Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

17 Avril 2026 à 05:57:59
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Marianne meurtrie

Auteur Sujet: Marianne meurtrie  (Lu 4078 fois)

Hors ligne Imago

  • Tabellion
  • Messages: 29
Marianne meurtrie
« le: 16 Mars 2008 à 01:15:30 »
Comme j'ai horreur de la longueur sur les forum et que le poème que j'ai laissé n'a pas encore eu de réponse en ne faisant que 36 vers je choisis un très court passage, il concerne les fêtes entre ados :

Les soirs de fêtes entre jeunes, les maisons s’alignent toutes sur un modèle d’une normalité déconcertante : lumière tamisée ou inexistante, spots de couleurs communes, pétantes, agressives ; de la musique sur laquelle tout le monde tombe d’accord, qui se retrouve souvent être le tube de l’été dernier. Parfois une ou deux guitares pour les musiciens en herbe. L’animation culturelle s’agite et transforme chaque pan de l’art en une intolérable distraction pascalienne à ceci près qu’on ne s’éloigne pas de la mort (les jeunes sont immortels) mais du vrai. L’amour du mensonge semble avoir gagné jusque dans leur essence les fêtes entre jeunes : chaque parole prononcée, chaque geste esquissé, chaque danse entamée, chaque caresse tentée ne se définit que par l’apogée et l’apologie de l’hypocrisie sociale.

Si vous voulez la suite, dites-le moi, ce passage doit être lu par tous les jeunes qui ont fait des fêtes lol.

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 798
    • au bord du littéral
Re : Marianne meurtrie
« Réponse #1 le: 17 Mars 2008 à 20:18:21 »
Sans vouloir te vexer, je ne vois pas trop l'intérêt du texte  :-[  C'est un essai sur la déchéance totale de la culture française ? -_- Le ton didactique est sans doute voulu mais c'est assez désagréable. Enfin, je veux bien en savoir un peu plus, là c'est pas très court c'est super méga court pour juger.
« Modifié: 17 Mars 2008 à 20:22:37 par Zacharielle »

Hors ligne Imago

  • Tabellion
  • Messages: 29
Re : Marianne meurtrie
« Réponse #2 le: 25 Mars 2008 à 22:29:15 »
voici un extrait plus long, mais ce n'est pas si didactique, disons que la fille qui parle est assez cynique :

