Contrairement à ce que d’aucuns peuvent penser, il n’est pas indispensable de tirer un coup, ou son coup – à moins d’être allongé au sommet d’une tour d’observation, le 1er août 1966, université d’Austin, Texas - la lunette de votre fusil correctement orientée, observant ces fourmis humaines qui déambulent sur le campus, celles-ci ne percevant pas le ridicule de leur infâme vie minuscule. Vos yeux goûtent ce chaos indescriptible que vous allez provoquer dans les imminentes secondes à venir. Toute cette haine rentrée, accumulée, grain après grain - que vous retournerez contre vous-même, dans un ultime face à face avec votre ombre. Ces coups de sang prémédités, serait pour certains spécialistes d’obédience freudienne, un détournement de votre énergie sexuelle. Ou pour la science, liée à une déficience de votre hypothalamus. Mais là encore, rien n’est moins sûr. La science, toujours, sera incapable, en dépit de la constance de ses efforts, d’expliquer la moindre de vos pensées. Votre psychiatre, tout au plus, tournera autour, à sa lointaine périphérie. Il n’y a que vous et vous seul. N’attendez aucune aide, aidez-vous vous-même. Sinon échouez.