Je suis debout au bord du quai
Une cigarette se consume
Au bord de mes lèvres blêmes.
Perdu dans les cris et les adieux,
Un fardeau sur ma poitrine serrée,
Je vois les portes automatiques
Glisser et se fermer .
Je ne peux plus respirer.
Dans le ciel des nuages noirs et gris
Rongent le bleu de mer,
Poussés par un vent chargé
D’effluve de gare surpeuplée.
Des enfants rieurs font des signes
Derrière les vitres griffées et sales
A des parents souriants et inquiets.
Certains parmi eux, tes élèves,
T’ont joyeusement salué,
Heureux de pouvoir te dire
« Adieu » encore une fois.
Et sur leurs lèvres
Je lis la tristesse
J'y puise ma détresse.
Sur le quai un peu libéré maintenant,
En ces premiers jours de vacance
Et malgré la chaude effervescence
Des femmes serrent le bras de leurs maris
A voir les enfants s’envoler.
Je suis debout au bord du quai
Ton front est collé à la vitre
Des larmes mouillent tes joues
Ma cigarette a fini de brûler
J’ai le cœur en cendres.