Elle me guida jusqu’à sa maison à laquelle on avait accès par une porte sur le côté gauche de la boutique, un numéro perdu indiquait l’adresse. Nous avançâmes dans le noir vers la maison située sur un promontoire. Après trois marches de béton et quelques coups frappés à la porte, j’arrivais à l’intérieur. Les soirs de fêtes entre jeunes, les maisons s’alignent toutes sur un modèle d’une normalité déconcertante : lumière tamisée ou inexistante, spots de couleurs communes, pétantes, agressives ; de la musique sur laquelle tout le monde tombe d’accord, qui se retrouve souvent être le tube de l’été dernier. Parfois une ou deux guitares pour les musiciens en herbe. L’animation culturelle s’agite et transforme chaque pan de l’art en une intolérable distraction pascalienne à ceci près qu’on ne s’éloigne pas de la mort (les jeunes sont immortels) mais du vrai. L’amour du mensonge semble avoir gagné jusque dans leur essence les fêtes entre jeunes : chaque parole prononcée, chaque geste esquissé, chaque danse entamée, chaque caresse tentée ne se définit que par l’apogée et l’apologie de l’hypocrisie sociale. Les mots sont volontairement vides, les vannes volontairement sans intérêt, l’esprit est confiné dans le placard** d’une vieillesse prohibée, comme le diable de l’austérité et de l’ennui. Ce n’est ni le dieu de Nietzsche  ni l’amour de Baudelaire ni même la vie de Beckett, c’est le plus pur néant, l’expression la plus manifeste du « rien à dire » : Alcools, cigarettes, souvenirs d’enfance. En de très rares occasions, de jeunes godelureaux arrivent à assouvir leurs tensions sexuelles auprès de jeunes oiselles qui croient connaître jusqu’au plus profond la mécanique lancinante de l’activité sexuelle. Cette machine infernale se mettait en place devant mes yeux. On dégageait la dancefloor pour que les convives puissent s’agiter à leur bon plaisir, on repoussait les fauteuils près d’une table basse où l’on pouvait inventer des jeux de cartes douteux pour se donner de fausses raisons pour boire davantage ou se délester de certains de ses vêtements, cela produisant un semblant d’excitation érotique dans la tiède mollesse de l’ensemble. On mettait à cuire des pizzas dont on n’appréciait pas le goût, on recherchait des vidéos comiques qui conviendraient au public des deux sexes, on mettait à contribution le billard ou le baby foot qui était à la disposition de ces grands enfants sans imagination. On sortait des litres d’alcools bon marché qu’on mélangeait avec les boissons sucrées de notre enfance comme pour refuser d’y renoncer. L’ennui palpable des fêtes adultes était ici plus subtil, il se trouvait dans l’extrême lassitude dont semblaient être frappés chacun des invités, comme si l’on entrait sans un monde où absolument plus rien n’avait d’importance, comme si de l’autorité passée, on avait construit une autorité du spleen inconscient, de la fatigue permanente. Chacun ressemblait à un enfant qui refusait d’aller se coucher, faisant tourner tous ses jeux futiles qui enferment leur esprit et fait fondre ce qu’il en reste. Le bon rock et le mauvais rock se mêlaient dans ce pudding dégoulinant, alternant les danses où on parvenait désespérément à toucher l’épaule du danseur le plus proche, plus rarement ponctué de slows où on se colle au représentant du sexe opposé en ressassant toute la frustration qui interdit d’aller plus loin. Chacun comprend à demi-mot, chacun a tout vu, tout entendu et personne n’a rien senti. Nos corps ont servi de fantasmes aux garçons et de modèles aux filles. L’ensemble résonne comme le cri de douleur d’une enfance arrachée par des images agressives, incompréhensibles, pour eux détentrices de la seule vérité que les adultes ne veulent pas dire. Ce n’était plus de la transgression, c’était une paresse douloureuse, une ébriété larmoyante, une automutilation généralisée. Cela semblait être l’annonceur des suicides collectifs japonais et des fusillades sanglantes américaines. Une fête modélisée sur des préceptes inconscients qui reproduit avec plusieurs années de retard les fêtes branchées des beaux quartiers des villes américaines : on eût dit une affreuse scène de théâtre avant-gardiste où l’art est banni par ennui et la vérité par lassitude. Je m’avançais dans la pièce unique avec un sentiment de profond dégoût mêlé à un désir de profiter de cette soirée, comme la première fois que je me suis offerte à un client. Je voulais qu’il me donne du plaisir, parce que c’était la première fois. Au final, je crois que mes fantasmes réalisés ont produit plus de jouissance que ses mouvements maladroits. Un mec banal me demanda si je voulais faire une partie de billard, j’ai failli me rétracter, je devais être trop habituée à mon ancienne vie ; j’acceptai. Il était nul, bien entendu. Il m’a suffit de quelques coups pour en venir à bout. Personne ne prit la peine de m’applaudir. Dans cette atmosphère de complaisance absolue, on accepte la médiocrité générale. Le perdant se venge en caressant la fille qui intéresse le gagnant. Il n’y a ni chevalerie, ni galanterie, ni honneur. Les filles sourient et attendent que le plus dégourdi des invités veuillent bien les satisfaire quand elles ne vont pas à la charge elles-mêmes dans ce demi-mot qui leur permet de dire : « je n’ai jamais dit ça ! ». Nul n’a le courage de ses désirs, nul n’est fier de ce qu’il fait. Chacun essaie de se trouver une place entre un ami complaisant et un amant potentiel. Les relations petit copain/petite copine se font et se défont ici, dans un lieu qui n’a rien d’excitant ni de plaisant, les communs accords de s’embrasser sur la bouche ou « d’aller plus loin », comme disent souvent ces dépravés puritains, se donnent dans un silence faussement gêné, l’amour n’existe pas, vaincu par le narcissisme du faible qui cache les sentiments que tout le monde ressent. L’émerveillement est prohibé et les paradis sont artificiels. C’est le spleen sans idéal.

