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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Ici, seul court le vent

Auteur Sujet: Ici, seul court le vent  (Lu 1528 fois)

Hors ligne Stelmaria

  • Calligraphe
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  • Every great dream begins with a dreamer.
Ici, seul court le vent
« le: 07 juillet 2013 à 15:35:21 »
Hallo ! Ceci est un court extrait d'un prologue visant à présenter un de mes personnages... la fin peut donc paraître un peu abrupte, mais c'est parce que ça n'en est pas une ^ ^

           Le vent soufflait sur les Collines. Les hautes herbes se balançaient doucement au rythme de la brise, telle une paisible onde verte. Aujourd'hui, elle amenait de la Mer de lointains parfums de sel et d'iode, accompagnés de senteurs plus subtiles et enivrantes d'herbe séchée, de terre chaude ou de fleurs coupées. Le vent charriait aussi des bruits, de la plus petite stridulation de cigale, entêtante, jusqu'aux tintements des cloches accrochées aux cous des moutons, que l'on entendait parfois résonner entre les Collines.
           Lazhar plissa les yeux pour essayer d'apercevoir la Mer que l'on distinguait parfois les jours de beau temps, loin au Sud. Après quelques secondes de vaine observation, il reprit sa marche. Il allait tranquillement, de colline en colline, depuis le matin. Il était parti à l'aube, seul et à pied, comme si le voyage qu'il entreprenait ne pouvait trouver de satisfaction que dans la solitude. Il avait dépassé les Marais-Haut peu avant midi, puis s'était arrêté à l'ombre de l'un des rares arbres qu'il avait rencontré pour manger son déjeuner - constitué de galettes de racines de mûrier, d'une tranche ou deux de viande séchée et de baies, le tout accompagné d'une grande rasade d'eau fraîche tirée de sa gourde en peau de chèvre. Désormais, il marchait sans discontinuer ni faiblir, toujours au même rythme, suivant un chemin que lui seul connaissait.
           À la fin de l'après-midi, il s'arrêta enfin au creux d'une Colline, et passa quelques minutes à rechercher brindilles, branches et feuilles de buissons morts. Il alluma enfin un feu, alors que le soleil disparaissait à l'horizon, et s'assit à sa lumière. Son dîner fut aussi frugal que son déjeuner, à l'exception d'une brochette de viande de lièvre, tué un peu plus tôt dans la journée à l'aide de son arc et de ses flèches. Après son repas, il s'emmitoufla dans une épaisse couverture (faite de laine de mouton roux, la plus chaude et la plus douce de toutes les Collines) et se mit à fumer une longue pipe, produisant des volutes de fumée bleutée s'envolant dans l'air immobile, alors que les dernières lueurs du crépuscule s'éteignaient, et que les étoiles prenaient possession du domaine céleste au-dessus de sa tête. Lazhar passa presque une heure à les contempler paisiblement, les yeux perdus dans leur froide lueur, austère et glacée, témoignage de mondes lointains et étranges... et pourtant si réconfortante, comme une ancre toujours plantée dans le ciel. Le ciel... étendue calme et limpide, écrasante comme seule peut vous écraser une mer, un jour sans vagues et sans vent. Et la fumée bleutée de sa pipe s'élevait en gracieuses volutes au-dessus des Collines et du monde, au-dessus des nuages, toujours plus haut, toujours plus loin. Elégante et raffinée, déterminée, elle tentait de rejoindre la voûte céleste, de s'y fondre, de s'y confondre en une osmose parfaite... mais mourait un instant plus tard, avec un soupir de regret, sans avoir pu rejoindre son divin objectif.
           Lazhar se rendit soudain compte que son feu ne projetait plus qu'une lumière blafarde contre les ombres de la nuit. Il éteignit sa pipe, remit du bois dans les braises et se coucha sur la terre froide. Son sommeil fut sans rêves.
Si vous voulez être heureux, soyez-le. ~ Tolstoï

Anyway the wind blows...

