre son souffle

Je crois qu'il n'y a que le nouveau né qui puisse prendre son souffle, ensuite, il faut se résoudre à devoir le reprendre.


Plus généralement, ce n'est pas mon univers de prédilection, mais puisque c'est bien écrit, ça passe tout seul.
J'ai bien aimé le recul du narrateur quant aux clichés relatifs à une fée.
Merci.

Hors ligne Mr. Tournesol

  • Calligraphe
  • Messages: 116
Re : Les fées d'Edinbourg
« Réponse #9 le: 29 Juillet 2013 à 23:10:18 »
Citer
aussi insaisissable que la brise du matin ou le chant des oiseaux de l’aurore


J'ai coupé "de l'aurore", m'épargnant ainsi le triple D et la répétition du mot.  ::)

Citer
déliée de toute la logique et la maturité qu’il est possible d’avoir

Comme précédemment, je pense que ce serait plus aérien sans les articles : déliée de toute logique et maturité qu’il est possible d’avoir.

Hm. Tu n'as pas tout à fait tort. Je verrai à la relecture, après quelques jours de repos, ce que j'en dis.

Le passage sur la description du visage de Lucile me gêne parce que ça me fait penser à un professeur indiquant les différentes zones de son visage, avec une baguette, sur une diapo projetée devant une assemblée... Je sais pas si tu vois ce que je veux dire. Ca commence avec le "premièrement" (qui n'a pas de deuxièmement) qui m'a fait tiquer, puis la description quasi topographique.
Tout à fait. Est-ce gênant ? A l'écriture, j'ai trouvé cette méthode assez plaisante. Un zoom sur la région pour chaque partie du visage.

Citer
Et ses cheveux… ses cheveux sont dans le vent

J'aime cette phrase.  :coeur:
Mais je la trouve mal placée, avec les cheveux de la phrase précédente, ça commence à faire beaucoup de cheveux.
Petite chose gênante, aussi, c'est que le "Et ses cheveux..." donne l'impression qu'on en a pas encore parlé alors qu'on sait déjà qu'ils sont blonds.
Je suis d'accord avec les autres, les pommettes sont de trop à la fin.


Cette remarque revient décidément beaucoup. Je note, je note

Salut !
J'aime aussi, même si au contraire de World End Girlfriend je trouve que c'est un tout petit peu trop, parfois (subjectif).
J'aurais enlevé ça, par exemple, qui gâche le joli portrait en quelques coups de pinceau que tu viens nous offrir : Et ses cheveux… ses cheveux sont dans le vent. Dernier détail : Lucile a les pommettes hautes.
(T'as mis deux LL à Lucile  :\? juste après.)
Dernier truc : Est-ce que (se) fondre à quelque chose (liquéfier qqch à la chaleur) n'est pas différent de se fondre dans/avec (mélanger), pour le sens ? Les vêtements se fondent-ils à la peau ?... Oui, si, sans doute, après relecture, ça doit être correct...
On attend de connaître le proprio de la main. :)
Mea culpa ! Faute d'inattention.


Salut !

Citer
le brame d’un cerf au printemps

Citer
Edinbourg
Si tu parles de la capitale écossaise, c'est Édimbourg. Mais je suis pas sûre que ce soit bien de cette ville dont il est question  :\?
Oh le chiant ! :D

Merci pour toutes ces éloges, ça me fait bin plaisir. (En effet suite il y a, à cette nouvelle)

Hors ligne Mr. Tournesol

  • Calligraphe
  • Messages: 116
Re : Les fées d'Edinbourg
« Réponse #10 le: 02 Octobre 2013 à 23:12:51 »
Pour ceux que ça intéresserait, la suite est là !

Eveil

  • Invité
Re : Les fées d'Edinbourg
« Réponse #11 le: 21 Mai 2014 à 17:09:46 »
J'ai trouvé ça fort, bravo ! Oui, ya une préciosité qui sied parfaitement, et je sais pas d'où sort cette mise en page, mais ça renforce encore cet aspect. Comme si on lisait un grimoire, ou un machin ancien et poussiéreux. Ton texte ressemble à un petit trésor, qui scintille dans son écrin. C'est drôle, le passage qui arrive un peu comme ça, sur ses cheveux dans le vent et ses pommettes hautes, c'est un de ceux que j'ai le plus appréciés. Le coup de la fausse définition, géant, elle apporte un côté très pragmatique et "scientifique" qui contraste avec le sujet. J'ai pas compris la fin, ni le pourquoi du comment avec le vieillard, du coup un peu frustré. Comme si le texte sombrait dans l'onirisme petit à petit, dans le rêve, alors qu'il est dit que les fées ne peuvent pas rêver, est-elle vraiment réelle ? C'est le vieillard qui rêve ? Ce qui expliquerait l'espèce de feu d'artifices final, un peu psychédélique et irréel. J'ai aussi pensé qu'elle avait atterri dans un cirque, avec les instruments et tout, mais tu dis que c'est un petite pièce poussiéreuse... bref, l'ensemble est très fini et soigné, très maîtrisé, mais ça se termine en tire-bouchon. C'est fort possible que ce soit de ma faute, je suis lent quand il s'agit des textes des autres, mais si l'effet escompté était de finir sur l’ambiguïté rêve/réalité, c'est super réussi. Parce que finalement, tu nous fait une "inecepcheune". Et ça c'est vachement cool. Alors, j'en ressors avec la même question que le narrateur (et une autre) :

Qui est Lucile ?
Qui est Einesberg ? (le copain de M'sieur White ? Celui qui fait de la meth avec la poussière de fée ?)  :mrgreen:

Hors ligne Mr. Tournesol

  • Calligraphe
  • Messages: 116
Re : Les fées d'Edinbourg
« Réponse #12 le: 24 Mai 2014 à 19:58:44 »
*dépoussière son compte*

Hello !
Merci du passage. L'Histoire n'est en fait pas terminée, je n'ai pas tout montré ici, ni n'ai fini son écriture. ça viendra peut-être plus tard ;)

Tchao

Hors ligne Natyy

  • Plumelette
  • Messages: 14
  • Les poulpes sont mes amis !
Re : Les fées d'Edinbourg
« Réponse #13 le: 24 Mai 2014 à 21:17:03 »
Ton texte est magnifique !!!
Il est léger, fluide, doux, poétique .... j'adhère !!
Merci pour ce très beau moment lecture !!!

 


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