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : Marianne meurtrie
« Réponse #3 le: 27 Mars 2008 à 18:47:46 »

Mon impression est plutôt mitigée :P

Mitigée, mais plus mitigée-positive. J'aime beaucoup la justesse de l'observation, les mots que tu utilises sont toujours/souvent les bons. Je suis un peu jaloux, lol
Il y a quelques lourdeurs sans trop d'importance ("sa maison à laquelle on avait accès par une porte...", "se retrouve être"...)
Ce qui me gêne, c'est le ton méprisant-désenchanté-"notre époque est tombée bien bas" que prend chaque bouquin en vogue ces dernières années. A la fin, c'est lourd ! Le monde n'est pas si nul, voyons :P
Plus sérieusement, ce ton-là donne, du coup, un côté déjà-vu. Mais la rigueur de l'observation compense un peu.
Le deuxième truc est assez lié avec ce problème-là : c'est un peu un style journalistique blasé. Je verrai plus ça dans la presse, en fait. Je l'entendrais aussi de la bouche d'un prof en citation (c'est vraiment rigoureux^^), mais... non, parce que d'autres ont déjà exploité cette veine-là. Quelqu'un qui frôle la misogynie avec un ton cynique et un portrait terriblement cruel, mais juste et amusant, n'écrirait pas forcément mal. Sauf que Montherlant l'a déjà fait. Tu vois ce que j'veux dire ? Ce texte-ci est trop... à la mode, dans son dédain du contemporain.

Mais sinon, la justesse est là, les phrases sentencieuses aussi.


Mitigé-positif, donc ::)
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : Marianne meurtrie
« Réponse #4 le: 27 Mars 2008 à 19:45:20 »
moi je trouve que ce n'est pas mal comme texte. Tu as un vocabulaire riche et j'aime bien cette écriture cynique. Maintenant je me demande ce que tu comptes faire de ce texte. Est-ce que tu as prévu une suite, est-ce que ça s'intègre dans quelque chose?
Je sais que tu ne voulais pas donner un passage long, mais c'est justement la façon dont tu vas continuer ce passage qui le mettra ou non en valeur. Tu vois en gros ce que je veux dire? Je suis pas sûre d'être très claire. ><
Parce que si tu t'arrêtes là c'est dommage, ça fait comme dit Loredan, "article de journaliste blasé". Ton texte peut être très bien, tout dépend de la place que tu comptes lui apporter.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : Marianne meurtrie
« Réponse #5 le: 27 Mars 2008 à 19:58:05 »

Oui, d'autant qu'on a tendance à dire que ça ne peut que s'améliorer. J'ai eu beaucoup plus de plaisir à lire le premier passage inclus dans ce plus grand extrait !
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Kei

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 674
  • Où est mon arc?
Re : Marianne meurtrie
« Réponse #6 le: 27 Mars 2008 à 22:59:49 »
J'éditerai pour une critique plus poussée, mais simple commentaire en passant :
Quelqu'un qui frôle la misogynie

Le narrateur est une narratrice... ^^
Good, better, best. Never let it rest.
'Til your good is better and your better is best.