Hors ligne HB

  • Prophète
  • Messages: 656
Re : Ici, seul court le vent
« Réponse #1 le: 07 juillet 2013 à 17:06:02 »
Salut,
d'abord, bravo : c'est un texte bien écrit. En tout cas, ça me plaît.
Ensuite, d'autres possibilités, sans exagération (pas envie de le gâcher), principalement pour le rythme :


           Le vent soufflait sur les Collines. Les hautes herbes se balançaient doucement au rythme de la brise, telle une paisible onde verte. Aujourd'hui, elle amenait de la Mer de lointains parfums de sel et d'iode, accompagnés de(s) senteurs plus subtiles et enivrantes d'herbe séchée, de terre chaude ou, de fleurs coupées. Le vent charriait aussi des bruits, de la plus petite stridulation de cigale, entêtante, jusqu'aux tintements des cloches accrochées aux cous des moutons, que l'on entendait parfois résonner entre les Collines.
           Lazhar plissa les yeux pour essayer d'apercevoir la Mer que l'on distinguait parfois les jours de beau temps, loin au Sud. Après quelques secondes de vaine observation, il reprit sa marche. Il allait tranquillement, de colline en colline, depuis le matin. Il était Etant parti à l'aube, seul et à pied, comme si le voyage qu'il entreprenait ne pouvait trouver de satisfaction que dans la solitude., Il avait dépassé les Marais-Haut peu avant midi, puis s'était arrêté à l'ombre de l'un des rares arbres qu'il avait rencontré pour manger son déjeuner — constitué de galettes de racines de mûrier, d'une tranche ou deux de viande séchée et de baies, le tout accompagné d'une grande rasade d'eau fraîche tirée de sa gourde en peau de chèvre. Désormais, il marchait sans discontinuer ni faiblir, toujours au même rythme, suivant un chemin que lui seul connaissait.
           À la fin de l'après-midi, il s'arrêta enfin au creux d'une Colline, et passa ( un syn. ?) quelques minutes à rechercher brindilles, branches et feuilles mortes de buissons (aussi enlever "de buissons" ?) morts. Il alluma enfin un feu, alors que le soleil disparaissait à l'horizon, et s'assit à sa lumière. Son dîner fut aussi frugal que son déjeuner, à l'exception d'une brochette de viande de lièvre, tué un peu plus tôt dans la journée à l'aide de son arc et de ses flèches (alourdit le machin : parler plus tard de l'arc ?). Après son repas, il s'emmitoufla dans une épaisse couverture (faite de laine de mouton roux, la plus chaude et la plus douce de toutes les Collines) et se mit à fumer une longue pipe, produisant des volutes de fumée bleutée s'envolant dans l'air immobile, alors que les dernières lueurs du crépuscule s'éteignaient, et que les étoiles prenaient possession du domaine céleste au-dessus de sa tête. Lazhar passa presque une heure à les contempler paisiblement, les yeux perdus dans leur froide lueur, austère et, glacée, témoignage de mondes lointains et étranges... et pourtant si réconfortante, comme une ancre toujours plantée dans le ciel. Le ciel... étendue calme et limpide, écrasante comme seule peut vous écraser une la mer, un jour sans vagues et sans vent. Et la fumée bleutée de sa pipe s'élevait en gracieuses volutes au-dessus des Collines et du monde, au-dessus des nuages, toujours plus haut, toujours plus loin. Elégante et raffinée, déterminée, elle tentait de rejoindre la voûte céleste, de s'y fondre, de s'y confondre en une osmose parfaite... mais mourait un instant plus tard, avec un soupir de regret, sans avoir pu rejoindre son divin objectif.
           Lazhar se rendit soudain compte que son feu ne projetait plus qu'une lumière blafarde contre les ombres de la nuit. Il éteignit sa pipe, remit du bois dans les braises et se coucha sur la terre froide. Son sommeil fut sans rêves.


edit : Ah, et il paraît que l'odeur iodée de la mer, c'est une idée reçue...   ???
http://secouchermoinsbete.fr/15491-lodeur-de-la-mer-nest-pas-une-odeur-iodee
« Modifié: 07 juillet 2013 à 17:09:48 par HB »

Hors ligne Babataher

  • Troubadour
  • Messages: 389
Re : Ici, seul court le vent
« Réponse #2 le: 07 juillet 2013 à 18:46:45 »
salut,
Citer
Il allait tranquillement, de colline en colline,
étrange ce ' de colline en colline,' j'aurais mis arpentait au lieu d'allait!
Citer
à l'ombre de l'un des rares arbres

le nom de l'arbre aurait apporté un petit plus, un peuplier, un chêne, un orme...
Citer
comme une ancre toujours plantée dans le ciel.
une ancre? un astrolabe!
Citer
Et la fumée bleutée de sa pipe s'élevait en gracieuses volutes

Avec la brise, sous entendu omniprésente, l'allure de la fumée semble irréaliste.