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : Marianne meurtrie
« Réponse #7 le: 27 Mars 2008 à 23:06:58 »

J'avais bien compris. Je résumais l'art de Montherlant, pour montrer que tout le monde pourrait bien écrire avec les mêmes critères que ceux du style et des grands thèmes de Montherlant... sauf que ce serait du Montherlant.
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Imago

  • Tabellion
  • Messages: 29
Re : Marianne meurtrie
« Réponse #8 le: 30 Mars 2008 à 05:16:15 »
J'avoue que je n'ai lu que "La Reine morte" de lui... ce que tu dis sur le style journalistique désanchanté me paraît un peu juste mais je pense que tu ne le retrouveras pas dans tout le texte, enfin, voici la suite qui vous donnera une idée plus (à noter que ce n'est pas le tout début du roman mais je n'avais pas prévu de le mettre en entier sans si on me le demande lol) :  La suite avec la description des trois caïds de Neuilly :

. Je me laissais entraîner par cette facilité du laisser-aller et pour oublier mon dégoût, je voulais boire le plus possible, et fumer, s’ils avaient quelque chose de bon. Elsa me demanda si j’étais bien, je lui répondis que oui, que tout allait parfaitement, que j’avais arrêté mes études à la Sorbonne et que je voulais juste trouver un petit boulot et faire ma vie comme tout le monde. Elsa n’a jamais su ce que je faisais vraiment. Elle n’avait pas non plus ma confiance. « A qui une putain fait-elle confiance ? » me disais-je. Mais c’est alors que je la vis. Magnifique, incroyable, impossible, elle était là, assise avec les autres, la petite lycéenne de ce matin. Je n’en croyais pas mes yeux, je me demandais déjà si je n’avais ni trop bu ni trop fumé. La rencontre paraissait tellement incongrue, tellement fortuite qu’elle introduisait une touche de romanesque dans ce lieu qui en était totalement dépourvu. Je m’écartais d’Elsa et observait cette figure d’adolescente. Pas de doute, c’était Marianne.
« Marianne… lançais-je, ahurie, comme si je venais de rencontrer mon ange gardien. Même au milieu de cette austérité débridée, elle paraissait encore fraîche et détendue, elle n’avait rien perdu de son sourire. Elle se retourna doucement, faisant cliqueter ses deux colliers iconoclastes, les garçons autour d’elle s’arrêtèrent de parler, j’étais fixe, elle me regarda un instant et, me reconnaissant :
–  C’est toi ! cria t-elle, surprise et apparemment heureuse de me rencontrer dans un lieu où elle ne m’attendait pas du tout. Mais tu connaissais Elsa !
–  Les grands esprits se rencontrent… ajoutais-je, toujours sous le choc.
–  Je la connaissais pas, ta copine, tu me la présentes ? lança un jeune dégourdi qui répondait au nom d’Arnaud.
Les trois mecs assis à la table se levèrent et vinrent autour de moi, j’eus un sursaut qu’heureusement personne ne remarqua. Le premier était un blondin aux airs médiévaux, l’archétype parfait du chevalier errant, une petite barbe que l’esprit associe naturellement à la noblesse d’épée complétait un visage qui semblait avoir supporté de grands combats épiques, son dos légèrement difforme et son air douçâtre donnait l’impression d’un bossu qui voulait qu’on touche sa difformité. Il s’appelait Arnaud. Il me regardait comme on regarde une sucrerie très chère dont on possède le magasin.
« Moi c’est Arnaud, me dit-il avant que Marianne ait eu le temps de me présenter.
–  Saeva, répondis-je, un peu méfiante.
–  Tu viens de loin, Saeva ? Je ne t’ai jamais vu ici.
–  Parce que tu viens souvent ici ?
–  Assez souvent, avec les potes, histoire de prendre un peu de temps loin de Paris et tout ça…
–  Où habites-tu à Paris ?
–  Sur les Champs-Elysées, je ne sais pas si tu connais…
–  Très  bien, merci. »
Je me détournais de cet espèce de narcissique friqué qui d’ailleurs s’était approché un peu trop près. Comme ami, je n’en voulais pas pour deux sous. Le deuxième ne tarda pas à remplacer son ami désavoué. C’était un grand brun bedonnant et souriant, orné d’une affreuse houppe qui multipliait son âge par deux, dont les vêtements indécemment chers contrastaient avec son air juvénile et son apparente simplicité. Il exhibait ses deux téléphones portables comme s’il s’était agi de deux composants essentiels de son identité et de son individualité : dernier cri, mp3, Internet, agenda, heure digitale, température, chronomètres décalés, mémoire gigantesque etc… Je l’imaginais bien se mettre la Marseillaise sur son mp3 en entrant chez lui au pas militaire pour se donner un genre. Un bon Français qui se respecte qui affichait des valeurs auxquelles il ne croyait pas, la seule valeur qui compte étant celle de la Bourse. Tout à fait séduisant. C’est vrai ça, les personnes qui croient aux valeurs de la République égalitaire, libre et fraternelle sont de parfaits imbéciles, ce n’est pas raisonnable, ça revient à croire à son propre slogan publicitaire. Martin était la vitrine parfaite du capitalisme sauvage si amoureux de la République qu’il en vient à lui casser les reins. Je passai à côté de ce branleur de service aussi vite que je pus. Le dernier n’avait pas bougé, il s’était juste levé pour suivre le mouvement, il regardait Marianne d’un air dubitatif, tout à la fois méfiant et assuré. Je remarquais, pour l’avoir souvent vu, le désir refoulé au point critique, comme s’il se contenait de se jeter sur Marianne pour lui arracher ses vêtements. Rien dans son regard illisible ne permettait de le voir, rien dans ses muscles détendus, rien dans son sourire neutre, rien dans son air de rêveur indolent ; mais ses traits, ses traits qui se durcissaient comme un prédateur à l’approche d’un proie, ses plissures infimes qui ressemblaient à une bouche dont la langue se lèche les babines, tout cela hurlait : « je te veux, je t’aurai ». Le tigre silencieux ne m’accorda même pas un regard, je le laissais là convoiter, tout en gardant un œil sur lui. Il me glaçait le sang, ce petit bonhomme à l’air doucement cruel, je connaissais ce visage. C’était celui que j’avais quand je haïssais, quand je voulais faire du mal. Au premier regard, les trois ados me toisèrent de haut en bas comme pour m’estimer, leurs yeux convoiteurs s’arrêtaient sur mes attraits les plus voyants, leurs prunelles se dilataient amoureusement, ô combien de fausseté ils inspiraient ! Leur démarche arrogante de banlieusards fortunés donnait à leurs gestes une teinte double et traître, le sourire du patron et le rictus du voyou, l’assurance nonchalante du richard et le balancement bagarreur de la racaille. On aurait pu les appeler « les caïds de Neuilly ». Cela venait-il de préjugés que j’aurais formés sur l’échantillon de mon ancienne clientèle ? Ces connards-là m’utilisaient comme un objet : une poupée de chair pour faire joujou. Ma réaction fut immédiatement froide et distante vis-à-vis des trois ados en costard cravate qui commençaient à m’assaillir de paroles sucrées et parfois amères selon mes réactions.
« Modifié: 30 Mars 2008 à 05:17:56 par Imago »

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : Marianne meurtrie
« Réponse #9 le: 30 Mars 2008 à 14:48:12 »
ben écoute personnellement j'aime moins que ton début, peut-être que c'est le cadre, je sais pas...

les commentaires des autres t'aideront plus que le mien je pense parce que à part te dire que j'aime moins et que parfois c'est peut-être un peu trop familier à mon goût ( mais c'est réaliste comme langage), je vois pas...

ah si! ce bout de phrase me paraît bizarre "qui commençaient à m’assaillir de paroles sucrées et parfois amères selon mes réactions."
c'est le "selon" qui me gêne, pour moi tu pourrais par le remplacer par "tantôt" parce que le fait qu'ils changent de tactique selon ses réactions, on le comprend, c'est sous-entendu
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.019 secondes avec 23 requêtes.