Texte fluide et bien écrit, j'ai pris du plaisir à le lire.
au plaisir.
Une phrase n'est bien construite que si elle est écrite de telle manière que personne ne remarque qu'elle a été construite.

Hors ligne Cauzart

  • Troubadour
  • Messages: 284
    • Julien Usseglio - Poèmes, nouvelles et théâtre
Re : Ici, seul court le vent
« Réponse #3 le: 07 juillet 2013 à 19:05:58 »
Citer
Les hautes herbes se balançaient doucement au rythme de la brise, telle une paisible onde verte
Je supprimerais la virgule.

Citer
Il allait tranquillement, de colline en colline, depuis le matin. Il était parti à l'aube,
Cet enchaînement : depuis le matin . Il était parti à l'aube. Me gène. Je supprimerais depuis le matin. Si il est parti à l'aube c'est évident qu'il marche depuis le matin ^^

Citer
Après son repas, il s'emmitoufla dans une épaisse couverture (faite de laine de mouton roux, la plus chaude et la plus douce de toutes les Collines) et se mit à fumer une longue pipe, produisant des volutes de fumée bleutée s'envolant dans l'air immobile, alors que les dernières lueurs du crépuscule s'éteignaient, et que les étoiles prenaient possession du domaine céleste au-dessus de sa tête.
Je trouve cette phrase trop longue. Avec trop de "et" et de "alors". Tu peux peut-être la divisé en deux, voir en trois.


Bon, la fin je l'ai trouvé un peu "forcé"... Je ne sais pas. Un peu trop écrite pour être belle. Surtout ce : "Le ciel..." suivit d'une description lyrique. Tu peux faire plus simple, plus vrai, plus beau. Surtout avec un début de texte comme ça qui coule tout à fait.
Au reste c'est bien écrit, c'est une belle présentation de personnage, et c'est un univers qui me plait ^^
Au plaisir
http://julienusseglio.eklablog.com/
Textes et poèmes à découvrir !

Qwan Hei

  • Invité
Re : Ici, seul court le vent
« Réponse #4 le: 07 juillet 2013 à 19:18:53 »
Très beau texte, bien écrit. Ce n'est que mon avis personnel, mais j'adore les envolées lyriques des dernières phrases ^^

Par contre, une fin un peu abrupte, qui fait en quelque sorte "retomber" le lecteur, et qui tranche un peu trop avec le reste du texte.

Bonne continuation et au plaisir de te relire!

Hors ligne Stelmaria

  • Calligraphe
  • Messages: 103
  • Every great dream begins with a dreamer.
Re : Ici, seul court le vent
« Réponse #5 le: 07 juillet 2013 à 20:19:40 »
HB > Oh, je ne ne savais pas pour l'odeur iodée... le fait est que quand on l'évoque, les gens voient tout de suite de quoi on parle !  :D Merci pour tes propositions d'amélioration, elles me semblent tout à fait justes !  ^^

Babataher > Le nom de l'arbre... encore faudrait-il que je le connaisse !  :D Comme c'est censé être un autre univers j'ai pas trop envie de replacer un nom d'arbre commun, je vais voir si je peux pas en inventer un pour la route ^ ^
Et pour l'allure de la fumée, si c'est plausible, puisque je dis juste après qu'elle s'envole "dans l'air immobile"  ;) Merci pour tes remarques !

Cauzart > Ah, je le sentais pas ce "Le ciel..."  :D Mais après avoir écrit et réécrit le début de cette phrase, je me suis décidée à mettre ça sans grande conviction... Je vais voir si je peux pas alléger et faire s'enchaîner un peu mieux ça ^ ^ Merci également pour ton commentaire !

Qwan Hei > Yeah, lyrisme powa ! Merci  ^^ Oui, comme je le disais au début, la fin n'est pas une vrai fin, c'est pour ça que ça tranche comme ça... mais c'est vrai que du coup ça me choque aussi en le relisant, je vais essayer de l'enchaîner mieux  ^^

Bon ben j'm'en va réarranger tout ça !  ^^
Si vous voulez être heureux, soyez-le. ~ Tolstoï

Anyway the wind blows...

 


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